Adhyaya 4
Panchama SkandhaAdhyaya 419 Verses

Adhyaya 4

Ṛṣabhadeva’s Enthronement, Exemplary Household Life, and the Birth of Bharata and the Nine Yogendras

À la suite du culte accompli par le roi Nābhi, qui fit venir le Seigneur Suprême dans sa dynastie, ce chapitre s’ouvre sur la manifestation publique des marques divines et des qualités de Ṛṣabhadeva, amenant les citoyens et les brāhmaṇas à demander Son couronnement. La jalousie d’Indra se traduit par une sécheresse, mais Ṛṣabhadeva, souriant, rend la pluie par la yoga-māyā, affirmant la souveraineté divine sur les devas. Nābhi, submergé par l’affection paternelle sous l’influence de la yoga-māyā, intronise Ṛṣabhadeva puis se retire avec Merudevī à Badarikāśrama pour adorer Nara-Nārāyaṇa, atteignant Vaikuṇṭha. Ṛṣabhadeva offre ensuite l’exemple complet du gṛhastha-dharma : brahmacarya au gurukula, offrande de guru-dakṣiṇā, mariage avec Jayantī (donnée par Indra) et naissance de cent fils. Le chapitre nomme Bharata—dont le nom sanctifie Bhārata-varṣa—ainsi que neuf fils aînés, les neuf Yogendras (futurs prédicateurs du Bhāgavata), et quatre-vingt-un fils formés comme brāhmaṇas. Il se conclut en passant à l’instruction publique de Ṛṣabhadeva à Brahmāvarta, préparant les enseignements du chapitre suivant à Ses fils.

Shlokas

Verse 1

श्रीशुक उवाच अथ ह तमुत्पत्त्यैवाभिव्यज्यमानभगवल्लक्षणं साम्योपशमवैराग्यैश्वर्यमहाविभूतिभिरनुदिनमेधमानानुभावं प्रकृतय: प्रजा ब्राह्मणा देवताश्चावनितलसमवनायातितरां जगृधु: ॥ १ ॥

Śrī Śukadeva Gosvāmī dit : Dès la naissance du Seigneur comme fils du Mahārāja Nābhi, les signes de la Suprême Divinité se manifestèrent, tels les emblèmes sur la plante de Ses pieds. Égal envers tous, paisible, maître de ses sens et de son mental, Il possédait toute opulence sans désirer la jouissance matérielle. Sa puissance grandissait chaque jour; ainsi, les sujets, les brāhmaṇa, les devas et les ministres souhaitèrent que Ṛṣabhadeva fût établi souverain de la terre.

Verse 2

तस्य ह वा इत्थं वर्ष्मणा वरीयसा बृहच्छ्‌लोकेन चौजसा बलेन श्रिया यशसा वीर्यशौर्याभ्यां च पिता ऋषभ इतीदं नाम चकार ॥ २ ॥

Lorsque le fils du Mahārāja Nābhi devint visible, Il manifesta toutes les qualités louées par les grands poètes : un corps parfait, une vaste renommée, vigueur, force, beauté, fortune, gloire, influence, et vaillance héroïque. Voyant cela, son père Nābhi, Le tenant pour le meilleur, Lui donna le nom de « Ṛṣabha ».

Verse 3

यस्य हीन्द्र: स्पर्धमानो भगवान् वर्षे न ववर्ष तदवधार्य भगवानृषभदेवो योगेश्वर: प्रहस्यात्मयोगमायया स्ववर्षमजनाभं नामाभ्यवर्षत् ॥ ३ ॥

Indra, par jalousie, cessa de faire pleuvoir sur le royaume de Ṛṣabhadeva. Comprenant son dessein, Bhagavān Ṛṣabhadeva, maître de tous les pouvoirs yogiques, esquissa un sourire et, par Sa yoga-māyā, fit tomber une pluie abondante sur Sa propre contrée, nommée Ajanābha.

Verse 4

नाभिस्तु यथाभिलषितं सुप्रजस्त्वमवरुध्यातिप्रमोदभरविह्वलो गद्गदाक्षरया गिरा स्वैरं गृहीत नरलोकसधर्मं भगवन्तं पुराणपुरुषं मायाविलसितमतिर्वत्स तातेति सानुरागमुपलालयन् परां निर्वृतिमुपगत: ॥ ४ ॥

Ayant obtenu un fils parfait selon son désir, le roi Nābhi fut sans cesse submergé de félicité transcendante et d’affection. D’une voix tremblante, il L’appelait : « Mon enfant, mon chéri », car, sous l’influence de la yoga-māyā, il accepta le Purāṇa-puruṣa, le Seigneur suprême, comme son propre fils. Par pure bienveillance, le Seigneur se comporta selon le dharma des hommes, comme un fils ordinaire. Ainsi Nābhi L’éleva avec un amour profond, comblé de bhakti et de joie spirituelle.

Verse 5

विदितानुरागमापौरप्रकृति जनपदो राजा नाभिरात्मजं समयसेतुरक्षायामभिषिच्य ब्राह्मणेषूपनिधाय सह मेरुदेव्या विशालायां प्रसन्ननिपुणेन तपसा समाधियोगेन नरनारायणाख्यं भगवन्तं वासुदेवमुपासीन: कालेन तन्महिमानमवाप ॥ ५ ॥

Le roi Nābhi, voyant que son fils Ṛṣabhadeva était chéri des citoyens comme des ministres, L’intronisa afin de protéger le peuple selon le pont du dharma védique, et Le confia à la direction de brāhmaṇas savants. Puis, avec Merudevī, il se rendit à Badarikāśrama dans l’Himalaya, où, dans la joie, il pratiqua l’austérité et le samādhi-yoga, adorant Bhagavān Vāsudeva sous la forme de Nara-Nārāyaṇa; avec le temps, il atteignit Vaikuṇṭha, le monde spirituel.

Verse 6

यस्य ह पाण्डवेय श्लोकावुदाहरन्ति— को नु तत्कर्म राजर्षेर्नाभेरन्वाचरेत्पुमान् । अपत्यतामगाद्यस्य हरि: शुद्धेन कर्मणा ॥ ६ ॥

Ô descendant des Pāṇḍava, pour glorifier Mahārāja Nābhi, les sages anciens ont composé deux vers. L’un dit : « Qui donc pourrait suivre les actes du roi-ṛṣi Nābhi ? Par son œuvre pure et sa dévotion, Hari consentit à devenir son fils. »

Verse 7

ब्रह्मण्योऽन्य: कुतो नाभेर्विप्रा मङ्गलपूजिता: । यस्य बर्हिषि यज्ञेशं दर्शयामासुरोजसा ॥ ७ ॥

« Qui donc honora les brāhmaṇas mieux que Mahārāja Nābhi ? Les ayant comblés par une adoration propice, ces brāhmaṇas, par leur puissance brahmanique, lui firent voir sur l’autel du sacrifice Nārāyaṇa, le Seigneur des yajñas, en personne. »

Verse 8

अथ ह भगवानृषभदेव: स्ववर्षं कर्मक्षेत्रमनुमन्यमान: प्रदर्शितगुरुकुलवासो लब्धवरैर्गुरुभिरनुज्ञातो गृहमेधिनां धर्माननुशिक्षमाणो जयन्त्यामिन्द्रदत्तायामुभयलक्षणं कर्म समाम्नायाम्नातमभियुञ्जन्नात्मजानामात्मसमानानां शतं जनयामास ॥ ८ ॥

Après le départ de Mahārāja Nābhi pour Badarikāśrama, le Seigneur Ṛṣabhadeva comprit que Son royaume était Son champ d’action. Pour donner l’exemple, Il accepta d’abord le brahmacarya sous la direction de maîtres spirituels et vécut au gurukula. Ses études achevées, Il offrit la guru-dakṣiṇā et, avec l’autorisation de Ses gurus, entra dans la vie de chef de foyer, enseignant les devoirs du gṛhastha. Il prit pour épouse Jayantī, offerte par Indra, et, accomplissant les rites prescrits par śruti et smṛti, engendra cent fils aussi puissants et qualifiés que Lui.

Verse 9

येषां खलु महायोगी भरतो ज्येष्ठ: श्रेष्ठगुण आसीद्येनेदं वर्षं भारतमिति व्यपदिशन्ति ॥ ९ ॥

Parmi les cent fils de Ṛṣabhadeva, l’aîné, Bharata, était un mahāyogī, grand dévot doté des plus nobles qualités; en son honneur, cette terre est appelée Bhārata-varṣa.

Verse 10

तमनु कुशावर्त इलावर्तो ब्रह्मावर्तो मलय: केतुर्भद्रसेन इन्द्रस्पृग्विदर्भ: कीकट इति नव नवति प्रधाना: ॥ १० ॥

Après Bharata, il y eut encore quatre-vingt-dix-neuf fils. Parmi eux, neuf fils aînés—Kuśāvarta, Ilāvarta, Brahmāvarta, Malaya, Ketu, Bhadrasena, Indraspṛk, Vidarbha et Kīkaṭa—étaient les principaux.

Verse 11

कविर्हविरन्तरिक्ष: प्रबुद्ध: पिप्पलायन: । आविर्होत्रोऽथ द्रुमिलश्चमस: करभाजन: ॥ ११ ॥ इति भागवतधर्मदर्शना नव महाभागवतास्तेषां सुचरितं भगवन्महिमोपबृंहितं वसुदेवनारदसंवादमुपशमायनमुपरिष्टाद्वर्णयिष्याम: ॥ १२ ॥

Il y avait aussi Kavi, Havi, Antarikṣa, Prabuddha, Pippalāyana, Āvirhotra, Drumila, Camasa et Karabhājana. Ces neuf-là étaient des mahā-bhāgavatas, révélateurs du dharma bhāgavata et prédicateurs autorisés du Śrīmad-Bhāgavatam, glorifiés par leur ferme bhakti envers Vāsudeva, la Personne Suprême. Pour apaiser parfaitement l’esprit, je décrirai plus loin leurs qualités lors du récit du dialogue entre Nārada et Vasudeva.

Verse 12

कविर्हविरन्तरिक्ष: प्रबुद्ध: पिप्पलायन: । आविर्होत्रोऽथ द्रुमिलश्चमस: करभाजन: ॥ ११ ॥ इति भागवतधर्मदर्शना नव महाभागवतास्तेषां सुचरितं भगवन्महिमोपबृंहितं वसुदेवनारदसंवादमुपशमायनमुपरिष्टाद्वर्णयिष्याम: ॥ १२ ॥

Il y avait aussi Kavi, Havi, Antarikṣa, Prabuddha, Pippalāyana, Āvirhotra, Drumila, Camasa et Karabhājana. Ces neuf-là étaient des mahā-bhāgavatas, révélateurs du dharma bhāgavata et prédicateurs autorisés du Śrīmad-Bhāgavatam, glorifiés par leur ferme bhakti envers Vāsudeva, la Personne Suprême. Pour apaiser parfaitement l’esprit, je décrirai plus loin leurs qualités lors du récit du dialogue entre Nārada et Vasudeva.

Verse 13

यवीयांस एकाशीतिर्जायन्तेया: पितुरादेशकरा महाशालीना महाश्रोत्रिया यज्ञशीला: कर्मविशुद्धा ब्राह्मणा बभूवु: ॥ १३ ॥

Outre les fils déjà mentionnés, il y eut encore quatre-vingt-un fils plus jeunes, nés de Ṛṣabhadeva et de Jayantī. Selon l’ordre de leur père, ils devinrent cultivés, bien élevés, très purs dans leurs actes, experts en savoir védique et dans l’accomplissement des yajñas; ainsi tous devinrent des brāhmaṇas parfaitement qualifiés.

Verse 14

भगवानृषभसंज्ञ आत्मतन्त्र: स्वयं नित्यनिवृत्तानर्थपरम्पर: केवलानन्दानुभव ईश्वर एव विपरीतवत्कर्माण्यारभमाण: कालेनानुगतं धर्ममाचरणेनोपशिक्षयन्नतद्विदां सम उपशान्तो मैत्र: कारुणिको धर्मार्थयश: प्रजानन्दामृतावरोधेन गृहेषु लोकं नियमयत् ॥ १४ ॥

En tant qu’incarnation de la Personne Suprême, le Seigneur Ṛṣabhadeva était pleinement indépendant; Sa forme était spirituelle, éternelle et remplie d’ānanda transcendantal. Il n’avait, de toute éternité, aucun lien avec la chaîne des misères matérielles—naissance, mort, vieillesse et maladie—ni aucun attachement mondain. Égal envers tous, paisible, amical et compatissant, Il souffrait de voir autrui souffrir. Pourtant, comme s’Il était une âme conditionnée, Il observa strictement le varṇāśrama-dharma, alors négligé par le temps, et par Son propre exemple instruisit les ignorants. Ainsi régla-t-Il la société dans la vie de foyer, la guidant vers le dharma, l’artha, la renommée, la descendance, les plaisirs, et finalement le bien suprême, immortel comme l’amṛta.

Verse 15

यद्यच्छीर्षण्याचरितं तत्तदनुवर्तते लोक: ॥ १५ ॥

Quelque action qu’accomplisse un grand homme, les gens ordinaires la suivent.

Verse 16

यद्यपि स्वविदितं सकलधर्मं ब्राह्मं गुह्यं ब्राह्मणैर्दर्शितमार्गेण सामादिभिरुपायैर्जनतामनुशशास ॥ १६ ॥

Bien que Bhagavān Ṛṣabhadeva connût la brahma-vidyā védique, secrète et englobant tous les devoirs du dharma, Il suivit pourtant la voie indiquée par les brāhmaṇas et, par des moyens tels que la conciliation et autres, instruisit le peuple à la maîtrise du mental, des sens, à la patience et aux autres vertus.

Verse 17

द्रव्यदेशकालवय:श्रद्धर्त्विग्विविधोद्देशोपचितै: सर्वैरपि क्रतुभिर्यथोपदेशं शतकृत्व इयाज ॥ १७ ॥

Bhagavān Ṛṣabhadeva accomplit cent fois toutes sortes de sacrifices selon l’enseignement védique, pourvus des meilleurs ingrédients, en lieux saints et au temps prescrit, par des prêtres jeunes et pleins de śraddhā; ainsi Il satisfit Śrī Viṣṇu en tout point.

Verse 18

भगवतर्षभेण परिरक्ष्यमाण एतस्मिन् वर्षे न कश्चन पुरुषो वाञ्छत्यविद्यमानमिवात्मनोऽन्यस्मात्कथञ्चन किमपि कर्हिचिदवेक्षते भर्तर्यनुसवनं विजृम्भितस्‍नेहातिशयमन्तरेण ॥ १८ ॥

Dans ce Bhāratavarṣa protégé par Bhagavān Ṛṣabhadeva, nul ne demandait jamais quoi que ce fût à autrui; hormis l’affection envers le Roi, qui s’épanouissait à chaque instant, le regard de chacun ne se portait sur rien d’autre.

Verse 19

स कदाचिदटमानो भगवानृषभो ब्रह्मावर्तगतो ब्रह्मर्षिप्रवरसभायां प्रजानां निशामयन्तीनामात्मजानवहितात्मन: प्रश्रयप्रणयभरसुयन्त्रितानप्युपशिक्षयन्निति होवाच ॥ १९ ॥

Un jour, tandis qu’Il parcourait le monde, Bhagavān Ṛṣabhadeva parvint à Brahmāvarta. Là se tenait une grande assemblée des plus éminents brahmarṣis, et les citoyens écoutaient. Dans cette réunion, Il instruisit Ses fils —déjà humbles, remplis d’amour et de bhakti, et pleinement qualifiés— afin qu’ils gouvernent plus tard le monde avec perfection; et Il parla ainsi.

Frequently Asked Questions

Indra’s action arises from envy of Ṛṣabhadeva’s growing glory and authority. Ṛṣabhadeva’s calm smile and immediate restoration of rainfall through yoga-māyā demonstrates that devas are not independent controllers; their powers operate under Bhagavān. The episode teaches divine sovereignty (aiśvarya) and the futility of pride, while also showing the Lord’s protective role toward His subjects.

Nābhi retires to Badarikāśrama and worships Nara-Nārāyaṇa in samādhi with austerity and devotion, culminating in elevation to Vaikuṇṭha. The narrative highlights that kingship is not the final goal; when duties are completed, śāstra supports vānaprastha/renunciation oriented to bhagavad-upāsanā. Nara-Nārāyaṇa represents the Lord’s ascetic, dharma-protecting manifestation, fitting Nābhi’s transition from rule to tapas.

Kavi, Havi, Antarikṣa, Prabuddha, Pippalāyana, Āvirhotra, Drumila, Camasa, and Karabhājana are described as exalted devotees and authorized preachers of Śrīmad-Bhāgavatam. Their importance unfolds later through their teachings (notably in dialogues involving Nārada and Vasudeva), where they articulate mature bhakti philosophy, making them a key transmission line of devotional wisdom.

The chapter states that Ṛṣabhadeva’s eldest son, Bharata, was a great devotee with the best qualities, and the planet (region) became known as Bhārata-varṣa in his honor. The naming signals vaṁśānucarita: sacred history where geography becomes devotional memory, and it prepares for Bharata’s later narrative as a paradigmatic case of spiritual attainment and vigilance.

Ṛṣabhadeva remains fully transcendental yet follows brahmacarya, guru-sevā, marriage, sacrifice, and social regulation to teach the public a workable path. The point is not that ritual and social duty are ultimate, but that when performed under brāhmaṇical guidance and for Viṣṇu’s satisfaction, they purify the heart and mature into bhakti—showing how household life can culminate in perfection rather than bondage.