
Dhruva Uses the Nārāyaṇāstra; Manu Checks His Wrath and Teaches Dharma
Après la campagne de Dhruva contre les Yakṣas à la suite de la mort d’Uttama, ce chapitre s’ouvre sur Dhruva qui, encouragé par les sages, accomplit l’ācamana et déploie le nārāyaṇāstra, dissipant aussitôt l’illusion (māyā) des Yakṣas. Fortifié, il décoche des flèches dévastatrices et massacre de nombreux Yakṣas, étendant le châtiment au-delà des véritables coupables. Svāyambhuva Manu arrive avec les sages et intervient avec compassion pour arrêter la colère excessive de Dhruva. Manu enseigne qu’une fureur incontrôlée mène à des conséquences infernales, transgresse la conduite juste de la lignée et contredit la voie de la bhakti, qui interdit l’identification au corps et le meurtre inutile. Il donne ensuite un enseignement métaphysique suivi : création et destruction se produisent par la māyā du Seigneur et les guṇas ; le Seigneur est transcendant, tout en opérant comme le Temps, accordant impartialement les fruits du karma. Les Yakṣas ne sont pas la cause ultime du sort d’Uttama ; la causalité suprême réside dans le Suprême. Manu exhorte Dhruva à se remettre au Seigneur, à retrouver sa vision spirituelle première et, concrètement, à apaiser Kuvera afin d’éviter de nouvelles offenses. Le chapitre se clôt sur Dhruva offrant ses respects tandis que Manu et les sages s’en vont, préparant la réconciliation et l’apaisement du conflit dans la suite du récit.
Verse 1
मैत्रेय उवाच निशम्य गदतामेवमृषीणां धनुषि ध्रुव: । सन्दधेऽस्त्रमुपस्पृश्य यन्नारायणनिर्मितम् ॥ १ ॥
Śrī Maitreya dit : « Cher Vidura, après avoir entendu les paroles encourageantes des grands sages, Dhruva Mahārāja toucha l’eau pour accomplir l’ācamana, puis prit la flèche-astre façonnée par Nārāyaṇa et l’ajusta sur son arc. »
Verse 2
सन्धीयमान एतस्मिन्माया गुह्यकनिर्मिता: । क्षिप्रं विनेशुर्विदुर क्लेशा ज्ञानोदये यथा ॥ २ ॥
Dès que Dhruva Mahārāja ajusta sur son arc la flèche Nārāyaṇāstra, ô Vidura, l’illusion créée par les Yakṣas fut aussitôt dissipée, comme s’évanouissent peines et plaisirs matériels lorsque s’éveille la connaissance du Soi.
Verse 3
तस्यार्षास्त्रं धनुषि प्रयुञ्जत: सुवर्णपुङ्खा: कलहंसवासस: । विनि:सृता आविविशुर्द्विषद्बलं यथा वनं भीमरवा: शिखण्डिन: ॥ ३ ॥
Tandis que Dhruva Mahārāja mettait en œuvre sur son arc l’arme façonnée par Nārāyaṇa Ṛṣi, des flèches au fût d’or, emplumées comme des ailes de cygne, jaillirent. Avec un sifflement redoutable, elles pénétrèrent l’armée ennemie, tels des paons entrant dans la forêt en poussant de grands cris.
Verse 4
तैस्तिग्मधारै: प्रधने शिलीमुखै- रितस्तत: पुण्यजना उपद्रुता: । तमभ्यधावन् कुपिता उदायुधा: सुपर्णमुन्नद्धफणा इवाहय: ॥ ४ ॥
Ces flèches aux tranchants acérés bouleversèrent les Yakṣas sur le champ de bataille, les laissant presque sans connaissance. Pourtant, dans leur fureur, ils saisirent leurs armes et se ruèrent sur Dhruva Mahārāja, tels des serpents excités par Garuḍa qui accourent vers lui, capuchons dressés.
Verse 5
स तान् पृषत्कैरभिधावतो मृधे निकृत्तबाहूरुशिरोधरोदरान् । निनाय लोकं परमर्कमण्डलं व्रजन्ति निर्भिद्य यमूर्ध्वरेतस: ॥ ५ ॥
Lorsque Dhruva Maharaja vit les Yakshas s'avancer, il saisit immédiatement ses flèches et mit les ennemis en pièces. Séparant leurs bras, leurs jambes, leurs têtes et leurs ventres de leurs corps, il envoya les Yakshas vers le système planétaire situé au-dessus du globe solaire, accessible uniquement aux brahmacaris de premier ordre ayant conservé leur semence.
Verse 6
तान् हन्यमानानभिवीक्ष्य गुह्यका- ननागसश्चित्ररथेन भूरिश: । औत्तानपादिं कृपया पितामहो मनुर्जगादोपगत: सहर्षिभि: ॥ ६ ॥
Lorsque Svayambhuva Manu vit que son petit-fils Dhruva Maharaja tuait tant de Yakshas qui n'étaient pas réellement coupables, mû par une grande compassion, il s'approcha de Dhruva avec de grands sages pour lui donner de bonnes instructions.
Verse 7
मनुरुवाच अलं वत्सातिरोषेण तमोद्वारेण पाप्मना । येन पुण्यजनानेतानवधीस्त्वमनागस: ॥ ७ ॥
Le Seigneur Manu dit : Mon cher fils, s'il te plaît, arrête. Il n'est pas bon de se mettre en colère inutilement — c'est le chemin vers une vie infernale. Tu dépasses maintenant les bornes en tuant des Yakshas qui ne sont pas réellement des offenseurs.
Verse 8
नास्मत्कुलोचितं तात कर्मैतत्सद्विगर्हितम् । वधो यदुपदेवानामारब्धस्तेऽकृतैनसाम् ॥ ८ ॥
Mon cher fils, le massacre des Yakshas innocents que tu as entrepris n'est pas du tout approuvé par les autorités, et il ne sied pas à notre famille, qui est censée connaître les lois de la religion et de l'irréligion.
Verse 9
नन्वेकस्यापराधेन प्रसङ्गाद् बहवो हता: । भ्रातुर्वधाभितप्तेन त्वयाङ्ग भ्रातृवत्सल ॥ ९ ॥
Mon cher fils, il est prouvé que tu as beaucoup d'affection pour ton frère et que tu es très affligé qu'il ait été tué par les Yakshas, mais considère ceci : pour l'offense d'un seul Yaksha, tu en as tué beaucoup d'autres qui sont innocents.
Verse 10
नायं मार्गो हि साधूनां हृषीकेशानुवर्तिनाम् । यदात्मानं पराग्गृह्य पशुवद्भूतवैशसम् ॥ १० ॥
Ce n’est pas la voie des saints qui suivent Hṛṣīkeśa. Il ne faut pas prendre le corps pour le soi et, comme les bêtes, tuer le corps d’autrui.
Verse 11
सर्वभूतात्मभावेन भूतावासं हरिं भवान् । आराध्याप दुराराध्यं विष्णोस्तत्परमं पदम् ॥ ११ ॥
En voyant l’âme en tous les êtres, tu as adoré Hari, demeure de toute vie. Bien que la suprême demeure de Viṣṇu soit difficile à atteindre, tu es destiné à y parvenir.
Verse 12
स त्वं हरेरनुध्यातस्तत्पुंसामपि सम्मत: । कथं त्ववद्यं कृतवाननुशिक्षन् सतां व्रतम् ॥ १२ ॥
Tu es un pur dévot de Hari; le Seigneur pense toujours à toi, et Ses dévots intimes te reconnaissent. Ta vie doit être un exemple du vœu des saints—pourquoi donc cette action abominable ?
Verse 13
तितिक्षया करुणया मैत्र्या चाखिलजन्तुषु । समत्वेन च सर्वात्मा भगवान् सम्प्रसीदति ॥ १३ ॥
Quand le dévot accueille tous les êtres avec patience, compassion, amitié et équanimité, le Seigneur—Âme de tous—en est profondément satisfait.
Verse 14
सम्प्रसन्ने भगवति पुरुष: प्राकृतैर्गुणै: । विमुक्तो जीवनिर्मुक्तो ब्रह्म निर्वाणमृच्छति ॥ १४ ॥
Quand Bhagavān est pleinement satisfait, l’être se libère des conditions matérielles grossières et subtiles. Libéré dès cette vie, il atteint le brahma-nirvāṇa, la félicité spirituelle sans limite.
Verse 15
भूतै: पञ्चभिरारब्धैर्योषित्पुरुष एव हि । तयोर्व्यवायात्सम्भूतिर्योषित्पुरुषयोरिह ॥ १५ ॥
Le monde matériel commence par les cinq éléments; de ceux‑ci sont faits aussi les corps de l’homme et de la femme. Par leur union, la lignée des êtres s’accroît en ce monde.
Verse 16
एवं प्रवर्तते सर्ग: स्थिति: संयम एव च । गुणव्यतिकराद्राजन्मायया परमात्मन: ॥ १६ ॥
Ô roi Dhruva, c’est par la māyā du Paramātmā et par l’interaction des trois guṇas de la nature que se produisent création, maintien et dissolution.
Verse 17
निमित्तमात्रं तत्रासीन्निर्गुण: पुरुषर्षभ: । व्यक्ताव्यक्तमिदं विश्वं यत्र भ्रमति लोहवत् ॥ १७ ॥
Ô Dhruva, le Puruṣottama est sans guṇas; dans la création Il n’est que la cause impulsive. Quand Il donne l’élan, l’univers manifeste et non manifeste se meut comme le fer sous l’aimant.
Verse 18
स खल्विदं भगवान् कालशक्त्या गुणप्रवाहेण विभक्तवीर्य: । करोत्यकर्तैव निहन्त्यहन्ता चेष्टा विभूम्न: खलु दुर्विभाव्या ॥ १८ ॥
Ce Bhagavān, par Sa puissance du temps, met en mouvement le flux des guṇas, et des énergies variées se manifestent. Il semble agir sans être l’agent; Il semble détruire sans être le destructeur : l’œuvre du Seigneur est inconcevable.
Verse 19
सोऽनन्तोऽन्तकर: कालोऽनादिरादिकृदव्यय: । जनं जनेन जनयन्मारयन्मृत्युनान्तकम् ॥ १९ ॥
Ô Dhruva, le Seigneur est Ananta; mais sous la forme du Temps Il met fin à tout. Sans commencement, Il est pourtant l’origine de tout, et inépuisable quand tout s’épuise. Les êtres naissent par le père et meurent par la mort, mais Lui demeure à jamais libre de naissance et de mort.
Verse 20
न वै स्वपक्षोऽस्य विपक्ष एव वा परस्य मृत्योर्विशत: समं प्रजा: । तं धावमानमनुधावन्त्यनीशा यथा रजांस्यनिलं भूतसङ्घा: ॥ २० ॥
La Personnalité Suprême de Dieu, sous la forme du Temps éternel, demeure dans le monde matériel et reste neutre envers tous. Il n’a ni alliés ni ennemis. Sous l’empire du temps, chacun jouit ou souffre selon le fruit de son propre karma, comme la poussière que le vent emporte.
Verse 21
आयुषोऽपचयं जन्तोस्तथैवोपचयं विभु: । उभाभ्यां रहित: स्वस्थो दु:स्थस्य विदधात्यसौ ॥ २१ ॥
Viṣṇu, la Personnalité Suprême de Dieu, est tout-puissant et dispense les fruits du karma. Ainsi, même si la durée de vie de l’un diminue et celle d’un autre augmente, Lui demeure transcendant, au-delà des deux; Sa durée ne décroît ni ne croît.
Verse 22
केचित्कर्म वदन्त्येनं स्वभावमपरे नृप । एके कालं परे दैवं पुंस: काममुतापरे ॥ २२ ॥
Ô roi, certains expliquent la diversité des vies, leurs joies et leurs peines, comme le fruit du karma. D’autres l’attribuent à la nature, d’autres au temps, d’autres au destin, et d’autres encore au désir.
Verse 23
अव्यक्तस्याप्रमेयस्य नानाशक्त्युदयस्य च । न वै चिकीर्षितं तात को वेदाथ स्वसम्भवम् ॥ २३ ॥
Mon enfant, la Vérité Absolue est non manifestée et incommensurable, maître de multiples énergies. Qui peut connaître Ses desseins et Ses actes? Bien qu’Il soit la cause de toutes les causes, on ne Le saisit pas par la spéculation mentale.
Verse 24
न चैते पुत्रक भ्रातुर्हन्तारो धनदानुगा: । विसर्गादानयोस्तात पुंसो दैवं हि कारणम् ॥ २४ ॥
Mon fils, ces Yakṣas, descendants de Kuvera, ne sont pas réellement les meurtriers de ton frère. La naissance et la mort de tout être relèvent du Suprême, la cause de toutes les causes.
Verse 25
स एव विश्वं सृजति स एवावति हन्ति च । अथापि ह्यनहङ्कारान्नाज्यते गुणकर्मभि: ॥ २५ ॥
La Personnalité Suprême de Dieu crée ce monde, le maintient et, en son temps, le détruit; pourtant, étant transcendante et sans ego, Elle n’est jamais affectée par les modes de la nature ni par ces actes.
Verse 26
एष भूतानि भूतात्मा भूतेशो भूतभावन: । स्वशक्त्या मायया युक्त: सृजत्यत्ति च पाति च ॥ २६ ॥
Il est le Paramatma de tous les êtres, leur Seigneur et leur soutien; par Son énergie externe, la māyā, Il crée, maintient et anéantit chacun.
Verse 27
तमेव मृत्युममृतं तात दैवं सर्वात्मनोपेहि जगत्परायणम् । यस्मै बलिं विश्वसृजो हरन्ति गावो यथा वै नसि दामयन्त्रिता: ॥ २७ ॥
Cher Dhruva, abandonne-toi au Seigneur Suprême, refuge ultime et but du monde, l’Âme de tous; Il est la mort de la mort et l’immortalité même. Même les demi-dieux, conduits par Brahmā, agissent sous Son contrôle, comme un taureau mené par une corde passée au nez.
Verse 28
य: पञ्चवर्षो जननीं त्वं विहाय मातु: सपत्न्या वचसा भिन्नमर्मा । वनं गतस्तपसा प्रत्यगक्ष- माराध्य लेभे मूर्ध्नि पदं त्रिलोक्या: ॥ २८ ॥
Cher Dhruva, à l’âge de cinq ans seulement, tu fus profondément blessé par les paroles de la coépouse de ta mère; avec courage tu quittas sa protection, partis en forêt et, par l’austérité, adoras Nārāyaṇa, le Seigneur intérieur; ainsi tu as déjà obtenu la position la plus élevée dans les trois mondes.
Verse 29
तमेनमङ्गात्मनि मुक्तविग्रहे व्यपाश्रितं निर्गुणमेकमक्षरम् । आत्मानमन्विच्छ विमुक्तमात्मदृग् यस्मिन्निदं भेदमसत्प्रतीयते ॥ २९ ॥
Ainsi, cher Dhruva, tourne ton esprit vers la Personne Suprême, l’Unique, infaillible, impérissable et nirguṇa, établie dans Sa forme libérée. Par la réalisation du Soi, tu verras que les distinctions matérielles ne sont qu’une apparence vacillante, comme irréelle.
Verse 30
त्वं प्रत्यगात्मनि तदा भगवत्यनन्त आनन्दमात्र उपपन्नसमस्तशक्तौ । भक्तिं विधाय परमां शनकैरविद्या- ग्रन्थिं विभेत्स्यसि ममाहमिति प्ररूढम् ॥ ३० ॥
En te rétablissant dans le Soi intérieur et en offrant peu à peu la bhakti suprême au Bhagavān Ananta—tout-puissant réservoir de félicité, demeurant comme Paramātmā en tous—tu trancheras bientôt le nœud d’avidyā du « moi » et du « mien ».
Verse 31
संयच्छ रोषं भद्रं ते प्रतीपं श्रेयसां परम् । श्रुतेन भूयसा राजन्नगदेन यथामयम् ॥ ३१ ॥
Maîtrise ta colère; que le bien t’advienne. Ô roi, la colère est l’ennemi suprême sur la voie du véritable bien spirituel. Ce que je t’ai longuement dit est comme un remède contre la maladie; suis mon instruction.
Verse 32
येनोपसृष्टात्पुरुषाल्लोक उद्विजते भृशम् । न बुधस्तद्वशं गच्छेदिच्छन्नभयमात्मन: ॥ ३२ ॥
Celui qui désire la libération de ce monde matériel ne doit pas se soumettre à la colère; car, égaré par elle, il devient une source d’effroi pour tous les autres.
Verse 33
हेलनं गिरिशभ्रातुर्धनदस्य त्वया कृतम् । यज्जघ्निवान् पुण्यजनान् भ्रातृघ्नानित्यमर्षित: ॥ ३३ ॥
Cher Dhruva, croyant que les Yakṣas avaient tué ton frère, tu en as massacré un grand nombre. Par cet acte tu as troublé l’esprit de Dhanada Kuvera, frère de Girīśa Śiva et trésorier des devas; ta conduite a manqué de respect à Kuvera et à Śiva.
Verse 34
तं प्रसादय वत्साशु सन्नत्या प्रश्रयोक्तिभि: । न यावन्महतां तेज: कुलं नोऽभिभविष्यति ॥ ३४ ॥
C’est pourquoi, mon fils, apaise sans tarder Kuvera par des salutations humbles, des prières et des paroles douces, afin que l’éclat des grands ne s’abatte pas sur notre lignée.
Verse 35
एवं स्वायम्भुव: पौत्रमनुशास्य मनुर्ध्रुवम् । तेनाभिवन्दित: साकमृषिभि: स्वपुरं ययौ ॥ ३५ ॥
Ainsi Svāyambhuva Manu instruisit son petit-fils Dhruva Mahārāja; puis, honoré par ses respectueuses prosternations, Manu et les grands sages retournèrent chacun à leur demeure.
Manu stops Dhruva because devotion must express as dharmic restraint and compassion. Dhruva’s grief-driven anger leads him to punish many non-offenders, which authorities do not approve. The Bhāgavata standard is that a pure devotee becomes pleasing to the Lord through tolerance, mercy, friendship, and equality; unchecked krodha undermines that standard even when the initial cause feels justified.
The chapter acknowledges proximate agents (such as Yakṣas) but teaches that birth and death ultimately occur under the Supreme Lord’s governance as time and Supersoul. Living beings experience the results of their karma within that system, while the Lord remains transcendental and unbiased. Therefore, blaming a whole community as the ‘real cause’ becomes philosophically mistaken and ethically dangerous.
Narratively, the nārāyaṇāstra destroys the Yakṣas’ illusory tactics; philosophically, it parallels self-realization: as the Lord’s power is invoked, māyā-like confusion (material dualities of pain and pleasure) is dispelled. The text uses this as a bridge to Manu’s teaching that true victory is mastery over anger and bodily identification, not merely battlefield dominance.
Kuvera is the treasurer of the devas and the lord of the Yakṣas, also connected to Śiva’s circle. Dhruva’s disproportionate killing agitates Kuvera, creating a risk of further conflict and offense. Manu advises immediate pacification through gentle speech and prayers, modeling the kṣatriya duty to restore social-cosmic balance after excessive force.