Adhyaya 113
Bhuvanakosha & Tirtha-mahatmyaAdhyaya 1137 Verses

Adhyaya 113

Narmadā-ādi-māhātmya (The Greatness of the Narmadā and Other Tīrthas)

Dans cette unité de tīrtha-mahātmya, le Seigneur Agni ouvre un exposé précis sur la géographie sacrée en louant la Narmadā comme purificatrice suprême et en énumérant l’ampleur et l’abondance de ses nombreux tīrthas. Le chapitre établit une théologie comparative du pèlerinage : le Gaṅgā purifie immédiatement par le darśana (la vision), tandis que la Narmadā purifie par le contact avec l’eau ou l’immersion, cartographiant ainsi des modes distincts d’acquisition du mérite (puṇya). Agni se tourne ensuite vers la région d’Amarakantaka, situe de nombreux tīrthas autour de la montagne et présente Śrīparvata ainsi que l’heureuse confluence avec la Kāverī. Un fil mythique et étiologique explique la sainteté de Śrīparvata : Gaurī accomplit le tapas, reçoit la grâce de l’adhyātma (réalisation spirituelle), et le lieu est nommé en conséquence. Le chapitre s’achève sur l’efficacité rituelle : dāna, tapas, japa et śrāddha accomplis ici deviennent akṣaya (inépuisables), et mourir en ce tīrtha mène à Śivaloka, Hara et la Devī étant décrits comme présents et en jeu, enracinant la géographie dans une sotériologie vécue.

Shlokas

Verse 1

ं गुह्यमिति ख महाबलमिति क भूमिचण्डेश्वरमिति ग तथान्यथेति झ द्वयोर्मध्ये इति ख यद्वत् स्याद्भुक्तिमुक्तिदमिति ङ अथ त्रयोदशाधिकशततमो ऽध्यायः नर्मदादिमाहात्म्यम् अग्निर् उवाच नर्मदादिकमाहात्म्यं वक्ष्येहं नर्मदां परां सद्यः पुनाति गाङ्गेयं दर्शनाद्वारि नार्मदं

[Notes de variantes textuelles :] « (on lit) ‘guhyam’ » ; « (on lit) ‘mahābala’ » ; « (on lit) ‘bhūmi-caṇḍeśvara’ » ; « et ailleurs on lit autrement » ; « (on lit) ‘au milieu des deux’ » ; « selon le cas—(on lit) ‘qui confère jouissance et délivrance’ ». Commence maintenant le chapitre 113 : « La grandeur de la Narmadā et d’autres tīrtha ». Agni dit : « Ici je vais exposer la grandeur de la Narmadā et d’autres lieux sacrés—la Narmadā, rivière suprême. Le Gaṅgā purifie aussitôt par la seule vision ; mais l’eau de la Narmadā (purifie) par le contact/l’immersion. »

Verse 2

विस्तराद्योजनशतं योजनद्वयमायता षष्टिस्तीर्थसहस्राणि षष्टिकोट्यस् तथापराः

Sa largeur est de cent yojanas et sa longueur de deux yojanas ; il y a soixante mille tīrtha (gués sacrés) et, de plus, soixante koṭi encore.

Verse 3

पर्वतस्य समन्तात्तु तिष्ठन्त्यमरकण्टके कावेरीसङ्गमं पुण्यं श्रीपर्वतमतः शृणु

Tout autour de la montagne, ils se tiennent à Amarakantaka. Écoute donc au sujet de Śrīparvata et de la confluence sacrée (saṅgama) de la Kāverī.

Verse 4

गौरी श्रीरूपिणी तेपे तपस्तामब्रवीद्धरिः अवाप्स्यसि त्वमध्यात्म्यं नाम्ना श्रीपर्वतस्तव

Gaurī, revêtant la forme de Śrī (prospérité de bon augure), accomplit des austérités (tapas). Hari (Viṣṇu) lui dit : « Tu atteindras l’adhyātma, la réalisation spirituelle ; et ton nom sera Śrīparvata. »

Verse 5

समन्ताद्योजनशतं महापुण्यं भविष्यति अत्र दानन्तपो जप्यं श्राद्धं सर्वमथाक्षयं

De toutes parts, sur cent yojanas, naîtra un très grand mérite sacré. Ici, le don (dāna), l’austérité, la récitation du japa et les rites de śrāddha—tout, en vérité, devient inépuisable quant à ses fruits.

Verse 6

नर्मदापरमिति झ निर्यान्त्यमरकण्टके इति झ तपस्तामब्रवीद्धर इति ग अत्र दानं तथा जप्यमिति झ सर्वमथाक्षरमिति ख , छ च मरणं शिवलोकाय सर्वदं तीर्थमुत्तमं हरो ऽत्र क्रीडते देव्या हिरण्यकशिपुस् तथा

On lit : «La Narmadā est suprême» ; et encore : «à Amarakantaka, les bienheureux s’en vont (d’ici)». Une autre leçon dit : «Hara lui déclara : “Pratique l’austérité.”» Ici doivent se faire le don (dāna) et la récitation (japa). Ce tīrtha excellent accorde tout ; mourir ici mène au monde de Śiva. Ici Hara se divertit avec la Déesse ; et l’on dit de même au sujet d’Hiraṇyakaśipu.

Verse 7

तपस्तप्त्वा बली चाभून्मुनयः सिद्धिमाप्नुवन्

Après avoir pratiqué l’austérité, ils furent dotés de puissance ; les sages atteignirent la siddhi, l’accomplissement spirituel.

Frequently Asked Questions

The chapter contrasts purification modes: the Gaṅgā purifies immediately by darśana (sight), while the Narmadā’s water is emphasized as purifying through contact/immersion.

Śrīparvata’s sanctity is grounded in Gaurī’s tapas and the boon of adhyātma bestowed by Hari, and the text further claims that rites performed in its sphere yield akṣaya (inexhaustible) results.

Dāna (charity), tapas (austerity), japa (recitation), and śrāddha rites are stated to produce inexhaustible merit when performed there.

The chapter states that death at this excellent tīrtha leads to Śivaloka (Śiva’s world), framing sacred geography as directly linked to liberation-oriented destiny.