Adhyaya 33
Agneya-vidyaAdhyaya 3353 Verses

Adhyaya 33

Chapter 33 — पवित्रारोहणविधानं (The Procedure for Pavitrārohaṇa / Installing the Sacred Thread or Consecratory Amulet)

Agni ouvre le chapitre en établissant le pavitrārohaṇa comme la saison annuelle de culte, fixée par le calendrier, pour Hari : d’Āṣāḍha à Kārtika, avec Pratipad comme tithi privilégiée, tandis que les autres divinités suivent leur propre suite de tithis (par ex. Śiva/Brahmā à partir de Dvitīyā). Le rite devient une véritable technologie d’adoration : choix et fabrication du fil pavitra (idéalement filé par une brāhmaṇī ; sinon, purifié), multiplication des brins par trois et par neuf, nombre de nœuds (y compris des variantes à 12-granthi), et placement iconographique sur l’image depuis les genoux/la taille/le nombril vers les régions supérieures, avec les mesures des guirlandes et des mālā 108/1008 selon des longueurs en aṅgula. Agni décrit ensuite une liturgie de protection et de purification : vastu-apasāraṇa, culte du kṣetrapāla et du seuil, offrandes bali, puis une bhūta-śuddhi détaillée dissolvant tanmātras et éléments par mantra-udghāta (terre→eau→feu→air→ākāśa), suivie de la purification interne du corps, de la visualisation du corps divin et du mānasa-yāga dans le lotus du cœur. Le chapitre culmine avec nyāsa, protections kavaca/astra, installation des vyūhas et āvaraṇas vaiṣṇavas, nouage du rakṣā-sūtra et observance du vrata (jeûne, maîtrise de kāma/krodha), donnant accomplissement mondain et fruit spirituel.

Shlokas

Verse 1

इत्य् आदिमहापुराणे आग्नेये अष्टचत्वारिंशत्संस्कारकथनं नाम द्वात्रिंशो ऽध्यायः अथ त्रयस्त्रिंशो ऽध्यायः पवित्रारोहणविधानं अग्निर् उवाच पवित्रारोहणं वक्ष्ये वर्षपूजाकलं हरेः आषाढादौ कार्तिकान्ते प्रतिपद्वनदा तिथिः

Ainsi, dans l’Agni Purāṇa s’achève le trente-deuxième chapitre, intitulé « Exposé des quarante-huit saṁskāras (rites purificatoires) ». Commence maintenant le trente-troisième chapitre : « Procédure du Pavitrārohaṇa (installation du fil/amulette sacrés) ». Agni dit : « Je décrirai le rite de pavitrārohaṇa, saison convenable pour le culte annuel de Hari (Viṣṇu). Du début d’Āṣāḍha jusqu’à la fin de Kārtika, la date lunaire appropriée est Pratipad, le premier jour de la quinzaine. »

Verse 2

श्रिया गौर्या गणेशस्य सरस्वत्या गुहस्य च मार्तण्डमातृदुर्गाणां नागर्षिहरिमन्मथैः

Avec Śrī (Lakṣmī) et Gaurī, avec Gaṇeśa, avec Sarasvatī et aussi avec Guha (Skanda) ; avec Mārtaṇḍa (le Soleil), les Mères (Mātṛ) et Durgā — (ainsi) qu’avec les Nāgas, les Ṛṣis, Hari (Viṣṇu) et Manmatha (Kāma).

Verse 3

शिवस्य ब्रह्मणस्तद्वद्द्वितीयादितिथेः क्रमात् यस्य देवस्य यो भक्तः पवित्रा तस्य सा तिथिः

Pour Śiva et, de même, pour Brahmā, on suivra l’ordre des observances en commençant par le deuxième jour lunaire et ainsi de suite. De quelque divinité qu’un homme soit le dévot, la tithi correspondante est pour lui purificatrice.

Verse 4

आरोहणे तुल्यविधिः पृथक् मन्त्रादिकं यदि वर्धते तिथिरिति ख, चिह्नितपुस्तकपाठः सौवर्णे राजतं ताम्रं नेत्रकार्पासिकादिकं

Dans le rite d’ārohaṇa (montée/installation), la procédure est la même ; toutefois, si les mantras et les éléments connexes sont énoncés séparément, selon la leçon notée dans le manuscrit marqué : « lorsque la tithi (date lunaire) croît (vardhate tithiḥ) ». Pour l’instrument en or, on peut aussi employer l’argent et le cuivre, ainsi que du coton pour l’œil/la mèche et des accessoires similaires.

Verse 5

ब्राह्मण्या कर्तितं सूत्रं तदलाभे तु संस्कृतं त्रिगुणं त्रिगुणीकृत्य तेन कुर्यात् पवित्रकं

On doit employer un fil filé par une Brāhmaṇī (femme brahmane) ; à défaut, on prendra un fil dûment purifié et consacré. Qu’on le plie en trois brins, puis qu’on le triple encore (jusqu’à neuf), et avec cela qu’on fasse le pavitraka (anneau purificatoire).

Verse 6

अष्तोत्तरशतादूर्ध्वं तदर्धं चोत्तमादिकं क्रियालोपाविघातार्थं यत्त्वयाभिहितं प्रभो

Ô Seigneur, ce que tu as énoncé—à savoir que le compte doit dépasser cent huit, et que l’on peut aussi en prendre la moitié en commençant par le degré « excellent », etc.—vise à prévenir les omissions et les entraves dans l’accomplissement du rite.

Verse 7

मया तत् क्रियते देव यथा यत्र पावित्रकं अविघ्नं तु भवेदत्र कुरु नाथ जयाव्यय

Ô Dieu, je l’accomplirai ainsi, de la manière qui convient, afin que le rite purificatoire (pāvitrya) s’achève ici sans obstacle. Fais qu’il en soit ainsi, ô Seigneur—toujours victorieux, impérissable.

Verse 8

प्रार्थ्य तन्मण्डलायादौ गायत्र्या बन्धयेन्नरः ॐ नारायणाय विद्महे वासुदेवाय धीमहि

Après avoir d’abord invoqué et requis la présence de ce maṇḍala, on doit le fixer/le lier par la Gāyatrī : « Oṃ. Nārāyaṇāya vidmahe, Vāsudevāya dhīmahi ».

Verse 9

तन्नो विष्णुः प्रचोदयात् देवदेवानुरूपतः जानूरुनाभिनामान्तं प्रतिमासु पवित्रकं

Que Viṣṇu nous inspire et nous bénisse—Lui qui est conforme au Seigneur des dieux. Dans les images (pratimā), le pavitraka (fil/guirlande sacrée de consécration) doit s’étendre des genoux, des cuisses et du nombril, jusqu’à son extrémité dans la région dite du « nom », c’est-à-dire vers le cou/la partie supérieure selon l’iconographie.

Verse 10

पादान्ता वनमाला स्यादष्टोत्त्रसहस्रतः माला तु कल्पसाध्यं वा द्विगुणं षोडशाङ्गुलात्

La vanamālā (guirlande de forêt), lorsqu’elle est de mille huit (1008) perles ou fleurs, doit descendre jusqu’aux pieds. La mālā de japa, toutefois, peut être faite selon les exigences du kalpa (prescription rituelle) ; sinon, sa longueur doit être le double de seize aṅgulas (largeurs de doigt).

Verse 11

कर्णिका केशरं पत्रं मन्त्राद्यं मण्डलान्तकं मण्डलाङ्गुलमात्रैकचक्राब्जाद्यौ पवित्रकं

Qu’on dispose la karṇikā (péricarp), le keśara (étamines) et le patra (pétales) ; le mantra est placé au commencement et le maṇḍala est achevé à la fin. Le pavitraka doit être formé comme un maṇḍala d’un seul lotus-roue, d’une mesure d’une aṅgula, en commençant par le motif cakrābja (lotus en roue) et les éléments connexes.

Verse 12

स्थण्डिले ऽङ्गुलमानेन आत्मनः सप्तविंशतिः आचार्याणां च सूत्राणि पितृमात्रादिपुस्तके

Sur le sthaṇḍila (terrain rituel), selon la mesure du propre doigt, il y a vingt-sept (unités) ; et l’on doit consulter/consigner les règles aphoristiques des ācāryas dans le livre qui commence par (les notices sur) le père, la mère, et ainsi de suite.

Verse 13

नाभ्यन्तं द्वादशग्रन्थिं तथा गन्धपवित्रके द्व्यङ्गुलात् कल्पनादौ द्विर्माला चाष्टोत्तरं शतं

Le cordon de japa doit comporter douze nœuds jusqu’au niveau du nombril ; de même pour le gandha-pavitraka (pavitraka parfumé). Au début de sa mise en place, qu’on garde la mesure de deux aṅgulas ; et la mālā doit être double, de cent huit (108) comptes.

Verse 14

अथवार्कचतुर्विंशषड्त्रिंशन्मालिका द्विजः अनामामध्यमाङ्गुष्ठैर् मन्दाद्यैः मालिकार्थिभिः

À présent, ô dvija (deux-fois-né) : la Mālikā, série métrique, se compose de (unités de) vingt-quatre et trente-six. Ceux qui recherchent la Mālikā doivent la comprendre/la construire au moyen des mesures de comptage par les doigts, en commençant par manda et les autres, en utilisant namā, madhyamā et aṅguṣṭha (le pouce).

Verse 15

माला स्यादष्टोत्तरसहस्रशः इति ग, चिह्नितपुस्तकपाठः गदाद्यमिति घ, चिह्नितपुस्तकपाठः चक्राङ्गदौ पवित्रके इति घ, चिह्नितपुतकपाठः मन्दादौ इति ख, ग, चिह्नितपुस्तकद्वयपाठः मन्द्राद्यैर् इति घ, चिह्नितपुस्तकपाठः कनिष्टादौ द्वादश वा ग्रन्थयः स्युः पवित्रके रवेः कुम्भहुताशादेः सम्भवे विष्णुवन्मतम्

Un rosaire (mālā) peut être constitué de 1 008 (récitations/unités). Quant au pavitraka, cordon ou guirlande sacrée employée dans le culte, il peut porter des emblèmes commençant par la massue (gadā), ainsi que le disque (cakra) et le bracelet (aṅgada). À partir du degré le plus petit, le pavitraka peut comporter douze nœuds (granthayaḥ). Pour Ravi (le Soleil), et de même pour Kumbha, Hutāśa (le Feu) et d’autres, lorsqu’un tel pavitraka est préparé, la procédure est tenue pour identique à celle de Viṣṇu.

Verse 16

पीठस्य पीठमानं स्यान्मेखलान्ते च कुण्डकं यथाशक्ति सूत्रग्रन्थिपरिचारेथ वैष्णवे

La mesure du piédestal (pīṭha) doit suivre l’étalon prescrit pour le piédestal; et, à l’extrémité de la bande ceinturante (mekhalā), il doit y avoir un petit foyer (kuṇḍaka). Dans le rite vaiṣṇava, on doit, autant que possible, s’occuper correctement du cordon et de ses nœuds (c’est-à-dire du cordon de mesure et des nœuds repères).

Verse 17

सूत्राणि वा सप्तदश सूत्रेण त्रिविभक्तके रोचनागुरुकर्पूरहरिद्राकुङ्कुमादिभिः

Ou bien, qu’on prépare dix-sept fils (médicamentés). Dans un cordon divisé en trois parties, (ils doivent être) imprégnés de substances telles que la gorocanā, l’aguru (bois d’aloès), le camphre, le curcuma, le safran (kuṅkuma) et autres similaires.

Verse 18

रञ्जयेच्चन्दनाद्यैर् वा स्नानसन्ध्यादिकृन्नरः एकादश्यां यागगृहे भगवन्तं हरिं जयेत्

Ou bien, après avoir oint (la divinité) de santal et d’autres (substances), l’homme qui accomplit le bain rituel, les prières du crépuscule (sandhyā) et les observances connexes doit, au jour d’Ekādaśī, adorer le Seigneur Hari dans le yāga-gṛha (salle sacrificielle).

Verse 19

समस्तपरिवाराय बलिं पीठे समर्चयेत् क्ष्यौं क्षेत्रपालाय द्वारान्ते द्वारोपरि तथा श्रियं

On doit offrir dûment le bali sur le pīṭha à la divinité avec l’ensemble de ses puissances d’accompagnement. En récitant « kṣyauṁ », on doit adorer Kṣetrapāla au seuil; et de même, Śrī sur/au-dessus de la porte.

Verse 20

धात्रे दक्षे विधात्रे च गङ्गाञ्च यमुनां तथा शङ्खपद्मनिधी पूज्य मध्ये वास्त्वपसारणं सारङ्गायेति भूतानां भूतशुद्धिं स्थितश् चरेत्

Après avoir adoré Dhātṛ, Dakṣa et Vidhātṛ, ainsi que les fleuves Gaṅgā et Yamunā, et encore les divinités-trésors Śaṅkha et Padma, on doit, debout au milieu (du lieu ou de la demeure), accomplir le rite nommé « vāstv-apasāraṇa » (expulsion du Vāstu). En récitant « sāraṅgāya » comme formule mantrique, on effectuera la bhūta-śuddhi, purification des êtres, afin d’écarter les présences obstructives.

Verse 21

फट् ह्रूनिति ङ, चिह्नितपुस्तकपाठः ॐ ह्रां हः ह्रूं इति ग, चिह्नितपुस्तकपाठः ॐ ह्रां हः फट् ह्रीमिति ङ, चिह्नितपुस्तकपाठः ॐ ह्रां हः फट् इति ग, चिह्नितपुस्तकपाठः ॐ ह्रूं हः फट् ह्रूं शब्दतन्मात्रं संहरामि नमः पञ्चोद्घातैर् गन्धतन्मात्ररूपं भूमिमण्डलं चतुरस्रञ्च पीतञ्च कठिनं वज्रलाञ्छितम्

« (Lectures variantes :) “phaṭ hrūṃ” — ainsi lit un manuscrit marqué ; “oṃ hrāṃ haḥ hrūṃ” — ainsi lit un autre ; “oṃ hrāṃ haḥ phaṭ hrīṃ” — ainsi lit l’un ; “oṃ hrāṃ haḥ phaṭ” — ainsi lit l’autre. (Le mantra opératif est :) “oṃ hrūṃ haḥ phaṭ hrūṃ—namah : je résorbe (je dissous en retour) l’essence subtile du son, śabda-tanmātra.” Par les cinq émissions dites “udghāta”, on contemple le cercle de la terre (bhūmi-maṇḍala) comme la forme du gandha-tanmātra, l’essence subtile de l’odeur : jaune, carré, dur, et marqué du vajra (signe du diamant/foudre).

Verse 22

इन्द्राधिदैवतं पादयुग्ममध्यगतं स्मरेत् शुद्धञ्च रसतन्मात्रं प्रविलिप्याथ संहरेत् रसमात्ररूपमात्रे क्रमेणानेन पूजकः

Que l’officiant visualise Indra comme divinité présidente, établie au milieu de la paire de pieds. Puis, après avoir appliqué (installé mentalement) le rasa-tanmātra pur, l’essence subtile du goût, qu’il le résorbe de nouveau. Par cette méthode, selon l’ordre prescrit, l’officiant progresse du seul tanmātra du goût vers le seul tanmātra de la forme (rūpa).

Verse 23

ॐ ह्रीं हः फट् ह्रूं रसतन्मात्रं संहरामि नमः ॐ ह्रूं हः फट् रूपतन्मात्रं संहरामि नमः ॐ ह्रीं हः फट् ह्रूं स्पर्शतन्मात्रं संहरामि नमः ॐ ह्रीं हः फट् ह्रूं शब्दतन्मात्रं संहरामि नमः जानुनाभिमध्यगतं श्वेतं वै पद्मलाञ्छितं शुक्लवर्णं चार्धचन्द्रं ध्यायेद्वरुणदैवतं

« oṃ hrīṃ haḥ phaṭ hrūṃ—namah : je dissous le rasa-tanmātra, l’essence subtile du goût. » « oṃ hrūṃ haḥ phaṭ—namah : je dissous le rūpa-tanmātra, l’essence subtile de la forme. » « oṃ hrīṃ haḥ phaṭ hrūṃ—namah : je dissous le sparśa-tanmātra, l’essence subtile du toucher. » « oṃ hrīṃ haḥ phaṭ hrūṃ—namah : je dissous le śabda-tanmātra, l’essence subtile du son. » Ensuite, on méditera sur la divinité Varuṇa, située entre les genoux et le nombril : blanche, marquée de l’emblème du lotus, d’un éclatant teint blanc, et portant le demi-lune.

Verse 24

चतुर्भिश् च तदुद्घातैः शुद्धं तद्रसमात्रकं संहरेद्रूपतन्मात्रै रूपमात्रे च संहरेत्

Et par ses quatre (procédés) d’extraction/résorption, cela est purifié et réduit au seul principe du goût. On doit ensuite le dissoudre dans le tanmātra de la forme (rūpa-tanmātra), puis dissoudre (même) la forme dans le seul (principe de) forme.

Verse 25

ॐ ह्रूं हः फट् ह्रूं रूपतन्मात्रं संहरामि नमः ॐ ह्रूं हः फट् ह्रूं स्पर्शतन्मात्रं संहरामि नमः ॐ ह्रूं हः फट् ह्रूं शब्दतन्मात्रं संहरामि नमः इति त्रिभिस्तदुद्घातैस्त्रिकोणं वह्निमण्डलम् नाभिकण्ठमध्यगतं रक्तं स्वस्तिकलाञ्छितं

«Oṃ hrūṃ haḥ phaṭ hrūṃ» — je dissous (retire) l’essence subtile de la forme (rūpa-tanmātra) ; hommage. «Oṃ hrūṃ haḥ phaṭ hrūṃ» — je dissous l’essence subtile du toucher (sparśa-tanmātra) ; hommage. «Oṃ hrūṃ haḥ phaṭ hrūṃ» — je dissous l’essence subtile du son (śabda-tanmātra) ; hommage. Par ces trois proférations du mantra, on doit contempler le maṇḍala du Feu en triangle, situé entre le nombril et la gorge, rouge, et marqué de l’emblème svastika.

Verse 26

ध्यात्वानलाधिदैवन्तच्छुद्धं स्पर्शे लयं नयत् , चिह्नितपुस्तकपाठः ॐ ह्रं हः फट् हूमिति ङ, चिह्नितपुस्तकपाठः पद्मासनमध्यगतमिति ङ, चिह्नितपुस्तकपाठः ॐ ह्रौं हः फट् ह्रूं स्पर्शतन्मात्रं संहरामि नमः ॐ ह्रौं हः फट् ह्रूं शब्दतन्मात्रं संहरामि नमः कण्ठनासामध्यगतं वृत्तं वै वायुमण्डलम्

Après avoir médité la divinité présidant au Feu comme purifiée, on doit la dissoudre dans le principe du Toucher. (Lecture variante : « oṃ hraṃ haḥ phaṭ hūm ». Lecture variante : « située au milieu du siège de lotus ».) (Variante :) « oṃ hrauṃ haḥ phaṭ hrūṃ — je retire la tanmātra subtile du toucher ; hommage ». « oṃ hrauṃ haḥ phaṭ hrūṃ — je retire la tanmātra subtile du son ; hommage ». La région circulaire située entre la gorge et le nez est véritablement le maṇḍala de l’Air.

Verse 27

द्विरुद्घातैर् धूम्रवर्णं ध्यायेच्छुद्धेन्दुलाञ्छितम् स्पर्शमात्रं शब्दमात्रैः संहरेद्ध्यानयोगतः

Par la double poussée ascendante (du courant vital), on doit méditer le signe intérieur couleur de fumée, marqué par la lune pure ; puis, par la discipline du dhyāna-yoga, on doit retirer le simple toucher (sparśa-mātra) et le fondre dans le simple son (śabda-mātra).

Verse 28

ॐ ह्रौं हः फट् ह्रूं शब्दतन्मात्रं संहरामि नमः एकोद्घातेन चाकाशं शुद्धस्फटिकसन्निभम् नासापुटशिखान्तस्थमाकाशमुपसंहरेत्

«Oṃ hrauṃ haḥ phaṭ hrūṃ — hommage : je retire l’essence subtile du son (śabda-tanmātra).» Ensuite, par une seule poussée ascendante (du souffle/de l’attention), on doit retirer l’espace (ākāśa), resplendissant tel un cristal pur, situé à l’extrémité du passage nasal (au point le plus haut dans la région des narines).

Verse 29

शोषणाद्यैर् देहशुद्धिं कुर्यादेवम् क्रमात्ततः शुष्कं कलेवरं ध्यायेत् पादाद्यञ्च शिखान्तकम्

Par les pratiques commençant par le « dessèchement » (śoṣaṇa) et autres, on doit ainsi accomplir, graduellement, la purification du corps. Ensuite, on doit méditer le corps comme desséché, des pieds jusqu’au sommet de la tête.

Verse 30

यं वीजेन वं वीजेन ज्वालामालासमायुतम् देहं रमित्यनेनैव ब्रह्मरन्ध्राद्विनिर्गतम्

Par la syllabe-graine « yaṁ » et la syllabe-graine « vaṁ », on doit visualiser le corps comme pourvu d’une guirlande de flammes ; et, par cette même profération mantrique « ram », le prāṇa/le Soi s’échappe au-dehors par le Brahmarandhra (l’orifice crânien au sommet).

Verse 31

विन्दुन्ध्यात्वा चामृतस्य तेन भस्मकलेवरम् सम्प्लावयेल्लमित्यस्मात् देहं सम्पाद्य दिव्यकम्

En méditant sur le bindu, semblable à un nectar, on doit, au moyen de cet amṛta, inonder entièrement (imprégner et purifier) le corps devenu comme cendre ; puis, à partir de la syllabe « LAM », on façonne un corps divin.

Verse 32

न्यासं कृत्वा करे देहे मानसं यागमाचरेत् विष्णुं साङ्गं हृदि पद्मे मानसैः कुसुमादिभिः

Après avoir accompli le nyāsa sur la main et sur le corps, on doit pratiquer le sacrifice mental (mānasa-yāga), en adorant Viṣṇu avec Ses aspects/membres associés (sāṅga) dans le lotus du cœur, au moyen d’offrandes mentales telles que des fleurs et autres.

Verse 33

मूलमन्त्रेण देवेशम्प्रार्चयेद्भुक्तिमुक्तिदम् स्वागतं देवदेवेश सन्निधौ भव केशव

Par le mūla-mantra, on doit adorer comme il se doit le Seigneur des dieux, dispensateur à la fois de jouissance mondaine et de délivrance. « Sois le bienvenu, ô Dieu des dieux ; sois présent ici, tout proche, ô Keśava. »

Verse 34

गृहाण मानसीं पूजां यथार्थं परिभाविताम् आधारशक्तिः कूर्माथ पूज्योनन्तो मही ततः

Reçois ce culte mental, médité de façon juste et véridique. (Dans cette visualisation) vient d’abord l’Ādhāra-śakti, la Puissance de support ; puis Kūrma ; ensuite l’adorable Ananta ; et enfin Mahī, la Terre.

Verse 35

मध्येग्न्यादौ च धर्माद्या अधर्मादीन्द्रमुख्यगम् फट् क्रूमिति ङ, चिह्नितपुस्तकपाठः ॐ क्षौं हः फट् क्रूमिति ङ, चिह्नितपुस्तकपाठः ज्वालामालासमप्रभमिति ङ, चिह्नितपुस्तकपाठः यथास्वमिति ख, चिह्नितपुस्तकपाठः धर्मादीनिन्द्रादौ विपरीतकानिति ङ, चिह्नितपुस्तकपाठः सत्त्वादि मध्ये पद्मञ्च मायाविद्याख्यतत्त्वके

Au centre, en commençant par Agni, qu’on place/visualise Dharma et les autres vertus; et dans la zone commençant par Indra et les principales divinités, qu’on place Adharma et le reste en ordre inversé. Dans certains manuscrits, la lecture du mantra est signalée comme : « phaṭ, krūṃ » et aussi « oṃ kṣauṃ haḥ phaṭ krūṃ »; certains ajoutent : « ayant l’éclat d’une guirlande de flammes » et « chacun en sa place propre ». Au milieu de Sattva et des autres guṇa, qu’on place le lotus dans le tattva nommé Māyā/Vidyā.

Verse 36

कालतत्त्वञ्च सूर्यादिमण्डलं पक्षिराजकः मध्ये ततश् च वायव्यादीशान्ता गुरुपङ्क्तिकाः

Et l’on doit placer/figurer le principe du Temps, kāla-tattva, ainsi que le cercle solaire et planétaire (sūryādi-maṇḍala). Au milieu se tient le « roi des oiseaux », Garuḍa ; ensuite, du nord-ouest (vāyavya) jusqu’au nord-est (īśāna), se déploient les rangées des gurus (gurupaṅktikāḥ).

Verse 37

गणः सरस्वती पूज्या नारदो नलकूवरः गुरुर्गुरुपादुका च परो गुरुश् च पादुका

Gaṇa (l’assistant divin) doit être adoré ; Sarasvatī doit être adorée ; de même Nārada et Nalakūvara. Le Guru, les sandales du Guru (gurupādukā), le Guru suprême, et (ses) sandales doivent pareillement être vénérés.

Verse 38

पूर्वसिद्धाः परसिद्धाः केशरेषु च शक्तयः लक्ष्मीः सरस्वती प्रीतिः कीर्तिः शान्तिश् च कान्तिका

Sur les filaments (keśara) se tiennent aussi les Śakti : celles accomplies auparavant (pūrva-siddhāḥ) et celles accomplies ensuite (para-siddhāḥ) ; à savoir Lakṣmī, Sarasvatī, Prīti (affection), Kīrti (renommée), Śānti (paix) et Kāntikā (splendeur).

Verse 39

पुष्टिस्तुष्टिर्महेन्द्राद्या मध्ये वाचाहितो हरिः धृतिः श्रीरतिकान्त्याद्या मूलेन स्थापितो ऽच्युतः

Puṣṭi (prospérité), Tuṣṭi (satisfaction) et le groupe commençant par Mahendra doivent être placés (invoqués) au centre ; Hari doit y être établi par la puissance de la parole/mantra. De même, Dhṛti (constance), Śrī, Rati, Kānti et les autres doivent être établis à la racine ; ainsi Acyuta est installé par le mantra-racine (mūla-mantra).

Verse 40

ॐ अभिमुखो भवेति प्रार्थ्य सन्निहितो भव विन्यस्यार्घ्यादिकं दत्वा गन्धाद्यैर् मूलतो यजेत्

Après avoir imploré la divinité par le mantra : « Oṁ, tourne-toi vers moi », puis : « Sois présent ici », on accomplira le nyāsa prescrit ; ensuite, après avoir offert l’arghya et les autres offrandes préliminaires, on adorera depuis la racine (c’est-à-dire dès le commencement) avec la pâte de santal et les autres offrandes.

Verse 41

ॐ भीषय भीषय हृत् शिरस्त्रासय वै पुनः मर्दय मर्दय शिखा अग्न्यादौ शस्त्रतोस्त्रकं

Oṁ—Terrifie, terrifie ! Fais naître la peur dans le cœur ; de nouveau, fais trembler la tête. Écrase, écrase ! Que la śikhā (flamme/crête) d’Agni écrase l’arme et le projectile.

Verse 42

रक्ष रक्ष प्रध्वंसय प्रध्वंसय कवचाय नमस्ततः ॐ ह्रूं फट् अस्त्राय नमो मूलवीजेन चाङ्गकं

« Protège, protège ; détruis, détruis ! » Salut au kavaca (armure protectrice). Puis : « Oṁ hrūṃ phaṭ »—salut à l’astra (mantra-arme). Et l’on accomplira l’aṅga-nyāsa au moyen de la syllabe-semence racine (mūla-bīja).

Verse 43

पूर्वदक्षाप्यसौम्येषु मूर्त्यावरणमर्चयेत् वासुदेवः सङ्कर्षणः प्रद्युम्नश्चानिरुद्धकः

Dans les directions de l’est, du sud et du nord, on adorera l’entourage qui entoure les formes de la divinité : Vāsudeva, Saṅkarṣaṇa, Pradyumna et Aniruddha.

Verse 44

अग्न्यादौ श्रीधृतिरतिकान्तयो मूर्तयो हरेः शङ्खचक्रगदापद्ममग्न्यादौ पूर्वकादिकं

En commençant par Agni, les formes (mūrti) de Hari sont : Śrī, Dhṛti, Rati et Kānti ; et, en commençant par Agni selon l’ordre prescrit, viennent les emblèmes : la conque (śaṅkha), le disque (cakra), la massue (gadā) et le lotus (padma), dans la suite indiquée.

Verse 45

शार्ङ्गञ्च मुषलं खड्गं वनमालाञ्च तद्वहिः इन्द्राद्याश् च तयानन्तो नैरृत्यां वरुणस्ततः

Et l’on doit (disposer/visualiser) l’arc Śārṅga, la massue, l’épée et la guirlande forestière ; à l’extérieur de cet agencement se tiennent Indra et les autres (divinités des directions). Selon le même ordre des points cardinaux, Ananta est à placer au sud-ouest (Nairṛtya), puis Varuṇa ensuite.

Verse 46

ब्रह्मेन्द्रेशानयोर्मध्ये अस्त्रावरणकं वहिः ऐरावतस्ततश्छागो महिषो वानरो झषः

Entre les stations de Brahmā, d’Indra et d’Īśāna, on doit établir l’enceinte protectrice des armes (astra-āvaraṇaka) ; à l’extérieur se placent Airāvata, puis la chèvre, le buffle, le singe et le poisson.

Verse 47

गणश् च तासु पूज्यो ऽथ इति ङ, चिह्नितपुस्तकपाठः रक्ष रक्ष प्रध्वंसय कवचायेति ङ, चिह्नितपुस्तकपाठः ॐ ह्रीमिति ख, चिह्नितपुस्तकपाठः मृगः शशो ऽथ वृषभः कूर्मो हंसस्ततो वहिः पृश्निगर्भः कुमुदाद्या द्वारपाला द्वयं द्वयं

Et parmi eux, Gaṇa (Gaṇeśa) doit être honoré ; ainsi porte la leçon du manuscrit marqué. « Protège, protège ; anéantis (tous les obstacles) — pour l’armure (kavaca) » : ainsi porte la leçon du manuscrit marqué. « Oṃ hrīm » : ainsi porte la leçon du manuscrit marqué. Comme gardiens des portes, disposés par paires aux entrées, se tiennent : le Cerf, le Lièvre, le Taureau, la Tortue, le Cygne ; puis Vahi ; ainsi que Pṛśnigarbha, Kumuda et les autres — placés deux par deux.

Verse 48

पूर्वाद्युत्तरद्वारान्तं हरिं नत्वा बलिं वहिः विष्णुपार्षदेभ्यो नमो बलिपीठे बलिं ददेत्

Après s’être incliné devant Hari au seuil—du côté est jusqu’au côté nord—on doit porter l’offrande bali à l’extérieur ; (en disant) « Hommage aux serviteurs de Viṣṇu », on déposera le bali sur le bali-pīṭha (autel d’offrande).

Verse 49

विश्वाय विश्वक्सेनात्मने ईशानके यजेत् देवस्य दक्षिणे हस्ते रक्षासूत्रञ्च बन्धयेत्

On doit accomplir le culte d’Īśānaka—en l’invoquant comme « Viśva » et comme l’essence même de Viśvaksena—et l’on attachera un fil protecteur (rakṣā-sūtra) à la main droite de la divinité.

Verse 50

संवत्सरकृताचार्याः सम्पूर्णफलदायिने पवित्रारोहणायेदं कौतुकं धारय ॐ नमः

Ô maître officiant qui as observé la discipline d’une année, afin d’accorder des fruits complets : porte (ou noue) cette amulette de consécration pour le rite de Pavitrārohaṇa, la mise en place du pavitra (fil/guirlande sacrée). Oṃ, hommage.

Verse 51

उपवासादिनियमं कुर्याद्वै देवसन्निधौ उपवासादिनियतो देवं सन्तोषयाम्यहम्

En la présence même de la divinité, on doit entreprendre la discipline du jeûne et des observances connexes. Ainsi maîtrisé par le jeûne et de tels vœux, je satisfais le dieu.

Verse 52

कामक्रोधादयः सर्वे मा मे तिष्ठन्तु सर्वथा अद्यप्रभृति देवेश यावद्वैशेषिकं दिनम्

Ô Seigneur des dieux, dès ce jour, que le désir, la colère et tous les défauts semblables ne demeurent en moi d’aucune manière, jusqu’au jour fixé.

Verse 53

यजमानो ह्य् अशक्तश्चेत् कुर्यान्नक्तादिकं व्रती हुत्वा विसर्जयेत् स्तुत्वा श्रीकरन्नित्यपूजनम् ॐ ह्रीं श्रीं श्रीधराय त्रैलोक्यमोहनाय नमः

Si le yajamāna (le sacrifiant) est incapable (d’accomplir le rite pleinement), l’observant du vœu doit pratiquer des règles telles que naktā-ādi (ne manger que la nuit). Après avoir accompli le homa, il doit conclure et procéder à la visarjana (congé/achèvement), puis, après avoir loué la divinité, accomplir le culte quotidien qui confère la prospérité. (Mantra :) «Oṃ hrīṃ śrīṃ—hommage à Śrīdhara, l’Enchanteur des trois mondes».

Frequently Asked Questions

Precise ritual engineering: calendrical eligibility (tithi/season), measurable standards for pavitra and mālā (108/1008 counts; aṅgula lengths), knot/granthi rules, and a stepwise bhūta-śuddhi dissolution sequence supported by specific mantra-utterances and internal visualization loci.

It links external correctness (pavitra, bali, āvaraṇa, protective rites) with internal purification (bhūta-śuddhi, deha-śuddhi, divya-deha formation) and disciplined restraint (upavāsa, control of kāma/krodha), presenting ritual precision as a direct support for bhakti, mental clarity, and ultimately mukti.