
Chapter 288 — अश्वचिकित्सा (Aśva-cikitsā) | Horse-Medicine (Śālihotra to Suśruta)
Ce chapitre présente l’enseignement de Śālihotra à Suśruta sur la science du cheval dans le cadre de l’Ayurveda. Il s’ouvre sur l’aśva-lakṣaṇa : reconnaître les chevaux fastes ou néfastes d’après les traits du corps, les types de robe et l’emplacement des épis de poils (āvarta), avec des avertissements concernant des influences malignes (graha/rākṣā). Il passe ensuite à la cikitsā : formules et procédés pour les affections équines courantes—coliques, diarrhée/atisāra, fatigue, troubles du koṣṭha avec saignée, toux, fièvre, enflure, constriction de la gorge (galagraha), raideur de la langue, démangeaisons, plaies traumatiques et maladies génito-urinaires (dont raktameha). Les soins comprennent décoctions, pâtes/emplâtres (lepa/kalka), huiles médicinales, nasya, basti, application de sangsues, aspersion/irrigation et discipline alimentaire. La conclusion donne des règles saisonnières et de conduite (ṛtu-caryā) : boisson de suite (pratipāna), usage du ghee/de l’huile/yamaka selon la saison, restrictions après l’oléation, horaires d’abreuvement et de bain, gestion de l’écurie et mesures de nourrissage—reliant le bien-être animal à l’ordre dharmique et à des fruits auspices.
Verse 1
आयः गोर्जितास्ते ऽतिकीर्तिता इति ख यथाञ्चितमिति ञ मृगञ्जय इति ख , ञ च अथाष्टाशीत्यधिकद्विशततमो ऽध्यायः अश्वचिकित्सा शालिहोत्र उवाच अश्वानां लक्षणं वक्ष्ये चिकित्साञ्चैवसुश्रुतअप्_२८८००१अभीनदन्तो विदन्तश् चकराली कृष्णतालुकः
Commence maintenant le deux-cent-quatre-vingt-huitième chapitre : Médecine du cheval. Śālihotra dit : « Ô Suśruta, je décrirai les marques distinctives des chevaux, ainsi que leur traitement : par exemple, celui dont les dents ne sont pas brisées, dont les dents sont saillantes, dont les mâchoires sont redoutables et dont le palais est noir. »
Verse 2
कृष्णजिह्वश् च यमजोजातमुष्कश् च यस् तथा द्विशफश् च तथा शृङ्गी त्रिवर्णो व्याघ्रवर्णकः
On compte aussi celui nommé Kṛṣṇajihva (à langue noire) ; de même Yama-jo-jāta-muṣka ; aussi Dviśapha ; aussi Śṛṅgī ; et encore Trivarṇa et Vyāghravarṇaka (de couleur tigrée).
Verse 3
खरवर्णो भस्मवर्णो जातवर्णश् च काकुदी श्वित्री च काकसादी च खरसारस्तथैव च
« Kharavarṇa » (décoloration rude, fauve), « bhasmavarṇa » (couleur de cendre), « jātavarṇa » (couleur innée), « kākudī » (type à tuméfaction en forme de bosse), « śvitrī » (taches blanches/leucodermie), « kākasādī » (sombre comme le corbeau) et encore « kharasāra » (dur et rugueux, de texture dense) — sont également recensés comme variétés nommées.
Verse 4
वानराक्षः कृष्णशटः कृष्णगुह्यस्तथैव च कृष्णप्रोथश् च शूकश् च यश् च तित्तिरिसन्निभः
(Les grahas/êtres d’affliction sont :) Vānarākṣa, Kṛṣṇaśaṭa, Kṛṣṇaguhya, ainsi que Kṛṣṇaprotha ; et (les grahas nommés) Śūka et Ya—dont l’un a l’apparence d’une perdrix (tittiri).
Verse 5
विषमः श्वेतपादश् च ध्रुवावर्तविवर्जितः अशुभावर्तसंयुक्तो वर्जनीयस्तुरङ्गमः
Il faut éviter le cheval au corps inégal, aux pieds blancs, dépourvu du tourbillon fixe (de bon augure) et portant des tourbillons néfastes.
Verse 6
रन्ध्रोपरन्ध्रयोर्द्वौ द्वौ द्वौ द्वौ मस्तकवक्षसोः प्रयाणे च ललाटे च कण्ठावर्ताः शुभा दश
Aux deux ouvertures (fontanelles) deux tourbillons sont favorables pour chacune; deux sur la tête et deux sur la poitrine; et des tourbillons au sommet (prayāṇa) et sur le front : ainsi, les tourbillons bénéfiques du cou sont au nombre de dix.
Verse 7
मृक्कण्याञ्च ललाटे च कर्णमूले निगालके बाहुमूले गले श्रेष्ठा आवर्तास्त्वशुभाः परे
Les tourbillons (marques spiralées du poil/de la peau) situés sur le côté de la taille/hanche, sur le front, à la racine de l’oreille et dans le creux de la gorge sont tenus pour excellents; ceux qui se trouvent ailleurs sont jugés néfastes.
Verse 8
शुकेन्द्रगोपचन्द्राभा ये च वायससन्निभाः सुवर्णवर्णाः स्निग्धाश् च प्रशस्यास्तु सदैव हि
Ceux dont l’éclat est semblable à celui du perroquet, de l’insecte indragopa ou de la lune, ainsi que ceux qui rappellent la teinte du corbeau; de même, ceux au teint doré et à l’aspect onctueux (lisse et lustré) sont, en vérité, toujours réputés de bon augure.
Verse 9
दीर्घग्रीवाक्षिकूटाश् च ह्रस्वकर्णाश् च शोभनाः चिकित्सन्तवेति ञ राक्षान्तुरङ्गमा यत्र विजयं वर्जयेत्ततः
Les chevaux au long cou, aux reliefs marqués au-dessus des yeux et aux oreilles courtes sont tenus pour beaux et convenables. Le connaisseur (médecin ou gardien des chevaux) doit les soigner selon leur état; mais là où le cheval est atteint par la ‘rākṣā’ (influence ou mal malfaisant), il faut s’abstenir d’y attendre la victoire ou d’y entreprendre l’action.
Verse 10
पालितस्तु हयो दन्ती शुभदो दुःखदो ऽन्यथा श्रियः पुत्रास्तु गन्धर्वा वाजिनो रत्नमुत्तमम्
Le cheval bien entretenu et l’éléphant aux défenses sont dispensateurs de résultats fastes; autrement, ils deviennent cause de peine. On dit que les chevaux sont les fils de Śrī (la Fortune), liés aux Gandharvas (musiciens célestes), et qu’ils sont le plus précieux des trésors.
Verse 11
अश्वमेधे तु तुरगः पवित्रत्वात्तु हूयते वृषो निम्बवृहत्यौ च गुडूची च समाक्षिका
Dans le sacrifice de l’Aśvamedha, le cheval est offert au feu en raison de sa vertu purificatrice. De même, le taureau est (offert); ainsi que le neem, la bṛhatī, la guḍūcī et des substances accompagnées de miel.
Verse 12
सिंहा गन्धकारी पिण्डी स्वेदश् च शिरसस् तथा हिङ्गु पुष्करमूलञ्च नागरं साम्लवेतसं
Siṃhā, Gandhakārī, Piṇḍī, ainsi qu’une fomentation (sveda) pour la tête; de même, le hiṅgu (asafoetida), la racine de puṣkara, le nāgara (gingembre sec) et le vetasa acide (sāmla-vetasa) sont (des ingrédients) à utiliser et à mêler comme remèdes.
Verse 13
पिप्पलीसैन्धवयुतं शूलघ्नं चीष्णवारिणा नागरातिविषा मुस्ता सानन्ता बिल्वमालिका
Mêlé à la pippalī (poivre long) et au saindhava (sel gemme), puis pris avec de l’eau tiède, il détruit la douleur de colique. Le remède emploie le nāgara (gingembre sec), l’ativīṣā, la mustā, l’anantā et le bilva, agencés en une suite « en guirlande », c’est-à-dire réunis en une seule préparation.
Verse 14
क्वाथमेषां पिवेद्वाजी सर्वातीसारनाशनम् प्रियङ्गुसारिवाभ्याञ्च युक्तमाजं शृतं पयः
Le patient doit boire une décoction de ces ingrédients ; elle détruit toutes les formes de diarrhée et de dysenterie. On prendra aussi du lait de chèvre bouilli et préparé avec priyāṅgu et sārivā.
Verse 15
पर्याप्तशर्करं पीत्वा श्रमाद्वाजी विमुच्यते द्रोणिकायान्तु दातव्या तैलवस्तिस्तुरङ्गमे
Après avoir bu une quantité suffisante d’eau sucrée, le cheval est délivré de la fatigue. Pour le cheval, on doit administrer un lavement d’huile (taila-vasti) à la mesure d’une droṇikā comme dose.
Verse 16
कोष्ठजा च शिरा वेध्या तेन तस्य सुखं भवेत् दाऋइमं त्रिफला व्योषं गुडञ्च समभाविकम्
Dans les troubles provenant de l’abdomen (koṣṭha), il faut ponctionner la veine (saignée) ; ainsi l’on obtient du soulagement. (Ensuite) on emploiera la grenade, Triphalā, Trikaṭu (les trois piquants) et le jaggery/sucre brut (guda) en parts égales.
Verse 17
पिण्डमेतत् प्रदातव्यमश्वानां काशनाशनम् प्रियङ्गुलोध्रमधुभिः पिवेद्वृषरसं हयः
Ce bolus doit être donné aux chevaux comme destructeur de la toux. Le cheval doit boire le vṛṣa-rasa (tonique, « suc de taureau »), mêlé à priyaṅgu, lodhra et miel.
Verse 18
क्षीरं वा पञ्चकोलाद्यं काशनाद्धि प्रमुच्यते प्रस्कन्धेषु च सर्वेषु श्रेय आदौ विशोधणम्
Ou bien l’on peut prendre du lait (kṣīra), ou une préparation commençant par le groupe Pañcakola ; par cela, on est réellement délivré de la toux. Et dans toutes les affections des parties supérieures du corps, il est préférable d’entreprendre la purification (śodhana) dès le début.
Verse 19
अभ्यङ्गोद्वर्तनैः स्नेहं नस्यवर्तिक्रमः स्मृतः ज्वरितानां तुरङ्गाणां पयसैव क्रियाक्रमः
L’oléation (sneha) s’accomplit par massage à l’huile et friction aux poudres ; sont également prescrits la thérapie nasale (nasya) et les procédés au tampon/mèche médicinale (vartikā). Pour les chevaux atteints de fièvre, la conduite thérapeutique appropriée est d’administrer les remèdes avec du lait seul.
Verse 20
लोध्रकन्धरयोर्मूलं मातुलाङ्गाग्निनागराः राज्ञीतुरङ्गमा यत्रेति ख घृतमिति ख कुष्ठहिङ्गुवचारास्नालेपोयं शोथनाशनः
Un onguent (lepa) préparé avec les racines de lodhra et de kandharā, mêlées à mātuluṅga (cédrat), agni (citraka) et nāgara (gingembre sec) — certaines leçons ajoutent rājñī et turaṅgamā, et quelques recensions lisent « yatra » ou « ghṛta » — avec encore kuṣṭha (costus), hiṅgu (asafoetida), vacā (acore) et rāsnā : ce cataplasme détruit l’enflure (śotha).
Verse 21
मञ्जिष्ठा मधुकं द्राक्षावृहत्यौ रक्तचन्दनम् त्रपुषीवीजमूलानि शृङ्गाटककशेरुकम्
Mañjiṣṭhā (garance indienne), madhuka (réglisse), drākṣā (raisins), les deux bṛhatī (bṛhatī et kaṇṭakārī), le santal rouge, les graines et racines de trapuṣī, avec śṛṅgāṭaka (châtaigne d’eau) et kaśeruka (tubercule aquatique) [s’emploient/se prennent tels qu’énumérés].
Verse 22
अजापयःशृतमिदं सुशीतं शर्करान्वितं पीत्वा नीरशनो वाजी रक्तमेहात् प्रमुच्यते
Après avoir bu cette décoction cuite au lait de chèvre—bien refroidie et mêlée de sucre—puis en observant le jeûne (sans nourriture), l’homme est délivré de raktameha (affection marquée par des urines sanglantes/saignement des voies urinaires).
Verse 23
मन्याहनुनिगालस्थशिराशोथो गलग्रहः अभ्यङ्गः कटुतैलेन तत्र तेष्वेव शस्यते
Pour l’enflure des veines situées à la nuque (manyā), à la mâchoire (hanu) et dans la région de la gorge (nigāla), ainsi que pour la constriction/raideur de la gorge (gala-graha), il est spécialement recommandé de pratiquer l’onction-massage (abhyaṅga) avec une huile médicinale âcre, pour ces affections mêmes.
Verse 24
गलग्रहगदो शोथः प्रायशो गलदेशके प्रत्यक्पुष्पी तथा बह्निः सैन्धवं सौरसो रसः
Dans les cas de galagraha (affection qui serre la gorge) et d’enflure survenant le plus souvent dans la région de la gorge, on doit employer pratyakpuṣpī, bahni, saindhava (sel gemme) et saurasarasa (jus aigre/acide) comme préparation médicinale.
Verse 25
कृष्णाहिङ्गुयुतैर् एभिः कृत्वा नस्यं न सीदति निशे ज्योतिष्मती पाठा कृष्णा कुष्ठं वचा मधु
En préparant un nasya (médication nasale) avec ces ingrédients, mêlés à kṛṣṇā (poivre noir) et hiṅgu (asa-fœtida), on ne souffre pas (du trouble). La nuit, qu’on administre un nasya composé de jyotiṣmatī, pāṭhā, kṛṣṇā (poivre noir), kuṣṭha, vacā et miel.
Verse 26
जिह्वास्तम्भे च लेपो ऽयं गुडमूत्रयुतो हितः तिलैर् यष्ट्या रजन्या च निम्बपत्रैश् च योजिता
Pour la raideur ou la paralysie de la langue, cette pâte médicinale est salutaire : qu’on la prépare avec du jaggery (sucre brut) et de l’urine, en y joignant du sésame, yāṣṭī (réglisse), rajanī (curcuma) et des feuilles de neem.
Verse 27
क्षौद्रेण शोधनी पिण्डी सर्पिषा व्रणरोपणी अभिघातेन खञ्जन्ति ये ह्य् अश्चास्तीव्रवेदनाः
Une piṇḍī (boulette médicinale) préparée avec du miel est purifiante (pour la plaie), et celle faite avec du ghee favorise la cicatrisation. Les chevaux qui, à la suite d’un coup, deviennent boiteux et souffrent d’une douleur aiguë (doivent être traités par ces applications).
Verse 28
परिषेकक्रिया तेषां तैलेनाशु रुजापहा दोषकोपाभिघाताभ्यां पक्वभिन्ने व्रणक्रमः
Pour eux, la procédure d’aspersion/irrigation thérapeutique (pariṣeka) avec de l’huile apaise rapidement la douleur. Le protocole des plaies s’applique lorsque la plaie a suppuré et s’est rompue—qu’il s’agisse d’une aggravation des doṣas ou d’un traumatisme.
Verse 29
अश्वत्थोडुम्बरप्लक्षमधूकवटकल्कनैः
Avec des pâtes médicinales (kalka) préparées à partir d’aśvattha, d’udumbara, de plakṣa, de madhūka et de vaṭa (arbres).
Verse 30
प्रभूतसलिलः क्वाथः सुखोष्णः व्रणशोधनः शताह्वा नागरं रास्ना मञ्जिष्ठाकुष्ठसैन्धवैः
Une décoction (kvātha) préparée avec beaucoup d’eau, tenue agréablement tiède, purifie les plaies—faite avec śatāhvā (aneth), nāgara (gingembre sec), rāsnā, mañjiṣṭhā (garance indienne), kuṣṭha et saindhava (sel gemme).
Verse 31
देवदारुवचायुग्मरजनीरक्तचन्दनैः तैलसिद्धं कषायेण गुडूच्याः पयसा सह
Préparez une huile médicinale en cuisant l’huile de sésame avec deodāru, vacā, la paire de rajānī (les deux curcumas) et le santal rouge—en utilisant une décoction de guḍūcī, avec du lait.
Verse 32
तिलतैलेनेति ख म्रक्षेण वस्तिनश्ये च योज्यं सर्वत्र लिङ्गिने रक्तस्रावो जलौकाभिर् नेत्रान्ते नेत्ररोगितः
« Avec l’huile de sésame »—telle est la prescription : on doit l’appliquer par friction (onction), et l’employer aussi dans les troubles requérant le basti (lavement) ainsi que dans les états de dépérissement. Dans toute affection du liṅga (organe viril), on pratiquera une saignée par sangsues ; et lorsque le mal siège au bord/coin de l’œil, la maladie oculaire sera traitée selon ces moyens.
Verse 33
खादितोडुम्बराश्वत्थकषायेण च साधनम् धात्रीदुरालभातिक्ताप्रियङ्गुकुङ्कुमैः समैः
On préparera un remède au moyen d’une décoction d’udumbara et d’aśvattha ; et (on le composera) à parts égales de dhātrī (āmalakī), durālabhā, tiktā, priyaṅgu et kuṅkuma (safran).
Verse 34
गुडूच्या च कृतः कल्को हितो युक्तावलम्बिने उत्पाते च शिले श्राव्ये शुष्कशेफे तथैव च
La pâte (kalka) préparée avec la guḍūcī est salutaire pour celui qui souffre de hernie (nécessitant un bandage de soutien) ; elle est pareillement indiquée en cas de prolapsus, de gravelle ou calcul urinaire, de strangurie (miction douloureuse) et aussi de sécheresse du pénis.
Verse 35
क्षिप्रकारिणि दोषे च सद्यो विदलमिष्यते गोशकृन्मञ्जिकाकुष्ठरजनीतिलमर्षपैः
Lorsqu’apparaît un trouble des doṣa à action rapide (aigu), il est prescrit aussitôt un remède en poudre, préparé avec bouse de vache, mañjikā, kuṣṭha, curcuma, sésame et marṣapa (moutarde).
Verse 36
गवां मूत्रेण पिष्टैश् च मर्दनं कण्डुनाशनम् शीतो मधुयुतः क्वाथो नाशिकायां सशर्करः
Le frottement de la partie atteinte avec une pâte pilée à l’urine de vache détruit les démangeaisons. Une décoction refroidie, mêlée de miel et accompagnée de sucre, doit être administrée dans les narines comme remède nasal.
Verse 37
रक्तपित्तहरः पानादश्वकर्णैस्तथैव च सप्तमे सप्तमे देयमश्वानां लवणं दिने
Administré en boisson, il apaise les troubles d’hémorragie et de pitta ; et il doit pareillement être donné avec aśvakarṇa. Pour les chevaux, on donnera du sel tous les sept jours.
Verse 38
तथा भुक्तवतान्देया अतिपाने तु वारुणी जीवनीयैः समधुरैर् मृद्वीकाशर्करायुतैः
De même, on le donnera à celui qui a mangé ; mais en cas d’excès de boisson, on administrera la vāruṇī (liqueur fermentée), préparée avec des substances jīvanīya, restauratrices de la vie, d’une douceur équilibrée, mêlées à des raisins secs (mṛdvīkā) et au sucre (śarkarā).
Verse 39
सपिप्पलीकैः शरदि प्रतिपानं सपद्मकैः विडङ्गापिप्पलीधान्यशताह्वालोध्रसैन्धवैः
En automne (śarad), on doit prendre un pratipāna (boisson d’après) préparé avec pippalī et padmaka, et composé de viḍaṅga, pippalī, dhānya, śatāhvā, lodhra et saindhava (sel gemme).
Verse 40
मचित्रकैस्तुरङ्गाणां प्रतिपानं हिमागमे लोध्रप्रियङ्गुकामुस्तापिप्पलीविश्वभेषजैः
Pendant la saison froide, on doit donner aux chevaux un pratipāna (boisson reconstituante) préparé avec chitraka et composé de lodhra, priyaṅgu, musta, pippalī et viśvabheṣaja (gingembre sec).
Verse 41
सक्षौद्रैः प्रतिपानं स्याद्वसन्ते कफनाशनम् प्रियङ्गुपिप्पलीलोध्रयष्ट्याक्षैः समहौषधैः
Au printemps, un pratipāna (boisson d’après) pris avec du miel est prescrit pour détruire le Kapha, préparé avec priyaṅgu, pippalī, lodhra et yaṣṭyāhva (réglisse), ainsi qu’avec des remèdes similaires.
Verse 42
निदाघे सगुडा देया मदिरा प्रतिपानके वेधनमिस्यत इति ज , ञ च लोध्रकाष्ठं सलवणं पिप्पल्यो विश्वभेषजम्
Pendant la saison chaude, on doit donner une liqueur mêlée de jaggery comme pratipāna (boisson correctrice). Pour la douleur de type perforant (vedhanā), sont prescrits : bois de lodhra avec du sel, pippalī et viśvabheṣaja (gingembre sec).
Verse 43
भवेत्तैलयुतैर् एभिः प्रतिपानं घनागमे निदाघोद्वृतपित्तार्ताः शरत्सु पुष्टशोणिताः
Pendant la saison des pluies, ces préparations doivent être prises en pratipāna, mêlées d’huile. Ceux que le pitta, aggravé en été, a tourmentés, retrouvent en automne une bonne nutrition du sang et la vigueur.
Verse 44
प्रावृड्भिन्नपुरीषाश् च पिवेयुर्वाजिनो घृतम् पिवेयुर्वाजिनस्तैलं कफवाय्वधिकास्तु ये
Aux chevaux dont les excréments se relâchent pendant la saison des pluies, on fera boire du ghee ; et à ceux chez qui dominent kapha et vāyu, on fera boire de l’huile.
Verse 45
स्नेहव्यापद्भवो येषां कार्यं तेषां विरूक्षणम् त्र्यहं यवागूरूक्षा स्याद् भोजनं तक्रसंयुतम्
Chez ceux qui ont des complications dues à l’oléation (snehapāna), il faut entreprendre la thérapie desséchante (rūkṣaṇa). Pendant trois jours, leur nourriture sera une bouillie desséchante (yavāgu) prise avec du babeurre (takra).
Verse 46
शरन्निदाघयोः सर्पिस्तैलं शीतवसन्तयोः वर्षासु शिशिरे चैव वस्तौ यमकमिष्यते
En automne et durant la saison chaude, le ghee et l’huile sont recommandés ; durant la saison fraîche et au printemps, et aussi pendant les pluies et en hiver, l’usage du « yamaka » — mélange de ghee et d’huile — est prescrit.
Verse 47
गुर्वभिष्यन्दिभक्तानि व्यायामं स्नाजमातपम् वायुवर्जञ्च वाहस्य स्नेहपीतस्य वर्जितम्
Pour celui qui a bu des graisses médicinales (snehapāna), il faut éviter les aliments lourds et ceux qui favorisent les mucosités ; de même, l’exercice, le bain, l’exposition au soleil (chaleur), le vent direct et la monte ou les déplacements en véhicule sont interdits.
Verse 48
स्नानं पानं शकृत्क्रूष्ठमश्वानां सलिलागमे अत्यर्थं दुर्दिने काले पानमेकं प्रशस्यते
Pour les chevaux, lorsqu’ils atteignent l’eau, il est normal de se baigner, de boire et d’évacuer selles et urine. Mais par un temps extrêmement mauvais et à un moment inopportun, il est recommandé de ne donner que de l’eau à boire.
Verse 49
युक्तशीतातपे काले द्विःपानं स्नपनं सकृत् ग्रीष्मे त्रिस्नानपानं स्यच्चिरं तस्यायगाहनम्
Dans la saison où le froid et le soleil sont en juste équilibre, on doit boire de l’eau deux fois et se baigner une fois. En été, on doit se baigner trois fois et boire de l’eau trois fois; et, en cette saison, il est recommandé de demeurer plus longtemps immergé dans l’eau.
Verse 50
निस्तूषाणां प्रदातव्या यवानां चतुराटकी चणकव्रीहिमौद्गानि कलायं वापि दापयेत्
On doit donner de l’orge (yava) décortiquée, à la mesure de quatre āṭakas; et l’on doit aussi faire donner des pois chiches, du riz, des haricots mungo, ou encore des pois.
Verse 51
अहोरात्रेण चार्धस्य यवसस्य तुला दश अष्टौ शुष्कस्य दातव्याश् चतस्रो ऽथ वुषस्य वा
Pour l’offrande/le don prescrit pour une durée d’un jour et d’une nuit et d’une moitié (de période), on doit donner dix-huit tulās d’orge verte; ou bien quatre tulās d’orge sèche; ou, à défaut, une quantité équivalente de grains ou de récolte.
Verse 52
दूर्वा पित्तं यवः कासं वुषश् च श्लोष्मसञ्चयम् नाशयत्यर्जुनः श्वासं तथा मानो बलक्षयम्
L’herbe dūrvā apaise les troubles de pitta; l’orge apaise la toux; et vuṣa (plante médicinale) dissipe l’accumulation de mucus/kapha. L’arjuna (arbre arjuna) soulage l’asthme et la dyspnée; et māna (remède fortifiant) s’oppose à la perte de force.
Verse 53
वातिकाः पैत्तिकाश् चैव श्लेष्मजाः सान्निपातिकाः न रोगाः पीडयिष्यन्ति दूर्वाहारन्तुरङ्गमम्
Les maladies issues de vāta, de pitta, de śleṣman (kapha) et du déséquilibre conjoint des trois (sannipāta) n’affligeront pas celui dont le corps intérieur est protégé par une discipline constante faisant de dūrvā sa nourriture.
Verse 54
द्वौ रज्जुबन्धौ दुष्टानां पक्षयोरुभयोरपि पश्चाद्धनुश् च कर्तर्व्यो दूरकीलव्यपाश्रयः
Pour les arcs défectueux ou gauchis, on doit appliquer deux ligatures de corde sur les deux branches de l’arc ; puis l’arc doit être redressé en le bandant contre un pieu planté au loin, afin de rétablir la courbure correcte.
Verse 55
वासेयुस्त्वास्तृते स्थाने कृतधूपनभूमयः यत्रोपन्यस्तयवसाः सप्रदीपाः सुरक्षिताः कृकवाक्वजकपयो धार्यश्चाश्वगृहे मृगाः
On doit les garder en un lieu bien garni de litière, le sol ayant été convenablement fumigé ; là où l’on a déposé le fourrage (herbe/orge), où des lampes demeurent allumées et où l’endroit est solidement protégé. Dans l’écurie, il convient d’entretenir les oiseaux kṛkavāku, des chèvres et des bêtes laitières ; et l’on peut aussi y garder des cerfs, dans la maison des chevaux.
A dual technical system is emphasized: (1) selection/diagnosis via aśva-lakṣaṇa and āvarta (hair-whorl) mapping for auspiciousness and suitability, and (2) procedure-led therapeutics (nasya, basti, venesection, leeching, wound irrigation) paired with specific decoctions, pastes, and medicated oils.
By treating animal care, hygiene, and correct regimen as dhārmic stewardship, it frames medical competence as a form of righteous action: protecting life, sustaining order, and aligning practical skill with sacred responsibility—an expression of Agneya Vidya serving both bhukti and the ethical foundation conducive to mukti.