
Cet Adhyāya est un bref dialogue d’instruction : Śaunaka interroge Sūta sur la manière correcte d’honorer l’ācārya, et spécialement le Vyāsa-guru, à l’issue de l’écoute d’un texte sacré. Sūta expose une séquence rituelle normative : après la kathā, adorer le maître avec bhakti et selon la procédure juste ; à la fin de la récitation, offrir le dāna avec un esprit paisible et réjoui ; se prosterner et vénérer l’orateur/récitant par des offrandes appropriées telles que parures et vêtements ; après l’accomplissement de la Śiva-pūjā, donner une vache avec son veau et préparer un siège d’or ; déposer un manuscrit (grantham) soigneusement calligraphié et le remettre à l’ācārya, geste présenté comme libérateur des liens mondains ; recommander enfin, selon les moyens, d’autres dons—terre/village, éléphant, cheval, etc.—au récitant noble. Le chapitre affirme que l’écoute des Purāṇa ne devient « fructueuse » qu’avec le vidhi adéquat, sanctifiant la transmission par la guru-pūjā et le dāna ; le colophon le nomme « Vyāsa-pūjana-prakāra ».
Verse 1
शौनक उवाच । आचार्य्यपूजनं ब्रूहि सूत व्यासगुरोऽधुना । ग्रन्थस्य श्रवणान्ते हि किं कर्तव्यं तदप्यहो
Śaunaka dit : « Ô Sūta, dis-nous à présent comment il convient de vénérer l’ācārya, le maître dans la lignée de Vyāsa. Et lorsque l’écoute de ce texte sacré est achevée, que faut-il faire ensuite ? Explique-le aussi, je t’en prie. »
Verse 2
सूत उवाच । पूजयेद्विधिवद्भक्त्याचार्य्यं श्रुत्वा कथां पराम् । ग्रन्थान्ते विधिवद्दद्यादाचार्य्याय प्रसन्नधीः
Sūta dit : Après avoir entendu ce récit sacré suprême, que l’on honore le maître (ācārya) avec bhakti, selon le rite prescrit. Et à la fin de l’ouvrage, l’esprit paisible et réjoui, que l’on offre dûment un don au maître.
Verse 3
ततो वक्तारमानम्य संपूज्य च यथाविधि । भूषणैर्हस्तकर्णानां वस्त्रैस्सौम्यादिभिस्सुधीः
Alors le sage s’inclina devant l’orateur et le vénéra selon le rite. Il orna ses mains et ses oreilles de parures, et lui offrit de beaux vêtements ainsi que d’autres présents agréables.
Verse 4
शिवपूजासमाप्तौ तु दद्याद्धेनुं सवत्सिकाम् । कृत्वासनं सुवर्णस्य पलमानस्य साम्बरम्
À la conclusion du culte de Śiva, on doit faire l’aumône d’une vache avec son veau. On préparera aussi un siège d’or, pesant un pala, avec son étoffe de recouvrement, et on l’offrira en don sacré.
Verse 5
तत्रास्थाप्य शुभं ग्रंथं लिखितं ललिताक्षरैः । आचार्याय सुधीर्दद्यान्मुक्तः स्याद्भवबन्धनैः
Après y avoir déposé une Écriture de bon augure, calligraphiée en lettres gracieuses, le dévot avisé doit l’offrir à l’ācārya (précepteur spirituel) ; par cet acte, il est délivré des liens du saṃsāra.
Verse 6
ग्रामो गजो हयश्चापि यथाशक्त्यपराणि च । मुने सर्वाणि देयानि वाचकाय महात्मने
Ô sage, selon ses moyens, on peut offrir un village, un éléphant, un cheval, ainsi que d’autres présents. En vérité, toutes ces offrandes doivent être données au noble récitant du Purāṇa, à l’âme magnanime.
Verse 7
विधानसहितं सम्यक्छतं हि सफलं स्मृतम् । पुराणं शौनकमुने सत्यमेवोदितं मया
Ce qui est accompli correctement, conformément aux prescriptions établies, est tenu pour véritablement fécond. Ô sage Śaunaka, ce Purāṇa a été énoncé par moi dans la seule vérité.
Verse 8
तस्माद्विधानदुक्तं तु शृणुयाद्भक्तितो मुने । पुराणं निगमार्थाढ्यं पुण्यदं हृदयं श्रुतेः
C’est pourquoi, ô sage, il convient d’écouter ce Purāṇa avec dévotion, selon ce qui est prescrit. Il est riche du sens des Veda, confère le mérite, et il est le cœur même de la Śruti, l’Écriture révélée.
Verse 43
इति श्रीशिवमहापुराणे पञ्चम्यामुमासंहितातायां व्यासपूजनप्रकारो नाम त्रिचत्वारिंशोऽध्यायः
Ainsi s’achève le quarante-troisième chapitre, intitulé « La procédure du culte à Vyāsa », dans le cinquième livre du Śrī Śiva Mahāpurāṇa, au sein de l’Umā-saṃhitā.
Rather than a mythic episode, the chapter presents a theological-ritual argument: hearing (śravaṇa) of Purāṇic discourse is not fully efficacious unless concluded with prescribed vidhi—especially honoring the ācārya/Vyāsa principle and the vācaka through worship and donations.
The cow-with-calf (dhenu savatsikā) signifies sustaining dharma and continuity of spiritual nourishment; the written grantha offered to the teacher sacralizes textual transmission and lineage; and dāna functions as ‘ritual sealing’ that converts listening into embodied commitment, purifying karmic residue and orienting the act toward mokṣa.
No distinct iconographic form of Śiva or Umā is foregrounded; Śiva appears as the ritual context (Śiva-pūjā completion), while the chapter’s focus is the guru/Vyāsa principle as the living conduit through which Śaiva scripture becomes spiritually operative.