
Vināyaka-snāna (The Vinayaka Bath) — Obstacle-Removal and Consecratory Bathing Rite
Ce chapitre présente un snāna/snāpana-vidhi spécialisé destiné à remédier aux afflictions dues à Vināyaka, puissance liée aux obstacles karmiques et aux ruptures de réussite. Il commence par énumérer des présages oniriques et des symptômes vécus : visions troublantes, peur irrationnelle, échecs répétés des entreprises, empêchements au mariage et à la descendance, perte d’efficacité pédagogique, et même instabilité politique pour les souverains. Le rite est ensuite prescrit avec une logistique stricte—nakṣatras favorables (Hasta, Puṣya, Aśvayuj, Saumya), une occasion vaiṣṇava et le siège bhadrapīṭha—montrant comment le bon temps cosmique soutient l’action dharmique. La procédure comprend une onction à la moutarde et au ghee, une application d’herbes et de parfums sur la tête, quatre aspersions depuis quatre kalaśas avec des substances purifiantes recueillies en lieux liminaires/puissants (étables, fourmilière, confluence, lac), et une consécration par mantras invoquant Varuṇa, Bhaga, Sūrya, Bṛhaspati, Indra, Vāyu et les Saptarṣis. Une offrande bali à un carrefour—avec invocations nommées (Mita, Sammita, Śālaka, Kaṇṭaka, Kuṣmāṇḍa, Rājaputra) et aliments variés—achève l’apaisement. Le culte de la Mère de Vināyaka et d’Ambikā, suivi du repas offert aux brāhmaṇas et des dons au guru, scelle le rite, promettant śrī (prospérité) et karmaphala (succès attesté).
Verse 1
इत्य् आग्नेये महापुराणे दिक्पालादिस्नानं नाम चतुःषष्ठ्यधिकद्विशततमो ऽध्यायः अथ पञ्चषष्ट्यधिकद्विशततमो ऽध्यायः विनायकस्नानं पुष्कर उवाच विनायकोपसृष्टानां स्नानं सर्वकरं वदे विनायकः कर्मविघ्नसिद्ध्यर्थं विनियोजितः
Ainsi, dans l’Agni Mahāpurāṇa s’achève le chapitre deux-cent-soixante-quatre (et plus), intitulé « Bain relatif aux Dikpāla et autres ». Commence maintenant le chapitre deux-cent-soixante-cinq (et plus) : « Le Bain de Vināyaka ». Puṣkara dit : « Je décrirai le rite de bain, efficace en tout, pour ceux que Vināyaka tourmente. Vināyaka a été institué afin de susciter des obstacles aux actes (karmas) et d’en entraîner l’accomplissement/la vérification. »
Verse 2
गणानामाधिपत्ये च केशवेशपितामहैः स्वप्नेवगाहते ऽत्यर्थं जलं मुण्डांश् च पश्यति
Lorsqu’on obtient la seigneurie sur des groupes (ou des cohortes), et lorsque Keśava, Īśa et Pitāmaha sont satisfaits par le culte, on (en rêve) s’immerge profondément dans l’eau et l’on voit aussi des hommes à la tête rasée.
Verse 3
विनायकोपसृष्टस्तु क्रव्यादानधिरोहति व्रजमानस् तथात्मानं मन्यते ऽनुगतम्परैः
Mais celui qui est atteint par (le graha nommé) Vināyaka monte sur un être mangeur de chair ; et, allant çà et là, il s’imagine être suivi par d’autres.
Verse 4
विमना विफलारम्भः संसीदत्यनिमित्ततः कन्या वरं न चाप्नोति न चापत्यं वराङ्गना
L’homme abattu (ou mal disposé) entreprend en vain ; il s’effondre sans cause apparente. Une jeune fille n’obtient pas d’époux, et une femme belle n’obtient pas de descendance.
Verse 5
आचार्यत्वं श्रोत्रियश् च न शिष्यो ऽध्ययनं लभेत् धनी न लाभमाप्नोति न कृषिञ्च कृषीबलः
Même si l’on possède le rang d’ācārya (maître) et que l’on soit un śrotriya (savant védique), un disciple apte n’obtient pas de lui la véritable étude. De même, l’homme riche n’acquiert pas nécessairement le profit, et celui qui n’a que la force du corps ne réussit pas pour autant dans l’agriculture.
Verse 6
राजा राज्यं न चाप्नोति स्नपनन्तस्य कारयेत् हस्तपुष्याश्वयुक्सौम्ये वैष्णवे भद्रपीठके
Un roi n’obtient pas une souveraineté assurée s’il ne fait accomplir le bain de consécration (snāpana). Qu’on l’organise sous les nakṣatra Hasta, Puṣya, Aśvayuj ou Saumya, en une occasion vaiṣṇava (favorable à Viṣṇu), sur un siège de bon augure, le bhadrapīṭhaka.
Verse 7
गौरसर्षपकल्केन साज्येनोत्सादितस्य च सर्वौषधैः सर्वगन्धैः प्रलिप्तशिरसस् तथा
Et pour celui qui a été frictionné avec une pâte de moutarde jaune (gaura-sarṣapa) mêlée de ghee, et de même pour celui dont la tête a été ointe de toutes les herbes médicinales et de toutes les substances odorantes.
Verse 8
चतुर्भिः कलसैः स्नानन्तेषु सर्वौषाधौ क्षिपेत् अश्वस्थानाद्गजस्थानाद्वल्मीकात् सङ्गमाद्ध्रदात्
À la fin du bain, on doit verser une infusion de «toutes les herbes médicinales» au moyen de quatre vases d’eau (kalasa), en prenant la matière sanctifiante de l’écurie des chevaux, de l’étable des éléphants, d’une termitière (valmīka), d’une confluence de rivières (saṅgama) et d’un lac (hrada).
Verse 9
मृत्तिकां रोचनाङ्गन्धङ्गुग्गुलुन्तेषु निक्षिपेत् सहस्राक्षं शतधारमृषिभिः पावनं कृतम्
On doit déposer (mélanger) de l’argile avec la rocanā (pigment jaune), des substances odorantes et le guggulu (résine) dans ces récipients. C’est la matière purificatrice, rendue sacrée par les ṛṣi, appelée Sahasrākṣa («aux mille yeux») et Śatadhāra («aux cent courants»).
Verse 10
तेन त्वामभिषिञ्चामि पावमान्यः पुनन्तु ते भगवन्ते वरुणो राजा भगं सूर्यो वृहस्पतिः
Par cette eau/ce rite consacré, je t’oins. Que les formules sacrées Pavamāna, purificatrices, te purifient. Que le Seigneur Varuṇa, le Roi, ainsi que Bhaga, Sūrya et Bṛhaspati te purifient et te bénissent.
Verse 11
भगमिन्द्रश् च वायुश् च भगं सप्तर्षयो ददुः यत्ते केशेषु दौर्भाग्यं सीमन्ते यच्च मूर्धनि
Indra et Vāyu, ainsi que les Sept Ṛṣi, ont accordé bhaga (la bonne fortune). Quelque malchance qu’il y ait dans tes cheveux, à la raie (sīmanta) et sur le sommet de ta tête—qu’elle soit ôtée.
Verse 12
ललाटे कर्णयोरक्ष्णोरापस्तद्घ्नन्तु सर्वदा दर्भपिञ्जलिमादाय वामहस्ते ततो गुरुः
Sur le front, aux oreilles et aux yeux—que les eaux l’écartent toujours (l’impureté/le mal). Puis le maître, prenant un faisceau d’herbe darbha dans la main gauche, poursuit le rite.
Verse 13
हस्तपुष्याश्वयुक्सौम्यवैष्णवेषु शुभेषु चेति घ , ञ च साज्येनासादितस्य चेति क , छ च इमा आप इति छ , ञ स्नातस्य सार्षपन्तैलं श्रुवेणौडुम्बरेण च जुहुयान्मूर्धनि कुशान् सव्येन परिगृह्य च
Lors d’occasions favorables—telles que (jours ou nakṣatra) Hasta, Puṣya, Aśvayuj, Saumya et Vaiṣṇava—après le bain, on doit offrir de l’huile de moutarde (sārṣapa) en oblation dans le homa, au moyen d’une louche faite de bois d’udumbara. Ce faisant, on tient de l’herbe kuśa sur la tête de la main gauche et l’on récite les formules rituelles indiquées, dont le mantra commençant par « imā āpaḥ… ».
Verse 14
मितश् च सम्मितश् चैव तथा शालककण्टकौ कुष्माण्डो राजपुत्रश् च एतैः स्वाहासमन्वितैः
« (Invoque) Mita et Sammita, ainsi que Śālaka et Kaṇṭaka, de même que Kuṣmāṇḍa et Rājaputra—par ces noms, chacun conjoint à l’énonciation “svāhā”. »
Verse 15
नामभिर्बलिमन्त्रैश् च नमस्कारसमन्वितैः दद्याच्चतुष्पथे शूर्पे कुशानास्तीर्य सर्वतः
Avec les noms appropriés et les bali-mantra, accompagnés d’actes de salutation révérencieuse, on doit présenter l’offrande à un carrefour à quatre voies, la déposer sur un van, après avoir étendu tout autour de l’herbe kuśa.
Verse 16
कृताकृतांस्तण्डुलांश् च पललौदनमेव च मत्स्यान्पङ्कांस्तथैवामान् पुष्पं चित्रं सुरां त्रिधा
On offrira aussi des grains de riz cuits et non cuits, ainsi que le riz bouilli préparé avec de la viande (palala-odana) ; de même des poissons, des choses boueuses ou impures et des choses crues ; des fleurs bigarrées ; et une liqueur (surā) de trois sortes.
Verse 17
मूलकं पूरिकां पूपांस्तथैवैण्डविकास्रजः दध्यन्नं पायसं पिष्टं मोदकं गुडमर्पयेत्
On doit offrir du radis (mūlaka), des gâteaux farcis (pūrikā), des gâteaux frits (pūpa) et aussi des guirlandes de douceurs rondes (aiṇḍavikā) ; de même du riz au caillé, le riz au lait rituel (pāyasa), des préparations de farine (piṣṭa), des douceurs modaka et du sucre brut/jaggery (guḍa).
Verse 18
विनायकस्य जननीमुपतिष्ठेत्ततो ऽम्बिकां दूर्वासर्षपपुष्पाणां दत्वार्घ्यं पूर्णमञ्जलिं
Ensuite, on doit se tenir avec révérence auprès de la Mère de Vināyaka ; puis (on doit vénérer) Ambikā, en offrant l’arghya avec les mains jointes en coupe et pleines d’herbe dūrvā, de graines de moutarde et de fleurs.
Verse 19
रूपं देहि यशो देहि सौभाग्यं सुभगे मम पुत्रं देहि धनं देहि सर्वान् कामांश् च देहि मे
Accorde-moi la beauté ; accorde-moi la renommée ; accorde-moi la bonne fortune. Ô Bienheureuse, accorde-moi un fils ; accorde-moi la richesse ; et accorde-moi tous les buts désirés.
Verse 20
भोजयेद्ब्राह्मणान्दद्याद्वस्त्रयुग्मं गुरोरपि विनायकं ग्रहान्प्रार्च्य श्रियं कर्मफलं लभेत्
Qu’on nourrisse les Brāhmaṇa et qu’on offre aussi au Guru une paire de vêtements. Après avoir dûment adoré Vināyaka et les divinités planétaires, on obtient la prospérité (Śrī) et le fruit du rite (karma).
Dream-omens (deep plunging into water, seeing shaven-headed men) and practical disruptions: repeated failure of initiatives, sudden collapse without cause, obstacles to marriage/progeny, loss of teaching efficacy, lack of profit, and insecurity of kingship.
Auspicious timing (Hasta, Puṣya, Aśvayuj, Saumya; Vaiṣṇava occasion), mustard-ghee unction, sarvauṣadhi and fragrance anointing, four kalaśa pourings with mixed clay/rocanā/guggulu, mantra-led abhiṣeka, mustard-oil oblation with an udumbara ladle, and a crossroads bali arranged on a winnowing tray ringed with kuśa.
By framing obstacle-removal as a dharmic, mantra-governed purification that restores right action (karma) and its fruition, it supports artha and kāma without violating dharma, thereby stabilizing the practitioner for higher sādhana oriented toward mokṣa.