Adhyaya 13
Panchama SkandhaAdhyaya 1326 Verses

Adhyaya 13

The Forest of Material Existence: Jaḍa Bharata Instructs King Rahūgaṇa

Poursuivant l’enseignement de Jaḍa Bharata au roi Rahūgaṇa, ce chapitre déploie une allégorie continue : l’âme conditionnée est semblable à un marchand entrant dans une forêt périlleuse pour y chercher profit, mais dépouillée par les sens et égarée par le mirage du plaisir. Jaḍa Bharata énumère les dangers récurrents du saṁsāra — attachement familial, luxure, inimitiés sociales, taxes et pertes, faim et maladie, faux gourous, ainsi que les oscillations du climat et de la fortune — montrant comment le jīva tourne entre fruits karmiques favorables, défavorables et mêlés sous l’emprise des guṇa. L’enseignement culmine en un conseil direct : renoncer au pouvoir exploiteur et aux attraits des sens, saisir « l’épée de la connaissance » aiguisée par le service dévotionnel (bhakti), et trancher le nœud de māyā afin de traverser l’océan de l’ignorance. Rahūgaṇa répond par le repentir et la glorification du sādhu-saṅga ; Śukadeva conclut que Jaḍa Bharata pardonne l’insulte et reprend son errance, tandis que Rahūgaṇa s’éveille à la position constitutionnelle de l’âme. Le chapitre se clôt en préparant la demande de Parīkṣit d’une explication plus claire, non allégorique, dans la section suivante.

Shlokas

Verse 1

ब्राह्मण उवाच दुरत्ययेऽध्वन्यजया निवेशितो रजस्तम:सत्त्वविभक्तकर्मद‍ृक् । स एष सार्थोऽर्थपर: परिभ्रमन् भवाटवीं याति न शर्म विन्दति ॥ १ ॥

Le brāhmaṇa dit : Ô roi Rahūgaṇa, l’être conditionné, saisi par māyā, s’engage sur la route du monde matériel, si difficile à franchir. Sous l’emprise des trois guṇas, il ne voit que trois fruits du karma—heureux, malheureux et mêlé—et s’attache à dharma, artha, kāma et à l’idée d’un mokṣa par fusion. Tel un marchand entrant en forêt pour le profit, il erre jour et nuit dans la jungle du devenir, sans trouver la vraie félicité.

Verse 2

यस्यामिमे षण्नरदेव दस्यव: सार्थं विलुम्पन्ति कुनायकं बलात् । गोमायवो यत्र हरन्ति सार्थिकं प्रमत्तमाविश्य यथोरणं वृका: ॥ २ ॥

Ô roi Rahūgaṇa, dans cette forêt de l’existence matérielle se trouvent six pillards très puissants; lorsque l’âme conditionnée y entre comme un marchand en quête de gain, ils la détournent de force et la dépouillent. Comme des loups qui arrachent un agneau à son gardien, ainsi l’épouse et les enfants, tels des chacals, pénètrent le cœur du marchand imprudent et le pillent de mille façons.

Verse 3

प्रभूतवीरुत्तृणगुल्मगह्वरे कठोरदंशैर्मशकैरुपद्रुत: । क्‍वचित्तु गन्धर्वपुरं प्रपश्यति क्‍वचित्‍क्‍वचिच्चाशुरयोल्मुकग्रहम् ॥ ३ ॥

Dans cette forêt se trouvent d’épais fourrés, cavités de lianes, d’herbes et d’arbustes; là, l’âme conditionnée est sans cesse tourmentée par des moustiques aux morsures cruelles (les envieux). Tantôt elle aperçoit un palais illusoire, tel une cité des Gandharvas, tantôt elle est déconcertée par l’apparition fugace d’un spectre, semblable à un météore dans le ciel.

Verse 4

निवासतोयद्रविणात्मबुद्धि- स्ततस्ततो धावति भो अटव्याम् । क्‍वचिच्च वात्योत्थितपांसुधूम्रा दिशो न जानाति रजस्वलाक्ष: ॥ ४ ॥

Ô roi, dans la forêt du monde matériel, le marchand, l’intelligence abusée par l’idée que demeure, richesse et proches sont le soi, court çà et là en quête de réussite. Parfois la poussière d’un tourbillon lui voile les yeux—c’est-à-dire que, dominé par le désir, surtout séduit par la beauté de son épouse durant ses règles, il devient aveugle et perd sa direction.

Verse 5

अद‍ृश्यझिल्लीस्वनकर्णशूल उलूकवाग्भिर्व्यथितान्तरात्मा । अपुण्यवृक्षान् श्रयते क्षुधार्दितो मरीचितोयान्यभिधावति क्‍वचित् ॥ ५ ॥

Dans la forêt du samsara, l’âme conditionnée entend parfois le grincement d’un grillon invisible et en ressent une douleur aux oreilles. Parfois son cœur est meurtri par le hululement des hiboux, semblable aux paroles dures des ennemis. Tourmentée par la faim, elle s’abrite sous un arbre sans fruits ni fleurs et souffre. Elle cherche de l’eau, mais trompée par un mirage, elle court après l’illusion.

Verse 6

क्‍वचिद्वितोया: सरितोऽभियाति परस्परं चालषते निरन्ध: । आसाद्य दावं क्‍वचिदग्नितप्तो निर्विद्यते क्‍व च यक्षैर्हृतासु: ॥ ६ ॥

Parfois il se jette dans une rivière peu profonde; parfois, faute de grains, il va mendier auprès de gens nullement charitables. Parfois il souffre de la brûlure de la vie domestique, telle un feu de forêt. Et parfois il s’attriste lorsque les rois, sous prétexte de lourds impôts, lui ravissent sa richesse, chère comme la vie.

Verse 7

शूरैर्हृतस्व: क्‍व च निर्विण्णचेता: शोचन् विमुह्यन्नुपयाति कश्मलम् । क्‍वचिच्च गन्धर्वपुरं प्रविष्ट: प्रमोदते निर्वृतवन्मुहूर्तम् ॥ ७ ॥

Parfois, vaincu ou dépouillé par un agent supérieur et puissant, l’être vivant perd tous ses biens. Alors il devient morose; pleurant sa perte, il s’évanouit parfois et sombre dans la détresse. Et parfois il imagine, comme s’il entrait dans une cité de gandharvas, une ville de palais où vivre heureux avec famille et richesses; mais ce bonheur ne dure qu’un instant.

Verse 8

चलन् क्‍वचित्कण्टकशर्कराङ्‌घ्रि- र्नगारुरुक्षुर्विमना इवास्ते । पदे पदेऽभ्यन्तरवह्निनार्दित: कौटुम्बिक: क्रुध्यति वै जनाय ॥ ८ ॥

Parfois, en marchant, ses pieds sont piqués par des épines et des éclats de pierre; voulant gravir collines et montagnes, faute de chaussures il demeure abattu. Et parfois l’homme très attaché à sa famille, tourmenté par le feu intérieur de la faim et autres, se met en colère contre les siens à cause de sa condition misérable.

Verse 9

क्‍वचिन्निगीर्णोऽजगराहिना जनो नावैति किञ्चिद्विपिनेऽपविद्ध: । दष्ट: स्म शेते क्‍व च दन्दशूकै- रन्धोऽन्धकूपे पतितस्तमिस्रे ॥ ९ ॥

Dans la forêt de l’existence matérielle, l’âme conditionnée est parfois avalée par un python ou broyée. Elle demeure alors étendue comme morte, privée de conscience et de connaissance. Parfois d’autres serpents venimeux la mordent. Aveugle à sa conscience, elle tombe dans un puits obscur d’existence infernale, sans espoir d’être secourue.

Verse 10

कर्हि स्म चित्क्षुद्ररसान् विचिन्वं- स्तन्मक्षिकाभिर्व्यथितो विमान: । तत्रातिकृच्छ्रात्प्रतिलब्धमानो बलाद्विलुम्पन्त्यथ तं ततोऽन्ये ॥ १० ॥

Parfois, pour un plaisir sexuel insignifiant, on court après des femmes débauchées. Dans cette tentative, on est insulté et châtié par leurs proches, comme celui qui va prendre du miel à la ruche et se fait attaquer par les abeilles. Parfois, après avoir dépensé beaucoup d’argent, on obtient une autre femme pour accroître la jouissance des sens; mais hélas, cet objet de plaisir est enlevé par un autre débauché.

Verse 11

क्‍वचिच्च शीतातपवातवर्ष- प्रतिक्रियां कर्तुमनीश आस्ते । क्‍वचिन्मिथो विपणन् यच्च किञ्चिद् विद्वेषमृच्छत्युत वित्तशाठ्यात् ॥ ११ ॥

Parfois l’être vivant s’affaire à contrer les troubles naturels — froid glacial, chaleur brûlante, vents violents, pluies excessives, etc. — et, lorsqu’il n’y parvient pas, il devient très malheureux. Parfois il est trompé de transaction en transaction. Ainsi, par la ruse liée à l’argent, les êtres engendrent entre eux l’inimitié.

Verse 12

क्‍वचित्‍क्‍वचित्क्षीणधनस्तु तस्मिन् शय्यासनस्थानविहारहीन: । याचन् परादप्रतिलब्धकाम: पारक्यद‍ृष्टिर्लभतेऽवमानम् ॥ १२ ॥

Sur le chemin de l’existence matérielle, il arrive qu’un homme soit dépourvu de richesse; il n’a alors ni demeure, ni lit, ni siège, ni jouissance familiale convenable. Il va donc mendier auprès d’autrui, mais lorsque ses désirs ne sont pas satisfaits, il veut emprunter ou voler le bien d’autrui. Ainsi, le regard tourné vers ce qui appartient aux autres, il subit l’humiliation dans la société.

Verse 13

अन्योन्यवित्तव्यतिषङ्गवृद्ध- वैरानुबन्धो विवहन्मिथश्च । अध्वन्यमुष्मिन्नुरुकृच्छ्रवित्त- बाधोपसर्गैर्विहरन् विपन्न: ॥ १३ ॥

À cause des transactions d’argent, les relations deviennent très tendues et finissent en inimitié. Parfois le mari et la femme cheminent sur la voie du progrès matériel et, pour maintenir leur lien, peinent avec de grandes difficultés. Parfois, par manque d’argent ou à cause de la maladie, ils sont accablés et humiliés, presque au bord de la mort.

Verse 14

तांस्तान् विपन्नान् स हि तत्र तत्र विहाय जातं परिगृह्य सार्थ: । आवर्ततेऽद्यापि न कश्चिदत्र वीराध्वन: पारमुपैति योगम् ॥ १४ ॥

Ô roi, sur le sentier forestier de l’existence matérielle, l’homme est d’abord privé de son père et de sa mère, puis, après leur mort, il s’attache aux enfants nouvellement nés. Ainsi il erre sur la voie du progrès mondain et finit confus et accablé; pourtant, jusqu’au moment de la mort, nul ne sait comment en sortir.

Verse 15

मनस्विनो निर्जितदिग्गजेन्द्रा ममेति सर्वे भुवि बद्धवैरा: । मृधे शयीरन्न तु तद्‌व्रजन्ति यन्न्यस्तदण्डो गतवैरोऽभियाति ॥ १५ ॥

Sur terre, il y eut et il y a bien des héros qui ont vaincu des ennemis d’égale puissance; mais, par ignorance en pensant « cette terre est à moi », ils s’enchaînent à la haine, se combattent et meurent au champ de bataille. Ils ne peuvent emprunter la voie spirituelle des renonçants; ainsi, ils n’avancent pas vers la réalisation du Soi.

Verse 16

प्रसज्जति क्‍वापि लताभुजाश्रय- स्तदाश्रयाव्यक्तपदद्विजस्पृह: । क्‍वचित्कदाचिद्धरिचक्रतस्त्रसन् सख्यं विधत्ते बककङ्कगृध्रै: ॥ १६ ॥

Parfois l’être vivant, dans la forêt de l’existence matérielle, s’abrite sous les branches des lianes et désire entendre le chant des oiseaux qui s’y cachent. Parfois, effrayé par le rugissement des lions, il se lie d’amitié avec des grues, des hérons et des vautours.

Verse 17

तैर्वञ्चितो हंसकुलं समाविश- न्नरोचयन् शीलमुपैति वानरान् । तज्जातिरासेन सुनिर्वृतेन्द्रिय: परस्परोद्वीक्षणविस्मृतावधि: ॥ १७ ॥

Trompé par eux, l’être vivant tente parfois de quitter la compagnie de ces prétendus yogis et svamis pour rejoindre l’association des vrais dévots, le « peuple des cygnes »; mais, par malchance, il ne peut suivre les instructions du maître spirituel ni des dévots avancés. Il les abandonne donc et retourne vers les « singes » voués à la jouissance des sens; satisfait par le sexe et l’ivresse, il gâche sa vie et, en fixant le visage d’autres jouisseurs, oublie sa fin et s’approche de la mort.

Verse 18

द्रुमेषु रंस्यन् सुतदारवत्सलो व्यवायदीनो विवश: स्वबन्धने । क्‍वचित्प्रमादाद् गिरिकन्दरे पतन् वल्लीं गृहीत्वा गजभीत आस्थित: ॥ १८ ॥

Quand l’être vivant devient tel un singe sautant de branche en branche, il demeure dans l’arbre de la vie familiale sans autre profit que le sexe, impuissant dans ses propres liens. Parfois, par négligence, il tombe dans une caverne de montagne, semblable à une maladie incurable; craignant la mort, tel un éléphant au fond de cette caverne, il reste coincé en s’agrippant aux rameaux d’une liane.

Verse 19

अत: कथञ्चित्स विमुक्त आपद: पुनश्च सार्थं प्रविशत्यरिन्दम । अध्वन्यमुष्मिन्नजया निवेशितो भ्रमञ्जनोऽद्यापि न वेद कश्चन ॥ १९ ॥

Ô Rahūgaṇa, dompteur des ennemis ! Même si l’âme conditionnée échappe d’une manière ou d’une autre au danger, elle retourne encore au foyer pour jouir des plaisirs des sens, surtout du plaisir sexuel, car telle est la voie de l’attachement. Sous l’emprise de l’énergie matérielle du Seigneur, elle erre dans la forêt de l’existence mondaine et, même à l’heure de la mort, ne découvre pas son véritable intérêt.

Verse 20

रहूगण त्वमपि ह्यध्वनोऽस्य सन्न्यस्तदण्ड: कृतभूतमैत्र: । असज्जितात्मा हरिसेवया शितं ज्ञानासिमादाय तरातिपारम् ॥ २० ॥

Mon cher roi Rahūgaṇa, toi aussi tu es victime de l’énergie externe, placé sur la voie de l’attrait des plaisirs matériels. Afin de devenir l’ami impartial de tous les êtres, je te conseille d’abandonner ta royauté et le bâton du châtiment. Renonce à l’attachement aux objets des sens et saisis l’épée de la connaissance, aiguisée par le service dévotionnel à Hari; tu trancheras ainsi le dur nœud de la māyā et franchiras l’océan de l’ignorance.

Verse 21

राजोवाच अहो नृजन्माखिलजन्मशोभनं किं जन्मभिस्त्वपरैरप्यमुष्मिन् । न यद्‌धृषीकेशयश:कृतात्मनां महात्मनां व: प्रचुर: समागम: ॥ २१ ॥

Le roi Rahūgaṇa dit : Ah ! La naissance humaine est l’ornement de toutes les naissances. Sur cette terre, à quoi servent d’autres naissances, même celle d’un demi-dieu ? Dans les mondes célestes, à cause de l’abondance des conforts matériels, il n’y a pas de possibilité de s’associer aux mahātmās dévots, dont l’âme est comblée par la gloire de Hṛṣīkeśa.

Verse 22

न ह्यद्भ‍ुतं त्वच्चरणाब्जरेणुभि- र्हतांहसो भक्तिरधोक्षजेऽमला । मौहूर्तिकाद्यस्य समागमाच्च मे दुस्तर्कमूलोऽपहतोऽविवेक: ॥ २२ ॥

Il n’y a rien d’étonnant à ce que, couvert de la poussière de tes pieds de lotus, on voie ses péchés détruits et qu’on atteigne aussitôt la bhakti pure envers Adhokṣaja, chose même inaccessible à de grands demi-dieux tels que Brahmā. Et pour m’être associé à toi ne fût-ce qu’un instant, les racines de mon enchevêtrement—arguties stériles, faux orgueil et manque de discernement—ont été abattues; je suis désormais libre de ces maux.

Verse 23

नमो महद्‍भ्योऽस्तु नम: शिशुभ्यो नमो युवभ्यो नम आवटुभ्य: । ये ब्राह्मणा गामवधूतलिङ्गा- श्चरन्ति तेभ्य: शिवमस्तु राज्ञाम् ॥ २३ ॥

J’offre mes respectueuses révérences aux grandes personnalités, qu’elles marchent sur la terre comme des enfants, des jeunes gens, des avadhūtas ou de grands brāhmaṇas. Même cachées sous divers déguisements, je me prosterne devant elles toutes. Par leur miséricorde, que la bonne fortune advienne même aux dynasties royales qui ne cessent de les offenser.

Verse 24

श्रीशुक उवाच इत्येवमुत्तरामात: स वै ब्रह्मर्षिसुत: सिन्धुपतय आत्मसतत्त्वं विगणयत: परानुभाव: परमकारुणिकतयोपदिश्य रहूगणेन सकरुणमभिवन्दित चरण आपूर्णार्णव इव निभृतकरणोर्म्याशयो धरणिमिमां विचचार ॥ २४ ॥

Śrī Śukadeva poursuivit : Ô roi, fils d’Uttarā. Bien que le roi Rahūgaṇa eût contraint Jaḍa Bharata à porter son palanquin et l’eût offensé, une vague de mécontentement ne traversa son esprit qu’un instant ; il la négligea, et son cœur redevint paisible, tel un océan comblé. Paramahaṁsa vaiṣṇava, naturellement plein de compassion, il enseigna au roi la véritable condition de l’âme. Quand Rahūgaṇa, contrit, implora pardon à ses pieds de lotus, Jaḍa Bharata oublia l’affront et reprit son errance sur la terre comme auparavant.

Verse 25

सौवीरपतिरपि सुजनसमवगतपरमात्मसतत्त्व आत्मन्यविद्याध्यारोपितां च देहात्ममतिं विससर्ज । एवं हि नृप भगवदाश्रिताश्रितानुभाव: ॥ २५ ॥

Après avoir reçu l’enseignement de Jaḍa Bharata, le roi Rahūgaṇa de Sauvīra comprit parfaitement la vérité suprême de l’âme et rejeta entièrement la conception corporelle, superposée par l’ignorance. Ô roi, telle est la gloire de prendre refuge auprès des dévots qui se réfugient en Bhagavān : quiconque s’abrite auprès du « serviteur du serviteur » du Seigneur peut aisément abandonner l’identification au corps et être honoré.

Verse 26

राजोवाच यो ह वा इह बहुविदा महाभागवत त्वयाभिहित: परोक्षेण वचसा जीवलोकभवाध्वा स ह्यार्यमनीषया कल्पितविषयो नाञ्जसाव्युत्पन्नलोकसमधिगम: । अथ तदेवैतद्दुरवगमं समवेतानुकल्पेन निर्दिश्यतामिति ॥ २६ ॥

Le roi dit : Ô grand dévot, tu as décrit par des paroles indirectes la route de l’âme conditionnée dans le saṁsāra, semblable à un marchand dans la forêt. Les intelligents comprennent que, pour celui qui s’identifie au corps, les sens sont comme des voleurs dans cette forêt, et l’épouse et les enfants comme des chacals et autres bêtes féroces. Mais pour l’esprit peu éveillé, il est difficile d’en tirer le sens exact. Je te prie donc d’en donner la signification directe, clairement.

Frequently Asked Questions

The allegory diagnoses the jīva’s predicament: pursuing gain and security in saṁsāra is like entering a forest where one is disoriented, repeatedly threatened, and robbed. It reframes ordinary goals—wealth, status, family-centered enjoyment, and even impersonal liberation—as forest-mirages when sought under the guṇas. Its śāstric function is viveka (discrimination): to make the listener perceive patterns of bondage (saṅga, indriya-viṣaya, ahaṅkāra) and thereby turn toward the reliable exit—bhakti supported by sādhu-saṅga and realized instruction.

In traditional Vaiṣṇava exegesis, “plunderers” denotes the internal forces that steal one’s spiritual wealth—commonly read as the senses (and/or the sense-impulses such as kāma, krodha, lobha, moha, mada, mātsarya) that divert attention from the self and the Lord. The chapter’s own interpretive cue (reinforced by Parīkṣit’s summary) is that the senses in bodily consciousness behave like rogues in the forest, stripping the jīva of discernment, peace, and accumulated merit by pushing him into repeated, reactive pursuits.