Adhyaya 374
Yoga & Brahma-vidyaAdhyaya 37422 Verses

Adhyaya 374

Chapter 374 — ध्यान (Dhyāna) — Colophon & Transition to Dhāraṇā

Cette unité sert de charnière textuelle : elle clôt l’enseignement précédent sur la méditation (dhyāna) et opère explicitement la transition vers le membre suivant, plus technique, du yoga—dhāraṇā (concentration). Le colophon de fin de chapitre souligne la visée salvifique de la pratique : atteindre Hari (Viṣṇu) et recueillir le « fruit » d’une contemplation disciplinée, tout en conservant des leçons manuscrites variantes qui témoignent d’une transmission vivante. En plaçant dhyāna juste avant dhāraṇā, l’Agni Purāṇa indique une pédagogie yogique structurée : l’esprit est d’abord entraîné à une orientation méditative soutenue, puis affiné en une fixation précise sur des lieux d’appui et des principes choisis. Dans le projet encyclopédique du Purāṇa, ce chapitre montre comment la méthode intérieure du yoga est traitée comme une science śāstrique, avec frontières définitionnelles et progression, intégrée à l’instruction divine d’Agni pour Vasiṣṭha et, au-delà, pour les pratiquants en quête de clarté mentale et de libération.

Shlokas

Verse 1

इत्य् आग्नेये महापुराणे ध्यानं नाम त्रिसप्तत्यधिकत्रिशततमो ऽध्यायः प्राप्नुयाद्धरिमिति ख प्राप्यते फलमिति ञ अथ चतुःसप्तत्यधिकत्रिशततमो ऽध्यायः धारणा अग्निर् उवाच धारणा मनसोध्येये संस्थितिर्ध्यानवद्द्विधा मूर्तामूर्तहरिध्यानमनोधारणतो हरिः

Ainsi, dans l’Agni Mahāpurāṇa s’achève le chapitre trois-cent-soixante-quatorzième, intitulé « Méditation (Dhyāna) ». (Leçons variantes : « On atteint Hari » / « Le fruit est obtenu ».) Commence maintenant le chapitre trois-cent-soixante-quinzième : « Concentration (Dhāraṇā) ». Agni dit : « La dhāraṇā est la fixation stable de l’esprit sur l’objet à contempler et—comme la méditation—elle est de deux sortes. En concentrant l’esprit, par la méditation sur Hari, dans ses aspects à forme (mūrta) et sans forme (amūrta), on parvient à Hari. »

Verse 2

यद्वाह्यावस्थितं लक्षयं तस्मान्न चलते मनः तावत् कालं प्रदेशेषु धारणा मनसि स्थितिः

Lorsque l’objet choisi de l’attention est placé à l’extérieur et que l’esprit ne s’en écarte pas, alors, durant ce temps, le fait que l’esprit demeure fermement dans le lieu (désigné) est appelé dhāraṇā (concentration).

Verse 3

कालावधि परिच्छिन्नं देहे संस्थापितं मनः न प्रच्यवति यल्लक्ष्याद्धारणा साभिधीयते

Lorsque l’esprit, établi dans le corps pour une durée délimitée, ne glisse pas hors de l’objet visé (lakṣya), cela est appelé dhāraṇā (concentration).

Verse 4

धारणा द्वादशायामा ध्यानं द्वदशधारणाः ध्यानं द्वादशकं यावत्समाधिरभिधीयते

Douze āyāmas (mesures de temps) constituent la dhāraṇā ; douze dhāraṇās constituent le dhyāna ; et lorsque le dhyāna atteint un ensemble de douze, on l’appelle samādhi.

Verse 5

धारणाभ्यासयुक्तात्मा यदि प्राणैर् विमुच्यते कुलैकविंशमुत्तार्य स्वर्याति परमं पदं

Si une personne dont l’âme est disciplinée par la pratique de la dhāraṇā (concentration) quitte le corps par les prāṇa (souffles vitaux), alors—ayant délivré vingt et une générations de sa lignée—elle va au ciel et atteint l’état suprême.

Verse 6

यस्मिन् यस्मिन् भवेदङ्गे योगिनां व्याधिसम्भवः तत्तदङ्गं धिया व्याप्य धारयेत्तत्त्वधारणं

Dans le membre où une maladie apparaît chez les yogins, qu’on imprègne mentalement ce membre d’une attention concentrée, puis qu’on y pratique la «tattva-dhāraṇā» (concentration sur le principe élémentaire).

Verse 7

आग्नेयी वारुणी चैव ऐशानी चामृतात्मिका साग्निः शिखा फडन्ता च विष्णोः कार्या द्विजोत्तम

Ô le meilleur des deux-fois-nés, le rite de la śikhā de Viṣṇu doit être accompli avec les (śakti) Agneyī, Vāruṇī et Aiśānī—de nature d’amṛta (nectar)—avec Agni, et en se terminant par l’exclamation «phaṭ».

Verse 8

नाडीभिर्विकटं दिव्यं शूलाग्रं वेधयेच्छुभम् पादाङ्गुष्ठात् कपालान्तं रश्मिमण्डलमावृतं

Par les nāḍī, on doit percer (c’est-à-dire parcourir mentalement) l’auspicieuse «pointe de lance», divine et redoutable ; du gros orteil jusqu’au sommet du crâne, qu’on la contemple comme enveloppée d’une sphère de rayons, une auréole lumineuse.

Verse 9

स्वयं याति परं पदमिति ख तिर्यक्चाधोर्ध्वभागेभ्यः प्रयान्त्यो ऽतीव तेजसा चिन्तयेत् साधकेन्द्रस्तं यावत्सर्वं महामुने

«En vérité, cela va de soi vers l’état suprême.» Depuis les régions latérales, inférieures et supérieures, lorsque (ces courants) s’en vont avec un éclat extrêmement puissant, le pratiquant éminent doit contempler ce processus jusqu’à son accomplissement total, ô grand sage.

Verse 10

भस्प्रीभूतं शरीरं स्वन्ततश् चैवीपसंहरेत् शीतश्लेष्मादयः पापं विनश्यन्ति द्विजातयः

Lorsque le corps a été réduit en cendres, qu’on les recueille de son propre gré ; le froid, le flegme et autres semblables—ainsi que le péché—sont détruits, ô deux-fois-nés.

Verse 11

शिरो धीरञ्च कारञ्च कण्ठं चाधोमुखे स्मरेत् ध्यायेदच्छिन्नचिन्तात्मा भुयो भूतेन चात्मना

Qu’il se remémore (visualise) la tête, les syllabes dhī et kā, ainsi que la gorge, tournées vers le bas. L’esprit dont la contemplation demeure ininterrompue, qu’il médite encore et encore, identifiant le Soi au principe élémentaire (bhūta).

Verse 12

स्फुरच्छीकरसंस्मर्शप्रभूते हिमगामिभिः धाराभिरखिलं विश्वमापूर्य भुवि चिन्तयेत्

Qu’on médite sur le monde entier, sur la terre, comme entièrement submergé par des courants qui se meuvent tels la neige (rafraîchissant et purifiant), abondants du contact de gouttelettes d’embruns étincelantes.

Verse 13

ब्रह्मरन्ध्राच्च संक्षोभाद्यावदाधारमण्डलग् सुषुम्नान्तर्गतो भूत्वा संपूर्णेन्दुकृतालयं

Depuis le Brahmarandhra, mis en mouvement par l’ébranlement, il pénètre à l’intérieur de la Suṣumnā et descend jusqu’au cercle de l’Ādhāra (Mūlādhāra), prenant demeure dans le siège de la « pleine lune ».

Verse 14

संप्लाव्य हिमसंस्पर्शतोयेनामृतमूर्तिना क्षुत्पिपासाक्रमप्रायसन्तापपरिपीडितः

Après s’être baigné (s’être abondamment aspergé) d’une eau fraîche au toucher—d’un effet semblable au nectar—celui qui est assailli par la faim et la soif et tourmenté par une chaleur accablante se trouve soulagé.

Verse 15

धारयेद्वारुणीं मन्त्रो तुष्ट्यर्थं चाप्यतन्त्रितः वारुणीधारणा प्रोक्ता ऐशानीधारणां शृणु

Le pratiquant du mantra, demeurant sans distraction, doit accomplir la dhāraṇā de Vāruṇī en vue de la propitiation. La dhāraṇā de Vāruṇī a été expliquée ; écoute maintenant la dhāraṇā d’Āiśānī.

Verse 16

व्योम्नि ब्रह्ममये पद्मे प्राणापाणे क्षयङ्गते प्रसादं चिन्तयेद् विष्णोर्यावच्चिन्ता क्षयं गता

Dans le ciel intérieur, au sein du lotus constitué de Brahman, lorsque l’inspiration et l’expiration se sont apaisées, qu’on contemple la présence gracieuse de Viṣṇu—jusqu’à ce que l’acte même de penser s’éteigne.

Verse 17

महाभावञ्जपेत् सर्वं ततो व्यापक ईश्वरः अर्धेन्दुं परमं शान्तं निराभासन्निरञ्जनं

Qu’on récite (japa) l’ensemble en l’état de mahā-bhāva, la grande disposition dévotionnelle ; puis l’on médite le Seigneur omniprésent comme le Suprême, paisible—tel le croissant de lune—lumineux sans apparence réfléchie, immaculé et sans tache.

Verse 18

असत्यं सत्यमाभाति तावत्सर्वं चराचरं यावत् स्वस्यन्दरूपन्तु न दृष्टं गुरुवक्त्रतः

Tant qu’on n’a pas contemplé sa propre forme intérieure (le Soi) «de la bouche du Guru», c’est-à-dire par son enseignement, l’irréel paraît réel ; en effet, tout le monde, mobile et immobile, semble vrai.

Verse 19

दृष्ठे तस्मिन् परे तत्त्वे आब्रह्म सचराचरं पाठो ऽयमादर्शदोषेण दुष्टः वीरश्चेति ञ प्रमातृमानमेयञ्च ध्यानहृत्पद्मकल्पनं

Lorsque ce Principe suprême est réalisé, le monde entier—depuis Brahmā jusqu’en bas, avec tout ce qui est mobile et immobile—est connu comme un. Toutefois, cette leçon est corrompue par un défaut de copie. Le sens visé est : la triade du connaissant, du moyen/mesure et du connu est transcendée ; et la méditation est la construction imaginative du lotus du cœur comme lieu de la contemplation.

Verse 20

मातृमोदकवत्सर्वं जपहोमार्चनादिकं विष्णुमन्त्रेण वा कुर्यादमृतां धारणां वदे

On doit accomplir toute chose—telle que la récitation de mantras (japa), l’offrande au feu (homa), l’adoration rituelle (arcana) et autres—soit selon le rite de Mātṛ-modaka, soit au moyen d’un mantra de Viṣṇu. Je vais maintenant énoncer la dhāraṇā dite « Amṛtā », semblable au nectar.

Verse 21

संपूर्णेन्दुनिभं ध्यायेत् कमलं तन्त्रिमुष्टिगम् शिरःस्थं चिन्तयेद् यत्नाच्छशाङ्कायुतवर्चसं

Qu’on médite sur un lotus semblable à la pleine lune, dont le réceptacle est tel le bouton (mūṣṭi) d’un luth; et, avec effort, qu’on le contemple comme établi dans la tête, rayonnant comme dix millions de lunes.

Verse 22

सम्पूर्णमण्डलं व्योम्नि शिवकल्लोलपूर्णितं तथा हृत्कमले ध्यायेत्तन्मध्ये स्वतनुं स्मरेत् साधको विगतक्लेशो जायते धारणादिहिः

Qu’on médite sur le maṇḍala parfaitement accompli dans le ciel intérieur, rempli des vagues déferlantes de Śiva; de même, qu’on le contemple dans le lotus du cœur, et qu’en son centre on se remémore (visualise) sa propre forme. Par cette dhāraṇā même, le pratiquant devient ici, en cette vie, exempt d’afflictions.

Frequently Asked Questions

It closes the dhyāna instruction and prepares the reader for the next limb—dhāraṇā—by reiterating the attainment of Hari as the intended fruit and marking the textual transition.

They indicate manuscript-lineage diversity and preserve interpretive nuances (e.g., ‘one attains Hari’ vs. ‘the fruit is attained’), useful for critical study and traditional recitation lineages.