
Cet Adhyāya est présenté comme une transmission de Sūta à Śaunaka : Sūta y énumère les épouses associées à Kaśyapa et aux lignées connexes—Aditi, Diti, Surasā, Iḷā/Ilā, Danu, Surabhi, Vinatā, Tāmrā, Krodhavaśā et d’autres—puis se tourne vers leur descendance dans le cadre des manvantaras antérieurs. Le centre technique du chapitre est la réapparition selon le manvantara et la reclassification fonctionnelle des êtres divins : les Tuṣitas sont décrits comme se rassemblant pour le bien des mondes et entrant en Aditi afin de naître dans un cycle ultérieur, donnant ainsi les douze Ādityas canoniques. Le texte énumère les Ādityas majeurs—Viṣṇu, Śakra (Indra), Aryamā, Dhātā, Tvaṣṭā, Pūṣā, Vivasvān, Savitā, Mitra, Varuṇa, Aṃśa et Bhaga—reliant la généalogie à l’administration cosmique (divinités solaires, ordre, souveraineté, prospérité). Il mentionne aussi les vingt-sept épouses de Soma et leur progéniture rayonnante, élargissant l’ensemble vers une théologie astrale et calendaire. Ésotériquement, l’Adhyāya montre comment le temps cyclique (manvantara) conserve les fonctions divines tout en faisant varier noms et formes, procédé purānique majeur pour harmoniser la doctrine avec la périodicité cosmique.
Verse 1
सूत उवाच । अदितिर्दितिश्च सुरसारिष्टेला दनुरेव च । सुरभिर्विनता चेला ताम्रा क्रोधवशा तथा
Sūta dit : Aditi et Diti ; Surasā, Ariṣṭā, Ilā et Danu ; Surabhi, Vinatā, Celā, Tāmrā, et aussi Krodhavaśā—telles sont nommées dans l’ordre convenable.
Verse 2
कदूर्मुनिश्च विप्रेन्द्र तास्वपत्यानि मे शृणु । पूर्वमन्वंतरे श्रेष्ठे द्वादशासन्सुरोत्तमाः
Ô le meilleur des brahmanes, écoute de moi la descendance née d’elles. Dans l’excellent Manvantara ancien, il y en eut douze, les plus éminents parmi les dieux.
Verse 3
तुषिता नाम तेऽन्योन्यमूचुर्वैवस्वतेंतरे । उपस्थिते सुयशसश्चाक्षुषस्यांतरे मनोः
Alors les divinités appelées Tuṣita se dirent entre elles : «Dans le Manvantara de Vaivasvata, lorsque le vertueux et renommé Manu du Manvantara de Cākṣuṣa se trouva présent (à nouveau) dans l’assemblée des dieux…»
Verse 4
हिताय सर्वलोकानां समागम्य परस्परम् । आगच्छतस्तु तानूचुरदितिं च प्रविश्य वै
Pour le bien de tous les mondes, ils se rassemblèrent et se concertèrent les uns avec les autres. Puis, lorsqu’ils se mirent en route, ils parlèrent — et, en vérité, entrèrent en Aditi, leur mère.
Verse 5
मन्वंतरे प्रसूयामस्सतां श्रेयो भविष्यति । एवमुक्तास्तु ते सर्वे चाक्षुषस्यान्तरे मनोः
«Dans le Manvantara à venir, nous prendrons naissance ; cela deviendra une cause de bien pour les justes.» Ainsi interpellés, tous s’y résolurent durant le Manvantara de Manu Cākṣuṣa.
Verse 6
मारीचात्कश्यपाज्जातास्तेऽदित्यां दक्षकन्यया । तत्र विष्णुश्च शक्रश्च जज्ञाते पुनरेव हि
De Marīci naquit Kaśyapa ; et de Kaśyapa, par Aditi —fille de Dakṣa— naquirent ces êtres divins. Dans cette même lignée, Viṣṇu et Śakra (Indra) naquirent de nouveau, assurément.
Verse 7
अर्यमा चैव धाता च त्वष्टा पूषा तथैव च । विवस्वान्सविता चैव मित्रावरुण एव च
Aryaman et Dhātā, Tvaṣṭṛ, Pūṣan de même ; Vivasvān, Savitṛ, ainsi que Mitra et Varuṇa : qu’on les comprenne comme des manifestations divines louées dans ce récit sacré.
Verse 8
अंशो भगश्चातितेजा आदित्या द्वादश स्मृताः । पूर्वमासन्ये तुषितास्सुराः
Aṁśa, Bhaga et Atitejas : on les compte parmi les douze Ādityas. Jadis, il existait aussi des dieux connus sous le nom de Tuṣitas.
Verse 9
पुरैव तस्यांतरे तु आदित्या द्वादश स्मृताः । इति प्रोक्तानि क्रमशोऽदित्यपत्यानि शौनक
Ô Śaunaka, plus tôt dans ce même récit, il a été rappelé que les Ādityas sont au nombre de douze ; ainsi les fils d’Aditi ont été énoncés dans l’ordre convenable.
Verse 10
सप्तविंशति याः प्रोक्तास्सोमपत्न्योऽथ सुव्रताः । तासामपत्यान्यभवन्दीप्तयोऽमिततेजसः
Les vingt-sept épouses vertueuses de Soma, dont il a été parlé—ces femmes aux vœux nobles—mirent au monde des enfants rayonnants, pourvus d’une splendeur incommensurable.
Verse 11
अरिष्टनेमिपत्नीनामपत्यानीह षोडश । बहुपुत्रस्य विदुषश्चतस्रो यास्सुताः स्मृताः
Ici, l’on dit que les épouses d’Ariṣṭanemi eurent seize enfants. Et du sage Bahuputra, la tradition se souvient de quatre filles.
Verse 12
कृशाश्वस्य तु देवर्षे देवप्रहरणाः स्मृताः । भार्म्यायामर्चिषि मुने धूम्रकेशस्तथैव च
Ô devin céleste Kṛśāśva, ceux-ci sont rappelés comme les armes divines. Et de même, ô muni, on les connaît en Bhārmyā, en Arciṣi, et aussi sous le nom de Dhūmrakeśa.
Verse 13
स्वधा सती च द्वे पत्न्यौ स्वधा ज्येष्ठा सती परा । स्वधासूत पितॄन्वेदमथर्वाङ्गिरसं सती
Svadhā et Satī furent ses deux épouses : Svadhā l’aînée, et Satī l’autre. De Svadhā naquirent les Pitṛ (divinités ancestrales), et de Satī naquit le Veda Atharvāṅgirasa (la lignée de l’Atharva).
Verse 14
एते युगसहस्रांते जायंते पुनरेव हि । सर्वदेवनिकायाश्च त्रयस्त्रिंशत्तु कामजाः
À la fin de mille yuga, ces êtres naissent de nouveau, assurément. Et toute la cohorte des dieux—les trente-trois—est dite surgir de la volonté (du désir).
Verse 15
यथा सूर्य्यस्य नित्यं हि उदयास्तमयाविह । एवं देवानिकास्ते च संभवंति युगेयुगे
De même que le soleil, infailliblement, se lève et se couche chaque jour, de même ces cohortes de dieux se manifestent de nouveau, âge après âge, selon l’ordre cosmique du Seigneur.
Verse 16
दित्यां बभूवतुः पुत्रौ कश्यपादिति नः श्रुतम् । हिरण्यकशिपुश्चैव हिरण्याक्षश्च वीर्यवान्
Nous avons entendu que de Diti, par Kaśyapa, naquirent deux fils : Hiraṇyakaśipu et le vaillant Hiraṇyākṣa.
Verse 17
सिंहिका ह्यभवत्कन्या विप्रचित्तेः परिग्रहः । हिरण्यकशिपोः पुत्राश्चत्वारः प्रथितौजसः
Siṃhikā naquit comme une fille (dans cette lignée) et fut acceptée comme épouse de Vipracitti. Et Hiraṇyakaśipu eut quatre fils, renommés pour leur grande puissance.
Verse 18
अनुह्रादश्च ह्रादश्च संह्रादश्चैव वीर्यवान् । प्रह्रादश्चानुजस्तत्र विष्णुभक्तिविचारधीः
Dans cette lignée se trouvaient Anuhrāda, Hrāda et aussi Saṃhrāda, tous vaillants et puissants; et Prahrāda, le cadet, dont l’intelligence était vouée à contempler la dévotion envers le Seigneur Viṣṇu.
Verse 19
अनुह्रादस्य सूर्यायां पुलोमा महिषस्तथा । ह्रादस्य धमनिर्भार्यासूत वातापिमिल्वलम्
D’Anuhrāda, avec Sūryā, Pulomā enfanta Mahiṣa. Et l’épouse de Hrāda, Dhamanī, enfanta Vātāpi et Ilvala.
Verse 20
संह्रादस्य कृतिर्भार्यासूतः पंचजनं ततः । विरोचनस्तु प्राह्रादिर्देव्यास्तस्याभवद्बलिः
L’épouse de Saṃhrāda, Kṛti, enfanta Pañcajana. Et Virocana—né de Prahrāda—eut pour épouse Devī; d’elle naquit Bali.
Verse 21
बलेः पुत्रशतं त्वासीदशनायां मुनीश्वर । बलिरासीन्महाशैवः शिवभक्तिपरायणः
Ô sage souverain, Bali eut cent fils d’Aśanā. Bali lui-même était un grand śaiva, un dévot de Śiva, fermement établi dans l’adoration et l’amour du Seigneur.
Verse 22
दानशील उदारश्च पुण्यकीर्ति तपाः स्मृतः । तत्पुत्रो बाणनामा यत्सोऽषि शैववरस्सुधीः । यस्संतोष्य शिवं सम्यग्गाणपत्यमवाप ह
On se souvenait de lui sous le nom de Tapāḥ : porté au don, généreux, et célèbre pour sa gloire méritoire et son ascèse. Son fils se nommait Bāṇa ; d’esprit noble et sage, il était un excellent dévot śaiva. Ayant parfaitement satisfait Śiva selon la juste voie, il obtint le rang de Gaṇapati, chef parmi les gaṇas de Śiva.
Verse 23
सा कथा श्रुतपूर्वा ते बाणस्य हि महात्मनः । कृष्णं यस्समरे वीरस्सुप्रसन्नं चकार ह
As-tu déjà entendu ce récit au sujet de Bāṇa, le grand d’âme ? C’est ce héros qui, au combat, rendit Kṛṣṇa pleinement satisfait.
Verse 24
हिरण्याक्षसुताः पंच पंडितास्तु महाबलाः । कुकुरः शकुनिश्चैव भूतसंतापनस्तथा
Il y eut cinq fils d’Hiraṇyākṣa, savants et d’une puissance immense : Kukura, Śakuni, Bhūtasaṃtāpana, et les autres parmi ces cinq.
Verse 25
महानादश्च विक्रांतः कालनाभस्तथैव च । इत्युक्ता दितिपुत्राश्च दनोः पुत्रान्मुने शृणु
« Mahānāda, Vikrānta, et de même Kālanābha : tels ont été nommés les fils de Diti. Maintenant, ô sage, écoute les fils de Danu. »
Verse 26
अभवन्दनुपुत्राश्च शतं तीव्रपराक्रमाः । अयोमुखश्शंबरश्च कपोलो वामनस्तथा
Il y eut aussi cent fils de Danu, d’une vaillance farouche : Ayomukha, Śambara, Kapola, et de même Vāmana.
Verse 27
वैश्वानरः पुलोमा च विद्रावणमहाशिरौ । स्वर्भानुर्वृषपर्वा च विप्रचित्तिश्च वीर्यवान्
Il y avait aussi Vaiśvānara, Pulomā, Vidrāvaṇa, Mahāśiras, Svarbhānu, Vṛṣaparvā, et le vaillant Vipracitti.
Verse 28
एते सर्वे दनोः पुत्राः कश्यपादनुजज्ञिरे । एषां पुत्राञ्च्छृणु मुने प्रसंगाद्वच्मि तेऽनघ
Tous ceux-là furent les fils de Danu, nés de Kaśyapa. Maintenant, ô sage sans tache, écoute les fils de ceux-ci ; je te les dirai en leur temps, au gré de l’occasion.
Verse 29
स्वभार्नोस्तु प्रभा कन्या पुलोम्नस्तु शची सुता । उपदानवी हयशिरा शर्म्मिष्ठा वार्षपर्वणी
De Svabhānu naquit la jeune Prabhā ; de Puloman naquit Śacī, sa fille. D’Upadānavī naquit Hayaśirā ; et (d’une autre lignée) Śarmiṣṭhā, fille de Vṛṣaparvan.
Verse 30
पुलोमा पुलोमिका चैव वैश्वानरसुते उभे । बह्वपत्ये महावीर्य्ये मारीचेस्तु परिग्रहः
Pulomā et Pulomikā—toutes deux filles de Vaiśvānara—furent comblées d’une nombreuse descendance et d’une grande vigueur ; elles devinrent les épouses de Marīci.
Verse 31
तयोः पुत्रसहस्राणि षष्टिर्दानवनन्दनाः । मरीचिर्जनयामास महता तपसान्वितः
Doué d’une austérité intense, Marīci engendra pour eux soixante mille fils—de puissants descendants parmi les Dānavas.
Verse 32
इति श्रीशिवमहापुराणे पञ्चम्या मुमासंहितायां कश्यपवंशवर्णनं नाम द्वात्रिंशोऽध्यायः
Ainsi, dans le Śrī Śiva Mahāpurāṇa, au cinquième livre — l’Umāsaṃhitā — s’achève le trente-deuxième chapitre intitulé «Description de la lignée de Kaśyapa».
Verse 33
पितामहप्रसादेन ये हताः सव्यसाचिना । सिंहिकायामथोत्पन्ना विप्रचित्तेस्सुतास्तथा
Par la grâce du Grand-Père (Brahmā), ceux qui avaient été tués par Savyasācin (Arjuna) renaquirent—issus de Siṁhikā et, de même, comme fils de Vipracitti.
Verse 34
दैत्यदानवसंयोगाज्जातास्तीव्रपराक्रमाः । सैंहिकेया इति ख्यातास्त्रयोदश महाबलाः
De l’union des Daityas et des Dānavas naquirent treize êtres d’une vaillance ardente et d’une force immense, connus sous le nom de « Saiṃhikeyas ».
Verse 35
राहुः शल्यो सुबलिनो बलश्चैव महाबलः । वातापिर्नमुचिश्चैवाथेल्वलः स्वसृपस्तथा
Rāhu, Śalya, Subalī, Bala et Mahābala ; Vātāpi et Namuci ; puis Elvala, ainsi que Svasṛpa : tels sont ceux que l’on énumère dans cette troupe.
Verse 36
अजिको नरकश्चैव कालनाभस्तथैव च । शरमाणश्शरकल्पश्च एते वंशविवर्द्धनाः
Ajika, Naraka, Kālanābha, Śaramāṇa et Śarakalpa : ce sont eux, en vérité, qui accrurent et soutinrent la lignée, faisant prospérer la dynastie.
Verse 37
एषां पुत्राश्च पौत्राश्च दनुवंशविवर्द्धनाः । बहवश्च समुद्भूता विस्तरत्वान्न वर्णिताः
D’eux naquirent de nombreux fils et petits-fils qui accrurent la lignée de Danu. Ils surgirent en grand nombre ; et comme le récit deviendrait trop long, on ne les décrit pas en détail.
Verse 38
संह्रादस्य तु दैतेया निवातकवचाः कुले । उत्पन्ना मरुतस्तस्मिंस्तपसा भावितात्मनः
De Saṃhrāda, dans la lignée des Daitya, naquirent les Nivātakavaca ; et de cet ascète, dont l’être intérieur fut affiné par l’austérité, surgirent les Marut.
Verse 39
षण्मुखाद्या महासत्त्वास्ताम्रायाः परिकीर्तिताः । काकी श्येनी च भासी च सुग्रीवी च शुकी तथा
Les grands êtres, à commencer par Ṣaṇmukha, sont déclarés nés de Tāmrā. Parmi eux se trouvent Kākī, Śyenī, Bhāsī, Sugrīvī, et aussi Śukī.
Verse 40
गृद्ध्रिकाश्वी ह्युलूकी च ताम्रा कन्याः प्रकीर्तिताः । काकी काकानजनयदुलूकी प्रत्युलूककान्
On proclame que Gṛddhrikāśvī, Ulūkī et Tāmrā sont ses filles. Kākī enfanta les corbeaux, et Ulūkī enfanta les pratyulūkas, une classe de hiboux.
Verse 41
श्येनी श्येनांस्तथा भासी भासा न्गृद्धी तु गृध्रकान् । शुकी शुकानजनयत्सुग्रीवी शुभपक्षिणः
La femelle faucon (śyenī) enfanta des faucons ; de même, la bhāsī produisit des oiseaux bhāsa. La gṛddhī (vautour femelle) enfanta des vautours. La śukī enfanta des perroquets, et la sugrīvī produisit des oiseaux aux ailes de bon augure.
Verse 42
अश्वानुष्ट्रान्गर्दभांश्च ताम्रा च कश्यपप्रिया । जनयामास चेत्येवं ताम्रावंशाः प्रकीर्तिताः
Tāmrā, bien-aimée de Kaśyapa, enfanta des chevaux, des chameaux et des ânes. Ainsi, de cette manière, sont proclamées les lignées issues de Tāmrā.
Verse 43
विनतायाश्च पुत्रौ द्वावरुणो गरुडस्तथा । सुपर्णः पततां श्रेष्ठो नारुणस्स्वेन कर्मणा
De Vinatā naquirent deux fils : Aruṇa et aussi Garuḍa. Garuḍa, appelé Suparṇa, est le premier parmi tous ceux qui volent ; Aruṇa est renommé par la fonction qui lui fut assignée (cocher du char du Soleil).
Verse 44
सुरसायास्सहस्रं तु सर्पाणाममितौजसाम् । अनेकशिरसां तेषां खेचराणां महात्मनाम्
En vérité, Surasā eut mille serpents puissants, d’une force incommensurable : des êtres à l’âme grande, parcourant le ciel, dont beaucoup étaient à plusieurs têtes.
Verse 45
येषां प्रधाना राजानः शेषवासुकितक्षकाः । ऐरावतो महापद्मः कंबलाश्वतरावुभौ
Parmi eux, les rois-serpents les plus éminents sont Śeṣa, Vāsuki et Takṣaka ; ainsi qu’Airāvata, Mahāpadma, et les deux—Kambala et Aśvatara.
Verse 46
ऐलापुत्रस्तथा पद्मः कर्कोटकधनंजयौ । महानीलमहाकर्णौ धृतराष्ट्रो बलाहकः
Ailāputra et Padma ; Karkoṭaka et Dhanañjaya ; Mahānīla et Mahākarṇa ; et encore Dhṛtarāṣṭra et Balāhaka—tels sont les nāga nommés, renommés dans le récit sacré.
Verse 47
कुहरः पुष्पदन्तश्च दुर्मुखास्सुमुखस्तथा । बहुशः खररोमा च पाणिरित्येवमादयः
« Kuhara, Puṣpadanta, Durmukha, et aussi Sumukha ; de même Bahuśa, Khararomā et Pāṇi—ainsi que d’autres encore. »
Verse 48
गणाः क्रोधवशायाश्च तस्यास्सर्वे च दंष्ट्रिणः । अंडजाः पक्षिणोऽब्जाश्च वराह्याः पशवो मताः
Tous les gaṇa qui lui appartenaient étaient sous l’emprise de la colère, et tous portaient des défenses. On les tenait pour les bêtes de Varāhī : êtres nés de l’œuf, oiseaux, et aussi ceux nés des eaux.
Verse 49
अनायुषायाः पुत्राश्च पंचाशच्च महाबलाः । अभवन्बलवृक्षौ च विक्षरोऽथ बृहंस्तथा
D’Anāyuṣā naquirent cinquante fils, tous d’une puissance prodigieuse. Parmi eux se distinguaient Balavṛkṣa, Vikṣara et aussi Bṛhaṃs.
Verse 50
शशांस्तु जनयामास सुररभिर्महिषांस्तथा । इला वृक्षांल्लता वल्लीस्तृणजातीस्तु सर्वशः
La Vache céleste Surabhi enfanta les lapins, et de même les buffles. D’Ilā surgirent les arbres, les plantes grimpantes, les lianes et toutes les espèces d’herbes, répandues partout.
Verse 51
खशा तु यक्षरक्षांसि मुनिरप्सरसस्तथा । अरिष्टासूत सर्पांश्च प्रभावैर्मानवोत्तमान्
Les Khaśas, les Yakṣas et les Rākṣasas, ainsi que les munis et les apsaras—avec les serpents nés d’Ariṣṭā—par leurs pouvoirs propres, devinrent tous éminents parmi les hommes.
Verse 52
एते कश्यपदायादाः कीर्तितास्ते मुनीश्वर । येषां पुत्राश्च पौत्राश्च शतशोऽथ सहस्रशः
Ô seigneur parmi les sages, ces descendants de Kaśyapa t’ont été dûment énumérés — ceux dont les fils et les petits-fils se comptent par centaines, voire par milliers.
The chapter argues through narrative genealogy that divine offices persist across manvantara cycles: the Tuṣitas convene for lokahita, enter Aditi, and are reborn as the twelve Ādityas—linking cosmic administration to cyclical rebirth rather than one-time creation.
Genealogy functions as a symbolic map of cosmic law: Aditi represents an ordering matrix for devas, the Ādityas signify solar governance (ṛta/dharma, sovereignty, prosperity), and the Soma-wives gesture to calendrical/astral structuring—time itself as a theological instrument.
No distinct Śiva/Umā form is foregrounded in the sampled verses; the chapter is primarily cosmological and genealogical. Its Śaiva contribution is contextual: it embeds pan-Indic deities (e.g., Viṣṇu, Indra, Ādityas) within the Śiva Purāṇa’s larger Śaiva interpretive frame.