Adhyaya 24
Agneya-vidyaAdhyaya 2459 Verses

Adhyaya 24

Chapter 24 — कुण्डनिर्माणादिविधिः (Procedure for Constructing the Fire-pit and Related Rites)

Dans ce chapitre, Nārada annonce l’agni-kārya (l’œuvre rituelle du feu) qui assure la réussite des buts désirés, et il commence par des prescriptions de type vāstu pour le homa-kuṇḍa : mesurer et creuser l’emplacement à l’aide d’une corde, former la mekhalā (rebord surélevé) et façonner le canal yoni avec des largeurs graduées, une pente prescrite et une orientation déterminée. Le texte présente ensuite des géométries alternatives du kuṇḍa—circulaire, en demi-lune, en forme de lotus—ainsi que des règles de proportion pour les instruments (śruk/śruva et bol sruva), en insistant sur des mesures exactes fondées sur l’aṅgula. Après cette section architecturale et instrumentale, le chapitre passe à la séquence rituelle : disposer la darbha en couches, placer les vases, préparer l’eau praṇīta, asperger et consacrer le ghee (ājya-saṃskāra), puis accomplir le homa en prenant le Praṇava (Om) comme principe mantrique unificateur. Le rite est relié aux saṃskāra (de garbhādhāna à samāvartana), montrant l’intégration des rites domestiques et des étapes de la vie dans le culte vaiṣṇava du feu. Enfin, il s’approfondit en une méditation cosmologique intériorisée—purification du bīja, visualisation du brahmāṇḍa, transformation du liṅga—culminant avec des éléments d’initiation du disciple sous la conduite du guru, des offrandes à Viśvaksena, et l’enseignement final : le bhoktā obtient l’accomplissement mondain, tandis que le mumukṣu se résorbe en Hari, unissant bhukti et mukti par une science rituelle disciplinée.

Shlokas

Verse 1

इत्य् आदिमहापुराणे आग्नेये आदिमूर्त्यादिपूजाविधिर्नाम त्रयोविंशो ऽध्यायः अथ चतुर्विंशो ऽध्यायः कुण्डनिर्माणादिविधिः नारद उवाच अग्निकार्यं प्रवक्ष्यामि येन स्यात्सर्वकामभाक् चतुरभ्यधिकं विंशमङ्गुलं चतुरस्रकं

Ainsi s’achève, dans l’Agni Purāṇa—le Mahāpurāṇa primordial—le vingt-troisième chapitre intitulé « Procédure de culte commençant par la Forme primordiale (Ādi-mūrti) ». Commence maintenant le vingt-quatrième chapitre : « Procédure de construction du foyer sacrificiel (kuṇḍa) et rites connexes ». Nārada dit : « J’exposerai le rite du feu sacré (agni-kārya), par lequel on obtient l’accomplissement de tous les désirs. (Le foyer doit être) carré, mesurant vingt-quatre aṅgula. »

Verse 2

सूत्रेण सूत्रयित्वा तु क्षेत्रं तावत् खनेत्समं खातस्य मेखला कार्या त्यक्त्वा चैवाङ्गुलद्वयं

Après avoir délimité l’emplacement au moyen d’un cordeau de mesure (sūtra), on doit ensuite creuser le sol de façon uniforme. Autour de la zone excavée, on fera une bordure surélevée (mekhalā), en laissant une marge de deux largeurs de doigt (aṅgula).

Verse 3

सत्त्वादिसञ्ज्ञा पूर्वाशा द्वादशाङ्गुलमुच्छ्रिता अष्टाङ्गुला द्व्यङुलाथ चतुरङ्गुलविस्तृता

La ligne orientale (de face), désignée par l’appellation commençant par « Sattva », doit être élevée à une hauteur de douze aṅgula ; puis huit aṅgula, puis deux aṅgula, et l’on prescrit aussi une largeur de quatre aṅgula.

Verse 4

योनिर्दशाङ्गुला रम्या षट्चतुर्द्व्यङ्गुलाग्रगा क्रमान्निम्ना तु कर्तव्या पश्चिमाशाव्यवस्थिता

Le canal (en forme de yoni) doit être façonné de manière harmonieuse, long de dix aṅgula. Son ouverture/avant doit présenter, par degrés successifs, des largeurs de six, quatre et deux aṅgula ; il doit être construit avec une pente descendante progressive et disposé en direction de l’ouest.

Verse 5

अश्वत्थपत्रसदृशी किञ्चित् कुण्डे निवेशिता तुर्याङ्गुलायता नालं पञ्चदशाङ्गुलायतं

Légèrement enchâssée dans une cuve (kuṇḍa), elle doit être façonnée à l’image d’une feuille d’aśvattha (figuier sacré). Son tube (nāla) doit mesurer quatre aṅgula de longueur, et (l’ensemble de la pièce) quinze aṅgula.

Verse 6

मूलन्तु त्र्यङ्गुलं योन्या अग्रं तस्याः षडङ्गुलं लक्षणञ्चैकहस्तस्य द्विगुणं द्विकरादिषु

La base (mūla), dans la yoni (logement du piédestal), est de trois aṅgula ; sa partie antérieure est de six aṅgula. La norme prescrite pour une image à une main doit être doublée pour les formes à deux mains et autres (à plusieurs bras).

Verse 7

एकत्रिमेखलं कुण्डं वर्तुलादि वदाम्यहं सद्मादिसञ्ज्ञा इति ख, चिह्नितपुस्तकपाठः मलन्तु द्व्यङ्गुलमिति ग,चिह्नितपुस्तकपाठः कुण्डार्धे तु स्थितं सूत्रं कोणे यदतिरिच्यते

Je décrirai les formes circulaire et autres du foyer sacrificiel à une seule terrasse (eka-tri-mekhalā). La corde, placée au milieu du foyer, est ce qui dépasse vers l’angle ; (dans les leçons manuscrites marquées, on trouve des variantes telles que « sadmādi-saṁjñā » et « mala—deux aṅgula »).

Verse 8

तदर्धं दिशि संस्थाप्य भ्रामितं वर्तुलं भवेत् कुण्डार्धं कोणभागार्धं दिशिश्चोत्तरतो वहिः

En plaçant la moitié de cette mesure dans la direction prescrite et en la faisant tourner, on obtient une forme circulaire. Ainsi, la demi-mesure détermine la moitié du kuṇḍa (fosse du feu) ; et la moitié de la portion d’angle est disposée dans la direction—à l’extérieur—vers le nord.

Verse 9

पूर्वपश्चिमतो यत्नाल्लाञ्छयित्वा तु मध्यतः संस्थाप्य भ्रामितं कुण्डमर्धचन्द्रं भवेत् शुभं

Après l’avoir soigneusement tracé selon l’axe est–ouest, puis l’avoir établi au centre et l’avoir tourné/orienté correctement, le kuṇḍa (fosse du feu) prend la forme de « demi-lune » (ardha-candra), un tracé de bon augure.

Verse 10

पद्माकारे दलानि स्युर्मेखलानान्तु वर्तुले बाहुदण्डप्रमाणन्तु होमार्थं कारयेत् स्रुचं

Ses saillies en forme de feuilles doivent être façonnées à l’image du lotus ; et ses ceintures circulaires (mekhalā) doivent être rondes. Pour le homa (offrande au feu), on fera fabriquer la louche sacrée (sruc) selon la mesure de l’avant-bras.

Verse 11

सप्तपञ्चाङ्गुलं वापि चतुरस्रन्तु कारयेत् त्रिभागेन भवेद्गर्तं मध्ये वृत्तं सुशोभनम्

On le construira en carré, chaque côté mesurant sept ou cinq aṅgulas. La fosse (garta) sera faite en trois divisions, avec au centre une aire circulaire bien formée, d’un bel aspect.

Verse 12

तिर्यगूर्ध्वं समं खाताद्वहिरर्धन्तु शोधयेत् अङ्गुलस्य चतुर्थांशं शेषार्धार्धं तथान्ततः

À partir de la ligne creusée (tranchée/fosse), on doit achever et rectifier l’extérieur à mesure égale, horizontalement comme verticalement, en ôtant les irrégularités jusqu’à la moitié. Ensuite, d’un aṅgula on retranche un quart ; et enfin, le reste est encore réduit de moitié.

Verse 13

खातस्य मेखलां रम्यां शेषार्धेन तु कारयेत् कण्ठं त्रिभागविस्तारं अङ्गुष्ठकसमायतं

Avec la moitié restante de la mesure prescrite, qu’on façonne une belle ceinture (mekhalā) pour la cavité ou l’alvéole (khāta). Le col (kaṇṭha) doit avoir une largeur de trois parts et une hauteur égale à une largeur de pouce (aṅguṣṭhaka).

Verse 14

सार्धमङ्गुष्ठकं वा स्यात्तदग्रे तु मुखं भवेत् चतुरङ्गुलविस्तारं पञ्चाङ्गुलमथापि वा

La mesure peut être d’une largeur et demie de pouce (aṅguṣṭhaka) ; et à l’avant doit se trouver la face. La largeur sera de quatre largeurs de doigt, ou bien de cinq largeurs de doigt.

Verse 15

त्रिकं द्व्यङ्गुलकं तत् स्यान्मध्यन्तस्य सुशोभनम् आयामस्तत्समस्तस्य मध्यनिम्नः सुशोभनः

Cette mesure en triade (tri-ka) sera de deux aṅgulas ; elle embellit la partie médiane et l’extrémité. La longueur totale doit être proportionnée, et un léger creux au centre est d’un bel effet.

Verse 16

शुषिरं कण्ठदेशे स्याद्विशेद् यावत् कनीयसी शेषकुण्डन्तु कर्तव्यं यथारुचि विचित्रितं

Qu’on pratique un creux dans la région du cou (kaṇṭha-deśa) ; qu’il soit percé jusqu’à la mesure de l’auriculaire. Ensuite, le kuṇḍa restant (logement/creuset) doit être façonné selon le goût, orné de motifs variés.

Verse 17

स्रुवन्तु हस्तमात्रं स्याद्दण्डकेन समन्वितं वटुकं द्व्यङ्गुलं वृत्तं कर्तव्यन्तु सुशोभनं

Le sruva (louche d’offrande) doit avoir la longueur d’une main et être muni d’un manche. Son récipient (vaṭuka) doit être rond, de deux largeurs de doigt, façonné avec soin et élégance.

Verse 18

कुण्डकेन समन्वितमिति ख, चिह्नितपुस्तकपाठः कण्ठकं द्व्यङ्गुलमिति ख, चिह्नितपुस्तकपाठः चन्द्राभं द्व्यङ्गुलमिति ङ, चिह्नितपुस्तकपाठः गोपदन्तु यथा मग्नमल्पपङ्के तथा भवेत् उपलिप्य लिखेद्रेखामङ्गुलां वज्रनासिकां

(Leçons variantes : « muni d’un kuṇḍaka », dit un manuscrit annoté ; « le kaṇṭhaka mesure deux aṅgulas », dit le même ; « le candrābha, semblable à la lune, mesure deux aṅgulas », dit un autre.) L’empreinte dite « pas de vache » doit ressembler à une trace enfoncée dans une boue peu profonde. Après avoir enduit la surface, on tracera la ligne directrice (rekhā) d’un aṅgula de largeur, avec une pointe « vajra-nāsikā » (en forme de foudre/diamant).

Verse 19

सौम्याग्रा प्रथमा तस्यां रेखे पूर्वमुखे तयोः मध्ये तिस्रस् तथा कुर्याद्दक्षिणादिक्रमेण तु

Dans cette disposition, la première ligne doit avoir sa pointe tournée vers le côté propice (le nord) ; et les deux lignes doivent faire face à l’est. Entre elles, on tracera de même trois lignes supplémentaires, en suivant l’ordre qui commence par le sud.

Verse 20

एवमुल्लिख्य चाभ्युक्ष्य प्रणवेन तु मन्त्रवित् विष्टरं कल्पयेत्तेन तस्मिन् शक्तिन्तु वैष्णवीं

Ainsi, après avoir tracé (la figure prescrite) et l’avoir aspergée d’eau consacrée, le connaisseur des mantras doit, au moyen du Praṇava (Oṁ), disposer le viṣṭara, siège/autel rituel ; et sur celui-ci il doit établir la Vaiṣṇavī Śakti, la puissance divine de Viṣṇu.

Verse 21

अलं कृत्वा मूर्तिमतीं क्षिपेदग्निं हरिं स्मरन् प्रादेशमात्राः समिधो दत्वा परिसमुह्य तं

Après avoir rendu (l’autel/la disposition) complet et l’avoir constitué en un rite à l’agencement bien manifeste, on doit allumer/placer le feu en se souvenant de Hari (Viṣṇu). Après avoir offert des bûchettes rituelles (samidh) d’environ une empan (prādeśa), on doit ensuite rassembler et disposer soigneusement tout autour.

Verse 22

दर्भैस्त्रिधा परिस्तीर्य पूर्वादौ तत्र पात्रकं आसादयेदिध्मवह्नी भूमौ च श्रुक्श्रुवद्वयं

Après avoir étendu l’herbe darbha en trois couches—en commençant par le côté est—on placera là le récipient (pātraka). Et sur le sol on déposera le bois d’allumage et le feu, ainsi que la paire de louches rituelles (śruk et śruva).

Verse 23

आज्यस्थाली चरुस्थाली कुशाज्यञ्च प्रणीतया प्रोक्षयित्वा प्रोक्षणीञ्च गृहीत्वापूर्य वारिणा

Après avoir aspergé avec l’eau praṇītā la coupe du ghee (ājya-sthālī), la coupe du caru (offrande cuite) et le kuśa enduit de ghee, on prendra ensuite la prokṣaṇī (vase d’aspersion) et on la remplira d’eau.

Verse 24

पवित्रान्तर्हिते हस्ते परिश्राव्य च तज्जलं प्राङ्नीत्वा प्रोक्षणीपात्रण् ज्योतिरग्रे निधाय च

La main tenant le pavitra (anneau/herbe purificatrice), on filtrera cette eau en la laissant s’écouler; puis, tourné vers l’est, on prendra le vase prokṣaṇī et on le déposera devant le feu sacré (la lumière).

Verse 25

तदद्भिस्त्रिश् च सम्प्रोक्ष्य इद्ध्मं विन्यस्य चाग्रतः प्रणीतायां सुपुष्पायां विष्णुं ध्यात्वोत्तरेण च

Avec cette eau, qu’on asperge trois fois et qu’on dispose le bois d’allumage devant soi; dans le vase de praṇītā orné de belles fleurs, qu’on médite sur Viṣṇu puis qu’on poursuive selon le mantra/rite suivant.

Verse 26

आज्यस्थालीमथाज्येन सम्पूर्याग्रे निधाय च सम्प्लवोत्पवनाभ्यान्तु कुर्यादाज्यस्य संस्कृतिं

Ensuite, ayant rempli de ghee la coupe à ghee (ājya-sthālī) et l’ayant placée devant (près du feu/de l’autel), on accomplira la consécration (saṃskṛti) du ghee au moyen des deux actes nommés samplava et utpavana.

Verse 27

अखण्डिताग्रौ निर्गर्भौ कुशौ प्रादेशमात्रकौ ताभ्यामुत्तानपाणिभ्यामङ्गुष्ठानामिकेन तु

Deux brins de kuśa, aux pointes intactes et sans nœuds, chacun long d’un prādeśa (une paume); ils doivent être tenus paumes tournées vers le haut, entre le pouce et l’annulaire.

Verse 28

आज्यं तयोस्तु सङ्गृह्य द्विर्नीत्वा त्रिरवाङ्क्षिपेत् स्रुक्स्रुवौ चापि सङ्गृह्य ताभ्यां प्रक्षिप्य वारिण

Ayant recueilli le ghee de ces (louches), on doit le puiser deux fois et le verser vers le bas trois fois. Puis, ayant rassemblé aussi les louches rituelles sruk et sruva, on doit les rincer avec de l’eau.

Verse 29

रुद्रनासिकामिति ख, चिह्नितपुस्तकपाठः वक्त्रनासिकामिति ङ, चिह्नितपुस्तकपाठः आद्यं तयोस्तु सम्पूज्य त्रीन् वारानूर्ध्वमुत्क्षिपेदिति ङ, चिह्नितपुस्तकपाठः प्रतप्य दर्भैः सम्मृज्य पुनः प्रक्ष्याल्य चैव हि निष्टप्य स्थापयित्वा तु प्रणवेनैव साधकः

Après l’avoir chauffé et l’avoir essuyé avec l’herbe darbha, il doit le laver de nouveau. Puis, l’ayant entièrement séché et placé à l’endroit qui convient, le pratiquant doit parachever (ou consacrer) l’acte par la seule syllabe « Oṃ » (Pranava). (Les manuscrits marqués notent des variantes : « rudra-nāsikā » vs « vaktra-nāsikā », et l’instruction que, après avoir d’abord honoré les deux, on élève le premier vers le haut trois fois.)

Verse 30

प्रणवादिनमोन्तेन पश्चाद्धोमं समाचरेत् गर्भाधानादिकर्माणि यावदंशव्यवस्थया

Après avoir achevé la formule de salutation commençant par « Oṃ », on doit ensuite accomplir correctement le homa. Et les rites commençant par garbhādhāna (rite de la conception) doivent être exécutés selon la division et l’ordre prescrits (de leurs parties).

Verse 31

नामान्तं व्रतबन्धान्तं समावर्तावसानकम् अधिकारावसानं वा कर्यादङ्गानुसारतः

On doit accomplir le rite de clôture conformément aux aṅgas (actes subsidiaires) prescrits : soit à l’achèvement de la cérémonie du nom, soit à l’achèvement du vratabandha (initiation à un vœu/une discipline), soit à l’achèvement du samāvartana (rite de fin d’études et de retour), soit à l’achèvement de son adhikāra (période autorisée d’éligibilité).

Verse 32

प्रणवेनोपचारन्तु कुर्यात्सर्वत्र साधकः अङ्गैर् होमस्तु कर्तव्यो यथावित्तानुसारतः

Le pratiquant doit, en tout rite, accomplir les actes de culte (upacāra) en employant le Pranava, la syllabe « Oṃ ». Le homa (offrande au feu) doit être exécuté avec les aṅgas prescrits, selon les moyens dont on dispose.

Verse 33

गर्भादानन्तु प्रथमं ततः पुंसवनं स्मृतम् सीमन्तोन्नयनं जातकर्म नामान्नप्राशनम्

D’abord vient le Garbhādhāna (rite de la conception) ; ensuite on rappelle le Puṃsavana ; puis le Sīmantonnayana ; (après quoi) le Jātakarman (rite de la naissance), le Nāmakaraṇa (don du nom) et l’Annaprāśana (première prise de nourriture solide par l’enfant).

Verse 34

चूडकृतिं व्रतबन्धं वेदव्रतान्यशेषतः समावर्तनं पत्न्या च योगश्चाथाधिकारकः

Le rite de la tonsure (cūḍākaraṇa), l’initiation aux vœux (vrata-bandha), l’ensemble des observances de l’étudiant védique accomplies pleinement, le rite de fin d’études (samāvartana), et la discipline du yoga avec l’épouse : tels sont ensuite les points qui confèrent l’aptitude (aux rites et devoirs à venir).

Verse 35

हृदादिक्रमतो ध्यात्वा एकैकं कर्म पूज्य च अष्टावष्टौ तु जुहुयात् प्रतिकर्माहुतीः पुनः

En méditant selon l’ordre prescrit, en commençant par le Cœur (hṛd-nyāsa et les placements qui suivent), et en vénérant chaque rite séparément, on doit ensuite offrir des oblations—huit et huit encore—en répétant une fois de plus les oblations correspondant à chaque rite (prati-karman).

Verse 36

पूर्णाहुतिं ततो दद्यात् श्रुचा मूलेन साधकः वौषडन्तेन मन्त्रेण प्लुतं सुस्वरमुच्चरन्

Ensuite, le pratiquant doit offrir la pūrṇāhuti (oblations plénière) avec la louche (śrucā), en employant le mantra racine (mūla-mantra) ; le prononçant d’une voix prolongée (pluta) et bien modulée, le mantra se terminant par « vauṣaṭ ».

Verse 37

विष्णोर्वह्निन्तु संस्कृत्य श्रपयेद्वैष्णवञ्चरुम् आराध्य स्थिण्डिले विष्णुं मन्त्रान् संस्मृत्य संश्रपेत्

Après avoir dûment consacré le feu à Viṣṇu, on doit cuire le caru vaiṣṇava (bouillie de riz sacrificielle). Ayant adoré Viṣṇu sur l’autel rituel (sthiṇḍila) et s’étant remémoré les mantras prescrits, on achèvera la cuisson/l’offrande conformément à ceux-ci.

Verse 38

आसनादिक्रमेणैव साङ्गावरणमुत्तमम् गन्धपुष्पैः समभ्यर्च्य ध्याता देवं सुरोत्तमम्

En suivant l’ordre prescrit, à commencer par l’offrande du siège (āsana) et les rites connexes, on doit accomplir l’adoration excellente de la divinité, avec Ses membres et les divinités d’entourage du cercle (āvaraṇa). Après avoir dûment honoré par des parfums et des fleurs, l’adorant doit méditer sur ce Dieu, le suprême parmi les dieux.

Verse 39

आधायेध्ममथाघारावाज्यावग्नीशसंस्थितौ नियुज्य स्थापयित्वेति ख, चिह्नितपुस्तकपाठः देवव्रतान्यशेषत इति ख, चिह्नितपुस्तकपाठः योगश्चाथाधिकारत इति ख, चिह्नितपुस्तकपाठः मन्त्रान् सन्तर्प्य संत्रपेत् इति ख, घ, चिह्नितपुस्तकद्वयपाठः वायव्यनैरृताशादिप्रवृत्तौ तु यथाक्रमम्

Après avoir d’abord placé le bois d’allumage (idhma), qu’il dispose ensuite les deux libations āghāra de ghee à leurs emplacements appropriés par rapport au feu présidé par Agni. Puis qu’il assigne les actes requis et les établisse dans l’ordre. Qu’il accomplisse intégralement les observances divines (devavrata) ainsi que la discipline yogique prescrite selon son éligibilité. Ayant satisfait les mantras par la récitation et les oblations, qu’il procède ensuite selon la succession rituelle lorsqu’il entreprend les rites commençant par ceux liés aux directions Vāyavya (nord-ouest) et Nairṛta (sud-ouest), et ainsi de suite.

Verse 40

आज्यभागौ ततो हुत्वा चक्षुषी दक्षिणोत्तरे मध्येथ जुहुयात्सर्वमन्त्रानर्चाक्रमेण तु

Ensuite, après avoir offert les deux parts d’ājya (ājyabhāga), qu’il offre au centre les deux oblations « Cakṣuṣī », droite et gauche. Puis qu’il accomplisse les oblations de tous les mantras selon l’ordre prescrit du culte (arcā-krama).

Verse 41

आज्येन तर्पयेन्मूर्तेर्दशांशेनाङ्गहोमकम् शतं सहस्रं वाज्याद्यैः समिद्भिर्वा तिलैः सह

Avec le ghee, on doit accomplir l’offrande de satiation (tarpana) à la forme (mūrti) de la divinité ; et, avec un dixième (du nombre principal), on doit accomplir l’aṅga-homa, l’oblation auxiliaire aux membres. On peut offrir cent ou mille oblations, avec du ghee et autres substances semblables, ou avec des baguettes de combustible (samidh), ou encore avec des graines de sésame.

Verse 42

समाप्यार्चान्तु होमान्तां शुचीन् शिष्यानुपोषितान् आहूयाग्रे निवेश्याथ ह्य् अस्त्रेण प्रोक्षयेत् पशून्

Après avoir dûment achevé l’adoration jusqu’à la conclusion du homa, qu’il convoque les disciples purifiés, qu’il a entretenus et formés, et qu’il les fasse asseoir devant. Ensuite, au moyen de l’Astra-mantra, qu’il asperge d’eau consacrée les animaux, afin de les purifier et de les consacrer.

Verse 43

शिष्यानात्मनि संयोज्य अविद्याकर्मबन्धनैः लिङ्गानुवृत्तश् चैतन्यं सह लिङ्गेन पाशितम्

Ayant attelé les disciples au Soi (Ātman) par les liens de l’ignorance (avidyā) et du karma, la conscience—suivant le liṅga (corps subtil)—se trouve entravée avec ce liṅga même.

Verse 44

ध्यानमार्गेन सम्प्रोक्ष्य वायुवीजेन शोधयेत् ततो दहनवीजेन सृष्टिं ब्रह्माण्डसञ्ज्ञिकाम्

Par la voie de la méditation, après avoir aspergé rituellement (saṃprokṣa) le corps ou le champ de pratique, qu’on le purifie par le Vāyu-bīja ; puis, par le Dahana (Agni)-bīja, qu’on engendre la création dite « Brahmāṇḍa » (l’Œuf cosmique).

Verse 45

निर्दग्धां सकलां ध्यायेद्भस्मकूटनिभस्थिताम्

Qu’on médite (sur Elle/cette forme) comme entièrement consumée, demeurant telle un monceau de cendre.

Verse 46

प्लावयेद्वारिणा भस्म संसारं वार्मयंस्मरेतप्_२४०४५च्द्तत्र शक्तिं न्यसेत् पश्चात् पार्थिवीं बीजसञ्ज्ञिकाम् तन्मात्राभिः समस्ताभिः संवृतं पार्थिवं शुभम्

Qu’on humecte la cendre avec de l’eau et qu’on contemple le monde rituel comme constitué d’eau. Là, ensuite, qu’on installe (nyāsa) la Puissance (Śakti) ; puis, l’élément Terre, désigné par sa syllabe-semence. Ainsi s’établit l’auspicieux principe terrestre, enveloppé de toutes les tanmātrā (éléments subtils).

Verse 47

अण्डन्तदुद्भवन्ध्यायेत्तदाधारन्तदात्मकम् तन्मध्ये चिन्तयेन्मूर्तिं पौरुषीं प्रणवात्मिकाम्

Qu’on médite sur l’Œuf cosmique (aṇḍa) et sur Cela d’où il procède—Cela qui en est le support et l’essence même. En son milieu, qu’on contemple la forme du Puruṣa, dont la nature est le Praṇava (Oṃ).

Verse 48

लिङ्गं सङ्क्रामयेत् पश्चादात्मस्थं पूर्वसंस्कृतम् विभक्तेन्द्रियसंस्थानं क्रमाद् वृद्धं विचिन्तयेत्

Ensuite, l’on doit faire passer le liṅga (corps subtil), auparavant purifié par la discipline, et l’établir dans le Soi; puis l’on doit contempler, selon l’ordre requis, l’agencement du corps subtil formé des facultés sensorielles différenciées et sa croissance progressive par degrés.

Verse 49

ततोण्डमब्दमेकं तु स्थित्वा द्विशकलीकृतम् समिद्भिर्वा तिलैस् तथा इति घ, चिह्नितपुस्तकपाठः सह लिङ्गेन दर्शितमिति ङ, चिह्नितपुस्तकपाठः संसारञ्चाक्षयं स्मरेदिति ख, चिह्नितपुस्तकपाठः स्थण्डिले पूर्वसंस्कृतमिति ख, चिह्नितपुस्तकपाठः द्यावापृथिव्यौ शकले तयोर्मध्ये प्रजापतिम्

Puis, après être demeuré une année dans l’œuf cosmique, celui-ci se divisa en deux moitiés. Avec des offrandes de samidh (bûchettes rituelles) ou de tila (sésame), l’on doit contempler ces deux moitiés comme le Ciel et la Terre, et, dans l’intervalle entre eux, Prajāpati, Seigneur des créatures.

Verse 50

जातं ध्यात्वा पुनः प्रोक्ष्य प्रणवेन तु संश्रितम् मन्त्रात्मकतनुं कृत्वा यथान्यासं पुरोदितम्

Après avoir médité sur ce qui a été amené à l’existence, l’on doit de nouveau l’asperger d’eau consacrée; puis, prenant refuge dans le Praṇava (Oṁ), l’on doit le façonner en un corps constitué de mantra, conformément au nyāsa enseigné auparavant.

Verse 51

विष्णुर्हस्तं ततो मूर्ध्नि दत्वा ध्यात्वा तु वैष्णवम् एवमेकं बहून् वापि जनित्वा ध्यानयोगतः

Puis Viṣṇu, posant sa main sur le sommet de la tête et méditant sur le Vaiṣṇava (forme/mantra), fait ainsi naître, par la discipline du yoga méditatif, soit une seule manifestation, soit même plusieurs.

Verse 52

करौ सङ्गृह्य मूलेन नेत्रे बद्ध्वा तु वाससा नेत्रमन्त्रेण मन्त्री तान् सदनेनाहतेन तु

Ayant saisi les mains à la racine (c’est-à-dire aux poignets) et bandé les yeux d’un tissu, le pratiquant de mantra doit ensuite les frapper ou les presser avec un bâton (sadanāhata), tout en récitant le Netra-mantra.

Verse 53

कृतपूजो गुरुः सम्यक् देवदेवस्य तत्त्ववान् शिष्यान् पुष्पाञ्जलिभृतः प्राङ्मुखानुपवेशयेत्

Après avoir accompli correctement le culte, le guru—qui connaît en vérité la réalité du Dieu des dieux—doit faire asseoir les disciples tournés vers l’est, les mains en añjali (paumes jointes) portant des offrandes de fleurs.

Verse 54

अर्चयेयुश् च तेप्येवम्प्रसूता गुरुणा हरिम् क्षिप्त्वा पुष्पाञ्जलिं तत्र पुष्पादिभिरनन्तरम्

Et eux aussi, ainsi instruits par le maître, doivent adorer Hari ; après y avoir jeté une offrande de fleurs en poignée, ils doivent aussitôt poursuivre avec des fleurs et d’autres offrandes.

Verse 55

अमन्त्रमर्चनं कृत्वा गुरोः पादार्चनन्ततः विधाय दक्षिणां दद्यात् सर्वस्वं चार्धमेव वा

Après avoir accompli l’adoration sans mantras et, ensuite, vénéré les pieds du guru, on doit préparer et offrir une dakṣiṇā : toute sa richesse, ou du moins la moitié.

Verse 56

गुरुः संशिक्षयेच्छिष्यान् तैः पूज्यो नामभिर्हरिः विश्वक्सेनं यजेदीशं शङ्खचक्रगदाधरम्

Le maître doit instruire soigneusement les disciples ; et par eux, Hari doit être adoré au moyen de Ses noms sacrés. Il faut aussi vénérer Viśvaksena, le Seigneur, porteur de la conque, du disque et de la massue.

Verse 57

तज्जपन्तञ्च तर्जन्या मण्डलस्थं विसर्जयेत्

Tout en récitant ce mantra, on doit, avec l’index, congédier (relâcher) ce qui a été placé dans le maṇḍala.

Verse 58

विष्णुनिर्माल्यमखिलं विष्वक्सेनाय चार्पयेत् प्रणीताभिस् तथात्मानमभिषिच्य च कुण्डगं

On doit offrir à Viṣvaksena tout le nirmālya, les restes sacrés de Viṣṇu ; de même, avec les eaux consacrées (praṇīta), on s’aspergera pour se purifier, ainsi que le récipient/vasque rituelle du kuṇḍa.

Verse 59

वह्निमात्मनि संयोज्य विष्वक्सेनं विसर्जयेत् बुभुक्षुः सर्वमाप्नोति मुमुक्षुर् लीयते हरौ

Après avoir uni en soi le feu sacré (Agni), on doit congédier rituellement (visarjana) Viṣvaksena. Le chercheur de jouissances obtient tout ; le chercheur de délivrance se fond en Hari (Viṣṇu).

Frequently Asked Questions

Exact ritual geometry and proportional measurement: the kuṇḍa is laid out by cord and excavated evenly; a mekhalā is formed with specified margins; the yoni-channel has graded widths and a directional placement; multiple kuṇḍa shapes (square, circular, half-moon, lotus-form) are derived through defined midpoints, rotations, and aṅgula-based metrics. Implements (śruk/śruva/sruva bowl) are also standardized by forearm/hand measures.

It frames technical ritual construction and homa procedure as a disciplined sādhana: the Praṇava governs worship-actions, offerings are integrated with life-cycle saṃskāras, and the rite culminates in nyāsa and cosmological meditation (bīja purification, brahmāṇḍa visualization, liṅga transformation). The closing teaching explicitly maps outcomes to intention—bhukti for the enjoyer and mukti (mergence in Hari) for the liberation-seeker.