Adhyaya 22
Purva BhagaFirst QuarterAdhyaya 2228 Verses

Māsopavāsa (Month-long Fast) and Repeated Parāka Observances: Procedure and Fruits

Sanaka enseigne un vœu vaiṣṇava « destructeur de péchés », à accomplir durant l’une des quatre lunes (Āṣāḍha–Āśvina) en śukla-pakṣa. Le pratiquant maîtrise ses sens, prend le pañcagavya, dort près de Viṣṇu, se lève tôt, accomplit ses devoirs quotidiens et adore Viṣṇu sans colère. En présence de brāhmaṇas savants, il fait le svasti-vācana et prononce le saṅkalpa de jeûner un mois, ne rompant le jeûne que sur l’ordonnance du Seigneur. Il demeure au temple de Hari, baigne chaque jour la divinité au pañcāmṛta, entretient une lampe ininterrompue, utilise un rameau d’apāmārga pour la mastication rituelle et se baigne selon la règle; puis il rend le culte, nourrit les brāhmaṇas avec dakṣiṇā et mange avec mesure avec ses proches. Le texte énumère ensuite des fruits croissants selon les observances répétées—associant le nombre de jeûnes mensuels/Parāka à des mérites dépassant les grands sacrifices védiques—jusqu’à Hari-sādr̥śya et la béatitude suprême. La délivrance est déclarée accessible aux femmes comme aux hommes, à tous les āśramas, et même par l’écoute ou la récitation de cet enseignement avec bhakti envers Nārāyaṇa.

Shlokas

Verse 1

सनक उवाच । अन्यद् व्रत वरं वक्ष्ये तच्छृणुष्व समाहितः । सर्वापापहरं पुण्यं सर्वलोकोपकारकम् ॥ १ ॥

Sanaka dit : Je vais maintenant décrire un autre vœu excellent. Écoute l’esprit recueilli : cette observance sacrée efface tous les péchés, est hautement méritoire et apporte du bien à tous les mondes.

Verse 2

आषाढ्रे श्रावणे वापि तथा भाद्रपदेऽपि च । तथैवाश्विनके मासे कुर्यादेतद्वतं द्विज ॥ २ ॥

Que ce soit en Āṣāḍha, en Śrāvaṇa, de même en Bhādrapada, et aussi au mois d’Āśvina—ô dvija, il convient d’accomplir ce vœu en ces mois-là.

Verse 3

एतेष्वन्यतमे मासे शुल्कपक्षे जितेन्द्रियः । प्राशयेत्पञ्चगव्यं च स्वपेद्विष्णुसमीपतः ॥ ३ ॥

Dans l’un quelconque de ces mois, durant la quinzaine claire, les sens maîtrisés, on prendra le pañcagavya ; puis l’on dormira près de Viṣṇu (son image ou sa présence).

Verse 4

ततः प्रातः समुत्थाय नित्यकर्म समाप्य च । श्रद्धया पूजयेद्विष्णुं वशी क्रोधविवार्जितः ॥ ४ ॥

Puis, se levantant à l’aube et ayant accompli les devoirs quotidiens, on doit adorer Viṣṇu avec foi, maître de soi et exempt de colère.

Verse 5

विद्वद्भिः सहितो विष्णुमर्चयित्वा यथोचितम् । संकल्पं तु ततः कुर्यास्त्वस्ति वाचनपूर्वकम् ॥ ५ ॥

Entouré de brāhmaṇas savants, après avoir honoré Viṣṇu selon le rite, on doit ensuite formuler le saṅkalpa (résolution sacrée), précédé du svasti-vācana, la récitation des bénédictions propices.

Verse 6

मासमेकं निराहारो ह्यद्यप्रभृति केशव । मासान्तं पारणं कुर्वे देवदेव तवाज्ञया ॥ ६ ॥

Ô Keśava, dès aujourd’hui je demeurerai sans nourriture pendant un mois ; et à la fin du mois j’accomplirai le pāraṇa, rompant le jeûne selon Ton ordre, ô Dieu des dieux.

Verse 7

तपोरुप नमस्तुभ्यं तपसां फल दायक । ममाभीष्टप्रदं देहि सर्वविघ्नान्निवारय ॥ ७ ॥

Hommage à Toi dont la forme même est l’austérité ; ô dispensateur des fruits de la pénitence. Accorde-moi l’accomplissement de mon désir le plus cher et écarte tous les obstacles.

Verse 8

एवं समर्प्य देवस्य विष्णोर्मासव्रतं शुभम् । ततः प्रभृति मासान्तं निवसेद्धरिमन्दिरे ॥ ८ ॥

Ainsi, après avoir offert comme il se doit au Seigneur Viṣṇu le vœu auspicious d’un mois, dès lors on doit demeurer dans le temple de Hari jusqu’à la fin du mois.

Verse 9

प्रत्यहं स्नापयेद्देवं पञ्चामृतविधानतः । दीपं निरन्तरं कुर्यात्तस्मिन्मासे हरेर्गृहे ॥ ९ ॥

Chaque jour, on doit baigner le Seigneur selon le rite prescrit du pañcāmṛta (les cinq nectars) ; et durant ce mois, dans le sanctuaire de Hari, on gardera une lampe allumée sans cesse.

Verse 10

प्रत्यहं खादयेत्काष्ठं ह्यपामार्ग समुद्भवम् । ततः स्नायीत विधिन्नारायणपरायणः ॥ १० ॥

Chaque jour, on doit mâcher un petit rameau issu de la plante apāmārga ; puis, l’âme vouée à Nārāyaṇa, on se baignera selon le rite prescrit.

Verse 11

ततः संस्नापयेद्विष्णुं पूर्ववत्प्रयतोऽर्चयेत् । ब्राह्मणान्भोजयेच्छक्त्या भक्तियुक्तः सदक्षिणम् ॥ ११ ॥

Ensuite, qu’on baigne Śrī Viṣṇu (la Déité) et, avec maîtrise, qu’on L’adore selon ce qui fut prescrit auparavant. Avec bhakti, qu’on nourrisse les brāhmaṇas selon ses moyens, en leur offrant la dakṣiṇā (don rituel) convenable.

Verse 12

स्वयं च बन्धुभिः सार्द्धं भुञ्जीत प्रयतेन्द्रियः । एवं मासोपवासांश्च व्रती कुर्यात्र्रयोदश ॥ १२ ॥

Et lui-même, avec ses proches, doit prendre son repas, les sens maîtrisés. Ainsi, l’observant du vœu accomplira aussi les treize observances mensuelles de jeûne.

Verse 13

वर्षान्ते वेदविदुषे गां प्रदद्यात्स दक्षिणाम् । भोजयेद्वब्राह्माणांस्तत्र द्वादशैव विधानतः । शक्त्या च दक्षिणां दद्याद्रूह्यण्याभरणानि च ॥ १३ ॥

À la fin de l’année, qu’on offre une vache en dakṣiṇā à un savant connaisseur des Veda. Qu’on nourrisse aussi, en ce lieu, exactement douze brāhmaṇas selon la règle. Et, selon ses moyens, qu’on donne un don supplémentaire ainsi que des ornements d’argent et d’or.

Verse 14

मासोपवासत्रितयं यः कुर्यात्संयते न्द्रियः । आप्तोर्यामस्य यज्ञस् द्विगुणं फलमश्नुते ॥ १४ ॥

Celui qui, les sens maîtrisés, entreprend un jeûne de trois mois, obtient un mérite double de celui du sacrifice Āptoryāma.

Verse 15

चतुः कृत्वः कृतं येन पाराकं मुनिसत्तम । स लभेत्परमं पुण्यमष्टान्गिष्टोमसंभवम् ॥ १५ ॥

Ô meilleur des sages, celui qui accomplit quatre fois le jeûne Pārāka obtient le mérite suprême, égal à celui qui naît de huit sacrifices Aṅgiṣṭoma (Agniṣṭoma).

Verse 16

पञ्चकृत्वो व्रतमिदं कृतं येन महात्मना । अत्यन्गिष्टोमजं पुण्यं द्विगुणं प्राप्नुयान्नरः ॥ १६ ॥

Le noble qui accomplit ce vœu cinq fois obtient un mérite pur, né d’un fruit comparable à celui du sacrifice Aṅgiṣṭoma, et cela au double.

Verse 17

मासोपवाषट्कं यः करोति सुसमाहितः । ज्योतिष्टोस्य यज्ञस्य फलं सोऽष्टगुणं लभेत् ॥ १७ ॥

Celui qui, l’esprit fermement recueilli, accomplit les six jeûnes mensuels, reçoit huit fois le fruit du sacrifice Jyotiṣṭoma.

Verse 18

निराहारः सप्तकृत्वो नरो मासोपवासकान् । अश्वमेधस्य यज्ञस्य फलमष्टगुणं लभेत् ॥ १८ ॥

L’homme qui observe le jeûne complet sept fois obtient le fruit du sacrifice Aśvamedha, et ce mérite lui revient au huituple, surpassant les jeûnes mensuels.

Verse 19

मासोपावासान्यः कुर्यादष्टकृत्वो मुनीश्वर । नरमेधाख्ययज्ञस्य फलं पञ्चगुणं लभेत् ॥ १९ ॥

Ô seigneur parmi les sages, quiconque entreprend huit fois les jeûnes mensuels obtient un fruit quintuple, égal à celui du sacrifice nommé Naramedha.

Verse 20

यस्तु मासोपवासांश्च नवकृत्वः समाचरेत् । गोमेधमखजं पुण्यं लभते त्रिगुणं नरः ॥ २० ॥

Mais l’homme qui accomplit dûment les jeûnes d’un mois neuf fois obtient le mérite issu du sacrifice Gomedha, en triple mesure.

Verse 21

दशकृत्वस्तु यः कुर्यात्पराकं मुनिसत्तम । स ब्रह्ममेधयज्ञस्य त्रिगुणं फलमश्नुते ॥ २१ ॥

Ô le plus excellent des sages, quiconque accomplit dix fois le jeûne Parāka reçoit un mérite triple, supérieur à celui du sacrifice Brahmamedha.

Verse 22

एकादश पराकांश्च यः कुर्यात्संयतेन्द्रियः । स याति हरिसारुप्यं सर्वभोगसमन्वितम् ॥ २२ ॥

Celui qui, les sens maîtrisés, accomplit onze fois le Parāka atteint la sārūpya de Hari (Viṣṇu) et se trouve comblé de toutes jouissances divines.

Verse 23

त्रयोदश पराकांश्च यः कुर्यात्प्रयतो नरः । स याति परमानन्दं यत्र गत्वा न शोचति ॥ २३ ॥

L’homme appliqué qui accomplit dûment treize Parākas atteint la béatitude suprême; parvenu à cet état, il ne s’afflige plus jamais.

Verse 24

मासोपवासनिरता गङ्गास्नानपरायणाः । धममार्गप्रवक्तारो मुक्ता एव न सशंयः ॥ २४ ॥

Ceux qui s’adonnent aux jeûnes mensuels, se vouent au bain dans le Gaṅgā et proclament la voie du Dharma sont assurément libérés; il n’y a nul doute.

Verse 25

अवीराभिर्यतिभिर्ब्रह्यचारिभिः । मासोपवासः कर्त्तव्यो वनस्थैश्च विशेषतः ॥ २५ ॥

Les yatis et les brahmacārins, affranchis des passions du monde, doivent entreprendre un jeûne d’un mois, surtout ceux qui demeurent en forêt (vānaprastha).

Verse 26

नारी वा पुरुषो वापि व्रतमेतत्सुदुर्लभम् । कृत्वा मोक्षमवान्पोति योगिनामपि दुर्लभम् ॥ २६ ॥

Qu’on soit femme ou homme, ce vœu sacré est d’une rareté extrême ; en l’accomplissant, on obtient la délivrance (moksha), chose difficile même pour les yogins.

Verse 27

गृहस्थो वानप्रस्थो वा व्रती वा भिक्षुरेव वा । मूर्खो वा पण्डितो वापि श्रुत्वैतन्मोक्षभाग्भवेत् ॥ २७ ॥

Qu’on soit maître de maison ou ermite des forêts, observant de vœux ou mendiant ; qu’on soit ignorant ou savant : en entendant cet enseignement, on devient héritier de la délivrance.

Verse 28

इदं पुण्यं व्रताख्यानं नारायण परायणः । श्रृणुयाद्वाचयेद्वापि सर्वपापैः प्रमुच्यते ॥ २८ ॥

Celui qui se voue entièrement à Nārāyaṇa, s’il écoute ce récit méritoire du vœu sacré — ou même s’il le récite — est délivré de tous les péchés.

Frequently Asked Questions

Saṅkalpa formally defines intention, duration, and the deity-centered aim of the vrata, while svasti-vācana ritually ‘seals’ the undertaking through auspicious Vedic benedictions in the presence of learned brāhmaṇas—establishing correctness (vidhi) and dharmic legitimacy.

Pañcāmṛta abhiṣeka expresses daily purification and intimate service (sevā) to the deity-form of Viṣṇu, while an unbroken lamp signifies uninterrupted devotion and wakeful presence before Hari; together they convert austerity (upavāsa) into sustained bhakti-practice.

The comparison translates the prestige of śrauta yajñas into a bhakti-austerity framework, presenting fasting as an accessible equivalent or surpassing path; it also indexes the vrata within a Vedic merit economy familiar to dharma literature.

It explicitly extends the vow’s salvific reach to women and men, householders and forest-dwellers, mendicants, and both the learned and unlearned—stating that even hearing or reciting the account with devotion to Nārāyaṇa removes sins and grants liberation-eligibility.