Adhyaya 166
Dharma-shastraAdhyaya 16622 Verses

Adhyaya 166

Chapter 166: वर्णधर्मादिकथनं (Exposition of Varṇa-Dharma and Related Topics)

Ce chapitre s’ouvre en définissant le dharma comme fondé sur le Veda et la Smṛti et comme « quintuple » ; l’adhikāra (aptitude/droit aux pratiques) découle de l’identité de varṇa, tandis que les devoirs selon l’āśrama sont des observances propres à chaque étape de la vie. Il classe ensuite les procédures naimittika, surtout le prāyaścitta (expiation), applicables aux quatre āśramas (brahmacārin, gṛhastha, vānaprastha, yati), et situe l’action selon ses fins : adṛṣṭārtha (fruits invisibles) tels mantra et yajña, dṛṣṭārtha (fins pratiques), et fins mixtes dans le vyavahāra (procédure juridique) et le daṇḍa (punition/discipline). Sur le plan herméneutique, il harmonise śruti et smṛti, expliquant l’anuvāda comme une reprise destinée à l’application, avec ses formes guṇārtha et pari-saṅkhyārtha, et introduit l’arthavāda comme discours laudatif/explicatif. Le chapitre dresse ensuite la liste des saṃskāras (notamment les « quarante-huit »), expose le pañca-yajña et les classifications des pākayajña/haviryajña ainsi que des sacrifices soma. Il conclut par les qualités éthiques, les règles de conduite quotidienne (parole, bain, discipline alimentaire), l’éligibilité aux rites funéraires/daśāha même pour des non-parents, les remèdes au paṅkti-doṣa (souillure de la rangée de repas) et les cinq prāṇāhutis.

Shlokas

Verse 1

इत्य् आग्नेये महापुराणे नानाधमा नाम पञ्चषष्ट्यधिकशततमो ऽध्यायः अथ षट्षष्ट्यधिकशततमो ऽध्यायः वर्णधर्मादिकथनं पुष्कर उवाच वेदस्मार्तं प्रवक्ष्यामि धर्मं वै पञ्चधा स्मृतं वर्णत्वमेकमाश्रित्य यो ऽधिकारः प्रवर्तते

Ainsi, dans l’Agni Mahāpurāṇa, s’achève le cent soixante-cinquième chapitre, intitulé « Nānādhama ». Commence maintenant le cent soixante-sixième chapitre : « Exposé des devoirs des varṇa et des sujets connexes ». Puṣkara dit : « J’exposerai le dharma tel qu’enseigné par le Veda et les Smṛti—tenu en mémoire comme quintuple—à savoir le domaine d’habilitation et de pratique (adhikāra) qui se déploie en s’appuyant sur l’unique statut déterminant de chacun : son varṇa. »

Verse 2

धर्मं वै परमामृतमिति ख , छ च वर्णधर्ंअः स विज्ञ्येयो यथोपनयनन्त्रिषु यस्त्वाश्रमं समाश्रित्य पदार्थः संविधीयते

«Le dharma est véritablement le nectar suprême», ainsi est-il enseigné. Le varṇa-dharma doit être compris tel qu’il est exposé dans les traités sur l’upanayana (l’initiation et ses disciplines). Et toute observance prescrite à celui qui s’abrite dans un āśrama (stade de vie) constitue son devoir d’āśrama, à accomplir comme il se doit.

Verse 3

उक्त आश्रमधर्मस्तु भिन्नपिण्डादिको यथा उभयेन निमित्तेन यो विधिः सम्प्रवर्तते

Les devoirs des āśrama ont été énoncés ; de même, il faut comprendre les rites commençant par l’offrande de piṇḍa séparée (bhinnapiṇḍa), c’est-à-dire la procédure qui se met en mouvement en raison des deux sortes de causes (nimitta).

Verse 4

नैमित्तिकः स विज्ञेयः प्रायश्चित्तविधिर्यथा ब्रह्मचारी गृही चापि वानप्रस्थो यतिर् नृप

Ô roi, ce rite d’expiation (prāyaścitta) doit être compris comme « naimittika » (occasionnel, conditionné par les circonstances), tel qu’il est prescrit—qu’il s’applique à l’étudiant brahmacārin, au maître de maison gṛhastha, au forestier vānaprastha ou au renonçant yati.

Verse 5

उक्त आश्रमधर्मस्तु धर्मः स्यात् पञ्चधा परः षाड्गुण्यस्याभिधाने यो दृष्टार्थः स उदाहृतः

Le dharma des āśramas qui a été énoncé est, en vérité, le dharma supérieur sous une forme quintuple. Dans l’exposé de la politique en six volets (ṣāḍguṇya), c’est ce qui vise un but directement pratique (dṛṣṭārtha) qui a été présenté.

Verse 6

स त्रेधा मन्त्रयागाद्यदृष्टार्थ इति मानवाः उभयार्थो व्यवहारस्तु दण्डधारणमेव च

Cette poursuite humaine est triple : (i) la récitation des mantras, (ii) le culte sacrificiel (yajña) et autres rites—ceux-ci, dit-on, visent un fruit invisible (adṛṣṭa). La procédure juridique (vyavahāra), en revanche, sert les deux fins (visible et invisible), tout comme le maintien même de la sanction (daṇḍa).

Verse 7

तुल्यार्थानां विकल्पः स्याद् यागमूलः प्रकीर्तितः वेदे तु विहितो धर्मः स्मृतौ तादृश एव च

Lorsque des procédures alternatives ont le même sens (et le même effet), un choix optionnel (vikalpa) est permis ; on déclare que cela est enraciné dans le sacrifice (yajña). De plus, le dharma prescrit dans le Veda est de même nature que celui que l’on trouve dans la Smṛti.

Verse 8

अनुवादं स्मृतिः सूते कार्यार्थमिति मानवाः गुणार्थः परिसङ्ख्यार्थो वानुवादो विशेषतः

La Smṛti enseigne que l’anuvāda est une reformulation destinée à l’application pratique. En particulier, l’anuvāda est de deux sortes : (i) pour exprimer une qualité (guṇārtha) et (ii) pour une énumération restrictive (parisaṅkhyārtha).

Verse 9

विशेषदृष्ट एवासौ फलार्थ इति मानवाः स्यादष्टचत्वारिंशद्भिः संस्कारैर् ब्रह्मलोकगः

Ce résultat est véritablement un fruit spécialement révélé et attesté par l’Écriture; ainsi, ô humains, au moyen des quarante-huit saṃskāra (rites purificatoires), on devient un allant vers le monde de Brahmā (Brahmaloka).

Verse 10

गर्भाधानं पुंसवनं सीमन्तोन्नयनः ततः जातकर्म नामकृतिरन्नप्राशनचूडकं

Il y a : Garbhādhāna (rite de la conception), Puṃsavana (rite visant à obtenir/assurer un fils), puis Sīmantonnayana (rite de la raie des cheveux pour la femme enceinte) ; ensuite Jātakarma (rite de naissance), Nāmakṛti (don du nom), Annaprāśana (première prise de nourriture solide) et Cūḍākarma (première tonsure).

Verse 11

संस्कारश्चोपनयनं वेदव्रतचतुष्टयं स्नानं स्वधर्मचारिण्या योगः स्याद्यज्ञपञ्चकं

Parmi les saṃskāra (rites purificatoires) figurent l’upanayana (initiation), les quatre vœux védiques ; le bain comme rite de purification pour celui qui suit son propre dharma (svadharma) ; la discipline du yoga ; et les cinq actes sacrificiels (pañca-yajña).

Verse 12

धर्म एष सनातन इति ङ अर्थवादं स्मृतिः सूत इति ख , छ च वार्थवादो विशेषत इति ख , छ च देवयज्ञः पितृयज्ञो मनुष्यभूतयज्ञकौ ब्रह्मयज्ञः सप्तपाकयज्ञसंस्थाः पुरो ऽष्टकाः

« Ceci est le Dharma éternel »—ainsi parle le texte. Ô Sūta, la Smṛti est aussi appelée arthavāda (passage élogieux ou explicatif) ; et l’arthavāda, en particulier, est d’une nature spéciale, laudative. Les sacrifices sont : deva-yajña, pitṛ-yajña, manuṣya-yajña et bhūta-yajña, ainsi que brahma-yajña. Les institutions du pākayajña sont au nombre de sept ; et l’on trouve aussi les rites nommés puro-’ṣṭakā.

Verse 13

पार्वणश्राद्धं श्रावण्याग्रहायणी च चैत्र्यपि आश्वयुजी सप्तहविर्यज्ञसंस्थास्ततः स्मृताः

Le Pārvaṇa-śrāddha, la Śrāvaṇī, l’Āgrahāyaṇī, la Caitrī et l’Āśvayujī : on s’en souvient comme des sept formes établies des sacrifices d’offrande de havis (haviryajña).

Verse 14

अग्न्याधेयमग्निहोत्रं दर्शः स्यात् पशुबन्धकः चातुर्मास्याग्रहायेष्टिर्निरूढः पशुबन्धकः

L’Agnyādhāna et l’Agnihotra sont des rites du feu. Le rite Darśa est dit être une forme de paśubandha (sacrifice avec offrande animale). Les rites Cāturmāsya, l’Āgrahāyaṇeṣṭi et le Nirūḍha (paśubandha) sont pareillement classés parmi les sacrifices paśubandha.

Verse 15

सौत्रामणिसप्तसोमसंस्थाग्निष्टोम आदितः अत्यग्निष्टोम उक्थश् च षोडशी वाजपेयकः

À partir de l’Agniṣṭoma, les sacrifices de Soma sont ordonnés selon les sept soma-saṃsthā ; et leurs formes comprennent le Sautrāmaṇi, l’Atyagniṣṭoma, l’Ukthya, le Ṣoḍaśin et le Vājapeya.

Verse 16

अतिरात्रास् तथा स्तोम अष्टौ चात्मगुणास्ततः दया क्षमानसूया च अनायासो ऽथ मङ्गलं

De même, sont énumérés les rites Atirātra et les sacrifices Stoma ; puis viennent les huit qualités du soi : compassion, pardon, absence de malveillance ou d’envie, aisance sans effort (anāyāsa) et caractère auspicious (maṅgala).

Verse 17

अकार्पण्यास्पृहाशौचं यस्यैते स परं व्रजेत् प्रचारे मैथुने चैव प्रस्रावे दन्तधावने

Celui en qui se trouvent ces qualités — absence d’avarice, absence de convoitise et pureté — atteint le but suprême. (Ces règles doivent être observées) dans les déplacements, l’union sexuelle, la miction et le nettoyage des dents.

Verse 18

स्नानभोजनकाले च पट्सु मौनं समाचरेत् पुनर्दानं पृथक्पानमाज्येन यपसा निशि

Au moment du bain et au moment du repas, et lorsqu’on porte les étoffes prescrites, on doit pratiquer mauna (le silence). Il convient aussi d’offrir un don supplémentaire ; et l’on doit boire séparément — la nuit — avec du ghee, conjointement à l’observance appelée yapas.

Verse 19

दन्तच्छेदनमुष्णं च सप्त शक्तुषु वर्जयेत् स्नात्वा पुष्पं न गृह्णीयाद् देवायोग्यन्तदीरितं

Durant les sept observances de śaktu, on doit éviter de couper/nettoyer les dents et d’employer ce qui est chaud (eau ou nourriture). Après le bain, on ne doit pas cueillir de fleurs ; il est déclaré que cela n’est pas digne d’être offert à la divinité.

Verse 20

अन्यगोत्रोप्यसम्बद्धः प्रेतस्याग्निन्ददाति यः पिण्डञ्चोदकदानञ्च स दशाहं समापयेत्

Même issu d’un autre gotra (lignée) et sans lien de parenté, celui qui fournit le feu funéraire au défunt et offre aussi le piṇḍa (boule de riz en oblation) ainsi que la libation d’eau, peut accomplir comme il convient les rites des dix jours (daśāha).

Verse 21

उदकञ्च तृणं भस्म द्वारम्पन्थास्तथैव च अग्न्याधानमग्निहोत्रमिति ख , छ च अन्यगोत्रो ऽन्यसम्बन्ध इति ख , घ , ञ च एभिरन्तरितं कृत्वा पङ्क्तिदोषो न विद्यते

Si, dans la rangée des convives, l’on est séparé en interposant de l’eau, de l’herbe, de la cendre, une porte ou un passage—et de même par l’interposition de l’établissement des feux sacrés (agnyādhāna) et de l’Agnihotra—alors le défaut nommé « paṅkti-doṣa » (souillure de la rangée du repas) ne se produit pas. De même, lorsque les personnes sont d’un gotra différent ou d’un lien différent ; une telle séparation écarte tout paṅkti-doṣa.

Verse 22

पञ्च प्राणाहुतीर्दद्यादनामाङ्गुष्ठयोगतः

On doit offrir les cinq āhuti aux prāṇa (souffles vitaux), en appliquant la coordination prescrite de l’annulaire et du pouce.

Frequently Asked Questions

It frames dharma as Veda–Smṛti taught and fivefold, with adhikāra grounded in varṇa identity, while āśrama-dharma is the set of prescribed observances tied to one’s chosen life-stage.

Mantra and yajña are classified as adṛṣṭārtha (aimed at unseen results), while vyavahāra and daṇḍa are treated as ubhayārtha (serving both seen and unseen ends), integrating social order with spiritual merit.

They function as interpretive tools: anuvāda restates rules for application (including guṇārtha and restrictive enumeration), while arthavāda provides commendation/explanation that reinforces practice and motivation within śruti-smṛti reasoning.

It enumerates saṃskāras (including early life rites and upanayana), pañca-yajña, pākayajña/haviryajña groupings, and major soma-sacrifice forms—mapping domestic and śrauta ritual systems in a compact schema.