Adhyaya 244
Raja-dharmaAdhyaya 24427 Verses

Adhyaya 244

Chapter 244 — चामरादिलक्षणम् / आयुधलक्षणादि (Characteristics of the Fly-whisk and Related Royal Emblems; Weapon Characteristics)

Le Seigneur Agni passe de l’observation sociale au protocole royal, en ouvrant sur les critères auspices des insignes de souveraineté—le cāmara (éventail à queue) et le parasol—qui attestent une royauté légitime et un ordre de cour raffiné. Le chapitre s’étend ensuite avec une technicité de type Dhanurveda : décompte des bâtons et des articulations, mesures du trône et du siège, et règles détaillées de fabrication de l’arc (matériaux, proportions, défauts à éviter, mise en corde et façonnage des pointes en corne). La ritualisation culmine dans le culte de l’arc et des flèches lors des processions et des consécrations royales, montrant que les instruments guerriers doivent être sanctifiés, non seulement employés. Vient ensuite une étiologie mythique : le sacrifice de Brahmā est entravé par un démon de fer, Viṣṇu surgit avec l’épée Nandaka, et les corps abattus se changent en fer—fondant la métallurgie et l’autorité des armes sur l’histoire divine. Enfin, des normes d’épreuve de l’épée (classes de longueur, « doux » tintement, forme idéale de la lame) et des codes de discipline (règles de pureté, interdits de regarder un reflet ou de parler de prix la nuit) unissent éthique, présages et gouvernement en un manuel complet pour la conduite du royaume.

Shlokas

Verse 1

इत्य् आग्नेये महापुराणे स्त्रीलक्षणं नाम त्रिचत्वारिंशदधिकद्विशततमो ऽध्यायः अथ चतुश् चत्वारिंशदधिकद्विशततमो ऽध्यायः चामरादिलक्षणम् अग्निर् उवाच चामरो रुक्मादण्डो ऽग्र्यः छत्रं राज्ञः प्रशस्यते हंसपक्षैर् विरचितं मयूरस्य शुकस्य च

Ainsi, dans l’Agni Mahāpurāṇa s’achève le chapitre intitulé « Caractéristiques des femmes », le 243e. Commence maintenant le 244e chapitre, « Caractéristiques du cāmara (chasse-mouches) et des emblèmes royaux connexes ». Agni dit : « Le cāmara le plus excellent est celui dont le manche est d’or. Pour un roi, l’ombrelle royale est louée—faite de plumes de cygnes, et aussi de paons et de perroquets ».

Verse 2

पक्षैर् वाथ बलाकाया न कार्यं मिश्रपक्षकैः न शथेति छ जठरमित्यादिः, ततो गुणा इत्य् अन्तः पाठः घ , ञ , पुस्तकद्वये नास्ति चतुरस्यं ब्राह्मणस्य वृत्तं राज्ञश् च शुक्लकं

Avec les ailes d’une balākā (grue), on ne doit pas entreprendre une tâche en utilisant des ailes mêlées (dépareillées). (Certains manuscrits ajoutent des leçons telles que « na śatheti … jaṭharam ityādiḥ »; et dans deux copies la leçon interne finale « tato guṇāḥ » est absente.) Ceci est cité comme illustration (śuklaka) concernant la conduite d’un brāhmaṇa avisé et d’un roi.

Verse 3

त्रिचतुःपञ्चषट्सप्ताष्टपर्वश् च दण्डकः भद्रासनं क्षीरवृक्षैः पञ्चाशदङ्गुलोच्छ्रयैः

Le bâton (daṇḍaka) doit avoir trois, quatre, cinq, six, sept ou huit nœuds (articulations). Le siège propice (bhadrāsana) doit être fait de bois d’arbres à sève laiteuse, d’une hauteur de cinquante aṅgulas.

Verse 4

विस्तारेण त्रिहस्तं स्यात् सुवर्णाद्यैश् च चित्रितं धनुर्द्रव्यत्रयं लोहं शृङ्गं दारु द्विजोत्तम

Dans sa mesure entière, il doit avoir trois hastas de longueur, et peut être orné d’or et d’autres matières. Les trois matériaux d’un arc sont : le métal, la corne et le bois, ô meilleur des dvija (deux-fois-nés).

Verse 5

ज्याद्रव्यत्रितयञ्चैव वंशभङ्गत्वचस् तथा दारुचापप्रमाणन्तु श्रेष्ठं हस्तचतुष्टयं

Sont aussi exposés les trois matériaux de la corde d’arc, ainsi que l’écorce préparée de lanière de bambou servant à lier et à renforcer. Et la meilleure mesure d’un arc de bois est de quatre hastas.

Verse 6

तदेव समहीनन्तु प्रोक्तं मध्यकनीयसि मुष्टिग्राहनिमित्तानि मध्ये द्रव्याणि कारयेत्

Cette même procédure est aussi enseignée pour un adversaire de force moyenne ou moindre. Afin de saisir et de maîtriser la prise du poing, on doit faire préparer des substances appropriées et les tenir prêtes au centre.

Verse 7

स्वल्पकोटिस्त्वचा शृङ्गं शार्ङ्गलोहमये द्विज कामिनीभ्रूलताकारा कोटिः कार्या सुसंयुता

Ô dvija, la pointe de corne doit être façonnée avec un bout fin et recouverte de cuir. Sur un arc fait de fer śārṅga, la pointe (koṭi) doit être solidement jointe et formée comme le sourcil, tel une liane, d’une femme charmante.

Verse 8

पृथग्वा विप्र मिश्रं वा लौहं शार्ङ्गन्तु कारयेत् शार्ङ्गं समुचितं कार्यं रुक्मविन्दुविभूषितं

On fera fabriquer l’arc Śārṅga soit en fer seul, soit en fer allié au vipra (métal brillant particulier). Le Śārṅga doit être façonné selon de justes proportions et orné d’incrustations d’or en petits points.

Verse 9

कुटिलं स्फुटितञ्चापं सच्छिद्रञ्च न शस्यते सुवर्णं रजतं ताम्रं कृष्णायो धनुषि स्मृतं

Un arc tordu, fendu ou criblé de trous n’est pas recommandé. Pour les arcs, l’or, l’argent, le cuivre et le fer noir sont tenus pour des matériaux (ou garnitures) convenables.

Verse 10

माहिषं शारभं शार्ङ्गं रौहिषं वा धनुःशुभं चन्दनं वेतसं सालं धावलङ्ककुभन्तरुः

Pour un arc d’excellence, on recommande des bois tels que māhiṣa, śārabha, śārṅga ou rauhiṣa ; conviennent aussi le bois de santal, le vetasa (rotin/saule), le sāla, le dhāvala, ainsi que les arbres nommés laṅkaka et kubhanta.

Verse 11

सर्वश्रेष्ठं धनुर्वंशैर् गृहीतैः शरदि श्रितैः पूजयेत्तु धनुः खड्गमन्त्रैस्त्रैलोक्यमोहनैः

À la saison d’automne, après s’être procuré les meilleurs matériaux—des hampes d’arc tirées du bambou/de la canne—on doit accomplir le culte rituel de l’arc au moyen de mantras de l’épée, réputés enchanter les trois mondes.

Verse 12

अयसश्चाथ वंशस्य शरस्याप्यशरस्य च ऋत्विजो हेमवार्णाभाः स्नायुश्लिष्टाः सुपत्रकाः

Et les éléments peuvent être faits de fer comme de bambou ; de même, il existe des prescriptions pour la flèche et même pour ce qui n’est pas flèche (tel un carreau/dard). Les ligatures de tendon, dûment préparées, doivent adhérer solidement, avoir un éclat doré et porter un bon empennage.

Verse 13

चतुरस्रमित्यादिः, पञ्चाशदङ्गुलोच्छ्रयैर् इत्यन्तः पाठः जपुस्तके नास्ति द्विहस्तमिति ट पूजयेत्तद्धनुरिति ग , घ , ञ च रुक्मपुङ्खाः सुपङ्कास्ते तैलधौताः सुवर्णकाः यात्रायामभिषेकादौ यजेद्वाणधनुर्मुखान्

En commençant par les mots «(c’est) quadrangulaire», la leçon qui s’achève par «d’une hauteur de cinquante aṅgula» ne se trouve pas dans le manuscrit de Japu (récitation). Une autre leçon porte «deux mains (pour mesure)». Certains manuscrits (ga, gha, ña) lisent : «qu’on adore cet arc». Les flèches ont des empennages métalliques d’or, sont bien ajustées et lisses, polies à l’huile et d’aspect doré. Lors d’occasions telles que la yātrā (procession royale) et lors de l’abhiṣeka (consécration/ablution) et autres, on doit accomplir le culte des flèches, de l’arc et de l’extrémité/bouche de l’arc (côté de l’encoche).

Verse 14

सपताकास्त्रसङ्ग्राहसांवत्सरकरान्नृपः ब्रह्मा वै मेरुशिखरे स्वर्गगङ्गातटे ऽयजत्

Ô roi, Brahmā—qui institue «l’année» comme mesure du temps pour l’acquisition et la compilation des armes-missiles divines appelées astras «Sapatākā»—accomplit un sacrifice au sommet du Meru, sur la rive de la Gaṅgā céleste (Svarga-Gaṅgā).

Verse 15

लौहदैत्यं स ददृशे विध्नं यज्ञे तु चिन्तयन् तस्य चिन्तयतो वह्नेः पुरुषो ऽभूद्वली महान्

Tandis qu’il méditait sur l’obstruction au sacrifice, il vit un «Démon de Fer» comme empêchement dans le rite ; et, comme il y pensait ainsi, d’Agni (Vahni) surgit un Homme puissant, d’une grande vigueur.

Verse 16

ववन्दे ऽजञ्च तन्देवा अभ्यनन्दन्त हर्षिताः तस्मात्स नन्दकः कड्गो देवोक्तो हरिरग्रहीत्

Il se prosterna devant l’Inengendré (Aja, Brahmā), et ces dieux, ravis, se réjouirent. C’est pourquoi cette épée—nommée par les dieux «Nandaka»—fut saisie par Hari (Viṣṇu).

Verse 17

तं जग्राह शनैर् देवो विकोषः सो ऽभ्यपद्यत खड्गो नीलो रत्नमुष्टिस्ततो ऽभूच्छतबाहुकः

Le dieu la saisit lentement ; en la tirant du fourreau, il s’avança. L’épée apparut d’un bleu sombre, avec une poignée sertie de joyaux ; puis il se manifesta comme Śatabāhuka, Celui aux Cent Bras.

Verse 18

दैत्यः स गदया देवान् द्रावयामास वै रणे विष्णुना खड्गच्छिन्नानि दैत्यगात्राणि भूतले

Ce Daitya, brandissant une massue, mit en fuite les dieux au combat ; mais sur le sol gisaient les membres des Daityas, tranchés par Viṣṇu de son épée.

Verse 19

पतितानि तु संस्पर्शान्नन्दकस्य च तानि हि लोहभूतानि सर्वाणि हत्वा तस्मै हरिर्वरं

Mais ceux qui étaient tombés, par le seul contact de Nandaka, devinrent tous du fer ; les ayant tous abattus, Hari lui accorda ensuite une faveur.

Verse 20

ददौ पवित्रमङ्गन्ते आयुधाय भवेद्भुवि हरिप्रसादाद् ब्रह्मापि विना विघ्नं हरिं प्रभुं

Il conféra le « pavitra » (fil/amulette protectrice consacrée) à porter sur les membres comme sauvegarde ; sur terre, il devient un moyen de protection. Par la grâce de Hari, même Brahmā atteint son but sans obstacle, car Hari est le Seigneur souverain.

Verse 21

पूजयामास यज्ञेन वक्ष्ये ऽथो खड्गलक्षणं खटीखट्टरजाता ये दशनीयास्तुते स्मृताः

Il l’honora par un rite sacrificiel. À présent, j’exposerai les caractéristiques de l’épée : ô toi qui es loué, les épées issues des métaux appelés khaṭī et khaṭṭara sont tenues pour « à éprouver/à examiner ».

Verse 22

कायच्छिदस्त्वाषिकाः स्युर्दृढाः सूर्पारकोद्भवाः तीक्ष्णाश्छेदसहा वङ्गास्तीक्ष्णाःस्युश्चाङ्गदेशजाः

Les lames (āṣikā) provenant de Sūrpāraka sont dites solides et capables de trancher le corps. Celles de Vaṅga sont aiguisées et supportent la contrainte du coup ; et celles produites au pays d’Aṅga sont également tenues pour tranchantes.

Verse 23

शतार्धमङ्गुलानाञ्च श्रेष्ठं खद्गं प्रकीर्तितं लोहदैत्यमित्यादिः, हर्षिता इत्य् अन्तः पाठः ज पुस्तके नास्ति तस्मात्तु नन्दक इति घ , ञ च महादेव इति ज तदर्धं मध्यमं ज्ञेयं ततो हीनं न धारयेत्

On proclame comme la meilleure l’épée longue de cent et demi aṅgulas. (Ici le texte comporte des leçons variantes telles que « lohadaitya-… », et note que la lecture « harṣitā » ne se trouve pas dans le manuscrit ‘ja’ ; dans certains manuscrits on lit « nandaka », et dans le ‘ja’ « mahādeva ».) La moitié de cette mesure doit être comprise comme le degré moyen ; on ne doit pas porter une épée plus courte que cela.

Verse 24

दीर्घं सुमधुरं शब्दं युस्य खड्गस्य सत्तम किङ्किणीसदृशन्तस्य धारणं श्रेष्ठमुच्यते

Ô le meilleur des hommes, l’épée dont le son est long et très doux—semblable au tintement d’une petite clochette (kiṅkiṇī)—est dite la plus excellente à manier et à porter.

Verse 25

खड्गः पद्मपलाशाग्रो मण्डलाग्रश् च शस्यते करवीरदलाग्राभो घृतगन्धो वियत्प्रभः

On loue comme excellente l’épée dont la pointe est semblable à l’extrémité d’une feuille de lotus et dont le bout est arrondi, tel un disque ; son tranchant ressemble à la pointe de la feuille de karavīra, elle exhale le parfum du ghee (ghṛta) et brille d’un éclat pareil à celui du ciel.

Verse 26

समाङ्गुलस्थाः शस्यन्ते व्रणाः खद्गेषु लिङ्गवत् काकोलूकसवर्णाभा विषमास्ते न शोभनाः

On recommande les blessures du corps qui sont régulières, mesurées à la largeur d’un doigt, car elles portent une marque nette comme si elles avaient été faites par une épée. Mais celles qui sont irrégulières et de couleur semblable à celle d’un corbeau ou d’un hibou ne sont pas de bon augure (elles ne sont pas tenues pour de bons signes).

Verse 27

खड्गे न पश्येद्वदनमुच्छिष्टो न स्पृशेदसिं मूल्यं जातिं न कथयेन्निशि कुर्यान्न शीर्षके

On ne doit pas regarder son visage se refléter dans l’épée. Étant en état d’impureté après avoir mangé (ucchiṣṭa), on ne doit pas toucher l’épée. La nuit, on ne doit pas parler de son prix ni de sa provenance (lignée ou type), et on ne doit pas la placer à la tête (du lit).

Frequently Asked Questions

Precise weapon metrics and quality-control: bow materials (metal/horn/wood), recommended woods, defects to reject (crooked/cracked/holed), best wooden bow measure (four hastas), sword best length (150 aṅgulas) with a minimum carry-length threshold, and even ‘sweet ringing’ sound as a diagnostic of excellence.

It sacralizes state power: royal insignia and weapons are treated as Dharma-instruments requiring worship, purity, restraint, and auspicious testing—turning governance and protection into disciplined service aligned with righteous kingship.