
Le Kalisantarana Upanishad, rattaché au Krishna Yajurveda, est un Upanishad bref mais d’une influence considérable. Présenté comme un dialogue entre Nārada et Brahmā, il indique le moyen de « traverser » (santarana) les troubles du Kali Yuga, en établissant la récitation et le chant dévotionnel du mahāmantra « Hare Krishna » comme pratique principale. Son importance philosophique tient à l’idée de non-différence entre le Nom et le Nommé (nāma–nāmin) : le Nom divin est compris comme présence du divin, si bien que la remémoration sonore devient une voie de purification intérieure et de libération (mokṣa). Dans l’histoire des courants bhakti, notamment le vaiṣṇavisme gauḍīya, ce texte est fréquemment cité comme autorité de śruti en faveur du saṅkīrtana.
Start Reading- Kali-yuga as a spiritual condition marked by diminished capacity for complex ritual and austerity
- Nāma (the divine Name) as a direct means (sādhana) for purification and liberation (mokṣa)
- The Hare Kṛṣṇa mahāmantra presented as the principal “tāraṇa” (crossing-over) mantra for Kali-yuga
- Nāma-nāmin abheda: the Name is non-different from the divine reality it signifies
- Japa/saṅkīrtana as practical Vedāntic discipline: remembrance (smaraṇa) leading to inner transformation
- Accessibility of liberation through sound (śabda) and grace (anugraha)
not restricted by ritual status
- Mantra as both means and presence: sustained recitation dissolves impurities (pāpa/kleśa) and stabilizes devotion
3 verses with Sanskrit text, transliteration, and translation.
Verse 1
द्वापरान्ते नारदो ब्रह्माणं जगाम। कथं भगवन् गां पर्यटन् कलिं सन्तरेयम् इति। स होवाच ब्रह्मा—साधु पृष्टोऽस्मि। सर्वश्रुतिरहस्यं गोप्यं तच्छृणु येन कलिसंसारं तरिष्यसि। भगवत आदिपुरुषस्य नारायणस्य नामोच्च...
À la fin de l’âge Dvāpara, Nārada s’approcha de Brahmā (Hiraṇyagarbha) et dit : « Ô Bienheureux, en parcourant la terre, comment puis-je franchir le Kali ? » Brahmā répondit : « Ta question est juste. Écoute le secret, l’essence gardée de toute Révélation ; par lui tu traverseras le saṃsāra du Kali : par la seule profération du Nom de Nārāyaṇa, la Personne primordiale, le Kali est contenu et écarté. »
Mokṣa through nāma-japa (name as upāya); grace (anugraha) and liberation amid KaliVerse 2
नारदः पुनः पप्रच्छ—तन्नाम किमिति। स होवाच हिरण्यगर्भः—हरे राम हरे राम राम राम हरे हरे। हरे कृष्ण हरे कृष्ण कृष्ण कृष्ण हरे हरे॥ इति षोडशकं नाम्नां कलिकल्मषनाशनम्। नातः परतरोपायः सर्ववेदेषु दृश्यते। षो...
Nārada demanda encore : « Quel est ce Nom ? » Hiraṇyagarbha répondit : « Hare Rāma Hare Rāma Rāma Rāma Hare Hare ; Hare Kṛṣṇa Hare Kṛṣṇa Kṛṣṇa Kṛṣṇa Hare Hare. » Cet ensemble de seize Noms détruit les souillures du Kali. Dans tous les Veda, on ne voit pas de moyen supérieur. Il dissipe le voile de l’âme individuelle, enveloppée de seize “parts” ; alors le Brahman suprême resplendit, tel l’orbe des rayons du soleil lorsque les nuages se dispersent.
Avidyā-āvaraṇa (veil) removed by nāma; Brahman-prakāśa (self-revealing Reality); yuga-dharmaVerse 3
पुनर्नारदः पप्रच्छ—भगवन् कोऽस्य विधिरिति। तं होवाच—नास्य विधिरिति। सर्वदा शुचिरशुचिर्वा पठन् ब्राह्मणः सलोकतां समीपतां सरूपतां सायुज्यमेति। यदास्य षोडशकस्य सार्धत्रिकोटीर्जपति तदा ब्रह्महत्यां तरति। त...
Nārada demanda encore : « Bienheureux, quelle en est la règle (vidhi) ? » Il répondit : « Il n’y a pas de règle pour cela. » En le récitant en tout temps—pur ou impur—un brāhmaṇa atteint le même monde, la proximité, la ressemblance et l’union (avec le Seigneur). Quand on répète cet ensemble de seize (Noms) trois crores et demi (35 millions de fois), on franchit le péché du meurtre d’un brāhmaṇa ; on franchit celui du meurtre d’un héros ; on est purifié du vol d’or ; on est purifié de l’union avec une femme d’une classe proscrite ; on est purifié d’avoir nui aux ancêtres, aux dieux et aux humains ; et du péché d’abandonner tous les dharma, on obtient aussitôt la pureté. On est libéré sur-le-champ—libéré sur-le-champ : ainsi parle l’Upaniṣad.
Upāya without restrictive niyama; pāpa-kṣaya and śuddhi; bhakti/japa leading to sāyujya (union) and mokṣa