
Jīrṇoddhāra-vidhāna (Procedure for Renovation / Replacement of Dilapidated Installations)
Poursuivant l’enseignement sur la consécration collective, le Seigneur Agni instruit le sage Vasiṣṭha au sujet du jīrṇoddhāra, la juste manière de traiter les images et installations sacrées usées, défectueuses ou brisées. Le rite commence par la préparation et le bain de l’image parée, puis l’on décide de la conserver (si elle demeure stable, inamovible et apte au service) ou de l’écarter (si la dégradation est excessive). Lorsqu’un remplacement s’impose, l’ācārya installe le substitut « comme auparavant » et accomplit le saṃhāra-vidhi, retirant rituellement les tattvas (principes constitutifs) de l’ancienne forme pour les reconduire à leur source. Le texte prescrit ensuite l’élimination selon la matière : le bois est fendu et livré au feu, la pierre est jetée à l’eau, et le métal ou les gemmes sont transportés avec respect sur un véhicule, recouverts d’un tissu. L’ensemble s’achève par des oblations au mantra de Nārasiṃha, un accompagnement musical lors des offrandes d’eau, et la dakṣiṇā appropriée au guru, en soulignant que mesures et matériaux doivent être arrêtés le même jour. La rénovation des ouvrages d’eau publics (puits, étangs, réservoirs) est signalée comme procurant un grand mérite, reliant l’infrastructure civique au devoir sacré.
Verse 1
इत्य् आदिमहापुराणे आग्नेये समुदायप्रतिष्ठाकथनं नाम षट्षष्टितमो ऽध्यायः अथ सप्तषष्टितमो ऽध्यायः जीर्णोद्धारविधानं भगवानुवाच जीर्णाद्धारविधिं वक्ष्ये भूषितां स्नपयेद्गुरुः अचलां विन्यसेद्गेहे अतिजीर्णां परित्यजेत्
Ainsi, dans l’Agni Purāṇa —le Mahāpurāṇa primordial— s’achève le soixante-sixième chapitre, intitulé « Exposé de la consécration collective (Samudāya-pratiṣṭhā) ». Commence maintenant le soixante-septième chapitre : « Procédure de rénovation (Jīrṇoddhāra) ». Le Seigneur Bienheureux dit : « J’enseignerai la méthode de la rénovation. Le précepteur officiant doit baigner (l’image) après l’avoir dûment parée ; il doit installer dans la maison/temple l’image immobile (fixe) ; mais une image trop dégradée doit être rejetée (et remplacée). »
Verse 2
व्यङ्गां भग्नां च शैलाढ्यां न्यसेदन्यां च पूर्ववत् संहारविधिना तत्र तत्त्वान् संहृत्य देशिकः
Le maître officiant (deśika), expert du rite, doit installer une autre forme/figure comme auparavant, qu’elle soit défectueuse, brisée ou lourde comme la pierre; et là, selon le rite prescrit de résorption (saṃhāra-vidhi), il doit retirer et réabsorber les tattva (principes constitutifs) en les ramenant à leur source.
Verse 3
सहस्रं नारसिंहेन हुत्वा तामुद्धरेद् गुरुः दारवीं दारयेद्वह्नौ शैलजां प्रक्षिपेज्जले
Après avoir offert mille oblations avec le mantra de Nārasiṃha, le maître doit le retirer. Ce qui est en bois doit être fendu dans le feu; ce qui est né de la pierre doit être jeté dans l’eau.
Verse 4
धातुजां रत्नजां वापि अगाधे वा जले ऽम्बुधौ यानमारोप्य जीर्णाङ्गं छाद्य वस्त्रादिना नयेत्
Qu’il soit produit de métaux ou de gemmes, ou même (s’il est retrouvé) dans les eaux insondables de l’océan : ayant placé le corps usé sur un véhicule et l’ayant couvert de tissu et autres, on doit l’emporter.
Verse 5
वादित्रैः प्रक्षिपेत्तोये गुरवे दक्षिणां ददेत् यत्प्रमाणा च यद्द्रव्या तन्मानां स्थापयेद्दिने कूपवापीतडागादेर्जीर्णोद्धारे महाफलं
On doit jeter dans l’eau (les offrandes prescrites) au son des instruments, et remettre au guru la dakṣiṇā (honoraires rituels). Quelles que soient les mesures prescrites et les matières requises, leurs justes quantités doivent être arrêtées ce jour-là même. Dans la restauration des puits, puits à degrés, étangs et autres ouvrages délabrés, le mérite spirituel est très grand.
The chapter emphasizes saṃhāra-vidhi with tattva-saṃhāra (ritual withdrawal of constitutive principles) before removal, plus material-specific disposal (wood to fire, stone to water, metal/gem carried away respectfully) and the requirement that measurements and materials be fixed on the same day.
It frames renovation as dharmic stewardship: preserving sanctity through correct rites (saṃhāra and re-installation), honoring the guru through dakṣiṇā, and treating civic waterworks renovation as high merit—integrating disciplined action (karma) with purity of worship and social welfare.