
L’Adhyāya 2 est construit comme un dialogue d’instruction enchâssé dans le cadre de la conversation entre Sanatkumāra et Vyāsa. Sanatkumāra raconte comment Kṛṣṇa, après avoir entendu les paroles du grand sage Upamanyu, fait naître en lui la bhakti envers Mahādeva et demande à être guidé. Kṛṣṇa sollicite l’énumération de ceux qui ont atteint leurs buts en apaisant et en adorant Śiva, et Upamanyu répond en maître śaiva faisant autorité. Le chapitre ouvre alors une série d’exemples : Hiraṇyakaśipu et son fils Nandana sont cités comme bénéficiaires de pouvoirs extraordinaires par la grâce de Śiva ; des épisodes guerriers sont évoqués, où des armes telles que le cakra de Viṣṇu et le vajra d’Indra deviennent inefficaces, afin de montrer que la force dharmique accordée par Śiva peut surpasser même les plus hautes armes divines. L’intention didactique est d’établir une théologie de l’efficacité : l’ārādhana de Śiva est décrite comme un principe causal supracosmique qui décide de la victoire, de la protection et de la souveraineté, incitant à une dévotion disciplinée et à la vénération de Śiva comme source ultime de puissance et refuge.
Verse 1
सनत्कुमार उवाच । इत्याकर्ण्य मुनेर्वाक्यमुपमन्योर्महात्मनः । जातभक्तिर्महादेवे कृष्णः प्रोवाच तं मुनिम्
Sanatkumāra dit : Ayant ainsi entendu les paroles du grand sage Upamanyu, Kṛṣṇa—dont la dévotion envers Mahādeva venait de s’éveiller—s’adressa alors à ce muni.
Verse 2
इति श्रीशिवमहापुराणे पंचम्यामुमासंहितायां सनत्कुमारव्याससंवादे उपमन्यूपदेशो नाम द्वितीयोऽध्यायः
Ainsi, dans le Śrī Śiva Mahāpurāṇa—au sein du Cinquième Livre, l’Umāsaṃhitā—au cours du dialogue entre Sanatkumāra et Vyāsa, s’achève le deuxième chapitre intitulé «Upamanyu-Upadeśa» (Instruction à Upamanyu).
Verse 3
सनत्कुमार उवाच । इत्याकर्ण्योपमन्युस्स मुनिश्शैववरो महान् । कृष्णवाक्यं सुप्रशस्य प्रत्युवाच कृपानिधिः
Sanatkumāra dit : Ayant ainsi entendu, le grand sage Upamanyu—le plus éminent parmi les dévots śaivas—loua hautement les paroles de Kṛṣṇa et, tel un océan de compassion, répondit à son tour.
Verse 4
उपमन्युरुवाच । यैर्यैर्भवाराधनतः प्राप्तो हृत्काम एव हि । तांस्तान्भक्तान्प्रवक्ष्यामि शृणु त्वं वै यदूद्वह
Upamanyu dit : «Par tels ou tels modes d’adoration de Bhava (le Seigneur Śiva), grâce auxquels le désir du cœur est réellement obtenu, je décrirai ces mêmes dévots et leurs voies—écoute, ô le meilleur des Yadu.»
Verse 5
शर्वात्सर्वामरैश्वर्य्यं हिरण्यकशिपुः पुरा । वर्षाणां दशलक्षाणि सोऽलभच्चन्द्रशेखरात्
Dans les temps anciens, Hiraṇyakaśipu obtint de Śarva—Candraśekhara en personne—la souveraineté sur tous les dieux, ainsi qu’une durée de vie de dix millions d’années.
Verse 6
तस्याऽथ पुत्रप्रवरो नन्दनो नाम विश्रुतः । स च शर्ववरादिन्द्रं वर्षायुतमधोनयत्
Puis il eut un fils d’exception, renommé sous le nom de Nandana. Et, par la grâce de Śarva (le Seigneur Śiva), il humilia Indra et le précipita pour dix mille ans.
Verse 7
विष्णुचक्रं च तद्धोरं वज्रमाखण्डलस्य च । शीर्णं पुराऽभवत्कृष्ण तदंगेषु महाहवे
Ô Kṛṣṇa, dans ce grand combat, le disque farouche de Viṣṇu et le foudre (vajra) d’Indra se brisèrent jadis sur les propres membres du Seigneur—ainsi Śiva demeure inviolable, nul ne peut réellement le blesser.
Verse 8
न शस्त्राणि वहंत्यंगे धर्मतस्तस्य धीमतः । ग्रहस्यातिबलस्याजौ चक्रवज्रमुखान्यपि
Pour le sage qui demeure fermement établi dans le dharma, les armes ne s’attachent pas à son corps. Dans la bataille contre le très puissant Graha, même les disques et les armes semblables au vajra se révèlent vaines.
Verse 9
अर्द्यमानाश्च विबुधा ग्रहेण सुबलीयसा । देवदत्तवरा जघ्नुरसुरेन्द्रास्सुरान्भृशम्
Accablés et saisis par le plus puissant Graha, les Devas étaient tourmentés ; alors les seigneurs des Asuras, fortifiés par les grâces reçues, frappèrent les dieux avec une grande férocité.
Verse 10
तुष्टो विद्युत्प्रभस्यापि त्रैलोक्येश्वरता मदात् । शतवर्षसहस्राणि सर्वलोकेश्वरो भवः
Satisfait de lui, j’accordai même à Vidyutprabha la souveraineté sur les trois mondes. Pendant cent mille ans, sois Bhava, le seigneur de tous les mondes.
Verse 11
तथा पुत्रसहस्राणामयुतं च ददौ शिवः । मम चानुचरो नित्यं भविष्यस्यब्रवीदिति
«De même, Śiva lui accorda dix mille fils; et Il déclara encore : “À l’avenir, il demeurera à jamais Mon serviteur et compagnon.”»
Verse 12
कुशद्वीपे शुभं राज्यमददाद्भगवान्भवः । स तस्मै शङ्करः प्रीत्या वासुदेव प्रहृष्टधीः
Dans Kuśadvīpa, le Seigneur bienheureux Bhava (Śiva) lui accorda un royaume de bon augure. Ce Śaṅkara, l’esprit comblé de joie, le lui conféra avec amour, ô Vāsudeva.
Verse 13
धात्रा सृष्टश्शतमखो दैत्यो वर्षशतं पुरा । तपः कृत्वा सहस्रं तु पुत्राणामलभद्भवात्
Autrefois, le Daitya nommé Śatamakha—créé par Dhātṛ (Brahmā)—accomplit des austérités durant cent ans ; et par ce tapas il obtint de Bhava (Śiva) mille fils.
Verse 14
याज्ञवल्क्य इति ख्यातो गीतो वेदेषु वै मुनिः । आराध्य स महादेवं प्राप्तवाञ्ज्ञानमुत्तमम्
Le sage renommé Yājñavalkya—célébré dans les Veda—ayant adoré Mahādeva, atteignit la connaissance spirituelle suprême.
Verse 15
वेदव्यासस्तु यो नाम्ना प्राप्तवानतुलं यशः । सोऽपि शंकरमाराध्य त्रिकालज्ञानमाप्तवान्
Celui qui est célèbre sous le nom de Vedavyāsa obtint une gloire incomparable. Et lui aussi, après avoir dûment adoré Śaṅkara, acquit la connaissance des trois temps : passé, présent et futur.
Verse 16
इन्द्रेण वालखिल्यास्ते परिभूतास्तु शङ्करात् । लेभिरे सोमहर्तारं गरुडं सर्वदुर्जयम्
Les sages Vālakhilya, humiliés par Indra, cherchèrent refuge auprès de Śaṅkara. Par l’appui de Śaṅkara, ils obtinrent Garuḍa—invincible pour tous—comme celui qui saisirait le Soma.
Verse 17
आपः प्रनष्टाः सर्वाश्च पूर्वरोषात्कपर्द्दिनः । शर्वं समकपालेन देवैरिष्ट्वा प्रवर्तितम्
Toutes les eaux avaient disparu à cause de l’ancienne colère de Kapardin (Śiva). Alors les dieux adorèrent Śarva par une offrande entière dans le bol-crâne, et par ce rite le courant sacré fut remis en mouvement.
Verse 18
अत्रेर्भार्य्या चानसूया त्रीणि वर्षशतानि च । मुशलेषु निराहारा सुप्त्वा शर्वात्ततस्सुतान्
Anasūyā, l’épouse chaste d’Atri, demeura couchée sur des pilons durant trois cents ans, jeûnant sans nourriture ; puis, par la grâce de Śarva (le Seigneur Śiva), elle obtint des fils.
Verse 19
दत्तात्रेयं मुनिं लेभे चन्द्रं दुर्वाससं तथा । गंगां प्रवर्तयामास चित्रकूटे पतिव्रता
Cette épouse dévouée (pativratā) obtint le sage Dattātreya, ainsi que Candra et Durvāsas ; et à Citrakūṭa elle fit jaillir l’écoulement du Gaṅgā.
Verse 20
विकर्णश्च महादेवं तथा भक्तसुखावहम् । प्रसाद्य महतीं सिद्धिमाप्तवान्मधुसूदन
Vikarṇa aussi, ayant satisfait Mahādeva—dispensateur de joie à Ses dévots—obtint une grande siddhi spirituelle ; ainsi l’affirma Madhusūdana (Viṣṇu).
Verse 21
चित्रसेनो नृपश्शंभुं प्रसाद्य दृढभक्तिमान् । समस्तनृपभीतिभ्योऽभयं प्रापातुलं च कम्
Le roi Citrasena, ferme dans une dévotion inébranlable, plut à Śambhu (le Seigneur Śiva) et obtint une intrépidité sans égale — délivrance de toutes les peurs suscitées par les autres rois.
Verse 22
श्रीकरो गोपिकासूनुर्नृपपूजाविलोकनात् । जातभक्तिर्महादेवे परमां सिद्धिमाप्तवान्
Śrīkara, fils d’une vachère, en voyant le culte rendu par le roi, éveilla sa dévotion envers Mahādeva et atteignit la siddhi suprême.
Verse 23
चित्राङ्गदो नृपसुतस्सीमन्तिन्याः पतिर्हरे । शिवानुग्रहतो मग्नो यमुनायां मृतो न हि
Ô Hari ! Citrāṅgada —fils du roi et époux de Sīmantinī—, bien qu’immergé dans la Yamunā par la grâce de Śiva, ne mourut pas en vérité.
Verse 24
स च तक्षालयं गत्वा तन्मैत्रीं प्राप्य सुव्रतः । आयातः स्वगृहं प्रीतो नानाधनसमन्वितः
Et lui, homme aux vœux sacrés et à la discipline ferme, se rendit à l’atelier du charpentier ; ayant obtenu leur amitié, il revint joyeux dans sa demeure, pourvu de richesses de toutes sortes.
Verse 25
सीमंतिनी प्रिया तस्य सोमव्रतपरायणा । शिवानुग्रहतः कृष्ण लेभे सौभाग्यमुत्तमम्
Ô Kṛṣṇa, sa bien-aimée Sīmantinī—fidèle au Soma-vrata—par la grâce du Seigneur Śiva obtint la plus haute bonne fortune.
Verse 26
तत्प्रभावाद्व्रते तस्मिन्नेको द्विजसुतः पुरा । कश्चित्स्त्रीत्वं गतो लोभात्कृतदाराकृतिश्छलात्
Par la puissance de cette observance (vrata), jadis un certain fils de brāhmane — par avidité — en vint à prendre l’état de femme, par ruse en revêtant l’apparence d’une épouse.
Verse 27
चंचुका पुंश्चली दुष्टा गोकर्णे द्विजतः पुरा । श्रुत्वा धर्मकथां शंभोर्भक्त्या प्राप परां गतिम्
Autrefois à Gokarṇa, une femme mauvaise et dévoyée nommée Caṃcukā entendit d’un brāhmane le saint enseignement du dharma concernant Śambhu (le Seigneur Śiva) ; et, par dévotion, elle atteignit l’état suprême (la délivrance).
Verse 28
स्वस्त्र्यनुग्रहतः पापी बिंदुगो चंचुकापतिः । श्रुत्वा शिवपुराणं स सद्गतिं प्राप शांकरीम्
Par la grâce de sa propre épouse, le pécheur Binduga, mari de Caṃcukā, en entendant le Śiva Purāṇa atteignit la vraie bonne destinée — la délivrance auspicious de Śaṅkara (Śiva).
Verse 29
पिंगला गणिका ख्याता मदराह्वो द्विजाधमः । शैवमृषभमभ्यर्च्य लेभाते सद्गतिं च तौ
Piṅgalā, célèbre courtisane, et Madarāhva, le plus déchu parmi les deux-fois-nés — ayant adoré le taureau śaiva (Nandin), tous deux obtinrent la destinée bienheureuse.
Verse 30
महानन्दाभिधा कश्चिद्वेश्या शिवपदादृता । दृढात्पणात्सुप्रसाद्य शिवं लेभे च सद्गतिम्
Il y eut une courtisane nommée Mahānandā qui se réfugia aux pieds du Seigneur Śiva. D’une résolution ferme, elle plut grandement à Śiva et obtint ainsi la véritable destinée heureuse (la délivrance).
Verse 31
कैकेयी द्विजबालाः च सादराह्वा शिवव्रता । परमं हि सुखं प्राप शिवेशव्रतधारणात्
Kaikeyī, les jeunes filles brahmanes et Sādarāhvā—fermement établies dans le vœu de Śiva—atteignirent vraiment la béatitude suprême en prenant et en observant avec constance le vœu consacré à Śiveśa (Śiva).
Verse 32
विमर्षणश्च नृपतिश्शिवभक्तिं विधाय वै । गतिं लेभे परां कृष्ण शिवानुग्रहतः पुरा
Ô Kṛṣṇa, le roi Vimarṣaṇa, ayant dûment établi la dévotion à Śiva, atteignit jadis l’état suprême par la grâce de Śiva.
Verse 33
दुर्जनश्च नृपः पापी बहुस्त्रीलंपटः खलः । शिवभक्त्या शिवं प्राप निर्लिप्तः सर्वकर्मसु
Même un homme mauvais—un roi pécheur, un scélérat dépravé livré au désir de nombreuses femmes—par la dévotion à Śiva atteignit Śiva, demeurant sans tache à l’égard de tous les actes.
Verse 34
सस्त्रीकश्शबरो नाम्ना शंकरश्च शिवव्रती । चिताभस्मरतो भक्त्या लेभे तद्गतिमुत्तमाम्
Un Śabara (habitant des forêts) nommé Śaṅkara, avec son épouse, fidèle aux vœux de Śiva, s’enduisait avec dévotion de la cendre du bûcher funéraire ; par cette bhakti il obtint l’état suprême, l’union au but même de Śiva.
Verse 35
सौमिनी नाम चाण्डाली संपूज्याज्ञानतो हि सा । लेभे शैवीं गतिं कृष्ण शंकरानुग्रहात्परात्
Une femme Caṇḍāla nommée Sauminī, ayant offert un culte sans pleine compréhension, atteignit pourtant l’état śaiva—ô Kṛṣṇa—par la grâce suprême de Śaṅkara.
Verse 36
कौशिकश्च समाराध्य शंकरं लोक शंकरम् । ब्राह्मणोऽभूत्क्षत्रियश्च द्वितीय इव पद्मभूः
Kauśika, ayant dûment apaisé Śaṅkara—bienfaiteur des mondes—devint à la fois brāhmaṇa et kṣatriya, resplendissant tel un second Padmabhū (Brahmā).
Verse 37
दुर्वासा मुनिशार्दूलश्शिवानुग्रहतः पुरा । तस्तार स्वमतं लोके शिवभक्तिं विमुक्तिदाम्
Autrefois, Durvāsā, tigre parmi les sages, par la grâce de Śiva, établit dans le monde son enseignement : la dévotion à Śiva, dispensatrice de délivrance.
Verse 39
शिवमभ्यर्च्य सद्भक्त्या विरंचिश्शैवसत्तमः । अभूत्सर्गकरः कृष्ण सर्वलोकपितामहः
Ayant adoré Śiva avec une dévotion sincère, Virañci (Brahmā)—le plus éminent des śaivas—devint l’agent de la création, le vénérable Pitāmaha, père de tous les mondes.
Verse 40
मार्कण्डेयो मुनिवरश्चिरंजीवी महाप्रभुः । शिवभक्तवरः श्रीमाञ्शिवानुग्रहतो हरे
Mārkaṇḍeya, le plus éminent des sages, devint chiranjīvi, longévif et d’une grande splendeur. Cet illustre, le meilleur des dévots de Śiva, l’obtint par la grâce de Śiva, ô Hari.
Verse 41
देवेन्द्रो हि महाशैवस्त्रैलोक्यं बुभुजे पुरा । शिवानुग्रहतः कृष्ण सर्वदेवाधिपः प्रभुः
En vérité, Devendra (Indra), grand dévot de Śiva, jouit jadis de la souveraineté sur les trois mondes. Ô Kṛṣṇa, c’est par la grâce de Śiva qu’il devint le Seigneur puissant, suzerain de tous les dieux.
Verse 42
बलिपुत्रो महाशैवश्शिवानुग्रहतो वशी । बाणो बभूव ब्रह्माण्डनायकस्सकलेश्वरः
Bāṇa, fils de Bali, grand dévot de Śiva, devint puissant par la grâce de Śiva ; il devint le souverain du domaine cosmique, seigneur de tous.
Verse 43
हरिश्शक्तिश्च सद्भक्त्या दधीचश्च महेश्वरः । शिवानुग्रहतोऽभूवंस्तथा रामो हि शांकरः
Par une dévotion authentique, Hari fut doté de puissance divine ; Dadhīci devint un grand sage au rayonnement seigneurial ; et de même Rāma devint dévot de Śaṅkara — tous obtinrent ces états par la grâce de Śiva.
Verse 44
कणादो भार्गवश्चैव गुरुर्गौतम एव च । शिवभक्त्या बभूवुस्ते महाप्रभव ईश्वरा
Kaṇāda, Bhārgava, le Guru (Bṛhaspati) et aussi Gautama : par la dévotion à Śiva, ils devinrent puissamment investis, illustres maîtres et seigneurs.
Verse 45
शाकल्यश्शंसितात्मा च नववर्षशातान्यपि । भवमाराधयामास मनोयज्ञेन माधव
Śākalya, à l’âme noble et célébrée, adora Bhava (le Seigneur Śiva) durant neuf cents ans; Mādhava Le vénéra par le sacrifice intérieur, offrant l’esprit comme oblation.
Verse 46
तुतोष भगवानाह ग्रंथकर्ता भविष्यसि । वत्साक्षय्या च ते कीर्तिस्त्रैलोक्ये प्रभविष्यति
Satisfait, le Seigneur Bienheureux dit : «Mon enfant, tu deviendras le compositeur d’une Écriture sacrée, et ta renommée sera impérissable, se répandant dans les trois mondes.»
Verse 47
अक्षयं च कुलं तेऽस्तु महर्षिभिरलंकृतम् । भविष्यसि ऋषिश्रेष्ठ सूत्रकर्ता ततस्ततः
Que ta lignée soit impérissable et parée par les grands ṛṣi. Ô meilleur des sages, en son temps tu deviendras compositeur de sūtra, encore et encore.
Verse 48
इत्येवं शंकरात्प्राप वरं मुनिवरस्स वै । त्रैलोक्ये विततश्चासीत्पूज्यश्च यदुनन्दन
Ainsi, le meilleur des sages obtint véritablement la grâce de Śaṅkara. Et, ô cher rejeton des Yadu, sa renommée se répandit dans les trois mondes, et il devint digne de vénération.
Verse 49
सावर्णिरिति विख्यात ऋषिरासीत्कृते युगे । इह तेन तपस्तप्तं षष्टिवर्षशतानि च
Au Kṛta Yuga vivait un sage renommé du nom de Sāvarṇi. En ce lieu même, il accomplit une austère ascèse (tapas) durant six mille ans.
Verse 50
तमाह भगवान्रुद्रस्साक्षात्तुष्टोस्मि तेऽनघ । ग्रंथकृल्लोकविख्यातो भवितास्यजरामरः
Alors le Bienheureux Seigneur Rudra Lui-même déclara : «Ô toi sans faute, je suis vraiment satisfait de toi. Tu deviendras l’auteur d’une œuvre sacrée, renommée dans tous les mondes, et tu seras affranchi de la vieillesse et de la mort.»
Verse 51
एवंविधो महादेवः पुण्यपूर्वतरैस्ततः । समर्च्चितश्शुभान्कामान्प्रददाति यथेप्सितान्
Tel est Mahādeva : lorsqu’Il est adoré par ceux dont le mérite est surabondant, Il accorde les vœux auspices, exactement selon ce qui est désiré.
Verse 52
एकेनैव मुखेनाहं वक्तुं भगवतो गुणाः । ये संति तान्न शक्नोमि ह्यपि वर्षशतैरपि
Avec une seule bouche, je ne puis décrire les qualités du Seigneur telles qu’elles sont ; pas même si je parlais durant des centaines d’années.
The chapter advances an argument-by-exempla: Upamanyu begins enumerating devotees/figures who gained extraordinary outcomes through Śiva’s worship, including cases where even Viṣṇu’s cakra and Indra’s vajra prove ineffective—demonstrating that Śiva’s boon-power is causally prior to conventional divine or martial supremacy.
The failure of iconic weapons (cakra, vajra) functions as a symbolic claim about ontology and authority: ritual merit and divine favor derived from Śiva-ārādhana represent a higher-order protection (adhidaivika sanction) that can neutralize lower-order instruments of force, reframing victory as a theological outcome rather than merely a tactical one.
Śiva is explicitly invoked as Mahādeva and Candraśekhara, emphasizing his role as the personal bestower of boons and supreme protector; Gaurī/Umā is not foregrounded in the sampled opening verses, but the Samhitā context positions her theology as the broader interpretive horizon for Śaiva instruction.