Adhyaya 185
Brahma KhandaAdhyaya 18537 Verses

Adhyaya 185

Gaṇapati-Mantra Siddhi, Vighna-Nivāraṇa Rites, Vśīkaraṇa-Style Applications, and Cikitsā (Therapeutic Formulas)

Dans la continuité du ton pratique du Brahma Khaṇḍa, cet adhyāya s’ouvre sur Hari prescrivant un mantra de Gaṇapati (commençant par « Āṁ gaṇapataye ») et précisant les nombres de japa (dont 8 000), le śikhā-bandhana et les rites de homa avec sésame noir et ghee afin d’obtenir prospérité, réussite dans l’art de convaincre et victoire dans les litiges, surtout en contexte royal ou administratif. Il développe ensuite des usages d’attraction et d’influence fondés sur la syllabe Hrīṃ, des tilaka composés de manah-śilā, gorocanā et kuṅkuma, des mélanges d’encens parfumés et des onctions, présentant une technologie rituelle par les dravya pour infléchir les dynamiques sociales et érotiques. La fin bascule vers l’Ayurveda : remèdes contre le pariṇāma-śūla (coliques), la grahaṇī, la diarrhée, des affections de type viṣūcikā, le meha (troubles urinaires), la détresse respiratoire, les maladies des yeux (voiles/opacités, cécité nocturne) et les « vers » dentaires, reliant l’efficacité rituelle et la levée des obstacles à la restauration du corps.

Shlokas

Verse 1

ऽध्यायः हरिरुवाच / आं गणपतये इति अयं गणपतेर्न्मन्त्रो धनविद्याप्रदायकः

Hari (le Seigneur Viṣṇu) dit : « Le mantra qui commence par “Āṁ gaṇapataye” — ce mantra de Gaṇapati accorde la prospérité et la connaissance (l’habileté) qui mène à la richesse. »

Verse 2

इममष्टसहस्रञ्च जप्त्वा बद्ध्वा शिखां ततः / व्यवहारे जयः स्याच्च शतं जापान्नृणां प्रियः

Après avoir récité ce (mantra) huit mille fois, puis avoir noué la śikhā (touffe de cheveux), on obtient la victoire dans les litiges et les affaires; même cent répétitions rendent l’homme agréable aux autres.

Verse 3

तिलानां तु घृताक्तानां कृष्णानां रुद्र होमयेत् / अष्टोत्तरसहस्रन्तु राजा वश्यस्त्रिभिर्दिनैः

Qu’on accomplisse un Rudra-homa avec des graines de sésame noir enduites de ghee. En offrant mille huit oblations, même un roi devient docile (sous influence) en trois jours.

Verse 4

अष्टम्याञ्च चतुर्दश्यामुपोष्याभ्यर्च्य विघ्नराट् / तिलाक्षतानां जुहुयादष्टोत्तरसहस्रकम् / अपाजितः स्याद्युद्धे च सर्वे तञ्च सिषेविरे

Aux huitième et quatorzième jours lunaires, après avoir jeûné (upoṣa) et adoré Vighnarāja, le Seigneur qui ôte les obstacles, qu’on verse au feu des oblations de sésame mêlé d’akṣata (grain de riz intact) au nombre de mille huit. Ainsi devient-on invaincu même au combat; en vérité, tous ont eu recours à cette pratique.

Verse 5

जप्त्वा चाष्टसहस्रन्तु ततश्चाष्टशतेन हि / शिखां बद्ध्वा राजकुले व्यवहारे जयो भवेत्

L’ayant récité huit mille fois, puis encore huit cents fois, et après avoir noué la śikhā (touffe de cheveux), on obtient la victoire dans les affaires et les litiges au sein de la cour royale.

Verse 6

ह्रीङ्कारं सविसर्गञ्च प्रातः काले नरस्तु यः / स्त्रीणां ललाटे विन्यस्य वशतां नयति ध्रुवम्

L’homme qui, au matin, place (écrit/marque) la syllabe « Hrīṃ » avec le visarga (ḥ) sur le front des femmes, les amène assurément sous son pouvoir.

Verse 7

सुसमाहितचित्तेन विन्यस्य प्रमदालये / सोत्कामां कामिनीं कुर्यान्नात्र कार्या विचारणा

L’esprit bien rassemblé et ferme, l’ayant placée dans les appartements des femmes, qu’on fasse de la femme ardente de désir une compagne dans le kāma ; ici, nul besoin d’autre délibération.

Verse 8

जुहुयादयुतं यस्तु शुचिः प्रयतमानसः / दृष्टिमात्रे सदा तस्य वश्यमायान्ति योषितः

Quiconque, pur et l’esprit maîtrisé, accomplit dix mille oblations au feu, les femmes deviennent dociles et viennent sous son ascendant par le seul éclat de son regard.

Verse 9

मनः शिलापत्रकञ्च सगोरोचनकुङ्कुमम् / कृत एभिश्च तिलके वश्यमायान्ति योषितः

Avec manah-śilā, śilā-patraka et kuṅkuma mêlés à la gorocanā, lorsqu’on en fait un tilaka sur le front, on dit que les femmes deviennent soumises et passent sous l’ascendant.

Verse 10

भृङ्गराट् सहदेवा च वचा श्वेतापराजिता / तेनैव तिलकं कृत्वा त्रैलोक्यं वशतां नयेत्

Avec bhṛṅgarāja, sahadevā, vacā et l’aparājitā blanche, en faisant un tilaka de ces herbes mêmes, on peut amener les trois mondes sous son ascendant.

Verse 11

गोरोचना मीनपित्तमाभ्याञ्च कृतवर्तिकः / यः पुमांस्तिलकं कुर्याद्वामहस्तकनिष्ठया / स करोति वशे सर्वं त्रैलोक्यं नात्र संशयः

L’homme qui prépare un bâtonnet de pigment avec la gorocanā et la bile de poisson, puis applique le tilaka avec l’auriculaire de la main gauche, met sous son ascendant les trois mondes ; il n’y a là aucun doute.

Verse 12

गोरोचना महादेव ! धातुशोणितभाविता / एतैर्वैतिलकं कृत्वा सा नरं यं निरीक्षते / तत्क्षणात्तं वशे कुर्या न्नात्र कार्या विचारणा

Ô Mahadeva ! Lorsque le gorochana est infusé de minéraux corporels et de sang, et qu'un tilaka est fait de ces éléments, quel que soit l'homme qu'elle regarde après l'avoir appliqué, elle peut le mettre instantanément sous son emprise ; nul besoin de délibérer davantage à ce sujet.

Verse 13

नागेश्वरञ्च शैलेयं त्वक्पत्रञ्च हरीतकी / चन्दनं कुष्ठसूक्ष्मैलारक्तशालिसमन्विता

Nageshvara, shaileya (un aromate de montagne), feuille de cannelle et haritaki — ainsi que le bois de santal, le kushtha (costus), la cardamome fine et le riz shali rouge — sont inclus (dans les matériaux rituels prescrits).

Verse 14

एतैर्धूपो वशकरः स्मरबाणैः स्मारार्दनः / रतिकाले महादेव पार्वतीप्रिय शङ्कर

Avec ces (ingrédients), l'encens devient un instrument d'attraction ; il frappe comme les flèches de Kama et enflamme le désir. Au moment de l'amour — Ô Mahadeva, Ô Shankara bien-aimé de Parvati — (il est utilisé ainsi).

Verse 15

निजशुक्रं गृही त्वा तु वामहस्तेन यः पुमान् / कामिनीचरणं वामं लिंपेत्स स्यात्स्त्रियाः प्रियः

Un homme qui prend sa propre semence dans sa main gauche et en oint le pied gauche d'une femme aimée devient cher aux femmes.

Verse 16

सैन्धवञ्च महादेव पारावतमलं मधु / एभिर्लिप्ते तु लिङ्गे वै कामिनीवशकृद्भवेत्

Ô Mahadeva, si le linga est oint de sel gemme, de miel et de fiente de pigeon, alors on devient capable de mettre une femme sous son influence.

Verse 17

पुष्पाणि पञ्चरक्तानि गृहीत्वा यानि कानि च / तत्तुल्यञ्च प्रियङ्गुञ्च पेषयेदेकयोगतः / अनेन लिप्तलिङ्गस्य कामिनीवशतामियात्

Prenant cinq fleurs rouges—celles qui se trouvent—et une quantité égale de priyangu (priyaṅgu), qu’on les broie ensemble en une seule préparation. En oignant de cela le liṅga, on dit qu’une femme vient sous l’influence de celui qui l’accomplit.

Verse 18

हयगन्धा च मञ्जिष्ठा मालतीकुसुमानि च / श्वेतसषर्प एतैश्च लिप्तलिङ्गः स्त्रियाः प्रियः

Si l’on oint le liṅga de hayagandhā, de mañjiṣṭhā, de fleurs de mālatī et de santal blanc, on devient cher et agréable aux femmes.

Verse 19

मूलन्तु काकजङ्घाया दुग्धपीतन्तु शोषनुत् / अश्वगन्धानागबलागुडमाषनिषेविणः / रूपं भवेद्यथा तद्वन्नवयौवनचारिणाम्

La racine de kākajaṅghā, prise avec du lait, apaise l’amaigrissement et la sécheresse. Celui qui use régulièrement d’aśvagandhā et de nāgabala, avec du jaggery et du pois noir (black gram), obtient une allure et une vigueur semblables à celles de qui chemine dans une jeunesse neuve.

Verse 20

लौहचूर्णसमायुक्तं त्रिफलाचूर्णमेव वा / मधुना सेवितं रुद्र परिणामाख्यशूलनुत्

Ô Rudra, la poudre de Triphalā mêlée de limaille de fer—ou même la poudre de Triphalā seule—prise avec du miel, apaise la douleur colique dite pariṇāma, la colique de la transformation digestive.

Verse 21

क्वथितोदकपानन्तु शम्बूकक्षारकं तथा / मृगशृङ्गं ह्यग्निदग्धं गव्याज्येन समन्वितम् / पीत हृत्पृष्ठशूलानां भवेन्नाशकरं शिव

Ô Śiva, boire de l’eau bouillie avec l’alcali d’escargot; et de la corne de cerf brûlée au feu, mêlée au ghee de vache—lorsqu’on la prend—détruit les douleurs du cœur et du dos; c’est de bon augure et salutaire.

Verse 22

हिङ्गु सौवर्चलं शुण्ठी वृषध्वज महौषधम्? / एभिस्तु क्वथितं वारि पीतं वै सर्वशूलनुत्

Asafœtida, sel noir, gingembre sec, vṛṣadhvaja et la grande plante médicinale : l’eau bouillie avec ces ingrédients puis bue apaise en vérité toutes coliques et douleurs.

Verse 23

अपामार्गस्य वै मूलं सामुद्रलवणान्वितम् / आस्वादि तमजीर्णस्य शूलस्य स्याद्विमर्दनम्

La racine d’apāmārga, mêlée de sel marin, doit être goûtée ; on dit qu’elle apaise la douleur colique née de l’indigestion.

Verse 24

वटरोहाङ्कुरो रुद्र तण्डुलोदकघर्षितः / पीतः सतक्रो ऽतीसारं क्षयं नयति शङ्कर

Ô Rudra, le tendre rejet du banian, broyé avec de l’eau de riz puis bu, guérit la diarrhée et chasse aussi la consomption, ô Śaṅkara.

Verse 25

अङ्कोटमूलं कर्षार्धं पिष्टं तण्डुलवारिणा / सर्वातीसारग्रहणीं पीतं हरति भूतप

Ô Bhūtapa, une demi-karṣa de racine d’aṅkoṭa, broyée avec de l’eau de riz puis bue, enlève toutes les diarrhées et les troubles de grahaṇī (intestin).

Verse 26

मरीचशुण्ठिकुटजत्वक्चूर्णञ्च गुडान्वितम् / क्रमात्तद्द्विगुणं पीतं ग्रहणीव्याधिनाशनम्

Poudre de poivre noir, de gingembre sec et d’écorce de kuṭaja, mêlée à du jaggery : prise selon un régime, en augmentant peu à peu la dose jusqu’au double, elle détruit la maladie de grahaṇī (trouble intestinal).

Verse 27

श्वेतापराजितामूलं हरिद्रासिक्थतण्डुलाः / अपामार्गत्रिकटुकमेषाञ्च वटिका शिव / विषूचिकामहाव्याधिं हरत्येव न संशयः

Ô Śiva, une pilule (vaṭikā) faite de la racine d’aparājitā blanche, de curcuma, de sucre candi, de grains de riz, d’apāmārga et de trikaṭu (les trois piquants) détruit assurément les maladies graves telles que la viṣūcikā (affection semblable au choléra) ; il n’y a là aucun doute.

Verse 28

त्रिफलागुरु भूतेश शिलाजतु हरीतकी / एकैकमेषां चूर्णन्तु मधुना च विमिश्रितम् / पीतं सर्वञ्च मेहन्तु क्षयं नयति शङ्कर

Śaṅkara (Śiva) dit : «Triphala, aguru, bhūteśa, śilājatu et harītakī : que chacun soit réduit en poudre séparément puis mêlé au miel. Pris ainsi, cela apaise toutes les formes de meha (troubles urinaires) et mène le kṣaya (consomption) à sa destruction.»

Verse 29

अर्कक्षीरप्रस्थमेकं तिलतैलं तथैव च / मनः शिलामरीचानां सिन्दूरस्य पलं पलम्

Prends un prastha de lait d’arka (arka-kṣīra) et, de même, de l’huile de sésame ; puis prends une pala de chacun : manaḥśilā (réalgar), marīca (poivre noir) et sindūra (ocre rouge/vermillon).

Verse 30

चूर्णं कृत्वा ताम्रपात्रे त्वातपैः शोषयेत्ततः / पीतं स्नुहीगतं दुग्धं सैन्धवं शूलनुद्भवेत्

Après l’avoir broyé en poudre, fais-le sécher dans un récipient de cuivre sous la chaleur du soleil. Quand on boit le lait mêlé à la snuhī (euphorbe) avec du sel gemme (saindhava), cela devient un remède qui chasse les coliques et les douleurs abdominales lancinantes.

Verse 31

त्रिकटुत्रिफलानक्तं तिलतैलं तथैव च / मनः शिला निम्बपत्रं जातीपुष्पमजापयः

Huile de sésame préparée avec Trikaṭu et Triphalā, avec manaḥśilā (réalgar), feuilles de neem, fleurs de jasmin (jāti) et lait de chèvre : tels sont les ingrédients prescrits pour le rite énoncé.

Verse 32

तन्मूत्रं सङ्खनाभिश्च चन्दनं घर्षयेत्ततः / एभिश्च वर्तिकां कृत्वा त्वक्षिणी चाञ्जयेत्ततः

Ensuite, avec cette urine, mêlée à la poudre de conque (śaṅkha) et au santal, qu’on broie soigneusement. De ce mélange, on façonne une petite pâte, puis on l’applique en onguent (añjana) sur les yeux.

Verse 33

नश्यते पटलं काचं पुष्पञ्च तिमिरादिकम् / विभीतकस्य वै चूर्णं समधु श्वासनाशनम्

Sont détruits le voile sur l’œil, la cataracte et l’opacité « en forme de fleur », ainsi que la vision assombrie et autres troubles. En vérité, la poudre de bibhitaka prise avec du miel est un remède qui ôte la gêne respiratoire.

Verse 34

पिप्पलीत्रिफलाचूर्णं मधुसैन्धवसंयुतम् / सर्वरोगज्वरश्वासशोषपीनसहृद्भवेत्

La poudre de pippalī (poivre long) et de Triphalā, mêlée au miel et au sel gemme, devient salutaire pour toutes les maladies—surtout la fièvre, l’essoufflement, l’amaigrissement consumptif, la rhinite chronique et les troubles du cœur.

Verse 35

देवदारोश्च वै चूर्णं अजामत्रेण भावयेत् / एकविंशतिवारंवैत्वक्षिणी तेन चाञ्जयेत् / रात्र्यन्धता पटलता नश्येन्निर्लोमता तथा

Qu’on imprègne la poudre de cèdre deodar avec de l’urine de chèvre en la broyant soigneusement. Puis qu’on en oigne les yeux vingt et une fois : la cécité nocturne et le voile cornéen disparaissent, et cela aide aussi en cas d’absence de poils.

Verse 36

पिप्पलीकेतकं रुद्र हरिद्रामलकं वचा / सर्वाक्षिरोगा नश्येयुः सक्षीरादञ्जनात्ततः

Avec pippalī, ketaka, rudra (une plante médicinale), haridrā (curcuma), āmalaka et vacā—préparés en añjana (collyre) mêlé de lait—alors toutes les maladies des yeux sont détruites.

Verse 37

काकजङ्घाशिग्रुमूले मुखेन विधृते शिव / चर्वित्वा दन्तकीटानां विनाशो हि भवेद्धर

Ô Śiva, ô Dhara, si l’on tient en bouche la racine de kākajaṅghā et celle de śigrū (moringa), puis qu’on la mâche, les « vers des dents » sont assurément détruits.

Frequently Asked Questions

The chapter outlines mantra-japa (including large counts such as 8,000), followed by śikhā-bandhana, and in some instructions a Rudra-homa using black sesame anointed with ghee, with oblation counts given as 1,008. The stated aim is victory in disputes and effectiveness in dealings, including within a royal setting.

The remedies target digestive colic (pariṇāma-śūla), indigestion-related pain, grahaṇī (malabsorption/intestinal disorder), diarrhoea, viṣūcikā-like severe illness, urinary disorders (meha), respiratory distress/breathlessness, and multiple eye conditions (films/opacity, dim vision, night-blindness), as well as dental worms.