Adhyaya 56
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Adhyaya 56: The Descent and Fourfold Course of the Ganga; Jambudvipa’s Varshas and Their Conditions

गङ्गावतरण-चतुर्धाप्रवाह-वर्णनम् (Gaṅgāvataraṇa–Caturdhāpravāha–Varṇanam)

Seasons and Time

Cet adhyaya raconte la descente de la sainte Gaṅgā depuis le ciel : Śiva la recueille dans sa chevelure puis la laisse s’écouler en quatre courants vers les quatre directions afin de purifier le monde. Il décrit ensuite Jambudvīpa et ses varṣa, en exposant les conditions propres à chaque contrée, la tenue du dharma et les différences des fruits du karma des êtres.

Divine Beings

नारायण (Nārāyaṇa)देवी गङ्गा (Devī Gaṅgā)सोम (Soma)सविता/सूर्य (Savitṛ/Sūrya)शिव/शर्व (Śiva/Śarva)वृषध्वज (Vṛṣadhvaja—Śiva)वरुण (Varuṇa)

Celestial Realms

मेरु (Meru) and its quarters/pādasनन्दनवन (Nandana-vana)चैत्ररथवन (Caitraratha-vana)

Key Content Points

Gaṅgā’s transcendent origin is linked to Nārāyaṇa’s station; she becomes a purifying force through association with soma and solar rays before descending onto Meru.On Meru, Gaṅgā becomes fourfold and is differentiated into directional streams, each mapped through named forests, lakes, mountains, and oceans (including Bhadrāśva, Ketumāla, and the southern ocean).Bhagīratha’s austerities and Śiva’s mediation frame Gaṅgā’s terrestrial release, after which she enters the seas through multiple mouths/branches.The chapter transitions to Jambūdvīpa’s varṣa-structure and describes the relatively utopian conditions of inhabitants (low affliction, minimal social extremes).A typology of attainments/satisfactions (svābhāvikī, deśyā/daiśikī, toyotthā, mānasī, dharmajā) is presented for eight non-Bhārata varṣas, contrasting with rain-dependent Bhārata.

Focus Keywords

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Shlokas in Adhyaya 56

Verse 1

इति श्रीमार्कण्डेयपुराणे भुवनकोशे पञ्चपञ्चाशोऽध्यायः षट्पञ्चाशोऽध्यायः- ५६ मार्कण्डेय उवाच धराधरां जगद्योनॆः पदं नारायणस्य च । ततः प्रवृत्ता या देवी गङ्गा त्रिपथगामिनी ॥

Mārkaṇḍeya dit : Du sublime soutien de la terre—source du monde—et de l’empreinte du pied de Nārāyaṇa, jaillit la divine Gaṅgā, le fleuve qui chemine par les trois voies (ciel, terre et régions infernales).

Verse 2

सा प्रविश्य सुधायोनिṃ सोममाधारमम्भसाम् । ततः सम्बध्यमानार्करश्मिसङ्गतिपावनी ॥

Entrant dans la source du nectar—Soma, soutien des eaux—elle devint ensuite purificatrice par son contact et son lien avec les rayons du soleil.

Verse 3

पपात मेरुपृष्ठे च सा चतुर्धा ततो ययौ । मेरुकूटतटान्तेभ्यो निपतन्ती ववर्तिता ॥

Elle tomba sur le dos du mont Meru ; puis elle s’écoula en quatre courants. En chutant des bords des sommets et des pentes de Meru, elle fut déviée en des cours distincts.

Verse 4

विकीryमाणसलिला निरालम्बा पपात सा । मन्दराद्येषु पादेषु प्रविभक्तोदका समम् ॥

Ses eaux, se dispersant, plongèrent vers le bas sans appui ; et au pied de montagnes telles que Mandara, elles se répartirent également en courants distincts.

Verse 5

चतुर्ष्वपि पपाताम्बुविभिन्नाङ्घ्रिशिलॊच्चया । पूर्वा सीतेऽति विख्याता ययौ चैत्ररथं वनम् ॥

Ainsi, dans les quatre directions, l’eau tomba, fendue par de hautes masses rocheuses. Le courant oriental, renommé sous le nom de Sītā, alla vers la forêt de Caitraratha.

Verse 6

तत् प्लावयित्वा च ययौ वरुणोदं सरोवनम् । शीतान्तञ्च गिरिं तस्मात् ततश्चान्यान् गिरिन् क्रमात् ॥

Après avoir inondé cette région/forêt, elle se rendit à Varuṇoda, la forêt-lac ; de là au mont nommé Śītānta, puis, successivement, à d’autres montagnes.

Verse 7

गत्वा भुवं समासाद्य भद्राश्वाज्जलधिं गता । तथैवालकनन्दाख्या दक्षिणे गन्धमादने ॥

Parvenue sur la terre, elle alla de Bhadrāśva jusqu’à l’océan. De même, au sud, à Gandhamādana, cette branche est connue sous le nom d’Alakanandā.

Verse 8

मेरुपादवनं गत्वा नन्दनं देवनन्दनम् । मानसञ्च महावेगात् प्लापयित्वा सरोवरम् ॥

Allant à la forêt au pied du Meru, à Nandana — la joie des dieux —, elle, avec une grande puissance, inonda aussi le lac Mānasā.

Verse 9

आसाद्य शैलराजानं रम्यं हि शिखरन्तथा । तस्माच्च पर्वतान् सर्वान् दक्षिणोपक्रमोदितान् ॥

Ayant atteint le roi des montagnes et son beau sommet, elle passa de là au-dessus de toutes les montagnes décrites comme s’élevant dans la succession du sud.

Verse 10

तान् प्लावयित्वा सम्प्राप्ता हिमवन्तं महागिरिम् । दधार तत्र तां शम्भुर्न मुमोच वृषध्वजः ॥

Après avoir inondé ces montagnes/régions, elle atteignit Himavān, la grande montagne. Là, Śambhu (Śiva), celui dont l’étendard porte le taureau, la porta et ne la relâcha pas aussitôt.

Verse 11

भगहीरथेनोपवासैः स्तुत्या चाराधितो विभुः । तत्र मुक्ताऽऽ च शर्वेण सप्तधा दक्षिणोदधिम् ॥

Le Seigneur (Śiva), adoré par Bhagīratha au moyen de jeûnes et d’hymnes de louange, la délivra en ce lieu; et, affranchie par Śarva, elle s’écoula en sept courants vers l’océan du Sud.

Verse 12

प्रविवेश त्रिधा प्राच्यां प्लावयन्ती महानदी । भगिरथरथस्यानु स्रोतसैकेन दक्षिणाम् ॥

Ce grand fleuve entra vers l’Orient en trois branches, inondant (arrosant) la terre; et, par un seul courant, il s’écoula vers le Sud, suivant la route du char de Bhagīratha.

Verse 14

तथैव पश्चिमे पादे विपुले सा महानदी । सुचक्षुरिति विख्याता वैभ्राजं साचलं ययौ ॥ शीतोदञ्च सरस्तस्मात् प्लावयन्ती महानदी । सुचक्षुः पर्वतं प्राप्ता ततश्च त्रिशिखं गता ॥

De même, dans la vaste contrée occidentale, ce grand fleuve—connu là sous le nom de Sucakṣu—se rendit à Vaibhrāja avec sa montagne. De là, après avoir inondé le lac Śītoda, le grand fleuve atteignit le mont Sucakṣu, puis poursuivit jusqu’à Triśikha.

Verse 15

तस्मात् क्रमेण चाद्रीणां शिखरेषु निपत्य सा । केतुमालं समासाद्य प्रविष्टा लवणोदधिम् ॥

De là, descendant selon l’ordre convenable sur les sommets des montagnes, elle atteignit Ketumāla et entra dans l’océan salé.

Verse 16

सुपार्श्वन्तु तथैवाद्रिं मेरुपादं हि सा गता । (भद्रसोमेति) तत्र सोमेतिविख्याता सा ययौ सवितुर्वनम् ॥

De même, elle alla au mont Supārśva, au pied du Meru. Là, on la connaissait sous le nom de Soma (Bhadrasomā selon la leçon), et elle se rendit à la forêt de Savitṛ.

Verse 17

तत्पावयन्ती संप्राप्ता महाभद्रं सरोवरम् । ततश्च शङ्खकूटं सा प्रयाता वै महानदी ॥

Purifiant cette contrée, le grand fleuve atteignit le lac Mahābhadra ; puis, de là, ce grand fleuve poursuivit sa course vers Śaṅkhakūṭa.

Verse 18

तस्माच्च वृषभादीन् सा क्रमात् प्राप्य शिलोच्चयान् । महर्णवमनुप्राप्ता प्लावयित्वोत्तरान् कुरून् ॥

De là, ayant atteint successivement les hauteurs rocheuses à commencer par Vṛṣabha, et ayant inondé les Uttara Kuru, elle parvint au grand océan.

Verse 19

एवमेषा मया गङ्गां कथिता ते द्विजर्षभ । जम्बूद्वीपनिवेशश्च वर्षाणि च यथातथम् ॥

Ainsi, ô le meilleur des deux-fois-nés, je t’ai décrit cette Gaṅgā—ainsi que l’ordonnance de Jambudvīpa et de ses régions (varṣa), telle qu’elle est.

Verse 20

वसन्ति तेषु सर्वेषु प्रजाः किंपुरुषादिषु । सुखप्राया निरातङ्का न्यूनतोत्कर्षवर्जिताः ॥

Dans toutes ces contrées, parmi les Kimpuruṣa et les autres, les peuples demeurent pour la plupart dans le bonheur, exempts d’affliction, et sans conditions d’infériorité ni de supériorité.

Verse 21

नवस्वपि च वर्षेषु सप्त सप्त कुलाचलाः । एकैकस्मिंस्तथा देशे नद्यश्चाद्रिविनिःसृताः ॥

Et dans chacun des neuf varṣa se trouvent sept et sept montagnes principales ; de même, dans chaque pays, il y a des rivières qui jaillissent des montagnes.

Verse 22

यानि किंपुरुषाद्यानि वर्षाण्यष्टौ द्विजोत्तम । तेषूद्भिज्जानि तोयानि मेघवार्यत्र भारतॆ ॥

Ô le meilleur des deux-fois-nés : dans les huit régions (varṣa) commençant par Kiṃpuruṣa, les eaux naissent des plantes ; mais ici, en Bhārata, les eaux viennent des nuages de pluie.

Verse 23

वार्क्षो स्वाभाविकी देश्या तोयोत्था मानसী तथा । कर्मजा च नृणां सिद्धर्वर्षेष्वेतेषु चाष्टसु ॥

Dans ces huit varṣa, les accomplissements (ou modes de plénitude) des humains sont : ceux issus des arbres, ceux naturels (innés), ceux locaux (régionaux), ceux nés de l’eau, ceux mentaux, et aussi ceux nés du karma — (on les trouve) parmi elles dans les varṣa des Siddharvas.

Verse 24

कामप्रदेभ्यो वृक्षेभ्यो वार्क्षो सिद्धिः स्वभावजा । स्वाभाविकी समाख्याता तृप्तिर्देश्या च दैशिकी ॥

Des arbres qui exaucent les vœux provient l’accomplissement fondé sur l’arbre, surgissant spontanément. On l’appelle ‘naturel’ (svābhāvikī) ; et la satisfaction propre à une région est dite ‘locale’ (daiśikī).

Verse 25

अपां शौक्ष्म्याच्च तोयोत्था ध्यानोपेता च मानसī । उपासनादिकार्यात्तु धर्मजा साप्युदाहृता ॥

En raison de la subtilité des eaux, (cet accomplissement) est dit ‘né de l’eau’ (toyotthā) ; et celui qui s’accompagne de méditation est ‘mental’ (mānasī). Quant à ce qui naît d’actes tels que le culte, on le dit aussi ‘né du dharma’ (dharmajā).

Verse 26

न चैतॆषु युगावस्था नाध्यो व्याधयो न च । पुण्यापुण्यसमारम्भो नैव तेषु द्विजोत्तम ॥

Et dans ces contrées, il n’y a pas de conditions propres aux yuga, ni afflictions ni maladies ; et l’on n’y entreprend rien qui engendre mérite ou démérite, ô le meilleur des deux-fois-nés.

Frequently Asked Questions

The chapter uses Gaṅgā’s mapped descent as a cosmological proof-text for purity, mediation, and ordered flow, then shifts to an ethical-anthropological contrast: in several varṣas beings live with minimal affliction and without the usual oscillations of social excess or deficit, implying a different moral economy than Bhārata.

It does not introduce a new Manu or a manvantara transition; instead, it supports the broader purāṇic world-model (bhuvanakośa) that underlies manvantara historiography by situating rivers, varṣas, and human conditions within Jambūdvīpa’s stable cosmic geography.

This Adhyaya is outside the Devi Mahatmyam (Adhyayas 81–93). Its Shakti-relevance is indirect: Gaṅgā is named as Devī and treated as a sanctifying, cosmically-originating power, but there is no stuti, goddess battle-cycle, or Medhas-frame theology typical of the Devi Mahatmyam section.