
L’Adhyāya 19 est un exposé technique de cosmographie enseigné par Sanatkumāra. En recourant à un langage de mesures (comptes de yojanas et intervalles spatiaux), il définit l’étendue du domaine terrestre d’après la portée des rayons du Soleil et de la Lune, puis situe le Soleil et la Lune dans un ordre vertical gradué au-dessus de la terre. Le chapitre place ensuite, au-dessus de la Lune, les sphères planétaires (grahamaṇḍala) et énumère la succession des planètes visibles dans une montée ordonnée. Au-delà de la région planétaire, il mène au Saptarṣi-maṇḍala et à Dhruva (le pivot polaire), présentant Dhruva comme le support axial (meḍhībhūta) de la roue céleste. Enfin, il distingue le cadre des trois mondes (bhūr–bhuvaḥ–svaḥ) en relation avec Dhruva et suggère des mondes plus élevés tels que Maharloka ainsi que les sages primordiaux (Sanaka et autres), cartographiant la cosmologie comme une hiérarchie graduée de royaumes, d’êtres et de stations spirituelles.
Verse 1
सनत्कुमार उवाच । रविचन्द्रमसोर्यावन्मयूखा भासयंति हि । तावत्प्रमाणा पृथिवी भूलोकस्स तु गीयते
Sanatkumāra dit : Jusqu’où les rayons du Soleil et de la Lune éclairent, jusque-là s’étend la mesure de la Terre ; cette région est célébrée comme Bhūloka, le monde terrestre.
Verse 2
भूमेर्योजनलक्षे तु संस्थितं रविमण्डलम् । योजनानां सहस्राणि सदैव परिसंख्यया
À la distance de cent mille yojanas de la terre se tient l’orbe du Soleil ; son étendue est toujours comptée par milliers de yojanas.
Verse 3
शशिनस्तु प्रमाणाय जगतः परिचक्षते । रवेरूर्ध्वं शशी तस्थौ लक्षयोजनसंख्यया
Ils proclament la Lune comme étalon de l’ordre du monde ; et l’on dit que la Lune se tient au-dessus du Soleil à la distance de cent mille yojanas.
Verse 4
ग्रहाणां मण्डलं कृत्स्नं शशेरुपरि संस्थितम् । सनक्षत्रं सहस्राणि दशैव परितोपरि
Au-dessus de la Lune est établi l’ensemble de la sphère des planètes ; et plus haut encore, tout autour, se tiennent les constellations, au nombre de dix mille.
Verse 5
बुधस्तस्मादथो काव्यस्तस्माद्भौमस्य मण्डलम् । बृहस्पतिस्तदूर्ध्वं तु तस्योपरि शनैश्चरः
Au-dessus de Budha (Mercure) se tient Kāvya (Vénus) ; au-dessus de Vénus repose la sphère de Bhauma (Mars). Plus haut est Bṛhaspati (Jupiter), et au-dessus de Jupiter se trouve Śanaiścara (Saturne) : ainsi le Purāṇa expose l’ascension ordonnée des cercles planétaires.
Verse 6
सप्तर्षिमण्डलं तस्माल्लक्षेणैकेन संस्थितम् । ऋषिभ्य तु सहस्राणां शतादूर्ध्वं ध्रुवः स्थितः
Depuis cette région, à la distance d’un lakh (yojana), se trouve la sphère des Sept Ṛṣi (Saptarṣi). Au-dessus des sages, à cent mille (yojana), Dhruva demeure immobile—ferme comme le pivot du cosmos.
Verse 7
मेढीभूतस्स यस्तस्य ज्योतिश्चक्रस्य वै ध्रुवः । भूर्भुवःस्वरिति ज्ञेयं भुव ऊर्ध्वं ध्रुवादवाक्
Ce qui est devenu le poteau central (l’axe) de cette roue de lumière, c’est en vérité Dhruva, son pivot immuable. Il faut l’entendre comme les trois mondes—Bhūr, Bhuvaḥ et Svaḥ—Bhuvaḥ se tenant au-dessus et aussi au-dessous de ce point axial.
Verse 8
एकयोजनकोटिस्तु यत्र ते कल्पवासिनः । ध्रुवादूर्ध्वं महर्लोकस्सप्तैते ब्रह्मणस्सुताः
Là, l’étendue mesure un crore (yojana), et les êtres qui y demeurent subsistent durant toute la durée d’un kalpa. Au-dessus de Dhruva se trouve Maharloka ; là résident les sept fils de Brahmā.
Verse 9
सनकश्च सनन्दश्च तृतीयश्च सनातनः । कपिलश्चासुरिश्चैव वोढुः पंचशिखस्तथा
Sanaka et Sanandana ; le troisième (Sanatkumāra) et Sanātana ; Kapila et aussi Āsuri ; puis Voḍhu, ainsi que Pañcaśikha — tels sont les ṛṣi vénérables rappelés dans cet enseignement.
Verse 10
उपरिष्टात्ततश्शुक्रो द्विलक्षाभ्यंतरे स्थितः । द्विलक्षयोजनं तस्मादधः सोमसुतः स्मृतः
Au-dessus de cela, Śukra (Vénus) demeure dans un intervalle de deux lakṣa ; et, deux lakṣa de yojanas au-dessous, l’on dit se tenir le fils de Soma, Budha (Mercure).
Verse 11
द्विलक्षयोजनं तस्मादूर्ध्वं भौमस्स्थितो मुने । द्विलक्षयोजनं तस्मादूर्ध्वं जीवः स्थितो गुरु
Ô sage, à la distance de deux lakṣa de yojanas au-dessus de cela se tient Bhauma (Mars). Et, deux lakṣa de yojanas plus haut, demeure Jīva, le Guru (Jupiter), ô vénérable.
Verse 12
द्विलक्षयोजनं जीवादूर्ध्वं सौरिर्व्यवस्थितः । एते सप्तग्रहाः प्रोक्तास्स्वस्वराशिव्यवस्थिता
À deux lakṣa de yojanas au-dessus de Jīva se tient Sauri (Śani, Saturne). Ceux-ci sont déclarés être les sept planètes, chacune demeurant dans sa propre division du zodiaque.
Verse 13
रुद्रलक्षैर्योजनतस्सप्तोर्ध्वमृषयः स्थिताः । विश्वलक्षैर्योजनतो ध्रुवस्थितिरुदाहृता
Plus haut encore, les sept classes de Ṛṣi sont dites demeurer à la hauteur d’un rudra-lakṣa de yojanas ; et la station de Dhruva est déclarée à un viśva-lakṣa de yojanas (un million) au-dessus.
Verse 14
चतुर्गुणोत्तरे चार्द्धे जनलोकात्तपः स्मृतम् । वैराजा यत्र देवा वै स्थिता दाहविवर्जिताः
Dans la moitié supérieure, quatre fois plus élevée que Janaloka, on évoque le monde nommé Tapoloka. Là demeurent les dieux appelés Vairājas, établis en ce lieu et délivrés de l’affliction brûlante (la chaleur du monde).
Verse 15
षड्गुणेन तपोलोकात्सत्यलोको व्यवस्थितः । ब्रह्मलोकः स विज्ञेयो वसंत्यमलचेतसः
Au-delà de Tapoloka, par une excellence six fois supérieure, Satyaloka est établi. Ce royaume même doit être reconnu comme Brahmaloka, où demeurent ceux dont l’esprit est sans tache.
Verse 16
सत्यधर्मरताश्चैव ज्ञानिनो ब्रह्मचारिणः । यद्गामिनोऽथ भूलोकान्निवसंति हि मानवाः
En vérité, dans la région de Bhūloka demeurent des humains qui se complaisent dans la vérité et le dharma : des sages connaisseurs, établis dans le brahmacarya, dont la vie chemine selon cette voie et ce but plus élevés.
Verse 17
भुवर्लोके तु संसिद्धा मुनयो देवरूपिणः । स्वर्गलोके सुरादित्या मरुतो वसवोऽश्विनौ
Dans Bhuvar-loka demeurent les munis accomplis, rayonnants d’une nature divine. Dans Svarga-loka résident les dieux : les Ādityas, les Maruts, les Vasus et les jumeaux Aśvins.
Verse 18
विश्वेदेवास्तथा रुद्रास्साध्या नागाः खगादयः । नवग्रहास्ततस्तत्र ऋषयो वीतकल्मषाः
Là se tenaient les Viśvedevas, ainsi que les Rudras, les Sādhyas, les Nāgas, et les oiseaux et autres êtres. Les neuf Grahas (régents célestes/planètes) s’y trouvaient aussi, et les ṛṣi, purifiés de toute souillure, étaient également assemblés.
Verse 19
इति श्रीशिवमहापुराणे पञ्चम्यामुमासंहितायां लोकवर्णनंनामैकोनविंशोऽध्यायः
Ainsi, dans le Śrī Śiva Mahāpurāṇa, au Cinquième Livre—l’Umāsaṃhitā—s’achève le dix-neuvième chapitre intitulé « Lokavarṇana (Description des mondes) ».
Verse 20
दधिवृक्षफलं यद्वद्वृत्तिश्चोर्ध्वमधस्तथा । एतदंडकटाहेन सर्वतो वै समावृतम्
De même que le fruit du dadhivṛkṣa est arrondi, sa courbure s’étendant vers le haut et vers le bas, ainsi ce système du monde est, de toutes parts, entièrement enfermé par l’enveloppe de l’œuf cosmique, pareille à un vaste chaudron.
Verse 21
दशगुणेन पयसा सर्वतस्तत्समावृतम् । वह्निना वायुना चापि नभसा तमसा तथा
Cette étendue cosmique fut enveloppée de toutes parts par l’eau accrue au décuple ; et de même elle fut recouverte par le feu, par le vent, par l’éther, et aussi par les ténèbres.
Verse 22
भूतादिनापि महता दिग्गुणोत्तरवेष्टितः । महांतं च समावृत्य प्रधानं पुरुषः स्थितः
Enveloppé par le grand principe qui commence avec les éléments, et aussi par l’enveloppe plus haute des qualités directionnelles, le Puruṣa demeure—couvrant même le Mahat—et reste établi sur le Pradhāna (la Nature primordiale).
Verse 23
अनंतस्य न तस्यास्ति संख्यापि परमात्मनः । तेनानंत इति ख्यातः प्रमाणं नास्ति वै यतः
Pour ce Soi suprême (Paramātman), il n’existe même pas de nombre : nul compte, nulle limite ne peut lui être assigné. C’est pourquoi il est renommé « Ananta » (l’Infini), car aucune mesure ne saurait le délimiter.
Verse 24
हेतुभूतस्समस्तस्य प्रकृतिस्सा परा मुने । अंडानां तु सहस्राणां सहस्राण्ययुतानि च
Ô sage, cette Prakṛti suprême est le fondement causal de tout. D’elle naissent d’innombrables œufs cosmiques : des milliers par milliers, et des dizaines de milliers encore.
Verse 25
ईदृशानां प्रभूतानि तस्मादव्यक्तजन्मनः । दारुण्यग्निस्तिले तैलं पयस्सु च यथा घृतम्
Ainsi, de Celui dont l’origine est non manifestée naissent d’innombrables manifestations—comme le feu latent dans le bois, l’huile dans la graine de sésame et le ghee dans le lait.
Verse 26
तथासौ परमात्मा वै सर्वं व्याप्यात्मवेदनः । आदिबीजात्प्रसुवते ततस्तेभ्यः परेण्डजाः
Ainsi, ce Soi suprême—Conscience auto-lumineuse—pénètre tout. De la semence primordiale Il fait naître la création; et de ce qui est ainsi produit surgissent ensuite les êtres supérieurs nés de l’œuf.
Verse 27
तेभ्यः पुत्रास्तथान्येषां बीजान्यन्यानि वै ततः । महदादयो विशेषांतास्तद्भवंति सुरादयः
D’eux naquirent des fils; et d’autres, ensuite, surgirent encore d’autres semences (principes causaux). De cette source procèdent les évoluts, depuis Mahat jusqu’aux éléments particularisés, ainsi que les dieux et les autres êtres.
Verse 28
बीजाद्वृक्षप्ररोहेण यथा नापचयस्तरोः । सूर्य्यकांतमणेः सूर्य्याद्यद्वद्वह्निः प्रजायते
De même que l’arbre ne s’amoindrit pas lorsqu’un rejeton surgit de la graine, et de même que le feu naît de la gemme sūryakānta sous les rayons du soleil, ainsi la manifestation qui procède du Seigneur Suprême ne Le diminue en rien.
Verse 29
तद्वत्संजायते सृष्टिः शिवस्तत्रः न कामयेत् । शिवशक्तिसमायोगे देवाद्याः प्रभवंति हि
Ainsi naît la création ; Śiva, par Lui seul, ne la veut pas. Car c’est de l’union de Śiva et de Śakti que les dieux et tous les autres êtres surgissent en vérité.
Verse 30
तथा स्वकर्मणैकेन प्ररोहमुपयांति वै । ब्रह्मा विष्णुश्च रुद्राश्च स शिवः परिगीयते
De même, par Son unique acte inné, ils s’élèvent vraiment à leurs fonctions respectives—Brahmā, Viṣṇu et les Rudra ; et Lui est célébré comme ce Śiva même.
Verse 31
तस्मादुद्धरते सर्वं यस्मिंश्च लयमेष्यति । कर्ता क्रियाणां सर्वासां स शिवः परिगीयते
Ainsi, Il est Celui dont tout est tiré et en qui tout, à la fin, se résorbe. Comme l’agent de toutes les actions, ce Seigneur est célébré comme Śiva.
Verse 32
व्यास उवाच । सनत्कुमार सर्वज्ञ छिंधि मे संशयं महत् । सन्ति लोका हि ब्रह्मांडादुपरिष्टान्न वा मुने
Vyāsa dit : «Ô Sanatkumāra, toi l’Omniscient, tranche mon grand doute. Ô sage, existe-t-il des mondes au-dessus de l’œuf cosmique (brahmāṇḍa), ou n’en existe-t-il point ?»
Verse 33
सनत्कुमार उवाच । ब्रह्मांडादुपरिष्टाच्च संति लोका मुनीश्वर । ताञ्छृणु त्वं विशेषेण वच्मि तेऽहं समागतः
Sanatkumāra dit : «Ô seigneur parmi les sages, au-dessus du brahmāṇḍa il existe des mondes. Écoute-les en détail ; je suis venu ici pour te les exposer.»
Verse 34
विधिलोकात्परो लोको वैकुंठ इति विश्रुतः । विराजते महादीप्त्या यत्र विष्णुः प्रतिष्ठितः
Au-delà du monde de Vidhi, le royaume de Brahmā, se trouve le monde renommé Vaikuṇṭha. Il resplendit d’un éclat immense, et là le Seigneur Viṣṇu est établi sur son trône.
Verse 35
तस्योपरिष्टात्कौमारो लोको हि परमाद्भुतः । सेनानीः शंभुतनयो राजते यत्र सुप्रभः
Au-dessus de celui-là se trouve le monde Kaumāra, vraiment le plus merveilleux. Là resplendit, d’un éclat parfait, le Commandant des armées divines : le fils de Śambhu, Skanda/Kārttikeya.
Verse 36
ततः परमुमालोको महादिव्यो विरा जते । यत्र शक्तिर्विभात्येका त्रिदेवजननी शिवा
Ensuite resplendit le monde suprême d’Umā, infiniment divin : là, l’unique Śakti rayonne, Śivā, la Mère de bon augure qui engendre les trois dieux.
Verse 37
परात्परा हि प्रकृती रजस्सत्त्वतमोमयी । निर्गुणा च स्वयं देवी निर्विकारा शिवात्मिका
Prakṛti, la Puissance primordiale, est certes plus haute que le plus haut, faite de rajas, sattva et tamas ; et pourtant, cette même Déesse, en sa réalité essentielle, est au-delà des guṇa : immuable, et de la nature même de Śiva.
Verse 38
तस्योपरिष्टाद्विज्ञेयश्शिवलोकस्सनातनः । अविनाशी महादिव्यो महाशोभान्वितस्सदा
Au-dessus de cela, il faut connaître le royaume éternel de Śiva, Śivaloka : impérissable, souverainement divin, et toujours paré d’une grande splendeur.
Verse 39
विराजते परं ब्रह्म यत्र शंभुर्महेश्वरः । त्रिदेवजनकस्वामी सर्वेषां त्रिगुणात्परः
Là resplendit le Brahman suprême—Śambhu, le Grand Seigneur—Père souverain des trois dieux, et, pour tous les êtres, au-delà des trois guṇa.
Verse 40
तत ऊर्ध्वं न लोकाश्च गोलोकस्तत्समीपतः । गोमातरस्सुशीलाख्यास्तत्र संति शिवप्रिया
Au-delà de cela, il n’est plus d’autres mondes ; tout près se trouve Goloka. Là demeurent les vaches-mères, nommées Suśīlā, chéries du Seigneur Śiva.
Verse 41
तत्पालः कृष्णनामा हि राजते शंकराज्ञया । प्रतिष्ठितश्शिवेनैव शक्त्या स्वच्छन्दचारिणा
Son gardien, nommé en vérité Kṛṣṇa, resplendit par l’ordre de Śaṅkara—établi par Śiva lui-même, par sa Śakti au libre mouvement, souveraine.
Verse 42
शिवलोकोऽद्भुतो व्यास निराधारो मनोहरः । अतिनिर्वचनीयश्च नानावस्तुविराजितः
Ô Vyāsa, le royaume de Śiva est prodigieux : il se soutient de lui-même, sans appui extérieur, et il est souverainement enchanteur. Il dépasse toute description par les mots et resplendit, paré de multiples réalités divines.
Verse 43
शिवस्तु तदधिष्ठाता सर्वदेवशिरोमणिः । विष्णुब्रह्महरैस्सेव्यः परमात्मा निरञ्जनः
En vérité, Śiva en est le Seigneur intérieur et le régulateur ; il est le joyau de faîte de tous les dieux. Même Viṣṇu, Brahmā et Hara (Rudra) l’adorent, car il est le Paramātman, le Soi suprême, sans tache.
Verse 44
इति ते कथिता तात सर्वब्रह्मांडसंस्थितिः । तदूर्ध्वं लोकसंस्थानं किमन्यच्छ्रोतुमिच्छसि
Ainsi, mon cher enfant, je t’ai exposé l’agencement complet de tous les brahmāṇḍa, les œufs cosmiques. À présent, quant à l’ordonnance des mondes au-dessus de cela, que désires-tu encore entendre ?
Rather than a narrative leelā, the chapter advances an authoritative cosmographic argument: the universe is intelligible as a vertically ordered system of spheres and lokas, quantified in yojanas and anchored by Dhruva as the stabilizing pivot of the celestial wheel.
Dhruva’s portrayal as meḍhībhūta (axle/pivot) functions symbolically as the principle of unwavering stability (dhruvatā): cosmic order depends on a fixed axis, mirroring the yogic ideal of a steady mind around which sensory and mental ‘orbits’ are regulated.
No specific Śiva-svarūpa or Gaurī-svarūpa is foregrounded in the sampled material; the chapter’s emphasis is cosmological architecture and hierarchy, serving as contextual knowledge that supports broader Shaiva theological and soteriological framing in the Umāsaṃhitā.