
Duties outside the Varṇa Order (वर्णेतरधर्माः) — Agni Purana, Chapter 151
Ce chapitre s’ouvre en situant l’enseignement dans une lignée de transmission : Agni déclare qu’il exposera les dharma enseignés par Manu et d’autres législateurs—des disciplines qui procurent à la fois jouissance (bhukti) et délivrance (mukti)—tels qu’ils furent transmis par Varuṇa et Puṣkara à Paraśurāma. Puṣkara présente ensuite les dharma « varṇāśrama-etara », c’est‑à‑dire des devoirs éthiques valables au‑delà, ou en amont, des prescriptions de varṇa et d’āśrama. Le texte énumère des vertus universelles (ahiṃsā, satya, dayā, anugraha), des pratiques qui sacralisent la vie (tīrtha-sevana, dāna, brahmacarya, amātsarya) et des piliers de la culture religieuse (service aux devas et aux dvija, guru-sevā, écoute du dharma, pitṛ-pūjā). Il affirme aussi l’accord civique et moral par la bhakti quotidienne envers le roi, l’orientation des śāstra, la patience et la foi orthodoxe (āstikya). Après avoir rappelé les devoirs « communs » du varṇāśrama (yajña, enseignement, don), il décrit les occupations propres à chaque varṇa (brāhmaṇa, kṣatriya, vaiśya, śūdra), puis aborde les classifications de jāti issues d’unions anuloma/pratiloma, avec des groupes nommés, leurs moyens d’existence prescrits, restrictions, règles matrimoniales et frontières sociales. Le chapitre se clôt en précisant qu’en cas de mélange, la jāti doit être déduite en référence à la conduite et à l’occupation (karma) des deux parents, soulignant l’attention du Dharma-śāstra à l’ordre social dans une synthèse purāṇique plus vaste.
Verse 1
इत्य् आग्नेये महापुराणे मन्वन्तराणि नाम पञ्चाशदधिकशततमो ऽध्यायः अथैकपञ्चाशदधिकशततनो ऽध्यायः वर्णेतरधर्माः अग्निर् उवाच मन्वादयो भुक्तिमुक्तिधर्मांश्चीर्त्वाप्नुवन्ति यान् प्रोचे परशुरामाय वरुणोक्तन्तु पुष्करः
Ainsi, dans l’Agni Mahāpurāṇa, le cent cinquantième chapitre est intitulé «Les Manvantaras». Commence maintenant le cent cinquante et unième chapitre : «Devoirs en dehors de l’ordre des varṇa». Agni dit : «Les enseignements que Manu et les autres législateurs, après avoir exposé les disciplines menant à la jouissance mondaine et à la délivrance, atteignent eux-mêmes, je les proclamerai. Ce que Varuṇa a enseigné, transmis par Puṣkara, je l’expliquerai à Paraśurāma».
Verse 2
पुष्कर उवाच वर्णाश्रमेतराणान्ते धर्मान्वक्ष्यामि सर्वदान् मन्वादिभिर् निगदितान् वासुदेवादितुष्टिदान्
Puṣkara dit : «Au terme de l’enseignement sur les devoirs de varṇa et d’āśrama, j’exposerai maintenant tous ces dharmas—énoncés par Manu et les autres législateurs—qui accordent satisfaction à Vāsudeva et aux autres divinités».
Verse 3
अहिंसा सत्यवचनन्दया भूतेष्वनुग्रहः तीर्थानुसरणं दानं ब्रह्मचर्यम्मत्सरः
La non-violence (ahiṃsā), la parole véridique, la compassion, la bienveillance envers les êtres vivants, la pratique du recours aux tīrthas (lieux saints de pèlerinage), le don (dāna), la continence du brahmacarya, et l’absence d’envie—tels sont les signes de la conduite juste.
Verse 4
देवद्विजातिशुश्रूषा गुरूणाञ्च भृगूत्तम श्रवणं सर्वधर्माणां पितॄणां पूजनं तथा
Le service rendu aux dieux et aux dvija (les «deux fois nés»), ainsi qu’aux maîtres, ô le meilleur des Bhṛgu ; l’écoute attentive de tous les enseignements du dharma ; et de même le culte des ancêtres (pitṛ)—tout cela doit être pratiqué.
Verse 5
भक्तिश् च नृपतौ नित्यं तथा सच्छास्त्रनेत्रता आनृशंष्यन्तितिक्षा च तथा चास्तिक्यमेव च
Et la loyauté constante envers le roi ; de même, se laisser guider par les śāstras authentiques ; la compassion ; la patience ; et aussi, assurément, la foi en l’autorité védique (āstikya).
Verse 6
वर्णाश्रमाणां सामान्यं धर्माधर्मं समीरितं यजनं याजनं दानं वेदाद्यध्यापनक्रिया
Ont été énoncés les principes communs de dharma et d’adharma pour les varṇa et les āśrama : accomplir le yajña, officier le yajña pour autrui, faire le dāna (don), et la discipline d’enseigner et d’étudier les Veda et les sciences connexes.
Verse 7
प्रतिग्रहञ्चाध्ययनं विप्रकर्माणि निर्दिशेत् दानमध्ययनञ्चैव यजनञ्च यथाविधिः
Qu’on prescrive comme devoir du brāhmaṇa l’acceptation des dons et l’étude védique ; de même, le don (charité), l’enseignement/l’étude et l’accomplissement du yajña selon la règle prescrite.
Verse 8
क्षत्रियस्य सवैश्यस्य कर्मेदं परिकीर्तितं क्षत्रियस्य विशेषेण पालनं दुष्टनिग्रहः
Ce devoir a été proclamé pour le kṣatriya avec le vaiśya ; mais, pour le kṣatriya en particulier, il consiste à protéger (le peuple) et à réprimer/punir les méchants.
Verse 9
कृषिगोरक्ष्यवाणिज्यं वैश्यस्य परिकीर्तितं शूद्रस्य द्विजशुश्रूषा सर्वशिल्पानि वाप्यथ
L’agriculture, la garde et protection des bovins, et le commerce sont déclarés être la vocation du vaiśya ; pour le śūdra, il est enjoint de servir les dvija (les « deux-fois-nés ») et aussi de pratiquer tous les métiers artisanaux.
Verse 10
मौञ्जीबन्धनतो जन्म विप्रादेश् च द्वितीयकं आनुलोम्येन वर्णानां जातिर्मातृसमा स्मृता
La « naissance » (en tant que dvija) provient de la ceinture de muñjā nouée lors de l’upanayana ; et une « seconde naissance » provient de l’instruction donnée par un brāhmaṇa. Dans les unions selon l’ordre régulier (ānulomya), on se souvient que la jāti de l’enfant est la même que celle de la mère.
Verse 11
चण्डालो ब्राह्मणीपुत्रः शूद्राच्च प्रतिलोमतः सूतस्तु क्षत्रियाज्जातो वैश्याद्वै देवलस् तथा
Le Caṇḍāla est le fils d’une brāhmaṇī et d’un śūdra (union pratiloma, d’ordre inversé). Le Sūta naît d’un père kṣatriya et d’une mère vaiśyā ; de même, le Devala est rangé parmi ces catégories de lignées mêlées.
Verse 12
पुक्कसः क्षत्रियापुत्रः शूद्रात् स्यात् प्रतिलोमजः मागधः स्यात्तथा वैश्याच्छूद्रादयोगवो भवेत्
Le fils né d’une femme kṣatriya et d’un homme śūdra est appelé Pukkasa, issu d’un pratiloma (ordre inversé). De même, le fils d’une femme vaiśyā et d’un śūdra est nommé Māgadha ; et d’une femme śūdra (et d’un homme vaiśya) naît un Ayogava.
Verse 13
वैश्यायां प्रतिलोमेभ्यः प्रतिलोमाः सहस्रशः धर्मरूपमिति ग , घ , ङ , ञ च विवाहः सदृशैस्तेषां नोत्तमैर् नाधमैस् तथा
D’une femme vaiśyā, par des unions pratiloma (d’ordre inversé), naissent d’innombrables lignées pratiloma. Pour eux, la forme licite du mariage, conforme au dharma, est indiquée par les classes ga, gha, ṅa et ña ; et ils doivent s’unir à des personnes de rang comparable, ni plus élevé ni plus bas.
Verse 14
चण्डालकर्म निर्दिष्टं बध्यानां घातनं तथा स्त्रीजीवन्तु तद्रक्षाप्रोक्तं वैदेहकस्य च
Il est déclaré que l’occupation du Caṇḍāla consiste à exécuter ceux qui ont été condamnés à mort. De même, le Vaidehaka est dit chargé de protéger les femmes qui vivent de leur propre subsistance.
Verse 15
सूतानामश्वसारथ्यं पुक्कसानाञ्च व्याधता स्तुतिक्रिया माघ्धानां तथा चायोगशस्य च
Pour les Sūtas, l’occupation est de conduire le char et de mener les chevaux. Pour les Pukkasas, c’est la chasse. Pour les Māgadhas, l’accomplissement d’éloges et de poésie panégyrique ; et de même pour l’Āyogaśava, une activité liée à la louange et au service.
Verse 16
रङ्गावतरणं प्रोक्तं तथा शिल्पैश् च जीवनं वहिर्ग्रामनिवासश् च मृतचेलस्य धारणं
On a exposé la manière de monter/descendre sur la scène ; de même, gagner sa subsistance par les métiers d’art ; demeurer hors du village ; et porter les vêtements du mort (c’est‑à‑dire adopter une tenue funéraire/impure comme marque d’exclusion).
Verse 17
न संस्पर्शस्तथैवान्यैश् चण्डालस्य विधीयते ब्राह्मणार्थे गवार्थे वा देहत्यागो ऽत्र यः कृतः
De même, nul ne doit entrer en contact corporel avec un Caṇḍāla. En cette matière, l’abandon du corps (le sacrifice de la vie) accompli pour le bien d’un Brāhmaṇa ou pour le bien d’une vache est déclaré acte méritoire.
Verse 18
स्त्रीबालाद्युपपतो वा वाह्याणां सिद्धिकारणं सङ्करे जातयो ज्ञेयाः पितुर्मातुश् च कर्मतः
Qu’il s’agisse d’une union illicite impliquant femmes, enfants et autres, ou d’un commerce charnel avec des étrangers, la cause de la (validation) sociale est néanmoins exposée : en cas de mélange, les castes issues doivent être comprises selon le karma—conduite et profession—du père comme de la mère.
They are universal ethical and devotional-civic duties—non-violence, truth, compassion, benevolence, pilgrimage observance, charity, celibate restraint, freedom from envy, service to devas/dvijas/gurus, listening to dharma, ancestor worship, loyalty to the king, scriptural guidance, forbearance, and āstikya.
It frames ethics and regulated conduct as disciplines that sustain society (protection, rightful occupations, marriage norms) while simultaneously purifying the practitioner, presenting dharma as the bridge between worldly stability and liberation.
In cases of mixture (saṅkara), jāti is to be understood with reference to the conduct/occupation (karma) of both father and mother, indicating a Dharma-śāstra method that links social identity to prescribed function.