Adhyaya 7
Chaturtha SkandhaAdhyaya 761 Verses

Adhyaya 7

Dakṣa’s Sacrifice Restored: Śiva’s Mercy and Nārāyaṇa’s Appearance

Après la destruction du yajña de Dakṣa par Vīrabhadra, Brahmā apaise Śiva et demande la restauration du sacrifice. Śiva, incarnation de kṣamā (le pardon), annonce des remèdes pour les devas et les prêtres blessés, et accorde à Dakṣa une tête de bouc, transformant la punition en correction. L’assemblée retourne à l’arène sacrificielle; Dakṣa est ranimé, son envie est purifiée, et il adresse des prières de repentir à Śiva, le reconnaissant comme protecteur de la discipline brāhmanique et du dharma. Avec l’aval de Brahmā, le rite reprend: le lieu est purifié et les oblations sont offertes. Au moment de l’offrande dûment sanctifiée, Viṣṇu apparaît comme Nārāyaṇa sur Garuḍa, éclipsant toute splendeur. Devas, sages, Vedas, Agni et d’autres élèvent des louanges, établissant Viṣṇu comme le yajña personnifié et l’ultime refuge. Viṣṇu enseigne une métaphysique non sectaire: Brahmā, Śiva et Viṣṇu sont un au sens impersonnel, tout en demeurant la Personne originelle agissant à travers les fonctions liées aux guṇas. Dakṣa achève le culte, l’ordre est rétabli, et le récit se conclut en annonçant la renaissance de Satī en Pārvatī, reliant ce chapitre au cycle suivant de līlā divine.

Shlokas

Verse 1

मैत्रेय उवाच इत्यजेनानुनीतेन भवेन परितुष्यता । अभ्यधायि महाबाहो प्रहस्य श्रूयतामिति ॥ १ ॥

Maitreya dit : Ô Vidura aux bras puissants, ainsi apaisé par les paroles de Brahmā, Bhava (Śiva) fut satisfait et, souriant, dit : « Écoute ».

Verse 2

महादेव उवाच नाघं प्रजेश बालानां वर्णये नानुचिन्तये । देवमायाभिभूतानां दण्डस्तत्र धृतो मया ॥ २ ॥

Mahādeva dit : Cher Prajāpati Brahmā, je n’amplifie pas les offenses des demi-dieux et ne les garde pas en mon cœur. Tels des enfants, ils sont dominés par la māyā divine ; je ne les ai châtiés que pour les redresser.

Verse 3

प्रजापतेर्दग्धशीर्ष्णो भवत्वजमुखं शिर: । मित्रस्य चक्षुषेक्षेत भागं स्वं बर्हिषो भग: ॥ ३ ॥

Śiva poursuivit : Puisque la tête de Dakṣa a déjà été brûlée en cendres, qu’il ait une tête de bouc. Et le dieu Bhaga pourra voir sa part du sacrifice par les yeux de Mitra.

Verse 4

पूषा तु यजमानस्य दद्‌भिर्जक्षतु पिष्टभुक् । देवा: प्रकृतसर्वाङ्गा ये म उच्छेषणं ददु: ॥ ४ ॥

Śiva dit : Pūṣā ne pourra mâcher qu’au moyen des dents des disciples du yajamāna ; s’il est seul, il devra se contenter d’une pâte faite de farine de pois chiche. Mais les demi-dieux qui ont accepté de me donner ma part du sacrifice guériront de toutes leurs blessures et retrouveront l’intégrité de leurs membres.

Verse 5

बाहुभ्यामश्विनो: पूष्णो हस्ताभ्यां कृतबाहव: । भवन्‍त्वध्वर्यवश्चान्ये बस्तश्मश्रुर्भृगुर्भवेत् ॥ ५ ॥

Ceux dont les bras furent tranchés travailleront avec les bras des Aśvinī-kumāra, et ceux dont les mains furent coupées accompliront leur tâche avec les mains de Pūṣā. Les prêtres adhvaryu agiront de même. Quant à Bhṛgu, qu’il reçoive la barbe provenant de la tête d’un bouc.

Verse 6

मैत्रेय उवाच तदा सर्वाणि भूतानि श्रुत्वा मीढुष्टमोदितम् । परितुष्टात्मभिस्तात साधु साध्वित्यथाब्रुवन् ॥ ६ ॥

Le grand sage Maitreya dit : Cher Vidura, en entendant les paroles de Bhagavān Rudra (Śiva), le meilleur des dispensateurs de bénédictions, tous ceux qui étaient présents furent comblés dans le cœur et dans l’âme, et s’écrièrent : « Sādhu, sādhu ! »

Verse 7

ततो मीढ्‍वांसमामन्‍त्र्‍य शुनासीरा: सहर्षिभि: । भूयस्तद्देवयजनं समीढ्‍वद्वेधसो ययु: ॥ ७ ॥

Ensuite, Śunāsīrā Bhṛgu, avec les grands sages, invita Bhagavān Rudra (Śiva), le dispensateur de grâces, à venir dans l’enceinte du sacrifice. Ainsi les devas, accompagnés des sages, du Seigneur Śiva et de Brahmā, se rendirent au lieu où se célébrait le grand yajña.

Verse 8

विधाय कार्त्स्‍न्येन च तद्यदाह भगवान् भव: । सन्दधु: कस्य कायेन सवनीयपशो: शिर: ॥ ८ ॥

Après que tout eut été accompli exactement selon les instructions de Bhagavān Bhava (Śiva), on joignit au corps de Dakṣa la tête de l’animal destiné à l’offrande du yajña.

Verse 9

सन्धीयमाने शिरसि दक्षो रुद्राभिवीक्षित: । सद्य: सुप्त इवोत्तस्थौ दद‍ृशे चाग्रतो मृडम् ॥ ९ ॥

Quand la tête de l’animal fut fixée au corps de Dakṣa, sous le regard de Rudra, Dakṣa reprit aussitôt conscience, comme s’il s’éveillait d’un sommeil, et il vit Mṛḍa (Śiva) debout devant lui.

Verse 10

तदा वृषध्वजद्वेषकलिलात्मा प्रजापति: । शिवावलोकादभवच्छरद्‌ध्रद इवामल: ॥ १० ॥

Alors, lorsque Dakṣa vit le Seigneur Śiva, porteur de l’emblème du taureau, son cœur souillé par la jalousie envers Śiva fut aussitôt purifié, comme l’eau d’un lac s’éclaircit sous les pluies d’automne.

Verse 11

भवस्तवाय कृतधीर्नाशक्नोदनुरागत: । औत्कण्ठ्याद्बाष्पकलया सम्परेतां सुतां स्मरन् ॥ ११ ॥

Dakṣa voulut offrir des prières au Seigneur Śiva, mais en se souvenant de sa fille Satī, disparue, ses yeux se remplirent de larmes; le chagrin lui serra la gorge et il ne put rien dire.

Verse 12

कृच्छ्रात्संस्तभ्य च मन: प्रेमविह्वलित: सुधी: । शशंस निर्व्यलीकेन भावेनेशं प्रजापति: ॥ १२ ॥

En cet instant, bien que bouleversé par l’affection, le sage Dakṣa, au prix d’un grand effort, apaisa son mental, retint ses élans et, d’une conscience pure et sans feinte, commença à louer le Seigneur Śiva.

Verse 13

दक्ष उवाच भूयाननुग्रह अहो भवता कृतो मे दण्डस्त्वया मयि भृतो यदपि प्रलब्ध: । न ब्रह्मबन्धुषु च वां भगवन्नवज्ञा तुभ्यं हरेश्च कुत एव धृतव्रतेषु ॥ १३ ॥

Dakṣa dit : « Ô Bhagavān Bhava (Śiva), j’ai commis une grande offense envers toi; pourtant tu es si miséricordieux que, loin de retirer ta grâce, tu m’as fait du bien en me châtiant. Toi et le Seigneur Hari ne méprisez même pas des brāhmaṇa inutiles et sans mérite; comment donc négligerais-tu celui qui s’applique aux sacrifices, ô ferme dans tes vœux ? »

Verse 14

विद्यातपोव्रतधरान् मुखत: स्म विप्रान् ब्रह्मात्मतत्त्वमवितुं प्रथमं त्वमस्राक् । तद्ब्राह्मणान् परम सर्वविपत्सु पासि पाल: पशूनिव विभो प्रगृहीतदण्ड: ॥ १४ ॥

Ô Seigneur tout-puissant, tu fus créé le premier de la bouche de Brahmā afin de protéger les vipra qui portent science, austérité et vœux, pour qu’ils gardent la vérité du Brahman et de l’Ātman. Ainsi, dans toute détresse, tu veilles sur les brāhmaṇa et sauvegardes leurs règles, comme un gardien de vaches tient un bâton pour protéger le troupeau.

Verse 15

योऽसौ मयाविदिततत्त्वद‍ृशा सभायां क्षिप्तो दुरुक्तिविशिखैर्विगणय्य तन्माम् । अर्वाक् पतन्तमर्हत्तमनिन्दयापाद् द‍ृष्टय‍ार्द्रया स भगवान्स्वकृतेन तुष्येत् ॥ १५ ॥

Je ne connaissais pas pleinement ta gloire; c’est pourquoi, dans l’assemblée, je t’ai lancé des flèches de paroles acerbes, et toi tu ne les as pas prises en compte. Pour avoir désobéi à l’être le plus vénérable, je tombais vers la voie de l’enfer; mais, par compassion, tu m’as sauvé en m’accordant le châtiment. Je t’en prie, sois satisfait par ta propre miséricorde, car mes paroles ne peuvent te contenter.

Verse 16

मैत्रेय उवाच क्षमाप्यैवं स मीढ्‍वांसं ब्रह्मणा चानुमन्त्रित: । कर्म सन्तानयामास सोपाध्यायर्त्विगादिभि: ॥ १६ ॥

Maitreya dit : Ainsi, pardonné par le Seigneur Śiva et avec l’assentiment de Brahmā, le roi Dakṣa reprit l’accomplissement du yajña avec les ācārya, les ṛtvij (prêtres) et les autres.

Verse 17

वैष्णवं यज्ञसन्तत्यै त्रिकपालं द्विजोत्तमा: । पुरोडाशं निरवपन् वीरसंसर्गशुद्धये ॥ १७ ॥

Ensuite, afin de reprendre la continuité du sacrifice, les brāhmaṇa éminents purifièrent d’abord l’enceinte du yajña de la souillure causée par le contact de Vīrabhadra et des suivants spectrals de Śiva; puis ils offrirent au feu l’oblation appelée puroḍāśa (trikapāla).

Verse 18

अध्वर्युणात्तहविषा यजमानो विशाम्पते । धिया विशुद्धया दध्यौ तथा प्रादुरभूद्धरि: ॥ १८ ॥

Ô seigneur des peuples : dès que le roi Dakṣa, en tant que yajamāna, offrit le ghee pris par l’adhvaryu avec les mantras du Yajur, dans une méditation sanctifiée, Hari apparut aussitôt en sa forme originelle de Nārāyaṇa.

Verse 19

तदा स्वप्रभया तेषां द्योतयन्त्या दिशो दश । मुष्णंस्तेज उपानीतस्तार्क्ष्येण स्तोत्रवाजिना ॥ १९ ॥

Alors le Seigneur Nārāyaṇa apparut, assis sur l’épaule de Tārkṣya, Garuḍa, porteur des hymnes et aux vastes ailes ; par sa propre splendeur il illumina les dix directions et éclipsa l’éclat de Brahmā et des autres présents.

Verse 20

श्यामो हिरण्यरशनोऽर्ककिरीटजुष्टो नीलालकभ्रमरमण्डितकुण्डलास्य: । शङ्खाब्जचक्रशरचापगदासिचर्म- व्यग्रैर्हिरण्मयभुजैरिव कर्णिकार: ॥ २० ॥

Il avait le teint śyāma, portait le pītāmbara jaune comme l’or et un casque resplendissant tel le soleil. Ses cheveux bleutés, pareils à l’abeille noire, encadraient un visage orné de boucles d’oreilles. De ses huit bras, il tenait conque, disque, massue, lotus, flèche, arc, bouclier et épée, tous parés de bracelets d’or. Son corps entier semblait un arbre en fleurs magnifiquement décoré.

Verse 21

वक्षस्यधिश्रितवधूर्वनमाल्युदार हासावलोककलया रमयंश्च विश्वम् । पार्श्वभ्रमद्वय‍जनचामरराजहंस: श्वेतातपत्रशशिनोपरि रज्यमान: ॥ २१ ॥

Sur sa poitrine demeuraient Śrī Lakṣmī et la guirlande forestière, ce qui rendait Viṣṇu d’une beauté incomparable. Par son sourire et la grâce de son regard, il ravissait l’univers entier, surtout les dévots. De chaque côté, des éventails blancs ondoyaient tels des cygnes royaux, et au-dessus, l’ombrelle blanche brillait comme la lune.

Verse 22

तमुपागतमालक्ष्य सर्वे सुरगणादय: । प्रणेमु: सहसोत्थाय ब्रह्मेन्द्रत्र्यक्षनायका: ॥ २२ ॥

Dès que le Seigneur Viṣṇu devint visible, tous les êtres célestes—Brahmā, Indra, Śiva aux trois yeux, les Gandharvas et tous les présents—se levèrent d’un même élan et se prosternèrent aussitôt avec respect devant Lui.

Verse 23

तत्तेजसा हतरुच: सन्नजिह्वा: ससाध्वसा: । मूर्ध्ना धृताञ्जलिपुटा उपतस्थुरधोक्षजम् ॥ २३ ॥

Devant l’éclat aveuglant de la splendeur corporelle de Nārāyaṇa, toute autre lumière pâlit et les langues se turent. Saisis d’une crainte révérencielle mêlée de dévotion, les présents joignirent les mains, les portèrent à leur tête et se préparèrent à offrir des prières à Adhokṣaja, la Suprême Personne divine.

Verse 24

अप्यर्वाग्वृत्तयो यस्य महि त्वात्मभुवादय: । यथामति गृणन्ति स्म कृतानुग्रहविग्रहम् ॥ २४ ॥

Bien que l’esprit même de dieux tels que Brahmā ne puisse saisir les gloires infinies du Seigneur Suprême, par sa grâce ils purent percevoir sa forme transcendante. C’est uniquement grâce à cette miséricorde qu’ils offrirent des prières respectueuses selon leurs capacités.

Verse 25

दक्षो गृहीतार्हणसादनोत्तमं यज्ञेश्वरं विश्वसृजां परं गुरुम् । सुनन्दनन्दाद्यनुगैर्वृतं मुदा गृणन् प्रपेदे प्रयत: कृताञ्जलि: ॥ २५ ॥

Lorsque le Seigneur Viṣṇu, maître de tout yajña, accepta les oblations offertes dans le sacrifice, le Prajāpati Dakṣa, dans une grande joie, joignit les mains et Lui adressa des prières respectueuses, à Lui, précepteur suprême des Prajāpatis, servi même par Nanda et Sunanda.

Verse 26

दक्ष उवाच शुद्धं स्वधाम्न्युपरताखिलबुद्ध्यवस्थं चिन्मात्रमेकमभयं प्रतिषिध्य मायाम् । तिष्ठंस्तयैव पुरुषत्वमुपेत्य तस्या- मास्ते भवानपरिशुद्ध इवात्मतन्त्र: ॥ २६ ॥

Dakṣa dit : « Ô Seigneur, Tu es pur dans Ta propre demeure, au-delà de toutes positions spéculatives ; Tu es pure conscience, unique et sans crainte. Tu maîtrises māyā, et bien que Tu paraisses demeurer en elle et assumer l’état de Puruṣa, Tu demeures transcendant, pleinement autonome et jamais souillé. »

Verse 27

ऋत्विज ऊचु: तत्त्वं न ते वयमनञ्जन रुद्रशापात् कर्मण्यवग्रहधियो भगवन्विदाम: । धर्मोपलक्षणमिदं त्रिवृदध्वराख्यं ज्ञातं यदर्थमधिदैवमदो व्यवस्था: ॥ २७ ॥

Les prêtres dirent : « Ô Bhagavān sans souillure, par la malédiction de Rudra nous nous sommes attachés aux actes intéressés, et ainsi nous ne Te connaissons pas en vérité. Sous prétexte d’accomplir le yajña, nous nous empêtrons dans les prescriptions des trois sections du savoir védique. Pourtant, nous savons que c’est Toi qui as établi la répartition des parts dues aux devas. »

Verse 28

सदस्या ऊचु: उत्पत्त्यध्वन्यशरण उरुक्लेशदुर्गेऽन्तकोग्र व्यालान्विष्टे विषयमृगतृष्यात्मगेहोरुभार: । द्वन्द्वश्वभ्रे खलमृगभये शोकदावेऽज्ञसार्थ: पादौकस्ते शरणद कदा याति कामोपसृष्ट: ॥ २८ ॥

Les membres de l’assemblée dirent : « Ô Donneur de refuge, sur la route des naissances et des morts, Toi seul es l’abri des sans-abri. Dans cette forteresse de souffrance, le temps, tel un serpent terrible, guette l’instant de frapper. Le mirage des objets des sens séduit, le fardeau du faux “foyer” écrase ; il y a des fosses de joie et de peine, des bêtes féroces prêtes à attaquer, et l’incendie du chagrin flambe sans cesse. Quand donc les insensés, assaillis par le désir, prendront-ils refuge à Tes pieds de lotus ? »

Verse 29

रुद्र उवाच तव वरद वराङ्‌घ्रावाशिषेहाखिलार्थे ह्यपि मुनिभिरसक्तैरादरेणार्हणीये । यदि रचितधियं माविद्यलोकोऽपविद्धं जपति न गणये तत्त्वत्परानुग्रहेण ॥ २९ ॥

Rudra dit : « Ô Dispensateur de grâces, Tes pieds sublimes sont la source de toute bénédiction et l’accomplissement de tout désir ; même les grands sages libérés les vénèrent avec respect. L’esprit fixé sur Tes pieds de lotus, je ne suis plus troublé par ceux qui me calomnient en disant que mes actes ne sont pas purs. Par Ta grâce envers ceux qui se tournent vers la vérité, je leur pardonne avec compassion, comme Tu fais miséricorde à tous les êtres. »

Verse 30

भृगुरुवाच यन्मायया गहनयापहृतात्मबोधा ब्रह्मादयस्तनुभृतस्तमसि स्वपन्त: । नात्मन् श्रितं तव विदन्त्यधुनापि तत्त्वं सोऽयं प्रसीदतु भवान्प्रणतात्मबन्धु: ॥ ३० ॥

Śrī Bhṛgu dit : Ô Seigneur, par Ta māyā impénétrable, depuis Brahmā jusqu’à tous les êtres incarnés, chacun a perdu la conscience de sa nature et demeure dans les ténèbres de l’illusion. Ils ne comprennent pas encore que Tu résides en tout être comme Paramātmā, ni Ta position absolue. Toi, l’ami et le protecteur éternel des âmes abandonnées, sois clément et pardonne nos offenses.

Verse 31

ब्रह्मोवाच नैतत्स्वरूपं भवतोऽसौ पदार्थ भेदग्रहै: पुरुषो यावदीक्षेत् । ज्ञानस्य चार्थस्य गुणस्य चाश्रयो मायामयाद्वय‍‌तिरिक्तो मतस्त्वम् ॥ ३१ ॥

Brahmā dit : Ô Bhagavān, celui qui cherche à Te connaître par les distinctions entre les choses ne peut saisir Ta forme éternelle. Tu es le support du savoir, du but et des qualités, et pourtant Tu transcendes la dualité née de la māyā : Tu es la Réalité non-duelle.

Verse 32

इन्द्र उवाच इदमप्यच्युत विश्वभावनं वपुरानन्दकरं मनोद‍ृशाम् । सुरविद्विट्‌क्षपणैरुदायुधै र्भुजदण्डैरुपपन्नमष्टभि: ॥ ३२ ॥

Indra dit : Ô Acyuta, bienfaiteur de l’univers, Ta forme transcendante aux huit bras, chacun portant une arme, se manifeste pour le bien de tous les mondes. Elle réjouit l’esprit et les yeux, et demeure toujours prête à châtier les asuras jaloux de Tes dévots.

Verse 33

पत्‍न्य ऊचु: यज्ञोऽयं तव यजनाय केन सृष्टो विध्वस्त: पशुपतिनाद्य दक्षकोपात् । तं नस्त्वं शवशयनाभशान्तमेधं यज्ञात्मन्नलिनरुचा द‍ृशा पुनीहि ॥ ३३ ॥

Les épouses dirent : Ô Seigneur, ce yajña fut organisé pour Ton adoration sur l’ordre de Brahmā, mais, à cause de la colère de Dakṣa, Śiva, le Paśupati, a ravagé la cérémonie. Les animaux du sacrifice gisent morts et la sainteté du rite s’est éteinte. Ô Yajñātmā, purifie de nouveau cette enceinte par le regard lumineux de Tes yeux de lotus.

Verse 34

ऋषय ऊचु: अनन्वितं ते भगवन् विचेष्टितं यदात्मना चरसि हि कर्म नाज्यसे । विभूतये यत उपसेदुरीश्वरीं न मन्यते स्वयमनुवर्ततीं भवान् ॥ ३४ ॥

Les sages prièrent : Ô Bhagavān, Tes actes sont prodigieux. Bien que Tu accomplisses tout par Tes diverses puissances, Tu n’es nullement attaché à l’action. Même Śrī Lakṣmī, que de grands devas comme Brahmā vénèrent pour obtenir sa grâce, Te suit et Te sert ; et pourtant Tu ne T’y attaches pas davantage.

Verse 35

सिद्धा ऊचु: अयं त्वत्कथामृष्टपीयूषनद्यां मनोवारण: क्लेशदावाग्निदग्ध: । तृषार्तोऽवगाढो न सस्मार दावं न निष्क्रामति ब्रह्मसम्पन्नवन्न: ॥ ३५ ॥

Les Siddhas prièrent : Ô Seigneur, tel un éléphant brûlé par l’incendie de la forêt qui, en entrant dans la rivière, oublie toutes ses peines, notre mental se fond dans le fleuve nectaré de Tes récits et līlās transcendants. Plongé dans cette béatitude suprême, semblable à la joie de Brahman, il ne veut plus en sortir.

Verse 36

यजमान्युवाच स्वागतं ते प्रसीदेश तुभ्यं नम: श्रीनिवास श्रिया कान्तया त्राहि न: । त्वामृतेऽधीश नाङ्गैर्मख: शोभते शीर्षहीन: कबन्धो यथा पुरुष: ॥ ३६ ॥

L’épouse de Dakṣa pria : Sois le bienvenu, Seigneur ! Ta venue dans cette arène sacrificielle est une immense bénédiction. Je me prosterne devant Toi, Śrīnivāsa ; daigne être satisfait et nous protéger avec Śrī-Lakṣmī. Ô Maître suprême, sans Toi le yajña n’a pas d’éclat, tel un corps sans tête.

Verse 37

लोकपाला ऊचु: द‍ृष्ट: किं नो द‍ृग्भिरसद्ग्रहैस्त्वं प्रत्यग्द्रष्टा द‍ृश्यते येन विश्वम् । माया ह्येषा भवदीया हि भूमन् यस्त्वं षष्ठ: पञ्चभिर्भासि भूतै: ॥ ३७ ॥

Les gouverneurs des mondes dirent : Ô Seigneur, nos sens ne saisissent que l’impermanent ; t’avons-nous donc réellement vu ? Tu es le Voyant intérieur, par qui l’univers est perçu. Ô Infini, telle est Ta māyā : au-delà des cinq éléments, Tu apparais comme le sixième principe.

Verse 38

योगेश्‍वरा ऊचु प्रेयान्न तेऽन्योऽस्त्यमुतस्त्वयि प्रभो विश्वात्मनीक्षेन्न पृथग्य आत्मन: । अथापि भक्त्येश तयोपधावता- मनन्यवृत्त्यानुगृहाण वत्सल ॥ ३८ ॥

Les grands mystiques dirent : Ô Seigneur, ceux qui Te voient comme le Paramātmā de tous les êtres et ne se considèrent pas séparés de Toi Te sont assurément très chers. Pourtant, ô Īśa, par Ta tendresse, accorde Ta grâce aux bhaktas qui accourent à Ton refuge avec une dévotion exclusive et un cœur sans partage.

Verse 39

जगदुद्भवस्थितिलयेषु दैवतो बहुभिद्यमानगुणयात्ममायया । रचितात्मभेदमतये स्वसंस्थया विनिवर्तितभ्रमगुणात्मने नम: ॥ ३९ ॥

Nous offrons nos hommages au Suprême, qui, par Son ātma-māyā, ordonne les multiples manifestations sous l’emprise des trois guṇas afin de créer, maintenir et résorber l’univers. Mais Lui-même n’est pas soumis à l’énergie externe : dans Sa personne, Il est libre de la diversité des qualités matérielles et de toute illusion d’identification erronée.

Verse 40

ब्रह्मोवाच नमस्ते श्रितसत्त्वाय धर्मादीनां च सूतये । निर्गुणाय च यत्काष्ठां नाहं वेदापरेऽपि च ॥ ४० ॥

Brahmā dit : Je T’offre mes hommages, ô Seigneur, refuge de la qualité de bonté et source du dharma, de l’austérité et de la pénitence. Tu transcendes les trois guṇa ; ni moi ni quiconque ne connaît pleinement Ta véritable condition.

Verse 41

अग्निरुवाच यत्तेजसाहं सुसमिद्धतेजा हव्यं वहे स्वध्वर आज्यसिक्तम् । तं यज्ञियं पञ्चविधं च पञ्चभि: स्विष्टं यजुर्भि: प्रणतोऽस्मि यज्ञम् ॥ ४१ ॥

Le dieu du feu dit : Ô Seigneur, par Ta grâce je brille comme un feu ardent et je porte, dans le sacrifice, les offrandes arrosées de ghee. Les cinq sortes d’oblations selon le Yajur Veda sont des formes de Tes énergies, et Tu es adoré par cinq types d’hymnes védiques. Le sacrifice, en vérité, c’est Toi, la Personne Suprême.

Verse 42

देवा ऊचु: पुरा कल्पापाये स्वकृतमुदरीकृत्य विकृतं त्वमेवाद्यस्तस्मिन् सलिल उरगेन्द्राधिशयने । पुमान्शेषे सिद्धैर्हृदि विमृशिताध्यात्मपदवि: स एवाद्याक्ष्णोर्य: पथि चरसि भृत्यानवसि न: ॥ ४२ ॥

Les devas dirent : Ô Seigneur, lors de l’ancienne dévastation, Tu as recueilli en Toi toutes les énergies de la manifestation matérielle. Alors, en tant que Personne originelle, Tu reposais sur les eaux du pralaya, sur le lit du serpent Śeṣa, tandis que des siddhas tels que Sanaka Te méditaient dans le cœur par la voie de la connaissance spirituelle. Aujourd’hui Tu es visible à nos yeux ; nous sommes Tes serviteurs : accorde-nous Ta protection.

Verse 43

गन्धर्वा ऊचु: अंशांशास्ते देव मरीच्यादय एते ब्रह्मेन्द्राद्या देवगणा रुद्रपुरोगा: । क्रीडाभाण्डं विश्वमिदं यस्य विभूमन् तस्मै नित्यं नाथ नमस्ते करवाम ॥ ४३ ॥

Les Gandharvas dirent : Ô Seigneur, Marīci et les autres sages, ainsi que Brahmā, Indra et les devas conduits par Rudra, ne sont que des parcelles de Tes parcelles. Ô Tout-Puissant, l’univers entier n’est qu’un jouet dans Ta līlā. Ô Maître, nous T’offrons sans cesse nos hommages et Te reconnaissons comme la Personne Suprême de Dieu.

Verse 44

विद्याधरा ऊचु: त्वन्माययार्थमभिपद्य कलेवरेऽस्मिन् कृत्वा ममाहमिति दुर्मतिरुत्पथै: स्वै: । क्षिप्तोऽप्यसद्विषयलालस आत्ममोहं युष्मत्कथामृतनिषेवक उद्वय‍ुदस्येत् ॥ ४४ ॥

Les Vidyādharas dirent : Ô Seigneur, ce corps humain est destiné à la perfection suprême, mais, poussé par Ta māyā, l’être s’identifie au corps en disant « moi » et « mien », s’égare sur ses voies dévoyées et, avide d’objets illusoires, tombe dans l’illusion de soi. Pourtant, celui qui se nourrit du nectar de Tes récits en les écoutant et en les chantant peut être délivré de cette illusion.

Verse 45

ब्राह्मणा ऊचु: त्वं क्रतुस्त्वं हविस्त्वं हुताश: स्वयंत्वं हि मन्त्र: समिद्दर्भपात्राणि च । त्वं सदस्यर्त्विजो दम्पती देवताअग्निहोत्रं स्वधा सोम आज्यं पशु: ॥ ४५ ॥

Les brāhmaṇas dirent : Ô Seigneur, Tu es le yajña personnifié ; Tu es l’offrande (havis), Tu es le feu. Tu es le mantra védique, le bois sacré, la flamme, l’herbe kuśa et les vases du sacrifice. Tu es les prêtres ṛtvij, le couple yajamāna, les devas conduits par Indra, l’agnihotra, la svadhā, le soma, le ghee et l’animal offert ; tout ce qui est sacrifié, c’est Toi ou Ton énergie.

Verse 46

त्वं पुरा गां रसाया महासूकरो दंष्ट्रया पद्मिनीं वारणेन्द्रो यथा । स्तूयमानो नदल्लीलया योगिभि- र्व्युज्जहर्थ त्रयीगात्र यज्ञक्रतु: ॥ ४६ ॥

Ô Seigneur, incarnation du savoir védique (trayī) et auteur du yajña : jadis Tu apparus comme le grand Varāha et, de tes défenses, Tu relevas la terre des eaux du rasātala, comme un éléphant saisit un lotus dans un lac. Dans cette forme immense, Ton son transcendantal retentit et fut reçu comme hymne sacrificiel ; des yogis tels que Sanaka le méditèrent et Te glorifièrent par leurs prières.

Verse 47

स प्रसीद त्वमस्माकमाकाङ्‌क्षतां दर्शनं ते परिभ्रष्टसत्कर्मणाम् । कीर्त्यमाने नृभिर्नाम्नि यज्ञेश ते यज्ञविघ्ना: क्षयं यान्ति तस्मै नम: ॥ ४७ ॥

Ô Seigneur, Yajñeśa, nous attendions Ton darśana, car nous n’avons pu accomplir les yajñas selon les rites védiques. Nous Te prions donc de Te montrer favorable. Lorsque les hommes chantent Ton saint Nom, tous les obstacles au sacrifice s’évanouissent ; ainsi, en Ta présence, nous T’offrons nos respectueuses prosternations.

Verse 48

मैत्रेय उवाच इति दक्ष: कविर्यज्ञं भद्र रुद्राभिमर्शितम् । कीर्त्यमाने हृषीकेशे सन्निन्ये यज्ञभावने ॥ ४८ ॥

Śrī Maitreya dit : Ô Vidura, après que tous les présents eurent glorifié Hṛṣīkeśa, la conscience de Dakṣa fut purifiée, et il fit en sorte de reprendre le yajña que les partisans de Śiva avaient ravagé.

Verse 49

भगवान् स्वेन भागेन सर्वात्मा सर्वभागभुक् । दक्षं बभाष आभाष्य प्रीयमाण इवानघ ॥ ४९ ॥

Maitreya poursuivit : Ô Vidura sans faute, le Seigneur Viṣṇu est réellement le jouisseur des fruits de tous les yajñas ; pourtant, étant le Paramātmā de tous les êtres, Il se contenta de Sa propre part des offrandes. Ainsi, Il s’adressa à Dakṣa avec une disposition bienveillante et des paroles douces.

Verse 50

श्रीभगवानुवाच अहं ब्रह्मा च शर्वश्च जगत: कारणं परम् । आत्मेश्वर उपद्रष्टा स्वयंद‍ृगविशेषण: ॥ ५० ॥

Le Seigneur dit : Moi, Brahmā et Śarva (Śiva) sommes la cause suprême de l’univers. Je suis le Paramātmā intérieur, le témoin autosuffisant ; mais, dans la vision impersonnelle, il n’y a pas de différence entre Brahmā, Śiva et Moi.

Verse 51

आत्ममायां समाविश्य सोऽहं गुणमयीं द्विज । सृजन् रक्षन् हरन् विश्वं दध्रे संज्ञां क्रियोचिताम् ॥ ५१ ॥

Ô Dakṣa, ô dvija : en pénétrant dans Ma ātma-māyā, énergie faite de guṇa, Je crée, Je protège et Je résorbe l’univers ; selon les degrés d’activité, Mes manifestations portent des noms différents.

Verse 52

तस्मिन् ब्रह्मण्यद्वितीये केवले परमात्मनि । ब्रह्मरुद्रौ च भूतानि भेदेनाज्ञोऽनुपश्यति ॥ ५२ ॥

Dans ce Brahman-Paramātmā pur et non duel, l’ignorant voit Brahmā, Rudra (Śiva) et les êtres comme séparés et indépendants.

Verse 53

यथा पुमान्न स्वाङ्गेषु शिर:पाण्यादिषु क्‍वचित् । पारक्यबुद्धिं कुरुते एवं भूतेषु मत्पर: ॥ ५३ ॥

De même qu’un homme ne tient jamais pour étrangers sa tête, ses mains et ses membres, ainsi Mon dévot, tourné vers Moi, ne voit pas de différence entre les êtres.

Verse 54

त्रयाणामेकभावानां यो न पश्यति वै भिदाम् । सर्वभूतात्मनां ब्रह्मन् स शान्तिमधिगच्छति ॥ ५४ ॥

Ô brāhmaṇa : celui qui ne voit pas de différence dans l’unité de Brahmā, Viṣṇu, Śiva et de tous les êtres, âmes de tous, celui-là, connaissant Brahman, atteint la paix ; les autres non.

Verse 55

मैत्रेय उवाच एवं भगवतादिष्ट: प्रजापतिपतिर्हरिम् । अर्चित्वा क्रतुना स्वेन देवानुभयतोऽयजत् ॥ ५५ ॥

Maitreya dit : Ainsi, Dakṣa, chef des Prajāpatis, instruit par le Bhagavān, adora Hari (Viṣṇu). Après l’avoir honoré par le sacrifice prescrit, il rendit aussi un culte séparé à Brahmā et à Śiva.

Verse 56

रुद्रं च स्वेन भागेन ह्युपाधावत्समाहित: । कर्मणोदवसानेन सोमपानितरानपि । उदवस्य सहर्त्विग्भि: सस्‍नाववभृथं तत: ॥ ५६ ॥

L’esprit concentré, Dakṣa honora Rudra (Śiva) avec la part qui lui revenait des restes du yajña. Quand les rites furent achevés, il satisfit les autres devas buveurs de soma ainsi que tous les assistants. Puis, avec les prêtres, il accomplit le bain d’avabhṛtha et fut pleinement comblé.

Verse 57

तस्मा अप्यनुभावेन स्वेनैवावाप्तराधसे । धर्म एव मतिं दत्त्वा त्रिदशास्ते दिवं ययु: ॥ ५७ ॥

Ainsi, par sa propre puissance spirituelle, Dakṣa obtint le mérite; les devas le bénirent en lui donnant une ferme disposition pour le dharma. Puis tous les Tridaśas regagnèrent le ciel.

Verse 58

एवं दाक्षायणी हित्वा सती पूर्वकलेवरम् । जज्ञे हिमवत: क्षेत्रे मेनायामिति शुश्रुम ॥ ५८ ॥

Maitreya dit : J’ai entendu, de sources dignes de foi, que Dākṣāyaṇī Satī, après avoir quitté le corps qu’elle avait reçu de Dakṣa, naquit au pays d’Himavat comme fille de Menā.

Verse 59

तमेव दयितं भूय आवृङ्क्ते पतिमम्बिका । अनन्यभावैकगतिं शक्ति: सुप्तेव पूरुषम् ॥ ५९ ॥

Ambikā (Durgā), connue sous le nom de Dākṣāyaṇī Satī, reprit pour époux le même Śiva, son bien-aimé. Ainsi la śakti, d’un élan exclusif, se réfugie auprès du Puruṣa (le Seigneur suprême) au commencement d’une nouvelle création.

Verse 60

एतद्भगवत: शम्भो: कर्म दक्षाध्वरद्रुह: । श्रुतं भागवताच्छिष्यादुद्धवान्मे बृहस्पते: ॥ ६० ॥

Maitreya dit : Ô Vidura, j’ai entendu ce récit du sacrifice de Dakṣa, ravagé par le Bhagavān Śambhu, de la bouche d’Uddhava, grand dévot et disciple de Bṛhaspati.

Verse 61

इदं पवित्रं परमीशचेष्टितं यशस्यमायुष्यमघौघमर्षणम् । यो नित्यदाकर्ण्य नरोऽनुकीर्तयेद् धुनोत्यघं कौरव भक्तिभावत: ॥ ६१ ॥

Ceci est le récit très pur des actes du Seigneur Suprême : il accroît la renommée et la longévité et dissipe l’amas des péchés. Ô fils des Kuru, celui qui l’écoute chaque jour puis le redit avec foi et bhakti se débarrasse de toute souillure.

Frequently Asked Questions

It is a shāstric symbol of corrective justice: Dakṣa’s arrogance and ritualistic pride led to offense against Śiva and Satī, so his humiliation reforms him without annihilating his administrative role as Prajāpati. The replacement head marks both consequence and mercy—he is restored to life, but with a visible reminder that yajña must be guided by humility and devotion.

Śiva minimizes their culpability as childish ignorance, accepts Brahmā’s request, and restores them with remedial arrangements. This teaches Vaiṣṇava-Śaiva ethics in the Bhāgavata: a great devotee is tolerant, quick to forgive, and uses punishment only to correct—not to nourish resentment—mirroring the Lord’s compassion toward conditioned beings.

A broad cosmic assembly offers prayers: Dakṣa, the priests, sages, Siddhas, Gandharvas, Vidyādharas, planetary governors, Agni (fire-god), the personified Vedas, Indra, Brahmā, Bhṛgu, and Śiva—demonstrating that Viṣṇu is the ultimate recipient and sustainer of all sacrificial and cosmic functions.

Viṣṇu teaches functional nondifference at the level of the single supreme cause and witness (Brahman/Paramātmā perspective), while also affirming personal theism: He remains the original Personality of Godhead who empowers guṇa-based administrative roles for creation (Brahmā), destruction/transformation (Śiva), and maintenance (Viṣṇu). The teaching discourages sectarian rivalry and centers all worship on the Supreme.