Adhyaya 223
Raja-dharmaAdhyaya 22343 Verses

Adhyaya 223

Adhyaya 223 — Rājadharmāḥ (Royal Duties: Inner Palace Governance, Trivarga Protection, Courtly Conduct, and Aromatic/Hygienic Sciences)

Ce chapitre étend le Rājadharma à l’antahpura-cintā, la gouvernance du palais intérieur, en affirmant que les puruṣārtha (dharma, artha, kāma) doivent être assurés par une protection réciproque et une juste organisation du service. Le trivarga est figuré comme un arbre : dharma en est la racine, artha les branches, et le fruit est le karmaphala ; protéger cet arbre permet d’obtenir sa part légitime des résultats. Le texte expose ensuite la retenue dans la nourriture, le sommeil et la conduite sexuelle, et donne des marqueurs de comportement pour juger l’affection ou la froideur, la pudeur ou la corruption dans les relations du palais, afin d’éviter désordre et intrigues. La dernière partie se tourne vers des « sciences palatines » appliquées : un régime en huit volets—propreté, ācamana, purgation, broyage/imbibition, cuisson, stimulation, fumigation et parfumerie. S’y trouvent des listes de matières pour les encens (dhūpa), aromates de bain, huiles parfumées et parfums de bouche (mukhavāsa), avec préparations en pilules et méthodes d’hygiène. Le chapitre se clôt par des avertissements au souverain sur la confiance et la conduite nocturne, soulignant sécurité et prudence comme éléments d’une royauté conforme au dharma.

Shlokas

Verse 1

इत्य् आग्नेये महापुराणे राजधर्मो नाम द्वाविंशत्यधिकद्विशततमो ऽध्यायः अथ त्रयोविंशत्यधिकद्विशततमो ऽध्यायः राजधर्माः पुष्कर उवाच वक्ष्ये ऽन्तःपुरचिन्तां च धर्माद्याः पुरुषार्थकाः अन्योन्यरक्षया तेषां सेवा कार्या स्त्रिया नृपैः

Ainsi, dans l’Agni Mahāpurāṇa s’achève le deux-cent-vingt-deuxième chapitre, intitulé « Rājadharma (Devoirs du roi) ». Commence maintenant le deux-cent-vingt-troisième chapitre sur les « Rājadharma ». Puṣkara dit : « J’exposerai aussi l’administration du palais intérieur (antaḥpura), c’est-à-dire la maisonnée royale. Le Dharma et les autres buts de l’existence humaine doivent être assurés ; aussi, par une protection réciproque, les rois doivent veiller à ce que les femmes du palais soient convenablement prises en charge et servies. »

Verse 2

मासेनैकेनेति छ , ज च धर्ममूलो ऽर्थविटपस् तथा कर्मफलो महान् त्रिवर्गपादपस्तत्र रक्षया फलभागं भवेत्

« (On dit :) “en un seul mois…” — le Dharma en est la racine, l’Artha les branches, et le grand fruit est le résultat de l’acte (karma). Tel est “l’arbre des trois buts de la vie” (trivarga) ; en le protégeant, on obtient une part de ses fruits. »

Verse 3

कामाधीनाः स्त्रियो राम तदर्थं रत्नसङ्ग्रहः सेव्यास्ता नातिसेव्याश् च भूभुजा विषयैषिणा

« Les femmes sont sous l’emprise du désir (kāma), ô Rāma ; pour elles l’on amasse des joyaux. Le roi qui recherche les jouissances mondaines peut les fréquenter, mais sans s’y abandonner avec excès. »

Verse 4

आहारो मैथुनन्निद्रा सेव्या नाति हि रुग् भवेत् मञ्चाधिकारे कर्तव्याः स्त्रियः सेव्याः स्वरामिकाः

La nourriture, l’union sexuelle et le sommeil doivent être pratiqués avec mesure, sans excès ; car l’excès engendre assurément la maladie. En observant la bienséance du lit et des circonstances, qu’on s’unisse à des femmes qui soient convenables et agréables à soi.

Verse 5

दुष्टान्याचरते या तु नाबिनन्दति तत्कथां ऐक्यं द्विषद्भिर्व्रजति गर्वं वहति चोद्धता

Mais celle qui accomplit des actes mauvais, ne se réjouit pas de cet enseignement (vertueux), s’allie aux malveillants et, dans son arrogance, porte l’orgueil : qu’on la reconnaisse comme d’une nature corrompue.

Verse 6

चुम्बिता मार्ष्टि वदनं दत्तन्न बहु मन्यते स्वपित्यादौ प्रसुप्तापि तथा पश्चाद्विबुध्यते

Lorsqu’on l’embrasse, elle s’essuie le visage; et quand on lui donne de la nourriture, elle n’y attache guère de prix. Bien qu’elle paraisse d’abord endormie, ensuite elle s’éveille et devient attentive.

Verse 7

स्पृष्टा धुनोति गात्राणि गात्रञ्च विरुणद्धि या ईषच्छृणोति वाक्यानि प्रियाण्यपि पराङ्मुखी

Lorsqu’on la touche, elle secoue ses membres et retire son corps; elle n’entend qu’à demi les paroles—même les douces paroles de l’aimé—tout en détournant le visage.

Verse 8

न पश्यत्यग्रदत्तन्तु जघनञ्च निगूहति दृष्टे विवर्णवदना मित्रेष्वथ पराङ्मुखी

Elle ne regarde pas ce qu’on place devant elle; elle dissimule ses hanches. Lorsqu’on la voit, son visage pâlit, et même parmi ses amies elle demeure détournée, évitant les regards.

Verse 9

तत्कामितासु च स्त्रीसु मध्यस्थेव च लक्ष्यते ज्ञातमण्डनकालापि न करोति च मण्डनं

Parmi les femmes qu’il désire, on le voit se tenir comme un indifférent, tel un homme au milieu sans inclination. Bien qu’il connaisse le temps et l’occasion convenables pour se parer, il ne se pare pourtant pas.

Verse 10

या सा विरक्ता तान्त्यक्त्वा सानुरागां स्त्रियम्भजेत् दृष्ट्वैव हृष्टा भवति वीक्षिते च पराङ्मुखी

La femme devenue détachée, après l’avoir délaissée, qu’on s’attache à une femme encore pleine d’affection. Car l’affectueuse se réjouit à la seule vue de l’aimé; mais lorsqu’on la regarde en face, elle détourne le visage par pudeur et modestie.

Verse 11

कामाधरा इति घ , ञ च लज्जाधिकारे इति ख , छ च सुवासिका इति क द्विष्टान्याचक्षते इति ञ न पश्यत्यग्रदत्तन्त्वित्यादिः, मित्रेष्वथ पराङ्मुखीत्यन्तः पाठः ज पुस्तके नास्ति स्त्रियं व्रजेदिति घ , ञ च दृश्यमना तथान्यत्र दृष्टिं क्षिपति चञ्चलां तथाप्युपावर्तयितुं नैव शक्नोत्यशेषतः

«Kāmādharā» : ainsi lisent les manuscrits Gha et Ña ; «dans la section sur la pudeur (lajjā-adhikāra)» : ainsi lisent Kha et Cha ; «Suvāsikā» : ainsi lit Ka ; «ils indiquent les défauts haïs» : ainsi lit Ña. La leçon «…na paśyati…», commençant par «agradattantv…», etc., est signalée ; et la leçon finale «mitreṣv atha parāṅmukhī…» ne se trouve pas dans le manuscrit Ja. «striyaṃ vrajet» : ainsi lisent Gha et Ña. (Sens :) Bien qu’on la regarde, elle jette d’un œil agité son regard ailleurs ; pourtant elle ne peut le retirer entièrement.

Verse 12

विवृणीति तथाङ्गानि स्वस्या गुह्यानि भार्गव गर्हितञ्च तथैवाङ्गं प्रयत्नेन निगूहति

Ô Bhārgava, on dévoile même ses propres parties secrètes ; et de même, avec effort, on dissimule un membre blâmable, c’est-à-dire un défaut.

Verse 13

तद्दर्शने च कुरुते बालालिङ्गनचुम्बनं आभाष्यमाणा भवति सत्यवाक्या तथैव च

À sa vue, elle donne des étreintes et des baisers d’enfant ; et lorsqu’on lui parle, elle devient véridique dans ses paroles — ainsi est-il dit.

Verse 14

स्पृष्टा पुलकितैर् अङ्गैः स्वेदेनैव च भुज्यते करोति च तथा राम सुलभद्रव्ययाचनं

Quand on la touche, ses membres frémissent de chair de poule et, pour ainsi dire, elle est consumée par la sueur ; et, ô Rāma, elle demande aussi des choses aisément obtenues.

Verse 15

ततः स्वल्पमपि प्राप्य करोति परमां मुदं नामसङ्कीर्तनादेव मुदिता बहु मन्यते

Alors, même en n’obtenant qu’un peu, on atteint la joie suprême ; par le seul fait de chanter le Nom (nāma-saṅkīrtana), on s’emplit d’allégresse et l’on tient ce peu pour grand.

Verse 16

करजाङ्काङ्कितान्यस्य फलानि प्रेषयत्यपि तत्प्रेषितञ्च हृदये विन्यसत्यपि चादरात्

Même s’il envoie des fruits marqués de son propre signe de la main, et même s’il place avec révérence dans son cœur ce qui lui a été envoyé par ce dévot, cet acte est reçu comme une offrande de dévotion (bhakti).

Verse 17

आलिङ्गनैश् च गात्राणि लिम्पतीवामृतेन या सुप्ते स्वपित्यथादौ च तथा तस्य विबुध्यते

Celle qui, par l’étreinte, semble oindre les membres d’amṛta, le nectar—lorsqu’il dort, dès le commencement il en rêve, et de même il s’éveille avec cette sensation.

Verse 18

उरू स्पृशति चात्यर्थं सुप्तञ्चैनं विबुध्यते कपित्थचूर्णयोगेन तथा दघ्नः स्रजा तथा

Lorsqu’on touche ses cuisses avec excès, il s’endort ; on peut le réveiller en appliquant une préparation faite de poudre de kapittha (wood-apple) ; de même, on peut le ranimer par une guirlande (srajā) faite de dadhi, caillé.

Verse 19

घृतं सुगन्धि भवति दुग्धैः क्षिप्तैस् तथा यवैः भोज्यस्य कल्पनैवं स्याद्गन्धमुक्तिः प्रदर्श्यते

Le ghee devient agréablement parfumé lorsqu’on y mêle du lait, et de même lorsqu’on y ajoute de l’orge (yava). Ainsi, dans la préparation des mets, est exposée la méthode pour conférer ou libérer le parfum.

Verse 20

शौचमाचमनं राम तथैव च विरेचनं भावना चैव पाकश् च बोधनं धूपनन्तथा

« La pureté rituelle (śauca), la prise d’eau purificatrice (ācamana), et de même la purgation (virecana), la bhāvanā —imprégnation ou lévigation—, la cuisson ou préparation de décoction (pāka), l’éveil ou stimulation (bodhana), ainsi que la fumigation (dhūpana) : tout cela doit être accompli, ô Rāma. »

Verse 21

वासनञ्चैव निर्दिष्टं कर्माष्टकमिदं स्मृतं कपित्थबिल्वजम्वाम्रकरवीरकपल्लवैः

La parfumerie rituelle (vāsana) est également prescrite ; on s’en souvient comme d’un procédé en huit parties, préparé avec les jeunes feuilles de kapittha (wood-apple), bilva, jambu (pomme-rose), āmra (manguier) et karavīra (laurier-rose).

Verse 22

कृत्वोदकन्तु यद्द्रव्यं शौचितं शौचनन्तु तत् तेषामभावे शौचन्तु मृगदर्पाम्भसा भवेत्

La substance que l’on purifie en y appliquant de l’eau devient elle-même le moyen de purification. À défaut de ces agents usuels, la pureté peut être obtenue par de l’eau mêlée de musc de cerf.

Verse 23

नखं कुष्ठं घनं मांसी स्पृक्कशैलेयजं जलं तथैव कुङ्कुमं लाक्षा चन्दनागुरुनीरदं

Nakha (parfum d’ongle), kuṣṭha (costus), ghana (résine odorante), māṁsī (nard), spṛkka, eau infusée de śaileya (lichen), ainsi que kuṅkuma (safran), lākṣā (laque), candana (santal), aguru (bois d’agar) et nīrada (musc) : tels sont les ingrédients aromatiques à utiliser.

Verse 24

सरलं देवकाष्ठञ्च कर्पूरं कान्तया सह बालः कुन्दुरुकश् चैव गुग्गुलुः श्रीनिवासकः

Sarala (résine de pin), devakāṣṭha (cèdre deodar, « bois divin »), camphre, avec kāntā ; ainsi encore bāla, kunduruka (encens/oliban), guggulu (résine de guggul) et śrīnivāsaka : telles sont les substances à utiliser.

Verse 25

सह सर्जरसेनैवं धूपद्रव्यैकविंशतिः धूपद्रव्यगणादस्मादेकविंशाद्यथेच्छया

Ainsi, avec la résine de l’arbre śarja, ces substances d’encens sont au nombre de vingt et une. De ce groupe de matières à encens, on peut choisir vingt et une (ingrédients) selon son gré.

Verse 26

द्वे द्वे द्रव्ये समादाय सर्जभागैर् नियोजयेत् नखपिण्याकमलयैः संयोज्य मधुना तथा

En prenant deux substances à la fois, comme ingrédients par paires, on les administrera en parts mesurées avec la résine sarja. De même, on mêlera la préparation à nakha, piṇyāka et aux filaments du lotus, en y ajoutant aussi du miel.

Verse 27

धूपयोगा भवन्तीह यथावत् स्वेच्छया कृताः त्वचन्नाडीं फलन्तैलं कुङ्कुमं ग्रन्थि प्रवर्तकं

Ici, les formules de fumigation (dhūpa-yoga) sont produites correctement lorsqu’elles sont préparées selon le désir, conformément à la règle. Elles emploient écorce et tiges tubulaires, fruit et huile, safran, ainsi que des substances qui stimulent ou font apparaître les granthi (enflures glandulaires).

Verse 28

शैलेयन्तगरं क्रान्तां चोलङ्कर्पूरमेव च मांसीं सुराञ्च कुष्ठञ्च स्नानद्रव्याणि निर्दिशेत्

On prescrira comme substances de bain : śaileya, tagara, krāntā, cola, camphre, māṃsī, surā et kuṣṭha.

Verse 29

एतेभ्यस्तु समादाय द्रव्यत्रयमथेच्छया मृगदर्पयुतं स्नानं कार्यं कन्दर्पवर्धनं

Parmi ces substances, en en prenant trois selon le désir, on préparera un bain médicinal mêlé de musc ; c’est un bain destiné à accroître Kāma, c’est-à-dire la vigueur sexuelle et la puissance érotique.

Verse 30

त्वङ्मुरानलदैस्तुल्यैर् वालकार्धसमायुतैः स्नानमुत्पलगन्धि स्यात् सतैलं कुङ्कुमायते

Un bain préparé avec des parts égales de tvak (écorce de cannelle), murā et nalada, avec une demi-part de vālakā, devient parfumé comme le lotus ; et, mêlé à l’huile, il prend le caractère du safran quant au parfum et à l’effet.

Verse 31

जातीपुषसुगन्धि स्यात् तगरार्धेन योजितं सद्ध्यामकं स्याद्वकुलैस्तुल्यगन्धि मनोहरं

Mêlé à une demi-mesure de tagara, il devient suavement parfumé comme les fleurs de jāti. Il constitue une fine préparation de dhyāmaka, au parfum charmant comparable à celui des fleurs de vakula.

Verse 32

चन्दनागुरुशैलजमिति ख , छ च देवदारुश्चेति घ , ञ च ग्रन्थिपर्णकमिति ग , घ , ञ च सह सर्जरसेनेत्यादिः चोलं कर्पूरमेव चेत्यन्तः पाठः ट पुस्तके नास्ति मञ्जिष्ठातगरं चोलं त्वचं व्यघ्रनखं नक्खं गन्धपत्रञ्च विन्यस्य गन्धतैलं भवेच्छुभं

En réunissant (mélangeant) manjishtha, tagara, un tissu (pour filtrer ou infuser), l’écorce de cannelle, vyāghranakha, nakkha et des feuilles odorantes, on obtient une huile parfumée de bon augure. (Les manuscrits notent des variantes concernant le santal, l’agaru, le śailaja, le deodara, le granthiparṇaka et la résine de sarja ; et une clausule « tissu et camphre » manque dans un manuscrit.)

Verse 33

तैलं निपीडितं राम तिलैः पुष्पाधिवासितैः वासनात् पुष्पसदृशं गन्धेन तु भवेद् ध्रुवं

Ô Rāma, l’huile pressée de graines de sésame imprégnées de parfum par macération avec des fleurs, par cette infusion devient semblable aux fleurs quant à l’odeur ; assurément, elle acquiert ce parfum.

Verse 34

एलालवङ्गकक्कोलजातीफलनिशाकराः जातीपत्रिकया सार्धं स्वतन्त्रा मुखवासकाः

Cardamome, clou de girofle, kakkola, noix de muscade, camphre, avec le macis : tous, même pris séparément, conviennent comme parfums de bouche (mukhavāsa).

Verse 35

कर्पूरं कुङ्कुमं कान्ता मृगदर्पं हरेणुकं कक्कोलैलालवङ्गञ्च जातौ कोशकमेव च

Camphre, safran, kāntā, musc, hareṇukā, kakkoḷa, cardamome, clou de girofle, noix de muscade, ainsi que kośaka : tous sont énumérés comme substances aromatiques.

Verse 36

त्वक्पत्रं त्रुटिमुस्तौ च लतां कस्तूरिकं तथा कण्टकानि लवङ्गस्य फलपत्रे च जातितः

Écorce de cannelle et feuille de laurier; truṭi et mustā; la liane aromatique (type jatāmāṃsī/spikenard); le musc également; les boutons floraux (litt. « épines ») du clou de girofle; et le fruit et la feuille de la noix de muscade—tels sont ici énumérés.

Verse 37

कटुकञ्च फलं राम कार्षिकाण्युपकल्पयेत् तच्चूर्णे खदिरं सारं दद्यात्तुर्यं तु वासितं

Et, ô Rāma, qu’on prépare des mesures d’un karṣa de phala au goût âcre (le fruit de myrobalan). À cette poudre, qu’on ajoute un quart d’extrait de khadira, puis qu’on la laisse bien parfumée et imprégnée (mûrie selon la règle).

Verse 38

सहकाररसेनास्मात् कर्तव्या गुटिकाः शुभाः मुख न्यस्ताः सुगन्धास्ता मुखरोगविनाशनाः

À partir du suc de mangue (sahakāra-rasa), qu’on prépare des pilules (gutikā) de bon augure; placées dans la bouche, elles deviennent parfumées et détruisent les maladies buccales.

Verse 39

पूगं प्रक्षालितं सम्यक् पञ्चपल्लववारिणा शक्त्या तु गुटिकाद्रव्यैर् वासितं मुखवासकं

La noix d’arec (pūga) doit être soigneusement lavée avec de l’eau infusée des cinq jeunes feuilles (pañca-pallava). Ensuite, selon ses moyens, on la parfume avec des aromates en petites boulettes (gutikā-dravya) : elle devient alors un mukhavāsaka, « parfumeur de la bouche ».

Verse 40

कटुकं दन्तकाष्ठञ्च गोमूत्रे वासितं त्र्यहं कृतञ्च पूगवद्राम मुखसौगन्धिकारकं

Les substances âcres et le bâtonnet dentaire (dantakāṣṭha), après avoir été mis à tremper dans l’urine de vache durant trois jours puis façonnés comme un morceau de noix d’arec—ô Rāma—deviennent un agent de douce fragrance pour la bouche.

Verse 41

त्वक्पथ्ययोः समावंशौ शशिभागार्धसंयुतौ नागवल्लीसमो भाति मुखवासो मनोहरः

En prenant à parts égales l’écorce de cannelle et l’harītakī, puis en y joignant une demi-part de camphre, on obtient un parfum buccal plaisant ; son efficacité brille comme celle de la feuille de bétel pour donner une bonne senteur.

Verse 42

कन्दुकञ्चेति ख , छ च दद्यात्तुर्थं तुलोन्मितमिति ट , छ च कक्कोलैलेत्यादिः गुटिकाः शुभा इत्य् अन्तः पाठः घ , ज पुस्तकद्वये नास्ति एवं कुर्यात् सदा स्त्रीणां रक्षणं पृथिवीपतिः न चासां विश्वसेज्जातु पुत्रमातुर्विशेषतः

« Kandukañca » : telle est la leçon des manuscrits Kha et Cha ; « il faut donner un quart, mesuré au poids » : telle est la leçon des manuscrits Ṭa et Cha ; et la variante interne « kakkola et autres — ces pilules sont de bon augure » se trouve dans la tradition Gha et Ja, mais elle est absente de deux livres. Ainsi le maître de la terre doit-il toujours assurer la protection des femmes ; et il ne doit jamais leur accorder sa confiance, surtout lorsqu’il s’agit de la mère du fils.

Verse 43

न स्वपेत् स्त्रीगृहे रात्रौ विश्वासः कृत्रिमो भवेत्

On ne doit pas dormir la nuit dans la maison d’une femme ; car la confiance, en une telle situation, peut être factice et peu sûre.

Frequently Asked Questions

Palace order is framed as protection of the trivarga: dharma grounds the system, artha sustains it, and karmaphala is the outcome; therefore inner-household regulation is a dharmic duty, not merely private conduct.

A structured regimen of hygiene and perfumery: cleansing, ācamana, purgation, bhāvanā (impregnation/levigation), pāka (cooking/decoction), bodhana (stimulation), dhūpana (fumigation), and vāsana (perfuming), plus ingredient catalogues for incense, baths, oils, and mouth-perfumes.

By insisting that disciplined restraint, cleanliness, and prudent governance preserve dharma and social stability; such order supports ethical action and mental clarity, creating conditions for higher spiritual practice.

The ruler is advised to maintain protective vigilance and avoid naïve trust in sensitive domestic contexts, including the explicit warning against sleeping at night in a woman’s house due to unreliable ‘artificial’ trust.