
नग्न-परिभाषा तथा देव-स्तोत्रपूर्वक मायामोह-उत्पत्ति (Defining ‘Nagna’ and the Devas’ Hymn Leading to Māyāmoha)
Parāśara achève l’enseignement de sadācāra attribué à Aurva pour le roi Sagara et avertit Maitreya que la transgression de la juste conduite ne donne aucune véritable auspiciosité. Maitreya demande précisément ce qu’est ‘nagna’ : qui est dit nu et par quelle conduite. Parāśara répond que le véritable « voile » des deux-fois-nés est la triade védique (Ṛg–Yajus–Sāman) ; l’abandonner est la nudité réelle et un péché. Il se tourne ensuite vers une ancienne transmission (de Vasiṣṭha à Bhīṣma) et raconte une guerre Deva–Asura : les Devas, vaincus, pratiquent l’ascèse sur la rive nord de l’Océan de Lait et chantent un stotra à Viṣṇu. L’hymne identifie Viṣṇu aux éléments, aux facultés intérieures, aux divinités, au temps, à la dissolution, et à la cause transcendante au-delà de tout qualificatif, l’affirmant comme la cause des causes. Satisfait, Viṣṇu se manifeste et, à leur prière, émet Māyāmoha pour égarer les Daityas hors de la voie védique, les rendre vulnérables et rétablir l’ordre cosmique.
Verse 1
इत्य् आह भगवान् और्वः सगराय महात्मने सदाचारान् पुरा सम्यङ् मैत्रेय परिपृच्छते
Ainsi parla le vénérable Aurva au roi Sagara, à l’âme grande, exposant avec justesse et plénitude les antiques disciplines du sadācāra, lorsque, ô Maitreya, il fut interrogé comme il se doit.
Verse 2
मयाप्य् एतद् अशेषेण कथितं भवतो द्विज समुल्लङ्घ्य सदाचारं कश्चिन् नाप्नोति शोभनम्
Ô deux-fois-né, je te l’ai exposé entièrement. Celui qui transgresse le sadācāra n’atteint jamais l’excellence, ni l’auspice véritable, ni l’éclat.
Verse 3
षण्डापविद्धप्रमुखा विदिता भगवन् मया उदक्याद्याश् च ये सर्वे नग्नम् इच्छामि वेदितुम्
Ô vénérable Bhagavān, j’ai compris ceux qui sont menés par le ṣaṇḍa et l’āpaviddha, ainsi que tous ceux tels que l’udakyā et les autres; à présent je souhaite connaître le ‘nagna’.
Verse 4
को नग्नः किंसमाचारो नग्नसंज्ञां नरो लभेत् नग्नस्वरूपम् इच्छामि यथावत् गदितं त्वया
Qui donc doit être appelé ‘nagna’ ? Quelle conduite le caractérise ? Par quoi un homme obtient-il l’appellation de ‘nagna’ ? Je souhaite connaître, telle qu’elle est, la nature essentielle de cette ‘nudité’ ; déclare-la-moi pleinement.
Verse 5
ऋग्यजुःसामसंज्ञेयं त्रयी वर्णावृतिर् द्विज एताम् उज्झति यो मोहात् स नग्नः पातकी स्मृतः
Ô deux-fois-né, la triple Veda—Ṛg, Yajus et Sāman—est le voile qui couvre ton varṇa et ton dharma; celui qui, par illusion, la rejette est tenu pour ‘nagna’ et rappelé comme pécheur.
Verse 6
त्रयी समस्तवर्णानां द्विज संवरणं यतः नग्नो भवत्य् उज्झितायाम् अतस् तस्याम् असंशयम्
Car parmi tous les varṇa, le voile du deux-fois-né est la triple Veda; lorsqu’elle est abandonnée, ce dvija devient sans doute ‘nagna’.
Verse 7
इदं च श्रूयताम् अन्यद् भीष्माय सुमहात्मने कथयाम् आस धर्मज्ञो वसिष्ठो ऽस्मत्पितामहः
Et écoute encore ceci : à Bhīṣma, l’âme magnanime, notre aïeul Vasiṣṭha, connaisseur du dharma, raconta jadis cet enseignement.
Verse 8
मयापि तस्य गदतः श्रुतम् एतन् महात्मनः नग्नसंबन्धि मैत्रेय यत् पृष्टो ऽहम् इह त्वया
Ô Maîtreya—parent du sage Nagnā—cet enseignement même que tu me demandes ici, je l’ai moi aussi jadis entendu de la bouche de ce grand être, lorsqu’il parlait.
Verse 9
देवासुरम् अभूद् युद्धं दिव्यम् अब्दं पुरा द्विज तस्मिन् पराजिता देवा दैत्यैर् ह्रादपुरोगमैः
Ô deux-fois-né, jadis éclata une guerre entre les Dévas et les Asuras, durant une année divine; dans ce combat, les Dévas furent vaincus par les Daityas, menés par Hrāda.
Verse 10
क्षीरोदस्योत्तरं कूलं गत्वातप्यन्त वै तपः विष्णोर् आराधनार्थाय जगुश् चेमं स्तवं तदा
S’étant rendus sur la rive septentrionale de l’Océan de Lait, ils accomplirent de rudes austérités; et, pour adorer le Seigneur Viṣṇu, ils chantèrent alors cet hymne même.
Verse 11
आराधनाय लोकानां विष्णोर् ईशस्य यां गिरम् वक्ष्यामो भगवान् आद्यस् तया विष्णुः प्रसीदतु
Pour l’adoration de tous les mondes, nous allons maintenant prononcer la parole sacrée qui appartient à Viṣṇu, le Seigneur; par cet hymne, que Viṣṇu, le Bhagavān primordial, soit favorable et satisfait.
Verse 12
यतो भूतान्य् अशेषाणि प्रसूतानि महात्मनः यस्मिंश् च लयम् एष्यन्ति कस् तं संस्तोतुम् ईश्वरः
De ce Grand Soi procèdent tous les êtres, sans reste; et en Lui ils retournent se dissoudre au temps de la dissolution. Qui donc aurait le pouvoir de Le louer tel qu’Il est réellement ?
Verse 13
तथाप्य् अरातिविध्वंसध्वस्तवीर्या भवार्थिनः त्वां स्तोष्यामस् तवोक्तीनां याथार्थ्यं नैव गोचरे
Pourtant—bien que notre vigueur ait été brisée par l’écrasante force des puissances ennemies—nous, qui cherchons la délivrance du devenir mondain, te louerons; car la réalité vraie de ce qu’on dit de Toi n’entre pas entièrement dans le domaine de la parole.
Verse 14
त्वम् उर्वी सलिलं वह्निर् वायुर् आकाशम् एव च समस्तम् अन्तःकरणं प्रधानं तत्परः पुमान्
Tu es la terre, les eaux, le feu, le vent et l’éther même. Tu es l’instrument intérieur tout entier de la conscience, le Pradhāna (matrice primordiale) et le Purusha suprême qui, tout en le dépassant, imprègne tout ce qui en procède.
Verse 15
एकं तवैतद् भूतात्मन् मूर्तामूर्तमयं वपुः आब्रह्मस्तम्बपर्यन्तं स्थानकालविभेदवत्
Ô Âme demeurant en tous les êtres, voici ton unique forme—à la fois manifeste et non manifeste—s’étendant de Brahmā jusqu’à un brin d’herbe, ne paraissant différenciée que par les distinctions de lieu et de temps.
Verse 16
तत्रेश तव यत् पूर्वं त्वन्नाभिकमलोद्भवम् रूपं सर्गोपकाराय तस्मै ब्रह्मात्मने नमः
Ô Seigneur, cette forme primordiale de Toi—Brahmā né du lotus de Ton nombril—s’est manifestée pour servir l’œuvre de la création; à ce Brahmā, qui est Ton propre Soi dans l’acte du sarga, je me prosterne.
Verse 17
शक्रार्करुद्रवस्वश्विमरुत्सोमादिभेदवत् वयम् एवं स्वरूपं ते तस्मै देवात्मने नमः
De même que ton être paraît se différencier en Indra, le Soleil, Rudra, les Vasus, les Aśvins, les Maruts, Soma et les autres dieux, ainsi reconnaissons-nous que tout cela est ta propre forme. C’est pourquoi, devant Celui dont l’essence est la divinité même—l’Âme intérieure des dieux—nous nous inclinons avec vénération.
Verse 18
दम्भप्रायम् असंबोधि तितिक्षादमवर्जितम् यद् रूपं तव गोविन्द तस्मै दैत्यात्मने नमः
Ô Govinda, cette forme Tienne, imprégnée d’orgueil, dépourvue de vraie compréhension et privée de patience et de maîtrise de soi—devant cette apparence de nature daitya, je me prosterne.
Verse 19
नातिज्ञानवहा यस्मिन् नाड्यः स्तिमिततेजसि शब्दादिलोभि यत् तस्मै तुभ्यं यक्षात्मने नमः
Hommage à Toi dans ta nature de Yakṣa : en qui les nāḍīs ne portent pas une connaissance excessive, en qui la clarté intérieure demeure apaisée, et par l’influx duquel les sens, avides du son et du reste, sont contenus et ramenés en arrière.
Verse 20
क्रौर्यमायामयं घोरं यच् च रूपं तवासितम् निशाचरात्मने तस्मै नमस् ते पुरुषोत्तम
Ô Puruṣottama, cette forme Tienne sombre, terrible et effrayante, tissée de cruauté et de māyā—devant cette apparence de nature niśācara, je me prosterne.
Verse 21
स्वर्गस्थधर्मिसद्धर्मफलोपकरणं तव धर्माख्यं च तथा रूपं नमस् तस्मै जनार्दन
Ô Janārdana, même le moyen par lequel les justes au ciel obtiennent les fruits du vrai Dharma est Ta propre forme, appelée Dharma lui-même. Devant cette forme, je me prosterne.
Verse 22
हर्षप्रायम् असंसर्गि गतिमद् गमनादिषु सिद्धात्मंस् तव यद् रूपं तस्मै सिद्धात्मने नमः
Hommage à cette forme Tienne comme Siddhātman : toujours portée vers la joie, intacte de tout contact, et pourtant animée de mouvement dans l’aller et les autres actes ; devant cette Réalité accomplie et établie en elle-même, je me prosterne.
Verse 23
अतितिक्षाधनं क्रूरम् उपभोगसहं हरे द्विजिह्वं तव यद् रूपं तस्मै सर्पात्मने नमः
Ô Hari, salutations à Ta forme de nature serpentine : d’endurance extrême, terrible en puissance, capable de supporter et de goûter les jouissances, marquée d’une langue double ; à Elle je me prosterne.
Verse 24
अवबोधि च यच् छान्तम् अदोषम् अपकल्मषम् ऋषिरूपात्मने तस्मै विष्णो रूपाय ते नमः
Salutations à la forme de Vishnu dont la nature même est celle du sage : conscience éveillante, paisible, sans défaut et sans la moindre souillure.
Verse 25
भक्षयत्य् अथ कल्पान्ते भूतानि यद् अवारितम् त्वद्रूपं पुण्डरीकाक्ष तस्मै कालात्मने नमः
Ô Seigneur aux yeux de lotus, à la fin d’un kalpa, Ta propre réalité, sans obstacle, dévore tous les êtres ; salutations à Toi, qui es le Temps même.
Verse 26
संभक्ष्य सर्वभूतानि देवादीन्य् अविशेषतः नृत्यत्य् अन्ते च यद् रूपं तस्मै रुद्रात्मने नमः
Salutations à la forme de nature Rudra : à la fin des temps, Elle dévore sans distinction tous les êtres, même les dieux, puis danse dans la dissolution ultime.
Verse 27
प्रवृत्त्या रजसो यच् च कर्मणां कारणात्मकम् जनार्दन नमस् तस्मै त्वद्रूपाय नरात्मने
Salutations à Toi, Janārdana, dans Ta forme d’Atman humain : par l’élan du rajas, Tu deviens l’essence causale des actes et mets les êtres incarnés en mouvement dans le monde.
Verse 28
अष्टाविंशद्वधोपेतं यद् रूपं तामसं तव उन्मार्गगामि सर्वात्मंस् तस्मै पश्वात्मने नमः
Ô Âme de tout, je me prosterne devant ta forme née du tamas, pourvue de vingt-huit puissances destructrices, qui chemine sur une voie sans trace; devant le Seigneur qui demeure comme l’âme même jusque dans les bêtes, je m’incline.
Verse 29
यज्ञाङ्गभूतं यद् रूपं जगतः सिद्धिसाधनम् वृक्षादिभेदैर् यद् भेदि तस्मै मुख्यात्मने नमः
Je salue l’Âme primordiale : ta forme devient membre du yajña, moyen par lequel le monde atteint son accomplissement ordonné; et, bien que tu paraisses divisé par des distinctions telles que les arbres et autres formes, tu demeures l’unique réalité essentielle en tous.
Verse 30
तिर्यङ्मनुष्यदेवादिव्योमशब्दादिकं च यत् रूपं तवादेः सर्वस्य तस्मै सर्वात्मने नमः
Ô source primordiale de tout, ta manifestation devient tout : bêtes, humains, dieux, et même le ciel, le son et les autres éléments et principes. Je me prosterne devant Toi, l’Âme de tout.
Verse 31
प्रधानबुद्ध्यादिमयाद् अशेषाद् यद् अन्यद् अस्मात् परमं परात्मन् रूपं तवाद्यं न यद् अन्यतुल्यं तस्मै नमः कारणकारणाय
Ô Soi suprême, au-delà de la totalité de Pradhāna, de l’intellect et de tous les principes dérivés, se tient la réalité la plus haute : cette forme primordiale est la Tienne seule, sans égale. Salut à Toi, Cause des causes.
Verse 32
शुक्लादिदीर्घादिघनादिहीनम् अगोचरे यच् च विशेषणानाम् शुद्धातिशुद्धं परमर्षिदृश्यं रूपाय तस्मै भगवन् नताः स्मः
Ô Bhagavān, nous nous prosternons devant ta forme, libre de toute description telle que « blanche », « longue », « dense » et autres; au-delà de la portée des attributs; pureté même, plus pure que le pur; perceptible seulement aux rishis suprêmes.
Verse 33
यन् नः शरीरेषु यद् अन्यदेहेष्व् अशेषवस्तुष्व् अजम् अव्ययं यत् यस्माच् च नान्यद् व्यतिरिक्तम् अस्ति ब्रह्मस्वरूपाय नताः स्म तस्मै
Cette Réalité qui demeure en nos corps, dans les autres corps aussi, et en toutes choses sans reste; non née et impérissable; dont rien n’existe séparé : à Celui dont la nature même est Brahman, nous nous inclinons avec vénération.
Verse 34
सकलम् इदम् अजस्य यस्य रूपं परमपदात्मवतः सनातनस्य तम् अनिधनम् अशेषबीजभूतं प्रभुम् अमलं प्रणताः स्म वासुदेवम्
Nous nous prosternons devant le Seigneur immaculé Vāsudeva—éternel et sans fin—dont la forme est l’univers tout entier; bien que non né, Il est le Soi du séjour suprême et la semence-source de toutes les semences.
Verse 35
स्तोत्रस्यास्यावसाने तु ददृशुः परमेश्वरम् शङ्खचक्रगदापाणिं गरुडस्थं सुरा हरिम्
Lorsque l’hymne prit fin, les dieux virent le Seigneur suprême—Hari—assis sur Garuḍa, tenant la conque, le disque et la massue; le Souverain des devas se manifesta devant eux.
Verse 36
तम् ऊचुः सकला देवाः प्रणिपातपुरःसरम् प्रसीद देव दैत्येभ्यस् त्राहीति शरणार्थिनः
Alors tous les dieux s’adressèrent à Lui, après s’être d’abord prosternés : « Sois favorable, ô Seigneur. Délivre-nous des Daityas ! » Ainsi, en quête de refuge, ils implorèrent Sa protection.
Verse 37
त्रैलोक्यं यज्ञभागाश् च दैत्यैर् ह्रादपुरोगमैः हृतं नो ब्रह्मणो ऽप्य् आज्ञाम् उल्लङ्घ्य परमेश्वर
Ô Seigneur suprême, les Daityas—conduits par Hrāda—ont saisi les trois mondes et nos parts légitimes dans les sacrifices; ils ont foulé aux pieds jusqu’à l’ordre de Brahmā.
Verse 38
यद्य् अप्य् अशेषभूतस्य वयं ते च तवांशकाः तथाप्य् अविद्याभेदेन भिन्नं पश्यामहे जगत्
Bien que nous — et eux aussi — ne soyons que des portions de Toi, l'Unique qui est l'essence de tous les êtres, pourtant, parce que l'ignorance crée le sentiment de division, nous percevons ce monde comme s'il était séparé et multiple.
Verse 39
स्ववर्णधर्माभिरता वेदमार्गानुसारिणः न शक्यास् ते ऽरयो हन्तुम् अस्माभिस् तपसान्विताः
Dévoués aux devoirs de leur propre caste et fidèles adeptes de la voie védique, ces ennemis ne peuvent être tués par nous, car ils sont dotés d'austérité.
Verse 40
तम् उपायम् अशेषात्मन्न् अस्माकं दातुम् अर्हसि येन तान् असुरान् हन्तुं भवेम भगवन् क्षमाः
Ô Seigneur — Toi qui es le Soi de tout sans reste — daigne nous accorder ce moyen par lequel nous pourrons tuer ces Asuras. Ô Bienheureux, rends-nous capables de l'accomplir.
Verse 41
इत्य् उक्तो भगवांस् तेभ्यो मायामोहं शरीरतः समुत्पाद्य ददौ विष्णुः प्राह चेदं सुरोत्तमान्
Ainsi interpellé, le Seigneur Bienheureux Viṣṇu — faisant surgir de son propre être le pouvoir d'égarement illusoire (māyā-moha) — le leur donna ; puis le Suprême parmi les dieux adressa ces paroles aux plus éminents des devas.
Verse 42
मायामोहो ऽयम् अखिलान् दैत्यांस् तान् मोहयिष्यति ततो वध्या भविष्यन्ति वेदमार्गबहिष्कृताः
Cette illusion même, née de la māyā, égarera tous ces Daityas ; et alors — rejetés de la voie du Veda — ils deviendront aptes à être tués.
Verse 43
स्थितौ स्थितस्य मे वध्या यावन्तः परिपन्थिनः ब्रह्मणो ह्य् अधिकारस्य देवा दैत्यादिकाः सुराः
Tant que je demeure établi dans la charge qui m’est impartie, tous ceux qui font obstacle doivent être abattus; car l’autorité légitime de Brahmā ne doit pas être entravée, que les opposants soient des dieux, des Daitya ou d’autres puissances célestes.
Verse 44
तद् गच्छत न भीः कार्या मायामोहो ऽयम् अग्रतः गच्छत्व् अद्योपकाराय भवतां भविता सुराः
Allez donc de l’avant—ne laissez pas la crainte naître en vous. Cet égarement né de Māyā se tient devant vous; avancez aujourd’hui pour votre bien, et les Deva seront le moyen de votre secours.
Verse 45
इत्य् उक्ताः प्रणिपत्यैनं ययुर् देवा यथागतम् मायामोहो ऽपि तैः सार्धं ययौ यत्र महासुराः
Ainsi instruits, les dieux se prosternèrent devant lui et s’en allèrent, retournant par le même chemin qu’à l’aller. Et Māyāmoha alla aussi avec eux là où se tenaient les grands Asura, afin que, par l’illusion ordonnée par le Seigneur, leur puissance se détourne du véritable ordre du dharma.
‘Nagna’ is defined as the dharmic nakedness of casting off the Vedic triad—the normative covering of the twice-born—rather than merely physical nudity; it signifies Veda-bāhya conduct and loss of dharmic identity.
It presents Viṣṇu as all-pervading (elements, deities, mind) and also beyond attributes and beyond pradhāna-buddhi—thereby affirming Him as both immanent ground and transcendent supreme cause (kāraṇa-kāraṇa).
Māyāmoha functions as a strategic instrument: by turning the Daityas away from the Vedic path, they lose dharmic protection and become ‘fit to be slain,’ enabling restoration of cosmic order without undermining Viṣṇu’s sovereignty.