
Adhyāya 375 — समाधिः (Samādhi)
Le Seigneur Agni définit le samādhi comme une méditation où seul le Soi (Ātman) resplendit—stable comme un océan sans vagues et comme une lampe en un lieu sans vent—lorsque cessent les fonctions des sens et les constructions mentales. Le chapitre décrit ensuite la phénoménologie du yogin : apparente insensibilité au dehors, absorption en Īśvara, puis surgissement de signes et de tentations—jouissances divines, présents royaux, savoir spontané, génie poétique, remèdes, rasāyana et arts—explicitement présentés comme des distractions à rejeter comme de la paille pour la grâce de Viṣṇu. Il s’élargit alors à la Brahma-vidyā : la pureté comme condition de la connaissance de soi ; l’unique Soi apparaissant multiple, tel l’espace dans les pots ou le soleil dans l’eau ; la cosmogénèse par buddhi, ahaṅkāra, éléments, tanmātras et guṇas ; l’asservissement par le karma et le désir, et la délivrance par la connaissance. Il intègre aussi l’eschatologie : la « voie lumineuse » (archirādi) menant à l’accomplissement transcendant, opposée à la « voie de la fumée » (dhūmādi) qui ramène. Enfin, il affirme que même un maître de maison vertueux peut obtenir la libération par la vérité, une richesse juste, l’hospitalité, le śrāddha et le tattva-jñāna.
Verse 1
इत्य् आग्नेये महापुराणे धारणा नाम चतुःसप्तत्यधिकत्रिशततमो ऽध्यायः अथ पञ्चसप्तत्यधिकत्रिशततमो ऽध्यायः समाधिः अग्निर् उवाच यदात्ममात्रं निर्भासं स्तिमितोदधिवत् स्थितं चैतन्यरूपवद्ध्यानं तत् समाधिरिहोच्यते
Ainsi, dans l’Agni Mahāpurāṇa, le chapitre trois-cent-soixante-quatorze est intitulé « Dhāraṇā ». Commence maintenant le chapitre trois-cent-soixante-quinze : « Samādhi ». Agni dit : Cette méditation où seul le Soi (Ātman) resplendit, stable comme un océan calme et immobile, demeurant dans la forme de la conscience pure, est ici appelée samādhi.
Verse 2
ध्यायन्मनः सन्निवेश्य यस्तिष्ठेदचलस्थिरः निर्वातानलवद्योगी समाधिस्थः प्रकीर्तितः
Celui qui, méditant, fixe fermement l’esprit et demeure immobile et stable—tel une flamme en un lieu sans vent—ce yogin est proclamé établi en samādhi.
Verse 3
न शृणोति न चाघ्राति न पश्यति न वम्यति न च स्पर्शं विजानाति न सङ्कल्पयते मनः
Il n’entend ni ne sent; il ne voit ni ne parle; il ne connaît pas le toucher, et le mental ne forme pas de saṅkalpa (intentions, constructions de pensée).
Verse 4
न चाभिमन्यते किञ्चिन्न च बुध्यति काष्ठवत् एवमीश्वरसंलीनः समाधिस्थः स गीयते
Il ne s’identifie à rien et ne connaît pas les objets extérieurs; tel un morceau de bois. Ainsi, absorbé dans le Seigneur, on dit qu’il demeure établi en samādhi.
Verse 5
यथा दीपो निवातस्यो नेङ्गते सोपमा स्मृता ध्यायतो विष्णुमात्मानं समाधिस्तस्य योगिनः
Comme une lampe placée là où il n’y a pas de vent ne vacille pas : tel est le symbole mémorisé. De même, pour le yogin qui médite Viṣṇu comme le Soi (Ātman), cette stabilité du mental est le samādhi.
Verse 6
उपसर्गाः प्रवर्तन्ते दिव्याः सिद्धिप्रसूचकाः पातितः श्रावणो धातुर्दशनस्वाङ्गवेदनाः
Des signes précurseurs apparaissent—des indices d’ordre divin annonçant l’obtention des siddhi ; tels qu’un écoulement de l’oreille, la chute d’un tissu/élément du corps, des douleurs dentaires et des douleurs dans ses propres membres.
Verse 7
प्रार्थयन्ति च तं देवा भोगैर् दिव्यैश् च योगिनं नृपाश् च पृथिवीदानैर् धनैश् च सुधनाधिपाः
Les dieux aussi implorent ce yogin par des jouissances divines ; et les rois—maîtres d’une grande richesse—l’implorent par des dons de terres et par des trésors.
Verse 8
वेदादिसर्वशास्त्रञ्च स्वयमेव प्रवर्तते अभीष्टछन्दोविषयं काव्यञ्चास्य प्रवर्तते
Toutes les disciplines—à commencer par le Veda et les autres śāstra—naissent et se déploient d’elles‑mêmes ; et pour lui la poésie aussi jaillit, prenant pour domaine les mètres (chandas) qu’il souhaite.
Verse 9
रसायनानि दिव्यानि दिव्याश् चौषधयस् तथा समस्तानि च शिल्पानि कलाः सर्वाश् च विन्दति
Il obtient les préparations divines de rasāyana, ainsi que les plantes médicinales divines ; et il acquiert aussi la maîtrise de tous les métiers et de chaque art.
Verse 10
सुरेन्द्रकन्या इत्य् आद्या गुणाश् च प्रतिभादयः तृणवत्तान्त्यजेद् यस्तु तस्य विष्णुः प्रसीदति
À commencer par (l’exemple) « surendrakanyā… », les qualités poétiques—telles que pratibhā (le génie créateur) et les autres—doivent être rejetées comme de la paille ; car pour un tel être, Viṣṇu devient favorable (s’en trouve satisfait).
Verse 11
अणिमादिगुणैश्वर्यः शिष्ये ज्ञानं प्रकाश्य च भुक्त्वा भोगान् यथेच्छातस्तनुन्त्यक्त्वालयात्ततः
Doué de la souveraineté des pouvoirs commençant par aṇimā (l’infime petitesse), il illumine la connaissance dans son disciple ; puis, après avoir goûté les jouissances selon son gré, il abandonne le corps et atteint ensuite la dissolution finale (laya).
Verse 12
तिष्ठेत् स्वात्मनि विज्ञान आनन्दे ब्रह्मणीश्वरे मलिनो हि यथादर्श आत्मज्ञानाय न क्षमः
Il faut demeurer établi en son propre Soi—dans le vijñāna (connaissance réalisée), dans l’ānanda (béatitude), dans Brahman, le Seigneur. Car l’esprit impur est comme un miroir taché : il n’est pas apte à la véritable connaissance du Soi.
Verse 13
सर्वाश्रयन्निजे देहे देही विन्दति वेदनां योगयुक्तस्तु सर्वेषां योगान्नाप्नोति वेदनां
L’âme incarnée, prenant refuge dans son propre corps, éprouve la douleur ; mais celui qui est uni au Yoga—par toutes les disciplines du Yoga—n’encourt pas la douleur.
Verse 14
आकाशमेकं हि यथा घटादिषु पृथग् भवेत् तथात्मैको ह्य् अनेकेषु जलाधारेष्विवांशुमान्
De même que l’espace est un et paraît pourtant se diviser dans les jarres et autres récipients, ainsi le Soi, unique, semble multiple dans d’innombrables corps—tel le soleil reflété dans de nombreux vases d’eau.
Verse 15
ब्रह्मखानिलतेजांसि जलभूक्षितिधातवः इमे लोका एष चात्मा तस्माच्च सचराचरं
Brahman, l’espace, le vent et le feu ; l’eau, la terre et les éléments constitutifs : ces mondes et ce Soi même ; de Cela procède tout, le mobile comme l’immobile.
Verse 16
गृद्दण्दचक्रसंयोगात् कुम्भकारो यथा घटं करोति तृणमृत्काष्ठैर् गृहं वा गृहकारकः
De même que le potier, par la conjonction de la motte d’argile, du bâton et de la roue, façonne une jarre ; ou que le bâtisseur élève une maison avec paille, argile et bois—ainsi un effet advient par la combinaison des moyens opératifs et des matériaux.
Verse 17
करणान्येवमादाय तासु तास्विह योनिषु मृजत्यात्मानमात्मैवं सम्भूय करणानि च
Ainsi, prenant les instruments (les facultés sensorielles), le Soi entre ici-bas dans des matrices diverses (naissances) ; puis, s’étant de nouveau conjoint aux instruments, il se purifie lui-même.
Verse 18
कर्मणा दोषमोहाभ्यामिच्छयैव स बध्यते ज्ञानाद्विमुच्यते जीवो धर्माद् योगी न रोगभाक्
L’être est lié par l’acte (karma), par les fautes et l’illusion, et, en vérité, par le désir lui‑même. Le jīva, le soi individuel, est délivré par la connaissance; et par le dharma le yogin ne devient pas sujet à la maladie.
Verse 19
वर्त्याधारस्नेहयोगाद् यथा दीपस्य संस्थितिः विक्रियापि च दृष्ट्वैवमकाले प्राणसंक्षयः
De même qu’une lampe demeure stable grâce à la juste conjonction de la mèche, du support et de l’huile, de même—lorsqu’on constate un dérèglement semblable (des facteurs qui soutiennent le corps)—le prāṇa, le souffle vital, s’épuise, entraînant une mort hors saison.
Verse 20
अनन्ता रश्मयस्तस्य दीपवद् यः स्थितो हृदि सितासिताः कद्रुनीलाः कपिलाः पीतलोहिताः
Ses rayons sont sans fin. Celui qui demeure dans le cœur tel une lampe a des rayons de multiples teintes—blanc et sombre, brun et bleu‑noir, fauve (kapila), jaune et rouge.
Verse 21
ऊर्ध्वमेकः स्थितस्तेषां यो भित्त्वा सूर्यमण्डलं ब्रह्मलोकमतिक्रम्य तेन याति पराङ्गतिं
Parmi ces voies, l’une est établie comme la marche ascendante : celui qui, perçant l’orbe solaire, dépasse même Brahmaloka—par cette route il atteint le but suprême, transcendant.
Verse 22
यदस्यान्यद्रश्मिशतमूर्ध्वमेव व्यवस्थितं तेन देवनिकायानि धामानि प्रतिपद्यते
Cet autre ensemble de cent rayons, établi uniquement vers le haut : par cette radiance ascendante on atteint les demeures (dhāma) qui appartiennent aux cohortes des dieux.
Verse 23
ये नैकरूपाश्चाधस्ताद्रश्मयो ऽस्य मृदुप्रभाः इह कर्मोपभोगाय तैश् च सञ्चरते हि सः
Ces rayons qui sont les siens, multiples de forme et s’étendant vers le bas, ont une clarté douce ; et c’est par eux, en vérité, qu’Il se meut ici pour l’expérience des fruits du karma.
Verse 24
बुद्धीन्द्रियाणि सर्वाणि मनः कर्मेन्द्रियाणि च अहङ्कारश् च बुद्धिश् च पृथिव्यादीनि चैव हि
Toutes les facultés sensorielles de connaissance, le mental (manas) et les organes d’action ; ainsi que l’egoïté (ahaṅkāra) et l’intellect (buddhi) ; avec les éléments grossiers commençant par la terre : tels sont, en vérité, les constituants à comprendre.
Verse 25
अव्यक्त आत्मा क्षेत्रज्ञः क्षेत्रस्त्यास्य निगद्यते ईश्वरः सर्वभूतस्य सन्नसन् सदसच्च सः
Le Soi non manifesté (avyakta ātman) est appelé le « Connaisseur du Champ » (kṣetrajña) ; et son champ (kṣetra) est également ainsi désigné. Il est le Seigneur de tous les êtres—de l’être et du non-être tout ensemble ; et Il est aussi bien l’existant que le non-existant.
Verse 26
बुद्धेरुत्पत्तिरव्यक्ता ततो ऽहङ्कारसम्भवः तस्मात् खादीनि जायन्ते एकोत्तरगुणानि तु
De l’Inmanifesté (Avyakta) naît l’intellect (buddhi) ; de celui-ci provient l’egoïté (ahaṅkāra). De cette (ahaṅkāra) naissent l’espace (ākāśa) et les autres éléments, chacun possédant des qualités qui augmentent d’une unité selon la succession.
Verse 27
शब्दः स्पर्शश् च रूपञ्च रसो गन्धश् च तद्गुणाः यो यस्मिन्नाश्रितश् चैषां स तस्मिन्नेव लीयते
Son, toucher, forme, saveur et odeur : telles sont leurs qualités (élémentaires). Quelle que soit la qualité qui dépend de son support, elle se résorbe uniquement dans ce support même.
Verse 28
सत्त्वं रजस्तमश् चैव गुणास्तस्यैव कीर्तिताः रजस्तमोभ्यामाविष्टश् चक्रवद्भ्राभ्यते हि सः
Sattva, rajas et tamas sont proclamés être précisément ses guṇa, ses qualités (celles de l’esprit ou de l’être incarné). Saisi par rajas et tamas, l’homme tourne en rond, errant tel une roue.
Verse 29
अनादिरादिमान् यश् च स एव पुरुषः परः लिङ्गेन्द्रियैर् उपग्राह्याः स विकार उदाहृतः
Celui qui est sans commencement et pourtant source de tous les commencements—Lui seul est le Puruṣa suprême. Ce qui est saisi par le liṅga (corps subtil) et par les sens est déclaré ‘vikāra’, la « modification ».
Verse 30
यतो देवाः पुराणानि विद्योपनिषदस् तथा श्लोकाः सूत्राणि भाष्याणि यच्चान्यद्माङ्भयं भवेत्
De Lui (de cette source divine) procèdent les dieux, les Purāṇa, les sciences et les Upaniṣad, ainsi que les śloka, les sūtra, les bhāṣya (commentaires) et tout ce qui relève du domaine de la parole.
Verse 31
पितृयानोपवीथ्याश् च यदगस्त्यस्य चान्तरं तेनाग्निहोत्रिणो यान्ति प्रजाकामा दिवं प्रति
Par la voie secondaire du Pitṛyāna, et en traversant l’intervalle associé à (la région stellaire d’) Agastya, les accomplisseurs de l’Agnihotra—désireux de progéniture—s’avancent vers le ciel.
Verse 32
ये च दानपराः सम्यगष्टाभिश् च गुणैर् युताः अष्टाशीतिसहस्राणि मुनयो गृहमेधिनः
Et ces maîtres de maison qui sont véritablement voués au dāna (don) et pourvus des huit vertus : ce sont les quatre-vingt-huit mille munis qui mènent la vie de foyer.
Verse 33
पुनरावर्तने वीजभूता धर्मप्रवर्तकाः सप्तर्षिनाग्वीथ्याश् च देवलोकं समाश्रिताः
Au temps de la récurrence cosmique, ceux qui servent de semence à la recréation—les promoteurs du dharma—, à savoir les Sept Ṛṣi et la Nāgavīthī, se réfugient dans le monde des dieux, le Devaloka.
Verse 34
तावन्त एव मुनयः सर्वारम्भविवर्जिताः तपसा ब्रह्मचर्येण सङ्गत्यागेन मेधया
Seuls ceux-là sont véritablement des munis : ceux qui ont renoncé à toute entreprise, demeurant fermes par l’ascèse (tapas), par la discipline du brahmacarya, par l’abandon de l’attachement et par l’intelligence discernante (medhā).
Verse 35
यत्र यत्रावतिष्ठन्ते यावदाहूतसंप्लवं वेदानुवचनं यज्ञा ब्रह्मचर्यं तपो दमः
Où qu’ils demeurent, et jusqu’au temps de la dissolution appelée (l’inondation finale), y prévalent : la récitation des Veda, les rites sacrificiels (yajña), le brahmacarya, l’ascèse et la maîtrise de soi (dama).
Verse 36
श्रद्धोपवासः सत्यत्वमात्मनो ज्ञानहेतवः स त्वाश्रमैर् निदिध्यास्यः समस्तैर् एवमेव तु
La foi (śraddhā), le jeûne rituel (upavāsa) et la véracité envers soi-même sont des causes de la connaissance spirituelle. C’est pourquoi Cela (le Soi/la Vérité) doit être médité avec constance au moyen de tous les āśrama (états de vie), ainsi et pas autrement.
Verse 37
द्रष्टव्यस्त्वथ मन्तव्यः श्रोतव्यश् च द्विजातिभिः य एवमेनं विन्दन्ति ये चारण्यकमाश्रिताः
Ainsi, les « deux-fois-nés » (dvija) doivent le réaliser directement, puis le méditer par la réflexion, et aussi l’entendre d’un enseignement faisant autorité. Ceux qui l’obtiennent ainsi—ceux qui se réfugient dans l’āraṇyaka, la discipline forestière de contemplation—trouvent en vérité la Vérité.
Verse 38
उपासते द्विजाः सत्यं श्रद्धया परया युताः क्रमात्ते सम्भवन्त्यर्चिरहः शुक्लं तथोत्तरं
Les deux-fois-nés, pourvus d’une foi suprême, adorent la Vérité ; et pour eux, selon l’ordre, se déploient les étapes de la voie lumineuse : le domaine de la flamme, le jour, la quinzaine claire, puis la marche ultérieure (vers le nord).
Verse 39
अयनन्देवलोकञ्च सवितारं सविद्युतं ततस्तान् पुरुषो ऽभ्येत्य मानसो ब्रह्मलौकिकान्
Il parvient au monde bienheureux des dieux, au domaine de Savitṛ et au monde lumineux de Vidyut ; ensuite, cet être—par la seule pensée—s’approche de ces plans relevant du Brahma-loka.
Verse 40
करोति पुनरावृत्तिस्तेषामिह न विद्यते यज्ञेन तपसा दानैर् ये हि स्वर्गजितो जनाः
Pour ceux qui ont conquis le ciel par le sacrifice, l’austérité et le don, il n’y a ici aucun retour (à l’existence mortelle).
Verse 41
धूमं निशां कृष्णपक्षं दक्षिणायनमेव च पितृलोकं चन्द्रमसं नभो वायुं जलं महीं
([L’âme qui s’en va chemine par]) la fumée, la nuit, la quinzaine sombre et la course méridionale du soleil ; puis vers le monde des ancêtres, la sphère lunaire, l’espace, le vent, l’eau et la terre.
Verse 42
क्रमात्ते सम्भवन्तीह पुनरेव व्रजन्ति च एतद्यो न विजानाति मार्गद्वितयमात्मनः
Selon l’ordre, ils naissent ici et s’en vont de nouveau. Celui qui ne comprend pas cette double voie du Soi—la route du retour et celle de la délivrance—demeure lié à ce cycle.
Verse 43
दन्दशूकः पतङ्गो वा भवेद्कीटो ऽथवा कृमिः हृदये दीपवद्ब्रह्म ध्यानाज्जिवो मृतो भवेत्
Par la méditation, l’âme individuelle devient comme morte à l’identité mondaine. Qu’on devienne serpent, papillon de nuit, insecte ou ver—en contemplant Brahman dans le cœur tel une lampe, s’éteint chez le jīva le sentiment d’un moi séparé.
Verse 44
न्यायागतधनस्तत्त्वज्ञाननिष्ठो ऽतिथिप्रियः श्राद्धकृत्सत्यवादी च गृहस्थो ऽपि विमुच्यते
Même un maître de maison est délivré : celui dont la richesse est acquise par des moyens justes, qui demeure établi dans la connaissance du réel, qui se réjouit d’honorer les hôtes, qui accomplit les rites de śrāddha et qui dit la vérité.
Samādhi is the unwavering absorption where the Self alone shines; the yogin remains motionless like a lamp in a windless place, with sensory cognition and mental intention-making stilled.
The chapter treats siddhi-like outcomes—divine offers, royal patronage, spontaneous śāstra-knowledge, poetic genius, rasāyana and medicines, and mastery of arts—as upasargas (temptations/portents) to be renounced; casting them off is presented as the condition for Viṣṇu’s favor and final dissolution.
It links meditative absorption to a tattva model: from avyakta arises buddhi, then ahaṅkāra, then the elements and their qualities (sound to smell), governed by the guṇas; bondage arises from karma and desire, while liberation is by knowledge.
It distinguishes the bright, upward path (archirādi) leading beyond Brahmaloka toward the supreme goal, from the smoke/night/dark-fortnight southern path (dhūmādi) that returns beings to rebirth for karma-experience.
It integrates dharma (purity, truth, restraint, right livelihood, hospitality) with yoga (samādhi) and jñāna (tattva-knowledge), asserting that both renunciants and qualified householders can reach mokṣa when knowledge and detachment mature.