
Chapter 168 — महापातकादिकथनम् (Exposition of Great Sins and Related Topics)
Ce chapitre s’ouvre sur l’injonction juridico‑rituelle de Puṣkara : le roi doit châtier ceux qui refusent l’expiation prescrite, et le prāyaścitta (pénitence expiatoire) doit être accompli pour les fautes, qu’elles soient volontaires ou involontaires. Le texte déploie ensuite une « écologie du dharma » de la pureté par l’alimentation : il énumère les personnes et situations dont la nourriture ou le contact rend impur (grands pécheurs, femmes menstruées, groupes hors caste, métiers réprouvés) et précise quand l’évitement est obligatoire. De l’impureté alimentaire et du contact, il passe à des pénitences graduées—kṛcchra, taptakṛcchra, prājāpatya et cāndrāyaṇa—assignées à des transgressions telles que consommer des aliments interdits, des restes ou des substances impropres. Le chapitre systématise aussi la typologie du péché : il définit les quatre mahāpātaka (brahmahatyā, surāpāna, steya, gurutalpa), énumère des actes tenus pour équivalents, ainsi que les upapātaka et les actes dégradant la caste (jātibhraṃśakara). Tout au long, il articule rājadharma (application par l’État), śauca (discipline de pureté) et classification dharma‑śāstrique, présentant l’ordre social et la rectification rituelle comme des voies qui se renforcent dans l’Agneya Dharma.
Verse 1
इत्य् आग्नेये महपुराणे ऽयुतलक्षकोटिहोमा नाम सप्तषष्ट्यधिकशततमो ऽध्यायः अथाष्टषष्ट्यधिकशततमो ऽध्यायः महापातकादिकथनम् पुष्कर उवाच दण्डं कुर्यान्नृपो नॄणां प्रायश्चित्तमकुर्वतां कामतो ऽकामतो वापि प्रायश्चित्तं कृतं चरेत्
Ainsi, dans l’Agni Mahāpurāṇa, s’achève le chapitre cent soixante-sept, intitulé « Ayuta-lakṣa-koṭi-homa ». Commence maintenant le chapitre cent soixante-huit : « Exposé des grands péchés (mahāpātaka) et des sujets connexes ». Puṣkara dit : « Le roi doit infliger un châtiment aux gens qui n’accomplissent pas l’expiation (prāyaścitta). Qu’un péché soit commis volontairement ou involontairement, il faut entreprendre le rite expiatoire prescrit et l’exécuter. »
Verse 2
जातवेदोमुखैः सौरैर् इति ख रिपुं हरेदिति ङ , ञ च मत्तक्रुद्धातुराणां च न भुञ्जीत कदाचन महापातकिनां स्पृष्टं यच्च स्पृष्टमुदक्यया
« jātavedomukhaiḥ sauraiḥ » : ceci est le groupe de lettres kha ; et « ripuṃ haret » : ce sont les groupes de lettres ṅa et ña. On ne doit jamais prendre de nourriture liée à des personnes ivres, courroucées ou atteintes de maladie ; ni (manger) ce qui a été touché par de grands pécheurs (mahāpātakin), ou ce qui a été touché par une femme en période menstruelle (udakyā).
Verse 3
गणान्नं गणिकान्नं च वार्धुषेर्गायनस्य च अभिशप्तस्य षण्डस्य यस्याश्चोपपतिर्गृहे
Il faut éviter la nourriture d’un gaṇa (compagnie avilie), celle d’une courtisane, ainsi que celle d’un usurier et d’un chanteur de métier; de même, (éviter la nourriture) d’un homme frappé de malédiction, d’un eunuque, et d’une femme dans la maison de laquelle demeure un amant (paramour).
Verse 4
रजकस्य नृशंसस्य वन्दिनः कितवस्य च मिथ्यातपस्विनश् चैव चौरदण्डिकयोस् तथा
De même, la même règle vaut pour la nourriture d’un blanchisseur, d’un homme cruel, d’un panégyriste, d’un joueur, et aussi d’un faux ascète; ainsi que pour la nourriture d’un voleur et d’un bourreau (ou de celui qui vit du châtiment).
Verse 5
कुण्डगोलस्त्रीजितानां वेदविक्रयिणस् तथा शैलूषतन्त्रवायान्नं कृतघ्नस्यान्नमेव च
La nourriture (reçue) d’un kuṇḍa ou d’un gola (né illicitement), de celui qui est dominé par une femme, et d’un vendeur du Veda; de même, la nourriture d’un acteur, d’un tantravāya (pratiquant de rites hétérodoxes/occultes), et, en vérité, la nourriture d’un ingrat — tout cela doit être évité.
Verse 6
कर्मारस्य निषादस्य चेलनिर्णेजकस्य च मिथ्याप्रव्रजितस्यान्नम्पुंश् चल्यास्तैलिकस्य च
De même, (il faut éviter) la nourriture du forgeron, du Niṣāda (chasseur/habitant des forêts), du laveur de tissus, du renonçant mensonger, du vendeur ou cuisinier de nourriture, de l’eunuque, de la femme trompeuse, et aussi du marchand d’huile (presseur d’huile).
Verse 7
आरूढपतितस्यान्नं विद्विष्टान्नं च वर्जयेत् तथैव ब्राह्मणस्यान्नं ब्राह्मणेनानिमन्त्रितः
Il faut éviter la nourriture d’un déchu (patita) et aussi celle qui est offerte avec malveillance (par un ennemi). De même, un brahmane doit éviter la nourriture d’un autre brahmane s’il n’a pas été invité.
Verse 8
ब्राह्मणान्नञ्च शूद्रेण नाद्याच्चैव निमन्त्रितः एषामन्यतमस्यान्नममत्या वा त्र्यहं क्षपेत्
Un Śūdra, même invité selon le rite, ne doit pas manger la nourriture appartenant à un Brāhmaṇa. S’il mange la nourriture de l’un ou l’autre—sciemment ou par négligence—il doit accomplir une expiation durant trois nuits (trois jours).
Verse 9
मत्या भुक्त्वा चरेत् कृच्छ्रं रेतोविण्मूत्रमेव च चण्डालश्वपचान्नन्तु भुक्त्वा चान्द्रायणं चरेत्
Après avoir mangé du poisson, on doit accomplir la pénitence Kṛcchra; de même en cas d’ingestion de sperme, d’excréments ou d’urine. Mais après avoir mangé la nourriture d’un Caṇḍāla ou d’un Śvapaca, on doit accomplir la pénitence Cāndrāyaṇa.
Verse 10
अनिर्दिशं च प्रेतान्नं गवाघ्रातं तथैव च शूद्रोच्छिष्टं शुनोच्छिष्टं पतितान्नं तथैव च
La nourriture dont la provenance n’est pas déterminable, la nourriture liée aux morts (des rites funéraires), la nourriture flairée par une vache, les restes d’un Śūdra, les restes d’un chien, et la nourriture appartenant à un déchu (exclu) ou donnée par lui — tout cela aussi doit être évité comme impur.
Verse 11
तप्तकृच्छ्रं प्रकुर्वीत अशौचे कृच्छ्रमाचरेत् अशौचे यस्य यो भुङ्क्ते सोप्यशुद्धस् तथा भवेत्
Pendant l’aśauca (état d’impureté), on doit accomplir le kṛcchra « chauffé » (taptakṛcchra) ; et, dans l’aśauca ordinaire, observer la discipline kṛcchra. De plus, quiconque mange la nourriture d’une personne en aśauca devient impur lui aussi.
Verse 12
मृतपञ्चनखात् कूपादमेध्येन सकृद्युतात् गणानां गणिकानाञ्चेति ङ , ञ च चौरदाम्भिकयोस्तथेति ञ अपः पीत्वा त्र्यहं तिष्ठेत् सोपवासो द्विजोत्तमः
Si un puits a été souillé ne fût-ce qu’une seule fois par une source impure—tel le cadavre d’un animal à cinq ongles, ou par fréquentation de personnes impures comme des bandes d’exclus et des courtisanes, ou encore de voleurs et de gens trompeurs—alors le meilleur des deux-fois-nés, après avoir bu de l’eau (à titre de purification), doit demeurer trois jours en jeûne.
Verse 13
सर्वत्र शूद्रे पादः स्याद् द्वित्रयं वैश्यभूपयोः विड्वराहखरोष्ट्राणां गोमायोः कपिकाकयोः
Dans tous ces cas, pour un Śūdra la peine est d’un quart (de la mesure ordinaire) ; pour un Vaiśya et pour le roi (Kṣatriya), elle est respectivement de deux et de trois parts. Ces règles valent pour les affaires touchant aux excréments du porc, de l’âne et du chameau, ainsi qu’à l’urine de vache et aux souillures du singe et du corbeau.
Verse 14
प्राश्य मूत्रपुरीषाणि द्विजश्चान्द्रायणं चरेत् शुष्काणि जग्ध्वा मांसानि प्रेतान्नं करकाणि च
Si un homme deux-fois-né (dvija) a bu de l’urine ou des excréments, ou s’il a mangé de la viande sèche, la nourriture des morts (offrandes destinées aux pretas), ou des restes/abats de type karaka, qu’il accomplisse le vœu expiatoire du Cāndrāyaṇa.
Verse 15
क्रव्यादशूकरोष्ट्राणां गोमायोः कपिकाकयोः गोनराश्वखरोष्ट्राणां छत्राकं ग्रामकुक्कुटं
Il faut éviter comme nourriture la chair des bêtes carnassières, du sanglier et du chameau ; de même celle de la vache et du chien, du singe et du corbeau ; ainsi que celle du gavaya (bovin sauvage), du cheval, de l’âne et du chameau ; et encore les champignons et le coq domestique (du village).
Verse 16
मांसं जग्ध्वा कुञ्जरस्य तप्तकृच्छ्रेण शुद्ध्यति आमश्राद्धे तथा भुक्त्वा ब्रह्मचारी मधु त्वदन्
Celui qui a mangé de la viande d’éléphant se purifie en accomplissant la pénitence appelée Taptakṛcchra. De même, le brahmacārin qui a mangé lors d’un Āma-śrāddha, et celui qui a consommé du miel, se purifient selon l’expiation prescrite.
Verse 17
लशुनं गुञ्जनं चाद्यात् प्राजापत्यादिना शुचिः भुक्त्वा चान्द्रायणं कुर्यान् मांसञ्चात्मकृतन्तथा
Si l’on mange de l’ail ou du guñjana, on se purifie en accomplissant la pénitence Prājāpatya et autres semblables. Ayant mangé de la viande, on doit observer le vœu du Cāndrāyaṇa ; et il en va de même pour la viande préparée par soi-même.
Verse 18
पेलुगव्यञ्च पेयूषं तथा श्लेष्मातकं मृदं वृथाकृशरसंयावपायसापूपशष्कुलीः
Sont aussi à inclure : pelugavya ; peyūṣa (colostrum/premier lait) ; de même le produit du śleṣmātaka ; la terre ou argile (mṛd) ; et encore—kṛśara, rasa, saṃyāva, pāyasa, āpūpa et śaṣkulī (divers mets cuits et douceurs).
Verse 19
अनुपाकृटमांसानि देवान्नानि हवींषि च गवाञ्च महिषीणां च वर्जयित्वा तथाप्यजां
Il faut éviter la viande qui n’a pas été correctement apprêtée, les aliments destinés aux dieux et les oblations sacrificielles (havī). De même, on s’abstiendra de la chair de la vache et du buffle—toutefois, en certains contextes, la chèvre est permise.
Verse 20
सर्वक्षीराणि वर्ज्याणि तासाञ्चैवाप्यन्निर्दशं शशकः शल्यकी गोधा खड्गः कूर्मस्तथैव च
Toutes les sortes de lait sont à éviter ; et parmi eux, doivent aussi être évités les laits dont l’espèce n’est pas désignée—tels que le (lait) du lièvre, du porc-épic, de l’iguane, du rhinocéros, et pareillement de la tortue.
Verse 21
भक्ष्याः पञ्चनखाः प्रोक्ताः परिशेषाश् च वर्जिताः पाठीनरोहितान्मत्स्यान् सिंहतुण्डांश् च भक्षयेत्
Parmi les animaux à cinq griffes, seuls ceux qui ont été expressément déclarés comestibles sont permis ; les autres doivent être évités. On peut manger les poissons appelés pāṭhīna et rohita, ainsi que le poisson nommé siṃhatuṇḍa («au museau de lion»).
Verse 22
यवगोधूमजं सर्वं पयसश् चैव विक्रियाः वागषाड्गवचक्रादीन् सस्नेहमुषितं तथा
Toutes les préparations faites d’orge (yava) et de blé (godhūma), ainsi que le lait et ses divers produits—tels que vārgaṣāḍ, gava, cakra et autres semblables—lorsqu’ils sont conservés avec de la graisse (ghee/huile) et laissés à reposer (mûrir/vieillir), doivent être tenus pour tels selon la catégorie diététique indiquée.
Verse 23
द्वितीयं वैश्यशूद्रयोरेति क , ख , ङ , ञ च शुष्काणि दग्धमंसानि इति ङ प्राजापत्याद्द्विजः शुचिरिति ख अग्निहोत्रपरीद्धाग्निर्ब्राह्मणः कामचारतः चान्द्रायणं चरेन्मासं वीरवध्वासनं हितं
Pour le Vaiśya et le Śūdra, on prescrit le second degré (c’est-à-dire inférieur) d’expiation—ainsi lisent les recensions variantes (ka, kha, ṅa, ña). Dans la leçon ṅa, il est dit : « (qu’on prenne) des viandes séchées ou rôties au feu ». Dans la leçon kha : « Par l’observance de la pénitence Prājāpatya, le deux-fois-né devient purifié ». Un brāhmane qui, par conduite lubrique et sans discipline, a maintenu allumés les feux sacrés de l’Agnihotra, doit accomplir le vœu de Cāndrāyaṇa pendant un mois ; cela est déclaré salutaire comme expiation (la tradition emploie aussi l’expression “vīra-vadhv-āsana”).
Verse 24
ब्रह्महत्या सुरापानं स्तेयं गुर्वङ्गनागमः महान्ति पातकान्याहुः संयोगश् चैव तैः सह
Ils déclarent que voici les grands péchés : tuer un brāhmane (brahmahatyā), boire une liqueur enivrante (surāpāna), voler (steya) et avoir commerce sexuel avec l’épouse de son propre guru ; ainsi que l’association ou la complicité avec ces (péchés ou pécheurs).
Verse 25
अनृते च समुत्कर्षो राजगामि च पैशुनं गुरोश्चालीकनिर्बन्धः समानं ब्रह्महत्यया
L’auto-exaltation orgueilleuse enracinée dans le mensonge, la dénonciation portée jusqu’au roi (calomnie devant l’autorité royale), la médisance malveillante, et l’acharnement à attacher une fausse accusation à son propre guru—tout cela est dit égal au péché de meurtre d’un brāhmane (brahmahatyā).
Verse 26
ब्रह्मोज्झ्यवेदनिन्दा च कौटसाक्ष्यं सुहृद्बधः गर्हितान्नाज्ययोर्जग्धिः सुरापानसमानि षट्
Négliger les devoirs brahmaniques, outrager le Veda, porter un faux témoignage, tuer un ami, manger une nourriture blâmée ou impure et consommer du ghee de manière impropre—ces six fautes sont déclarées équivalentes au péché de boire l’alcool (surāpāna).
Verse 27
निक्षेपस्यापहरणं नराश्वरजतस्य च भूमिवज्रमणीनाञ्च रुक्मस्तेयसमं स्मृतं
L’enlèvement d’un dépôt confié (nikṣepa), le vol d’un être humain, d’un cheval ou d’argent, ainsi que le vol de terres, de diamants et de gemmes—tout cela est tenu pour équivalent au vol d’or.
Verse 28
रेतःसेकः स्वयोन्याषु कुमारीष्वन्त्यजासु च सख्युः पुत्रस्य च स्त्रीषु गुरुतल्पसमं विदुः
Les traités déclarent que l’émission de semence (c’est-à-dire l’union charnelle) avec des femmes de sa propre lignée, avec des vierges, avec des femmes d’état proscrit, ainsi qu’avec l’épouse d’un ami ou celle de son fils, est tenue pour équivalente à la faute de violer le lit du maître (gurutalpa).
Verse 29
गोबधो ऽयाज्य संयाज्यं पारदार्यात्मविक्रियः गुरुमातृपितृत्यागः स्वाध्ययाग्न्योः सुतस्य च
Sont blâmés : tuer une vache ; officier ou prendre part à des sacrifices pour quelqu’un qui n’est pas apte à en être le bénéficiaire ; l’adultère (s’approcher de la femme d’autrui) ; se vendre soi-même (se réduire en servitude) ; abandonner le maître, la mère ou le père ; et négliger l’étude védique, les feux sacrés et son propre fils.
Verse 30
परिवित्तितानुजेन परिवेदनमेव च तयोर्दानञ्च कन्यायास्तयोरेव च याजनं
Pour le cadet qui se marie alors que l’aîné demeure non marié (c’est-à-dire celui qui « passe outre » l’aîné), est prescrit l’acte de déclaration/apaisement nommé parivedana ; et le don de la jeune fille en mariage n’appartient qu’à ces deux-là, de même que l’officiation du rite (yājana) ne relève que d’eux deux.
Verse 31
कन्याया दूषणञ्चैव वार्धुष्यं व्रतलोपनं तडागारामदाराणामपत्यस्य च विक्रियः
Sont aussi comptés parmi les actes fautifs : déshonorer une jeune fille ; l’usure ; la rupture des vœux ; et la vente des étangs (réservoirs d’eau), des bosquets d’agrément, de son épouse et de sa progéniture.
Verse 32
व्रात्यता बान्धवत्यागो भृताध्यापनमेव च भृताच्चाध्ययनादानमविक्रेयस्य विक्रयः
Devenir vrātya (celui qui est déchu de la discipline védique prescrite), abandonner ses proches, enseigner contre salaire, accepter un paiement pour étudier ou réciter le Veda, et vendre ce qui ne doit pas être vendu — tout cela est condamné comme adharma (contraire au dharma).
Verse 33
समानि ब्रह्महत्ययेति ख , ङ , ञ च गर्हितानामन्नजग्धिरिति ङ सख्युः सुतस्य चेति ङ सर्वाकारेष्वधीकारो महायन्त्रप्रवर्तनं हिंसौषधीनां स्त्र्याजीवः क्रियालङ्गनमेव च
« (Il est des actes) équivalents au brahmahatyā (meurtre d’un brāhmane) », selon les leçons kha-, ṅa- et ña-. « Manger la nourriture (restée) de ceux qui sont blâmés », lit la version ṅa- ; et « (avoir commerce charnel avec) l’épouse du fils d’un ami », lit la version ṅa-. Sont aussi réprouvés : s’arroger une autorité en toute matière sans qualification, mettre en mouvement de grandes machines/engins, user de remèdes violents ou toxiques, vivre des (revenus des) femmes, et enfreindre les rites prescrits (kriyā).
Verse 34
इन्धनार्थमशुष्काणां दुमाणाञ्चैव पातनं योषितां ग्रहणञ्चैव स्त्रीनिन्दकसमागमः
Abattre des arbres encore verts (non secs) uniquement pour le bois de feu, enlever des femmes et fréquenter ceux qui dénigrent les femmes : tels sont des actes blâmables.
Verse 35
आत्मार्थञ्च क्रियारम्भो निन्दितान्नदनन्तथा अनाहिताग्नितास्तेयमृणानाञ्चानपक्रिया
Entreprendre des rites pour son seul profit, donner en aumône une nourriture blâmée, demeurer sans les feux sacrés établis (anāhitāgni), voler et ne pas acquitter ses dettes : tout cela est compté parmi les manquements répréhensibles.
Verse 36
असच्छास्त्राधिगमनं दौःशील्यं व्यसनक्रिया धान्यकुप्यपशुस्तेयं मद्यपस्त्रीनिषेवणं
Étudier des traités mensongers ou trompeurs (asat-śāstra), mener une conduite vicieuse, s’adonner aux dépendances, voler grain, biens ou bétail, boire des enivrants et fréquenter la femme d’autrui : tout cela est compté parmi les fautes funestes.
Verse 37
स्त्रीशूद्रविट्क्षत्रबधो नास्तिक्यञ्चोपपातकं ब्राह्मणस्य रुजः कृत्यं घ्रातिरघ्रेयमद्ययोः
Pour un Brāhmaṇa, tuer une femme, un Śūdra, un Vaiśya ou un Kṣatriya, ainsi que l’incrédulité (nāstikya), est classé comme upapātaka (péché secondaire). Le sont aussi : causer une blessure (rujā), pratiquer la sorcellerie/les rites noirs (kṛtyā), et sentir ce qui ne doit pas être senti, y compris l’odeur des liqueurs enivrantes.
Verse 38
जैंभं पुंसि च मैथुन्यं जातिभ्रंशकरं स्मृतं श्वखरोष्ट्रमृगेन्द्राणामजाव्योश् चैव मारणं
L’union sexuelle avec un homme et avec un être non humain (jaiṃbha) est tenue pour cause de déchéance du statut de caste ; de même, il est blâmé de tuer un chien, un âne, un chameau, un lion, ainsi que des chèvres et des moutons.
Verse 39
सङ्कीर्णकरणं ज्ञेयं मीनाहिनकुलस्य च निन्दितेभ्यो धनादानं बाणिज्यं शूद्रसेवनं
Il faut comprendre que les métiers des personnes d’origine mêlée (saṅkīrṇa) comprennent : la pêche et le commerce lié au fait de tuer/manipuler les poissons et l’ichneumon (mangouste) ; donner de l’argent (prêt ou don) à des gens blâmés ; le négoce ; et le service sous des Śūdra.
Verse 40
अपात्रीकरणं ज्ञेयमसत्यस्य च भाषणं कृमिकीटवयोहत्या मद्यानुगतभोजनं
Il faut tenir pour actes de démérite : rendre indigne une personne digne (de recevoir dons/rites), proférer le mensonge, tuer vers et insectes (ainsi que) des oiseaux, et manger une nourriture liée à la boisson enivrante.
Verse 41
फलैधःकुसुमस्तेयमधैर् यञ्च मलावहं
Le vol de fruits, de bois de feu et de fleurs—ainsi que tout ce que prend l’homme malhonnête—entraîne souillure (impureté).
Prāyaścitta is mandatory for sins committed intentionally or unintentionally, and rājadharma authorizes the king to punish those who refuse expiation to protect social-ritual order.
Brahmahatyā (killing a Brāhmaṇa), surāpāna (drinking intoxicants), steya (theft), and gurutalpa (sexual violation of the guru’s wife), including complicity/association with them.
It treats diet and contact as carriers of purity/impurity, listing prohibited food sources and prescribing penances that ritually restore the practitioner’s eligibility for Vedic-social duties.
Kṛcchra, Taptakṛcchra, Prājāpatya, and Cāndrāyaṇa—applied according to the gravity and type of transgression (food impurity, forbidden substances, or severe offences).