
Cet adhyāya, dans le cadre dialogué des Purāṇa (Sūta en est le narrateur principal), se tourne vers un vaṃśānucarita, récit dynastique, en commençant par Ikṣvāku, fils de Manu. Il énumère les successeurs et les branches liées à Āryāvarta et à Ayodhyā, fondant la légitimité royale sur la mémoire de la lignée. Au fil de la généalogie, le chapitre insère une illustration du dharma dans un contexte de śrāddha : une transgression (manger un lièvre) entraîne opprobre et exil, montrant l’entrelacement de la bienséance rituelle et de l’éthique du souverain. Le récit se poursuit avec des noms marquants tels que Kakutstha et ses descendants, jusqu’au cadre de l’épisode célèbre de Kuvalāśva (Dhuṃdhumāra), en soulignant la vaillance guerrière et la multiplication des héritiers. En profondeur, ce chapitre agit comme un registre culturel et rituel : il cartographie la manière dont dharma, rites ancestraux et autorité royale sont mémorisés dans l’univers purānique śaiva, préparant le lecteur à comprendre l’ordre social comme compatible—et idéalement soutien—de la dévotion à Śiva.
Verse 1
सूत उवाच । पूर्वतस्तु मनोर्जज्ञे इक्ष्वाकुर्घ्राणतस्सुतः । तस्य पुत्रशतं त्वासीदिक्ष्वाकोर्भूरिदक्षिणम्
Sūta dit : Jadis, de Manu naquit Ikṣvāku, un fils issu de (la) narine (de Manu). Ikṣvāku eut cent fils, et il fut d’une générosité sans mesure dans les dons et les offrandes.
Verse 2
तेषां पुरस्तादभवन्नार्य्यावर्ते नृपा द्विजाः । तेषां विकुक्षिर्ज्येष्ठस्तु सोऽयोध्यायां नृपोऽभवत्
Avant eux, en Āryāvarta s’élevèrent des rois qui étaient aussi des « deux-fois-nés » (garants du dharma védique). Parmi eux, l’aîné fut Vikukṣi ; il devint le souverain d’Ayodhyā.
Verse 3
तत्कर्म शृणु तत्प्रीत्या यज्जातं वंशतो विधेः । श्राद्धकर्म्मणि चोद्दिष्टो ह्यकृते श्राद्धकर्मणि
Écoute avec ferveur ce rite, né de la lignée de l’Ordonnateur (Brahmā). Il est enjoint pour la cérémonie de Śrāddha, et il est aussi prescrit même lorsque le Śrāddha n’a pas été accompli.
Verse 4
भक्षयित्वा शशं शीघ्रं शशादत्वमतो गतः । इक्ष्वाकुणा परित्यक्तश्शशादो वनमाविशत
Ayant promptement dévoré un lièvre, il fut dès lors appelé « Śaśāda » (mangeur de lièvre). Abandonné par le roi Ikṣvāku, Śaśāda entra dans la forêt.
Verse 5
इक्ष्वाकौ संस्थिते राजा वसिष्ठवचनादभूत् । शकुनिप्रमुखास्तस्य पुत्राः पञ्चदश स्मृताः
Lorsque Ikṣvāku fut solidement établi, selon la parole de Vasiṣṭha il devint roi. On se souvient de lui comme ayant eu quinze fils, Śakuni étant le premier d’entre eux.
Verse 6
उत्तरापथदेशस्य रक्षितारो महीक्षितः । अयोधस्य तु दायादः ककुत्स्थो नाम वीर्य्यवान्
Les rois qui gardaient la contrée de l’Uttarāpatha (la Route du Nord) étaient de puissants souverains de la terre. De la lignée d’Ayodhyā surgit un héritier vaillant, nommé Kakutstha.
Verse 7
अरिनाभः ककुत्स्थस्य पृथुरेतस्य वै सुतः । विष्टराश्वः पृथोः पुत्रस्तस्मादिंद्रः प्रजापतिः
Arinābha fut le fils de Kakutstha. Pṛthuretā fut, en vérité, son fils. Viṣṭarāśva fut le fils de Pṛthu, et de lui naquit Indra, le Prajāpati, seigneur de la descendance.
Verse 8
इंद्रस्य युवनाश्वस्तु श्रावस्तस्य प्रजापतिः । जज्ञे श्रावस्तकः प्राज्ञः श्रावस्ती येन निर्मिता । श्रावस्तस्य तु दायादो बृहदश्वो महायशाः
D’Indra naquit Yuvanāśva ; de Śrāvasta naquit le Prajāpati. Puis naquit le sage Śrāvastaka, par qui fut fondée la cité de Śrāvastī. Et l’illustre Bṛhadaśva, dont la renommée s’étendait au loin, fut l’héritier de Śrāvasta.
Verse 9
युवनाश्वस्सुतस्तस्य कुवलाश्वश्च तत्सुतः । स हि धुंधुवधाद्भूतो धुंधुमारो नृपोत्तमः
Yuvanāśva fut son fils, et Kuvalāśva fut le fils de Yuvanāśva. Ce roi éminent, pour avoir terrassé Dhundhu, devint célèbre sous le nom de Dhundhumāra.
Verse 10
कुवलाश्वस्य पुत्राणां शतमुत्तमधन्विनाम् । बभूवात्र पिता राज्ये कुवलाश्वं न्ययोजयत्
Kuvalāśva eut cent fils, tous d’excellents archers. Dans ce royaume, son père établit Kuvalāśva sur le trône.
Verse 11
पुत्रसंक्रामितश्रीको वनं राजा समाविशत् । तमुत्तंकोऽथ राजर्षि प्रयांतं प्रत्यवारयत्
Après avoir transmis à son fils la splendeur royale et la souveraineté, le roi entra dans la forêt. Alors le sage royal Uttanka l’arrêta au moment où il s’apprêtait à partir.
Verse 12
उत्तंक उवाच । भवता रक्षणं कार्यं पृथिव्या धर्मतः शृणु । त्वया हि पृथिवी राजन्रक्ष्यमाणा महात्मना
Uttanka dit : «Il est de ton devoir de protéger la terre selon le dharma ; écoute. Ô roi, lorsque la terre est gardée par toi, l’âme grande, elle est véritablement en sûreté.»
Verse 13
भविष्यति निरुद्विग्ना नारण्यं गंतुमर्हसि । ममाश्रमसमीपे तु हिमेषु मरुधन्वसु
«Tu seras sans inquiétude ; tu peux aller dans la forêt. Oui, près de mon ermitage—au milieu des contrées neigeuses et des terres battues par les vents—tu demeureras en paix.»
Verse 14
समुद्रवालुकापूर्णो दानवो बलदर्पितः । देवतानामवध्यो हि महाकायो महाबलः
Ce Dānava, comme rempli des sables de l’océan et gonflé par l’orgueil de sa force, était vraiment invulnérable aux dieux ; de forme colossale et de puissance immense.
Verse 15
अंतर्भूभिगतस्तत्र वालुकांतर्हितः स्थितः । राक्षसस्य मधोः पुत्रो धुंधुनामा सुदारुणः
Là, étant descendu sous la terre, il demeura caché dans les sables : Dhundhu était son nom, d’une férocité extrême, fils du rākṣasa Madhu.
Verse 16
शेते लोकविनाशाय तप आस्थाय दारुणम् । संवत्सरस्य पर्यन्ते स निश्वासं विमुंचति
Pour la ruine des mondes, il gît absorbé dans une austérité farouche ; et au terme d’une année, il laisse jaillir un unique souffle.
Verse 17
यदा तदा भूश्चलति सशैलवनकानना । सविस्फुलिंगं सांगारं सधूममपि वारुणम्
À cet instant même, la terre se mit à trembler avec ses montagnes, ses forêts et ses bosquets ; et même le domaine des eaux fut bouleversé, paraissant chargé d’étincelles, de braises et de fumée.
Verse 18
तेन रायन्न शक्नोमि तस्मिंस्स्थातुं स्व आश्रमे । तं वारय महाबाहो लोकानां हितकाम्यया
À cause de lui, ô Roi, je ne puis demeurer dans mon propre āśrama. Aussi, ô toi aux bras puissants, retiens-le, par désir du bien de tous les êtres.
Verse 19
लोकास्स्वस्था भवंत्वद्य तस्मिन्विनिहते त्वया । त्वं हि तस्य वधायैव समर्थः पृथवीपते
«Que tous les mondes soient en paix aujourd’hui, puisqu’il a été abattu par toi. Car toi seul, ô seigneur de la terre, es véritablement capable de le mettre à mort.»
Verse 20
विष्णुना च वरो दत्तो महान्पूर्व युगेऽनघ । तेजसा स्वेन ते विष्णुस्तेज आप्याययिष्यति
Ô toi sans faute, dans un âge ancien Viṣṇu accorda une grande grâce; et par son propre rayonnement divin, ce Viṣṇu nourrira et accroîtra ton tejas, ta splendeur spirituelle.
Verse 21
पालने हि महाधर्मः प्रजानामिह दृश्यते । न तथा दृश्यतेऽरण्ये मा तेऽभूद्बुद्धिरीदृशी
En vérité, le grand dharma se voit ici dans la protection et le gouvernement des peuples. Un tel dharma ne se voit pas dans la forêt; que pareille pensée ne s’élève donc pas en toi.
Verse 22
ईदृशो नहि राजेन्द्र क्वचिद्धर्मः प्रविद्यते । प्रजानां पालने यादृक् पुरा राजर्षिभिः कृतः
Ô roi des rois, un tel dharma ne se trouve nulle part ailleurs : celui que pratiquaient jadis les rāja-ṛṣi en protégeant et en soutenant leurs sujets.
Verse 23
स एवमुक्तो राजर्षिरुत्तंकेन महात्मना । कुवलाश्वः सुतं प्रादात्तस्मै धुन्धुनिवारणे
Ainsi interpellé par le sage Uttanka, à l’âme magnanime, le rāja-ṛṣi Kuvalāśva lui remit son fils afin de contenir (et d’anéantir) Dhundhu.
Verse 24
भगवन्न्यस्तशस्त्रोहमयं तु तनयो मम । भविष्यति द्विजश्रेष्ठ धुन्धुमारो न संशयः
Ô Bienheureux, j’ai déposé mes armes. Ce fils qui est le mien, ô le meilleur des deux-fois-nés, deviendra assurément Dhundhumāra ; il n’y a nul doute.
Verse 25
इत्युक्त्वा पुत्रमादिश्य ययौ स तपसे नृपः । कुवलाश्वश्च सोत्तङ्को ययौ धुन्धुविनिग्रहे
Ayant ainsi parlé et donné ses instructions à son fils, le roi partit accomplir des austérités (tapas). Et Kuvalāśva, avec le sage Uttanka, se mit en route pour dompter et anéantir Dhundhu.
Verse 26
तमाविशत्तदा विष्णुर्भगवांस्तेजसा प्रभुः । उत्तंकस्य नियोगाद्वै लोकानां हितकाम्यया
Alors le Seigneur Viṣṇu—auguste et souverain—entra en lui par la puissance de sa radiance divine ; en vérité, à la demande d’Uttanka, par désir du bien des mondes.
Verse 27
तस्मिन्प्रयाते दुर्द्धर्षे दिवि शब्दो महानभूत् । एष श्रीमान्नृपसुतो धुन्धुमारो भविष्यति
Quand l’invincible se fut retiré, une grande proclamation retentit au ciel : « Ce prince illustre sera connu sous le nom de Dhundhumāra. »
Verse 28
दिव्यैर्माल्यैश्च तं देवास्समंतात्समवारयन् । प्रशंसां चक्रिरे तस्य जय जीवेति वादिनः
Les dieux l’entourèrent de toutes parts de guirlandes célestes, et chantèrent ses louanges en proclamant : « Victoire ! Puisses-tu vivre longtemps ! »
Verse 29
स गत्वा जयतां श्रेष्ठस्तनयैस्सह पार्थिवः । समुद्रं खनयामास वालुकार्णवमध्यतः
Alors ce roi —le plus éminent parmi les victorieux— s’y rendit avec ses fils et creusa la mer au cœur de l’océan de sable.
Verse 30
नारायणस्य विप्रर्षेस्तेजसाप्यायितस्तु सः । बभूव सुमहातेजा भूयो बलसमन्वितः
Ô brahmane-sage, nourri et fortifié par le tejas, la radiance spirituelle de Nārāyaṇa, il devint d’un éclat immense et se trouva de nouveau pourvu d’une puissance plus grande encore.
Verse 31
तस्य पुत्रैः खनद्भिस्तु वालुकांतर्गतस्तु सः । धुन्धुरासादितो ब्रह्मन्दिशमाश्रित्य पश्चि माम्
Tandis que ses fils creusaient, il se trouva réellement enseveli sous le sable. Puis, assailli par Dhundhu, ô Brahmane, il chercha refuge en se tournant vers la direction de l’Occident.
Verse 32
मुखजेनाग्निना क्रोधाल्लोकान्संवर्तयन्निव । वारि सुस्राव वेगेन विधोः कधिरिवोदये
Par le feu jaillissant de sa bouche—comme si, dans sa colère, il menait les mondes à la dissolution—l’eau se mit soudain à couler avec force, telle celle du Créateur au moment où s’élève l’acte de création.
Verse 33
ततोऽनलैरभिहतं दग्धं पुत्रशतं हि तत् । त्रय एवावशिष्टाश्च तेषु मध्ये मुनीश्वर
Alors, frappés par les flammes, ces cent fils furent consumés par le feu ; seuls trois demeurèrent parmi eux, ô seigneur des sages.
Verse 34
ततस्स राजा विप्रेन्द्र राक्षसं तं महाबलम् । आससाद महातेजा धुन्धुं विप्रविनाशनम्
Alors, ô le meilleur des brāhmaṇas, le roi, puissant et rayonnant, s’avança pour affronter ce rākṣasa d’une grande force : Dhundhu, le destructeur des brāhmaṇas.
Verse 35
तस्य वारिमयं वेगमापीय स नराधिपः । वह्निबाणेन वह्निं तु शमयामास वारिणा
Après avoir absorbé l’élan impétueux de cette eau, le roi, au moyen d’une arme de feu, éteignit le feu par l’eau.
Verse 36
तं निहत्य महाकायं बलेनोदकराक्षसम् । उत्तंकस्येक्षयामास कृतं कर्म नराधिपः
Après avoir terrassé par sa force ce démon d’eau au corps gigantesque, le roi —seigneur des hommes— montra à Uttanka que l’acte avait été accompli.
Verse 37
इति श्रीशिवमहापुराणे पञ्चम्यामुमासंहितायां मनुवंशवर्णनंनाम सप्तत्रिंशोऽध्यायः
Ainsi s’achève le trente-septième chapitre, intitulé «Description de la lignée des Manus», dans la cinquième section du Śrī Śiva Mahāpurāṇa, au sein de l’Umāsaṃhitā.
Verse 38
धर्मे मतिं च सततं स्वर्गे वासं तथाक्षयम् । पुत्राणां चाक्षयं लोकं रक्षसा ये तु संहताः
Ceux qui sont tués par un rākṣasa obtiennent une inclination inébranlable vers le dharma, une demeure céleste impérissable; et, pour leurs fils aussi, un monde qui ne s’éteint pas, un état de bien-être sûr et durable.
Verse 39
तस्य पुत्रास्त्रयश्शिष्टाः दृढाश्वः श्रेष्ठ उच्यते । हंसाश्वकपिलाश्वौ च कुमारौ तत्कनीयसौ
Il lui resta trois fils. Parmi eux, Dṛḍhāśva est dit le plus éminent; et Haṁsāśva et Kapilāśva étaient les deux princes plus jeunes.
Verse 40
धौंधुमारिर्दृढाश्वो यो हर्य्यश्वस्तस्य चात्मजः । हर्यश्वस्य निकुंभोभूत्पुत्रो धर्मरतस्सदा
Dhauṃdhumāri était (aussi nommé) Dṛḍhāśva, et il était le fils de Haryyaśva. De Haryyaśva naquit un fils nommé Nikuṃbha, toujours voué au dharma.
Verse 41
संहताश्वो निकुंभस्य पुत्रो रणविशारदः । अक्षाश्वश्च कृताश्वश्च संहताश्वसुतोऽभवत
Saṃhatāśva, fils de Nikumbha, était versé dans l’art du combat. Et Akṣāśva ainsi que Kṛtāśva naquirent comme fils de Saṃhatāśva.
Verse 42
तस्य हैमवती कन्या सतां मान्या वृषद्वती । विख्याता त्रिषु लोकेषु पुत्रस्तस्याः प्रसेनजित्
De lui naquit une fille de la lignée de l’Himalaya, Vṛṣadvatī, honorée par les vertueux. Elle devint célèbre dans les trois mondes, et son fils fut Prasenajit.
Verse 43
लेभे प्रसेनजिद्भार्यां गौरीं नाम पतिव्रताम् । अभिशप्ता तु सा भर्त्रा नदी सा बाहुदा कृता
Il prit pour épouse Gaurī, femme vouée à la fidélité conjugale. Mais, maudite par son époux, elle fut changée en une rivière nommée Bāhudā.
Verse 44
तस्य पुत्रो महानासीद्युवनाश्वो महीपतिः । मांधाता युवनाश्वस्य त्रिषु लोकेषु विश्रुतः
Son fils fut le grand roi Yuvanāśva, souverain de la terre. De Yuvanāśva naquit Māndhātā, renommé dans les trois mondes.
Verse 45
तस्य चैत्ररथी भार्या शशबिंदुसुता ऽभवत् । पतिव्रता च ज्येष्ठा च भ्रातॄणामयुतं च सः
Son épouse fut Caitrarathī, fille de Śaśabindu. Dévouée à son mari, elle était aussi l’aînée (parmi les épouses). Et lui avait dix mille frères.
Verse 46
तस्यामुत्पादयामास मान्धाता द्वौ सुतौ तदा । पुरुकुत्सं च धर्मज्ञं मुचुकुंदं च धार्मिकम्
En elle, alors, le roi Māndhātā engendra deux fils : Purukutsa, connaisseur du dharma, et Mucukunda, inébranlable dans la droiture.
Verse 47
पुरुकुत्ससुतस्त्वासीद्विद्वांस्त्रय्यारुणिः कविः । तस्य सत्यव्रतो नाम कुमारोऽभून्महाबली
Trayyāruṇi, le sage poète-rishi, était le fils de Purukutsa. De lui naquit un fils nommé Satyavrata, un jeune homme d’une grande puissance.
Verse 48
पाणिग्रहणमंत्राणां विघ्रं चक्रे महात्मभिः । येन भार्य्या हृता पूर्वं कृतोद्वाहः परस्य वै
Il suscita un obstacle aux mantras du rite de la prise de main (mariage), par l’entremise de ces grandes âmes — celles-là mêmes qui jadis avaient enlevé l’épouse d’un autre, bien qu’elle fût dûment mariée.
Verse 49
बलात्कामाच्च मोहाच्च संहर्षाच्च यदोत्कटात् । जहार कन्यां कामाच्च कस्यचित्पुरवासिनः
Poussé par la violence, le désir, l’illusion et un violent élan de passion, il — par convoitise — enleva la jeune fille d’un certain habitant de la cité.
Verse 50
अधर्मसंगिनं तं तु राजा त्रय्यारुणिस्त्यजन् । अपध्वंसेति बहुशोऽवदत्क्रोधसमन्वितः
Mais le roi Trayyāruṇi, rejetant cet homme qui fréquentait l’adharma, s’écria maintes fois, empli de colère : «Péris ! Va-t’en !»
Verse 51
पितरं सोऽब्रवीन्मुक्तः क्व गच्छामीति वै तदा । वस श्वपाकनिकटे राजा प्राहेति तं तदा
Alors, une fois délivré, il dit à son père : «Où irai-je maintenant ?» En ce temps-là, le roi lui répondit : «Demeure près de la demeure du śvapāka (un hors-caste).»
Verse 52
स हि सत्यव्रतस्तेन श्वपाकवसथांतिके । पित्रा त्यक्तोऽवसद्वीरो धर्मपालेन भूभुजा
Car il était un héros ferme dans le vœu de vérité. Ainsi, rejeté par son père, il demeura près de la demeure des caṇḍālas, protégé par le roi juste Dharmapāla, gardien du Dharma.
Verse 53
ततस्त्रय्यारुणी राजा विरक्तः पुत्रकर्मणा । स शंकरतपः कर्त्तुं सर्वं त्यक्त्वा वनं ययौ
Alors le roi Trayyāruṇī, devenu détaché à cause de la conduite de son fils, renonça à tout et gagna la forêt afin d’accomplir des austérités pour le Seigneur Śaṅkara (Śiva).
Verse 54
ततस्तस्य स्व विषये नावर्षत्पाकशासनः । समा द्वादश विप्रर्षे तेनाधर्मेण वै तदा
Alors, à cause de cette impiété, Pākaśāsana (Indra) ne fit pas tomber la pluie sur son propre royaume ; ô le meilleur des sages, durant douze années, en ce temps-là, il n’y eut aucune pluie.
Verse 55
दारां तस्य तु विषये विश्वामित्रो महातपाः । संत्यज्य सागरानूपे चचार विपुलं तपः
Mais au sujet de son épouse, le grand ascète Viśvāmitra, l’ayant abandonnée, se rendit au rivage de la mer et entreprit de vastes austérités.
Verse 56
तस्य पत्नी गले बद्ध्वा मध्यमं पुत्रमौरसम् । शेषस्य भरणार्थाय व्यक्रीणाद्गोशतेन च
Alors son épouse, ayant attaché par le cou le fils du milieu—son propre enfant né d’elle—le vendit pour cent vaches afin de nourrir le reste de la famille.
Verse 57
तां तु दृष्ट्वा गले बद्धं विक्रीणंती स्वमात्मजम् । महर्षिपुत्रं धर्म्मात्मा मोचयामास तं तदा
La voyant vendre son propre fils—le cou lié—cet homme à l’âme droite délivra aussitôt l’enfant, fils d’un grand ṛṣi.
Verse 59
तदारभ्य स पुत्रस्तु विश्वामित्रस्य वै मुनेः । अभवद्गालवो नाम गलबंधान्महातपाः
Dès lors, le fils du muni Viśvāmitra fut connu sous le nom de « Gālava », ainsi nommé à cause du lien à son cou ; c’était un grand ascète.
Verse 578
सत्यव्रतो महाबाहुर्भरणं तस्य चाकरोत् । विश्वामित्रस्य तुष्ट्यर्थमनुक्रोशार्थमेव च
Satyavrata, aux bras puissants, lui procura de quoi subsister, afin de satisfaire Viśvāmitra et aussi par pure compassion.
A dynastic narration of the Ikṣvāku line is presented, including the Vikukṣi/Śaśāda incident linked to a śrāddha setting, where a breach of ritual-ethical conduct leads to social and royal consequence (reproach and withdrawal/exile), reinforcing dharma through narrative causality.
Genealogy functions as a purāṇic ‘index of legitimacy’: names, cities (Ayodhyā, Śrāvastī), and rites (śrāddha) symbolize continuity of order. The śrāddha frame underscores that ancestral obligation is not merely social but metaphysical—linking memory, merit, and authority to ritual correctness.
No distinct Śiva or Umā manifestation is foregrounded in the sampled narrative; the chapter’s emphasis is contextual—embedding dharma, śrāddha discipline, and royal exempla within the broader Shaiva purāṇic corpus rather than presenting a specific Śiva/Umā form (svarūpa).