
Narrative of Sumanā: The Quest for a Worthy Son and the Karmic Roots of Poverty
Somaśarmā demande comment obtenir un fils omniscient et vertueux. Sur le conseil de Sumanā, il se rend sur la rive du Gaṅgā, se prosterne avec respect devant Vasiṣṭha, et les sages l’accueillent en l’invitant à poser sa question. Il interroge la cause de la pauvreté et la raison pour laquelle la joie ne naît pas des enfants. Vasiṣṭha expose les marques d’un « fils digne » : véridique, instruit des śāstra, généreux, maître de soi, méditant Viṣṇu et dévoué à ses parents. Il dévoile ensuite l’arrière-plan karmique : dans une existence antérieure, sous l’emprise de l’avidité, le demandeur négligea le don, le culte et le śrāddha, thésaurisa ses biens, et récolte maintenant la pauvreté. Le chapitre s’achève en affirmant que prospérité, épouse et lignée ne se manifestent que par la grâce de Viṣṇu.
Verse 1
सोमशर्मोवाच । सर्वं देवि समाख्यातं धर्मसंस्थानमुत्तमम् । कथं पुत्रमहं विंद्यां सर्वज्ञं गुणसंयुतम्
Somaśarmā dit : «Ô Déesse, tu as exposé pleinement l’institution suprême du Dharma. Comment puis-je obtenir un fils, omniscient et doté de vertus ?»
Verse 2
वद त्वं मे महाभागे यदि जानासि सुव्रते । दानधर्मादिकं भद्रे परत्रेह न संशयः
Dis-le-moi, ô très fortunée, toi au vœu excellent, si tu le sais : ô bienheureuse, au sujet de l’aumône, du devoir et du reste, il n’y a nul doute quant à leurs fruits ici-bas et dans l’au-delà.
Verse 3
सुमनोवाच । वसिष्ठं गच्छ धर्मज्ञं तं प्रार्थय महामुनिम् । तस्मात्प्राप्स्यसि वै पुत्रं धर्मज्ञं धर्मवत्सलम्
Sumana dit : «Va auprès de Vasiṣṭha, connaisseur du Dharma, et implore ce grand muni. De lui, assurément, tu obtiendras un fils, connaisseur du Dharma et dévoué à la droiture.»
Verse 4
सूत उवाच । एवमुक्ते तया वाक्ये सोमशर्मा द्विजोत्तमः । एवं करिष्ये कल्याणि तव वाक्यं न संशयः
Sūta dit : Lorsqu’elle eut prononcé ces paroles, Somaśarmā, le meilleur des brāhmaṇas, répondit : «Ainsi ferai-je, ô dame de bon augure ; sans nul doute, je suivrai tes paroles.»
Verse 5
एवमुक्त्वा जगामाशु सोमशर्मा द्विजोत्तमः । वसिष्ठं सर्ववेत्तारं दिव्यं तं तपतां वरम्
Ayant ainsi parlé, Somaśarmā—le meilleur des brāhmaṇas—se rendit promptement auprès de Vasiṣṭha, l’omniscient, le sage divin, le premier parmi les ascètes.
Verse 6
गंगातीरे स्थितं पुण्यमाश्रमस्थं द्विजोत्तमम् । तेजोज्वालासमाकीर्णं द्वितीयमिव भास्करम्
Sur la rive de la Gaṅgā se tenait un āśrama sacré; y demeurait le plus éminent des dvijas, environné d’une splendeur flamboyante, tel un second soleil.
Verse 7
राजमानं महात्मानं ब्रह्मण्यं च द्विजोत्तमम् । भक्त्या प्रणम्य विप्रेशं दंडवच्च पुनः पुनः
Avec dévotion, il se prosterna maintes fois—étendu comme un bâton—devant ce grand être resplendissant, le premier des brahmanes, voué à la droiture brahmanique.
Verse 8
तमुवाच महातेजा ब्रह्मसूनुरकल्मषः । उपाविशासने पुण्ये सुखेन सुमहामते
Alors le fils de Brahmā, rayonnant et sans souillure, lui dit : «Ô très sage, assieds-toi paisiblement sur ce siège sacré».
Verse 9
एवमुक्त्वा स योगींद्रः पुनः प्राह तपोधनम् । गृहे पुत्रेषु ते वत्स दारभृत्येषु सर्वदा
Après ces paroles, le seigneur des yogins s’adressa de nouveau à l’ascète riche en austérités : «Mon enfant, en tout temps—quant à ta demeure, tes fils, ton épouse et tes serviteurs…».
Verse 10
क्षेममस्ति महाभाग पुण्यकर्मसु चाग्निषु । निरामयोसि चांगेषु धर्मं पालयसे सदा
«Ô bienheureux, que tout soit en paix pour toi—dans tes actes méritoires et auprès des feux sacrés. Puisses-tu être sans maladie en tous tes membres, et préserver toujours le dharma».
Verse 11
एवमुक्त्वा महाप्राज्ञः पुनः प्राह सुशर्मणम् । किं करोमि प्रियं कार्यं सुप्रियं ते द्विजोत्तम
Ayant ainsi parlé, le grand sage s’adressa de nouveau à Suśarman : «Quelle action plaisante dois-je accomplir, quel acte t’est le plus cher, ô meilleur des deux-fois-nés ?»
Verse 12
एवं संभाषितं विप्रं विरराम स कुंभजः । तस्मिन्नुक्ते महाभागे वसिष्ठे मुनिपुंगवे
Après avoir ainsi parlé au brāhmane, le sage né de la jarre (Agastya) se tut. Quand cela eut été dit au très fortuné Vasiṣṭha, le premier des munis, celui-ci reprit la parole.
Verse 13
स होवाच महात्मानं वसिष्ठं तपतां वरम् । भगवञ्छ्रूयतां वाक्यं सुप्रसन्नेन चेतसा
Il s’adressa alors au grand-âme Vasiṣṭha, le meilleur des ascètes : «Ô Bienheureux, daigne écouter mes paroles avec un esprit parfaitement paisible et gracieux.»
Verse 14
यदि मे सुप्रियं कार्यं त्वयैव मुनिपुंगव । मम प्रश्नार्थसंदेहं विच्छेदय द्विजोत्तम
«Si tu veux accomplir ce qui m’est le plus cher, ô premier des sages, tranche le doute attaché au sens de ma question, ô meilleur des deux-fois-nés.»
Verse 15
दारिद्र्यं केन पापेन पुत्रसौख्यं कथं नहि । एतन्मे संशयं तात कस्मात्पापाद्वदस्व मे
«Par quel péché naît la pauvreté, et pourquoi n’obtient-on pas la joie par les enfants ? Tel est mon doute, vénérable seigneur : dis-moi de quel péché cela provient.»
Verse 16
महामोहेन संमुग्धः प्रियया बोधितो द्विज । तयाहं प्रेषितस्तात तव पार्श्वं समातुरः
Aveuglé par la grande illusion, j’ai été réveillé par ma bien-aimée. Ô brāhmane, c’est elle qui m’a envoyé, vénérable seigneur, et je suis venu près de toi dans une profonde détresse.
Verse 17
इति श्रीपद्मपुराणेभूमिखंडेएंद्रे सुमनोपाख्यानेसप्तदशोऽध्यायः
Ainsi s’achève le dix-septième chapitre, la « Narration de Sumanā », dans le Bhūmi-khaṇḍa du vénérable Padma Purāṇa, dans la section concernant Indra.
Verse 18
वसिष्ठ उवाच । पुत्रा मित्राण्यथ भ्राता अन्ये स्वजनबांधवाः । पंचभेदास्तु संभेदात्पुरुषस्य भवंति ते
Vasiṣṭha dit : Fils, amis, frères, et autres parents et proches ; ceux-là deviennent les cinq divisions d’un homme, selon leurs distinctions propres.
Verse 19
ते ते सुमनया प्रोक्ताः पूर्वमेव तवाग्रतः । ऋणसंबंधिनः सर्वे ते कुपुत्रा द्विजोत्तम
Ceux-là mêmes t’ont déjà été exposés auparavant par Sumanā, en ta présence. Tous sont liés par des rapports de dette : ces fils indignes, ô meilleur des deux-fois-nés.
Verse 20
पुत्रस्य लक्षणं पुण्यं तवाग्रे प्रवदाम्यहम् । पुण्यप्रसक्तो यस्यात्मा सत्यधर्मरतः सदा
Je vais maintenant proclamer devant toi les signes sacrés d’un fils digne : celui dont l’âme s’attache au mérite, et qui demeure toujours voué à la vérité et au dharma.
Verse 21
शुद्धिविज्ञानसंपन्नस्तपस्वी वाग्विदां वरः । सर्वकर्मसुसंधीरो वेदाध्ययनतत्परः
Doué de pureté et de juste discernement, ascète, le meilleur parmi les savants de la parole ; ferme et sage en tous les devoirs, et voué à l’étude des Veda.
Verse 22
स सर्वशास्त्रवेत्ता च देवब्राह्मणपूजकः । याजकः सर्वयज्ञानां दाता त्यागी प्रियंवदः
Il connaît tous les śāstra, honore les devas et vénère les brāhmaṇa ; il officie à tous les yajña, donne avec largesse, est détaché et parle avec douceur.
Verse 23
विष्णुध्यानपरो नित्यं शांतो दांतः सुहृत्सदा । पितृमातृपरोनित्यं सर्वस्वजनवत्सलः
Toujours voué à la méditation sur Viṣṇu, paisible, maître de soi et constamment bienveillant ; toujours dévoué au père et à la mère, et tendre envers les siens comme envers son propre être.
Verse 24
कुलस्य तारको विद्वान्कुलस्य परिपोषकः । एवं गुणैश्च संयुक्तः सपुत्रः सुखदायकः
Un fils savant est le sauveur et la lumière directrice de la famille, celui qui nourrit et soutient la lignée. Pourvu de telles vertus, ce fils devient dispensateur de bonheur.
Verse 25
अन्ये संबंधसंयुक्ताः शोकसंतापदायकाः । एतादृशेन किं कार्यं फलहीनेन तेन च
D’autres attaches, bien qu’on les nomme « relations », n’apportent que chagrin et tourment. À quoi bon un tel lien, dépourvu de vrai fruit ?
Verse 26
आयांति यांति ते सर्वे तापं दत्वा सुदारुणम् । पुत्ररूपेण ते सर्वे संसारे द्विजसत्तम
Tous vont et viennent, infligeant une souffrance extrêmement terrible ; et tous, ô meilleur des deux-fois-nés, apparaissent dans le monde sous la forme de fils.
Verse 27
पूर्वजन्मकृतं पुण्यं यत्त्वया परिपालितम् । तत्सर्वं हि प्रवक्ष्यामि श्रूयतामद्भुतं पुनः
Ce mérite que tu as acquis dans une naissance antérieure — et que tu as préservé — je vais maintenant l’exposer entièrement. Écoute encore ce récit merveilleux.
Verse 28
वसिष्ठ उवाच । भवाञ्छूद्रो महाप्राज्ञ पूर्वजन्मनि नान्यथा । कृषिकर्त्ता ज्ञानहीनो महालोभेन संयुतः
Vasiṣṭha dit : «Ô toi d’une grande intelligence, dans ta naissance précédente tu fus vraiment un Śūdra — nullement autrement — un travailleur des champs, dépourvu de vraie connaissance et poussé par une grande avidité.»
Verse 29
एकभार्या सदा द्वेषी बहुपुत्रो ह्यदत्तवान् । धर्मं नैव विजानासि सत्यं नैव परिश्रुतम्
Bien que tu n’aies qu’une seule épouse, tu demeures toujours hostile ; bien que tu aies de nombreux fils, tu n’es pas charitable. Tu ne comprends pas vraiment le dharma, et tu n’as pas correctement appris la vérité.
Verse 30
दानं नैव त्वया दत्तं शास्त्रं नैव प्रतिश्रुतम् । कृता नैव त्वया तीर्थे यात्रा चैव महामते
Tu n’as fait aucun don de charité ; tu ne t’es même pas engagé envers les enseignements. Et tu n’as pas non plus entrepris un pèlerinage vers un gué sacré, ô homme au grand esprit.
Verse 31
एवं कृतं त्वया विप्र कृषिमार्गं पुनः पुनः । पशूनां पालनं सर्व गवां चैव द्विजोत्तम
Ainsi, ô brāhmaṇa, tu as suivi maintes et maintes fois la voie de l’agriculture; et tu as aussi veillé sur tous les animaux—surtout sur les vaches, ô meilleur des deux-fois-nés.
Verse 32
महिषीणां तथाऽश्वानां पालनं च पुनः पुनः । एवं पू र्वंकृतं कर्म त्वयैव द्विजसत्तम
Encore et encore tu as nourri et protégé les buffles et les chevaux. Ainsi, ô meilleur des sages deux-fois-nés, cette même action fut accomplie par toi jadis également.
Verse 33
विपुलं च धनं तद्वल्लोभेन परिसंचितम् । तस्य व्ययं सुपुण्येन न कृतं तु त्वया कदा
Et cette richesse abondante, tu l’as amassée sous l’emprise de la seule avidité; pourtant, jamais, à aucun moment, tu ne l’as dépensée en œuvres véritablement méritoires (puṇya).
Verse 34
पात्रे दानं न दत्तं तु दृष्ट्वा दुर्बलमेव च । कृपां कृत्वा न दत्तं तु भवता धनमेव च
Même en voyant un réceptacle digne—et même en voyant le faible—tu n’as pas offert le dāna (aumône). Même après avoir éprouvé de la compassion, tu n’as pas donné ta richesse.
Verse 35
गोमहिष्यादिकं सर्वं पशूनां संचितं त्वया । विक्रीय च धनं विप्र संचितं विपुलं त्वया
Tu as amassé toutes sortes de bétail—vaches, bufflonnes et le reste. Et, ô brāhmaṇa, en les vendant tu as aussi accumulé une richesse abondante.
Verse 36
तक्रं घृतं तथा क्षीरं विक्रयित्वा ततो दधि । दुष्कालं चिंतितं विप्र मोहितो विष्णुमायया
Après avoir vendu le babeurre, le ghee et le lait, puis même le caillé, il—ô brāhmane—s’inquiéta d’un temps de famine, égaré par la māyā de Viṣṇu.
Verse 37
कृतं महार्घमेवात्र अन्नं ब्राह्मणसत्तम । निर्दयेन त्वया दानं न दत्तं तु कदाचन
Ici, une nourriture précieuse fut certes préparée, ô meilleur des brāhmanes ; pourtant toi, sans pitié, tu ne donnas jamais de dāna, à aucun moment.
Verse 38
देवानां पूजनं विप्र भवता न कृतं कदा । प्राप्य पर्वाणि विप्रेभ्यो द्रव्यं न च समर्पितम्
Ô brāhmane, jamais tu n’as accompli l’adoration des devas ; et lorsque venaient les fêtes et jours d’observance sacrée, tu n’offrais aucun don ni richesse aux brāhmanes.
Verse 39
श्राद्धंकालंतुसंप्राप्यश्रद्धयानकृतंत्वया । भार्या वदति ते साध्वी दिनमेनं समागतम्
Lorsque le temps du śrāddha fut venu, tu ne l’accomplis pas avec foi. Ton épouse vertueuse te dit : «Ce jour même est arrivé».
Verse 40
श्वशुरस्य श्राद्धकालः श्वश्र्वाश्चैव महामते । त्वं श्रुत्वा तद्वचस्तस्या गृहं त्यक्त्वा पलायसे
«Ô sage, c’est le temps du śrāddha pour ton beau-père, et aussi pour ta belle-mère. Pourtant, ayant entendu ses paroles, tu quittes la maison et t’enfuis.»
Verse 41
धर्ममार्गं न दृष्टं ते श्रुतं नैव कदा त्वया । लोभो मातापिता भ्राता लोभः स्वजनबांधवाः
Tu n’as ni vu la voie du dharma, ni jamais entendu parler d’elle. Pour toi, l’avidité est mère et père; l’avidité est frère; l’avidité seule est ta parenté et tes compagnons.
Verse 42
पालितं लोभमेवैकं त्यक्त्वा धर्मं सदैव हि । तस्माद्दुःखी भवाञ्जातो दरिद्रेणातिपीडितः
Tu n’as nourri que l’avidité, délaissant sans cesse le dharma; ainsi es-tu devenu malheureux, cruellement accablé par la pauvreté.
Verse 43
दिनेदिने महातृष्णा हृदये ते प्रवर्द्धते । यदायदा गृहे द्रव्यं वृद्धिमायाति ते तदा
De jour en jour, une grande soif grandit dans ton cœur; et chaque fois que les biens de ta maison augmentent, cette soif s’accroît davantage.
Verse 44
तृष्णया दह्यमानस्तु तया त्वं वह्निरूपया । रात्रौ वा सुप्रसुप्तस्तु निश्चितो हि प्रचिंतसि
Brûlé par la soif—cette soif même qui prend la forme du feu—toi, même plongé dans un profond sommeil nocturne, tu ne cesses assurément d’y penser.
Verse 45
दिनं प्राप्य महामोहैर्व्यापितोसि सदैव हि । सहस्रं लक्षं मे कोटिः कदा अर्बुदमेव च
Jour après jour, tu demeures enveloppé d’une grande illusion : «Mille, un lakh, un crore… quand obtiendrai-je ne serait-ce qu’un arbuda ?»
Verse 46
भविष्यति कदा खर्वो निखर्वश्चाथ मे गृहे । एवं सहस्रं लक्षं च कोटिरर्बुदमेव च
Quand donc, dans ma demeure, y aura-t-il des richesses—un kharva et un nikharva; de même mille, un lakh, un crore, et même un arbuda ?
Verse 47
खर्वो निखर्वः संजातस्तृष्णा नैव प्रगच्छति । तव कायं परित्यज्य वृद्धिमायाति सर्वदा
Même amoindri, on s’amoindrit encore; la soif ne s’en va jamais vraiment. En quittant le corps, elle revient toujours, croissant sans cesse.
Verse 48
नैव दत्तं हुतं विप्र भुक्तं नैव कदा त्वया । खनितं भूमिमध्ये तु क्षिप्तं पुत्रानजानते
Ô brāhmane, tu n’as jamais fait l’aumône, jamais offert d’oblations, ni même goûté à tes biens. Au contraire, tu les as creusés au cœur de la terre et enfouis, à l’insu de tes fils.
Verse 49
अन्यमेवमुपायं तु द्रव्यागमनकारणात् । कुरुषे सर्वदा विप्र लोकान्पृच्छसि बुद्धिमान्
Mais, pour faire venir la richesse, tu adoptes sans cesse d’autres moyens, ô brāhmane; et, toi l’homme avisé, tu ne cesses d’interroger les gens.
Verse 50
खनित्रमंजनं वादं धातुवादमतः परम् । पृच्छमानो भ्रमस्येकस्तृष्णया परिमोहितः
Il s’enquérait de l’extraction minière, de l’añjana (collyre d’antimoine), de la controverse, puis de la doctrine des minéraux et des métaux; seul, il errait dans l’illusion, entièrement troublé par la soif.
Verse 51
स्पर्शंचिंतयसेनित्यंकल्पान्सिद्धिप्रदायकान् । प्रवेशं विवराणां तु चिंतमानः सु पृच्छसि
Tu médites sans cesse les kalpas, rites qui accordent l’accomplissement par le contact sacré (sparśa). Et, songeant à l’entrée dans les fentes et ouvertures, tu interroges à juste titre.
Verse 52
तृष्णानलेन दग्धेन सुखं नैव प्रगच्छसि । तृष्णानलेन संदीप्तो हाहाभूतो विचेतनः
Brûlé par le feu de la soif du désir, tu n’atteins nullement le bonheur. Attisé par ce même brasier, tu deviens sans conscience, criant : «Hélas ! Hélas !»
Verse 53
एवं मुग्धोसि विप्रेंद्र गतस्त्वं कालवश्यताम् । दारापुत्रेषु तद्द्रव्यं पृच्छमानेषु वै त्वया
Ainsi es-tu dans l’illusion, ô meilleur des brāhmaṇas ; tu es tombé sous la souveraineté du Temps. Et lorsque ton épouse et tes fils t’interrogèrent sur ces richesses, tu n’eus vraiment rien à répondre.
Verse 54
कथितं नैव वृत्तांतं प्राणांस्त्यक्त्वा गतो यमम् । एवं सर्वं मया ख्यातं वृत्तांतं तव पूर्वकम्
Il ne raconta nullement les faits ; abandonnant le souffle de vie, il alla vers Yama. Ainsi t’ai-je pleinement exposé le récit antérieur qui te concerne.
Verse 55
अनेन कर्मणा विप्र निर्धनोसि दरिद्रवान् । संसारे यस्य सत्पुत्रा भक्तिमंतः सदैव हि
Par cet acte, ô brāhmaṇa, tu es devenu sans biens et misérable. Pourtant, dans le monde, tes fils vertueux demeurent toujours emplis de bhakti, de dévotion.
Verse 56
सुशीला ज्ञानसंपन्नाः सत्यधर्मरताः सदा । संभवंति गृहे तस्य यस्य विष्णुः प्रसीदति
Dans la demeure de celui que Viṣṇu agrée, naissent et résident sans cesse des êtres de conduite pure, riches de connaissance, et toujours voués à la vérité et au dharma.
Verse 57
धनं धान्यं कलत्रं तु पुत्रपौत्रमनंतकम् । स भुंक्ते मर्त्यलोके वै यस्य विष्णुः प्रसन्नवान्
Richesse, grains, épouse, et une lignée sans fin de fils et de petits-fils : voilà ce dont jouit en ce monde des mortels celui que le Seigneur Viṣṇu a comblé de sa faveur.
Verse 58
विना विष्णोः प्रसादेन दारापुत्रान्न चाप्नुयात् । सुजन्म च कुलं विप्र तद्विष्णोः परमं पदम्
Sans la grâce de Viṣṇu, on n’obtient ni épouse ni fils ; ni même une bonne naissance et une lignée noble, ô brāhmane : telle est la demeure suprême de Viṣṇu.