Adhyaya 9
Moksha Sadhana PrakaranaAdhyaya 927 Verses

Adhyaya 9

Ajāna Lineages, Divine Classes, Ṛṣi Catalogues, and the Merit of Śravaṇa-Smaraṇa

Répondant à la demande de Garuḍa d’exposer la nature de « l’Inengendré » et des catégories connexes, Śrī Kṛṣṇa présente les divinités Ajāna/Ajanaja comme des présidents de l’action liés aux lignées, puis énumère des Gandharvas et des êtres apparentés. L’enseignement s’élargit en une hiérarchie comparative—Gandharvas, Apsaras (dites immensément nombreuses à cause de l’ignorance), Yakṣas, et surtout les ṛṣi, loués comme égaux à l’Inengendré et supérieurs aux êtres nés seulement du karma. Kṛṣṇa fournit de longs catalogues de sages, soulignant que l’écoute de leurs noms réjouit Hari. Il mentionne ensuite ses épouses comme filles d’Agni, met en relief l’excellence de Kaśerū, et retrace l’origine des Pitṛ issus des Ajāna tout en notant leur multitude. Le chapitre se conclut en plaçant les messagers divins et les Deva-Gandharvas au-dessus des rois terrestres et des humains, puis se tourne vers la pratique : réciter et écouter (śravaṇa-smaraṇa) purifie et attire la grâce de Hari, tandis que la négligence est une illusion née de māyā. L’avertissement final relie le souvenir spirituel à la conduite quotidienne, établissant un pont moral vers les enseignements suivants sur la juste manière de vivre et ses conséquences.

Shlokas

Verse 1

अजानजस्वरूपं च ब्रूहि कृष्ण महामते / तदन्यांश्च क्रमेणेव वक्तुं कृष्ण त्वमर्हसि

Ô Kṛṣṇa, ô toi dont la sagesse est immense, explique la nature de l’Inengendré, Ajāna ; puis, selon l’ordre convenable, il te sied aussi de décrire les autres aspects, ô Kṛṣṇa.

Verse 2

श्रीकृष्ण उवाच / अजानाख्या देवतास्तु तत्तद्देवकुले भवाः / अजानदेवतास्ता हि तेभ्योग्याः कर्मदेवताः

Śrī Kṛṣṇa dit : «Les divinités appelées Ajāna naissent au sein de leurs lignées divines respectives. En vérité, ces divinités Ajāna sont les puissances présidant aux actes (divinités du karma), convenant et correspondant à ces lignées.»

Verse 3

विराधश्चारुदेष्णश्च तथा चित्ररथस्तथा / धृतराष्ट्रः किशोरश्च हूहूर्हाहास्तथैव च

Virādha, Ārudeṣṇa, ainsi que Citraratha ; Dhṛtarāṣṭra et Kiśora ; et de même Hūhū et Hāhā : tels sont ceux qui sont nommés parmi eux.

Verse 4

विद्याधरश्चोग्रसेनो विश्वावसुपरावसू / चित्रसेनश्च गोपालो बलः पञ्चदश स्मृताः

Vidyādhara, Ugrasena, Viśvāvasu et Parāvasu ; ainsi que Citrasena, Gopāla et Bala : ceux-ci sont rappelés comme (faisant partie) des quinze.

Verse 5

एवमाद्यश्च गन्धर्वाः शतसंख्याः खगेश्वर / अजानजसमा ज्ञेया मुक्तौ संसार एव च

Ainsi, ô Seigneur des Oiseaux (Garuda), les Gandharvas primordiaux doivent être compris comme se comptant par centaines ; et l’on sait qu’ils sont comparables aux Ajanajas, tant dans l’état de délivrance que dans l’existence mondaine du saṃsāra.

Verse 6

अज्ञानजास्तु मे देवाः कर्मजेभ्यः शतावराः / घृताची मेनका रंभा उर्वशी च तिलोत्तमा

Mais les divinités nées de mon ignorance sont cent fois plus nombreuses que celles nées du (juste) karma — telles Ghṛtācī, Menakā, Rambhā, Urvaśī et Tilottamā.

Verse 7

सुकेतुः शबरी चैव मञ्जुघोषा च पिङ्गला / इत्यादिकं यक्षरत्नं सह संपरिकीर्तितम्

Suketu, Śabarī, Mañjughoṣā et Piṅgalā — avec d’autres encore — sont ici célébrés ensemble comme des Yakṣas, tels des joyaux précieux.

Verse 8

अजानजसमा ह्येते कर्मजेभ्यः शतावराः / विश्वामित्रो वसिष्ठश्च नारदश्च्यवनस्तथा

En vérité, ces sages sont égaux à l’Inengendré (Brahmā) et cent fois supérieurs à ceux qui ne naissent que des actes (karma). Parmi eux : Viśvāmitra, Vasiṣṭha, Nārada, ainsi que Cyavana.

Verse 9

उतथ्यश्च मुनिश्चैतान्द्राजपित्वा खगेश्वर / ऋषयश्च महात्मानो ह्यजानजसमाः स्मृताः

Ô seigneur des oiseaux, le sage Utathya, après avoir exposé comme il se doit ces questions et ces lignées, est rappelé parmi les ṛṣis magnanimes comme l’égal des Ajanajas, les progéniteurs primordiaux.

Verse 10

शतर्चिः कश्यपो ज्ञेयो मध्यमश्च पराशरः / पावमान्यः प्रगाथश्च क्षुद्रसूक्तश्च देवलः

Sache que Śatarci est aussi nommé Kaśyapa ; celui qu’on appelle « Madhyama » (le Médian) est Parāśara ; Pāvamānya est Pragātha ; et Kṣudrasūkta est Devala.

Verse 11

गृत्समदो ह्यासुरिश्च भरद्वाजोथ मुद्गलः / उद्दालको ह्यृ शृङ्गः शङ्खः सत्यव्रतस्तथा

Gṛtsamāda, Āsuri, Bharadvāja et Mudgala ; de même Uddālaka, Ṛśṛṅga, Śaṅkha et Satyavrata : eux aussi figurent parmi les ṛṣi vénérables évoqués ici.

Verse 12

सुयज्ञश्चैव बाभ्रव्यो माण्डूकश्चैव बाष्कलः / धर्माचार्यस्तथागस्त्यो दाल्भ्यो दार्ढ्यच्युतस्तथा

Il y eut aussi Suyajña, Bābhravya, Māṇḍūka et Bāṣkala ; de même Dharmācārya, ainsi qu’Agastya, Dālbhyā et Dārḍhyacyuta.

Verse 13

कवषो हरितः कण्वो विरूपो मुसलस्तथा / विष्णुवृद्धश्च आत्रेयः श्रीवत्सो वत्सलेत्यपि

Il y a aussi Kavaṣa, Harita, Kaṇva, Virūpa et Musala ; de même Viṣṇuvṛddha et Ātreya, ainsi que Śrīvatsa et Vatsala.

Verse 14

भार्गवश्चाप्नवानश्च माण्डूकेयस्तथैव / मण्ड्कश्चैव जाबचलिः वीतिहव्यस्तथैव च

Bhārgava, Āpnavāna et Māṇḍūkeya également ; et aussi Maṇḍaka, Jābacali et Vītihavya.

Verse 15

गृत्समदः शौनकश्च इत्याद्या ऋषयः स्मृताः / एतेषां श्रवणादेव हरिः प्रीणाति सर्वदा

Gṛtsamada, Śaunaka et d’autres sages semblables sont rappelés par la tradition. Rien qu’en entendant leurs noms, Hari (Viṣṇu) est toujours comblé de joie.

Verse 16

ब्रुवे द्व्यष्टसहस्रं च शृणु तार्क्ष्य मम स्त्रियः / अग्निपुत्रास्तु यद्द्व्यष्टसहस्रञ्च मम स्त्रियः / अजानजसमा ह्येता (ते) नात्र कार्या विचारणा

Je l’énonce : écoute, ô Tārkṣya—mes épouses sont au nombre de deux mille vingt-huit. Ces deux mille vingt-huit épouses sont en vérité les filles d’Agni. Elles sont pures, sans défaut, comme « non-nées et pourtant nées » ; ainsi, nul doute ni examen supplémentaire n’est requis ici.

Verse 17

त्वष्टुः पुत्री कशेरूश्च तासां मध्ये गुणाधिका / तदनन्तरजान्वक्ष्ये शृणु सम्यक् खगेश्वर

Kaśerū est la fille de Tvaṣṭṛ ; et parmi ces (femmes), elle se distingue par l’excellence de ses vertus. À présent je décrirai celles qui naquirent après elles : écoute avec attention, ô seigneur des oiseaux (Garuda).

Verse 18

आजानेभ्यस्तु पितरः सप्तभ्योन्ये शतावराः / तथाधिका हि पितर इति वेदविदां मतम्

Des Ājānas naissent les Pitṛ (Pères ancestraux). Des sept (groupes) proviennent encore d’autres Pitṛ, au nombre de centaines. En vérité, les Pitṛ sont plus nombreux encore : telle est l’opinion mûrement établie de ceux qui connaissent le Veda.

Verse 19

तदनन्तराजान्वक्ष्ये शृणु त्वं द्विजसत्तम / अष्टाभ्यो देवगन्धर्वा अष्टोत्तरशतं विना

À présent je décrirai les rois qui se succèdent : écoute, ô le meilleur des deux-fois-nés. Les Gandharva divins sont au nombre de cent huit, sans compter les huit principaux.

Verse 20

तेभ्यः शतगुणानन्दा देवप्रेष्यास्तु मुख्यतः / स्वमुकेनेव देवैश्च आज्ञाप्याः सर्वदा गणाः

Comparés à eux, les émissaires divins (devapreṣya) jouissent d’une béatitude cent fois plus grande, étant les premiers parmi ces ordres; et leurs cohortes reçoivent sans cesse les commandements des dieux, comme s’ils sortaient de la propre bouche des dieux.

Verse 21

आख्याता देवगन्धर्वास्तेभ्यस्ते च शतावराः / तेभ्यस्तु क्षितिपा ज्ञेया अवराश्च शतैर्गुणैः

Il est proclamé que les Deva-Gandharvas sont d’un ordre plus élevé. Au-dessous d’eux se trouvent ceux qu’on nomme Śatāvara; et au-dessous encore, les rois de la terre doivent être compris comme inférieurs—de centaines de degrés quant aux qualités.

Verse 22

तेभ्यः शतगुणाज्ञेया मानुषेषूत्तमा गणाः / एवं प्रासंगिकानुक्त्वा प्रकृतं ह्यनुसराम्यहम् / एवं ब्रह्मादयो देवा लक्ष्म्याद्या अपि सर्वशः

Comparés à eux, parmi les humains, les groupes les plus excellents doivent être compris comme cent fois (supérieurs). Après avoir ainsi évoqué ce qui n’était qu’accessoire, je poursuis maintenant le sujet principal. De la même manière, il faut comprendre les dieux à commencer par Brahmā, et de même tous les êtres divins à commencer par Lakṣmī.

Verse 23

स्तुत्वा तूष्णीं स्थिताः सर्वे प्राञ्जलीकृत्य भो द्विज

Après avoir offert leur louange, tous demeurèrent silencieux, les mains jointes en prière—ô deux-fois-né (dvija).

Verse 24

तेषामायतनं दातुं मनसा समचिन्तयत्

Il contempla en son esprit comment leur accorder une demeure convenable.

Verse 25

इदं पवित्रमारोग्यं पुण्यं पापप्रणाशनम् / हरिप्रसादजनकं स्वरूपसुखसाधनम्

Cette observance est purifiante et porteuse de santé ; elle est méritoire et détruit le péché. Elle fait naître la grâce de Hari (Viṣṇu) et devient le moyen d’atteindre la béatitude de sa nature véritable.

Verse 26

इदं तु स्तवनं विप्रा न पठन्तीह मानवाः / न शृण्वन्ति च ये नित्यं ते सर्वे चैव मायिनः

Mais, ô brahmanes, ceux qui en ce monde ne récitent pas cet hymne et ne l’écoutent pas régulièrement—sachez qu’ils sont tous, en vérité, abusés par māyā.

Verse 27

नस्मरन्तोन्तरं नित्यं ये भुञ्जन्ति नराधमाः / तैर्भुक्ता सततं विष्ठा सदा क्रिमिशतैर्युता

Les plus vils des hommes, qui mangent sans cesse sans se souvenir au-dedans du Divin—dans l’au-delà, ils mangent continuellement des excréments, toujours grouillant de centaines de vers.

Frequently Asked Questions

They are described as arising within their respective divine lineages and serving as presiding powers connected to actions (karma), implying a governance of activity and its fruits through lineage-specific divine agency.

It uses repeated “hundredfold” comparisons to express relative excellence and happiness: divine emissaries are said to enjoy happiness far exceeding Gandharvas; Deva-Gandharvas are placed higher than other Gandharva classes; earthly kings are ranked below these, with the best humans described as superior to lower human groupings.