Adhyaya 5
Rudra SamhitaParvati KhandaAdhyaya 550 Verses

मेनावरलाभवर्णनम् — Description of Menā’s Attainment of Boons (and the worship leading to Umā’s advent)

L’Adhyāya 5 est présenté comme un dialogue entre Nārada et Brahmā. Nārada demande ce qui advint après que Devī Durgā se fut rendue invisible et que les dieux furent retournés à leurs demeures, et comment Himālaya et Menā accomplirent le tapas menant à l’obtention d’une fille. Brahmā, après avoir invoqué Śaṅkara, décrit la discipline dévotionnelle du couple : contemplation ininterrompue de Śiva et de Śivā, culte régulier accompli avec bhakti, gestes de vénération envers la Devī et dons aux brāhmaṇas afin de réjouir la Déesse. L’observance de Menā est précisée par des repères calendaires et rituels—commençant au mois de Caitra et se poursuivant durant de nombreuses années—avec jeûne à aṣṭamī et offrandes à navamī. Le chapitre met en valeur des upacāras concrets : modaka, bali/préparations de piṣṭa, pāyasa, parfums, fleurs, et la confection d’une image d’argile d’Umā près du Gaṅgā pour la pūjā avec diverses offrandes. Ainsi, la causalité (tapas → satisfaction divine → bénédiction et progéniture) s’unit à des prescriptions rituelles, faisant du vrata de Menā un modèle de dévotion efficace.

Shlokas

Verse 1

नारद उवाच । अन्तर्हितायान्देव्यां तु दुर्गायां स्वगृहेषु च । गतेष्वमरवृन्देषु किमभूत्तदनन्तरम्

Nārada dit : «Lorsque la Déesse Durgā se fut rendue invisible et fut retournée à sa propre demeure, et lorsque les troupes des devas furent reparties vers leurs résidences, que se passa-t-il aussitôt après ?»

Verse 2

कथं मेनागिरीशौ च तेपाते परमन्तपः । कथं सुताऽभवत्तस्य मेनायान्तात तद्वद

«Ô puissant, dis-moi comment Menā et le seigneur des montagnes (Himālaya) accomplirent l’austérité suprême ; et explique comment une fille lui naquit—née de Menā elle-même.»

Verse 3

ब्रह्मोवाच । विप्रवर्य सुतश्रेष्ठ शृणु तच्चरितं महत् । प्रणम्य शंकरं भक्त्या वच्मि भक्तिविवर्द्धनम्

Brahmā dit : « Ô le plus éminent des brāhmaṇas, ô le meilleur des fils, écoute ce grand récit sacré. Après m’être prosterné devant Śaṅkara avec dévotion, je dirai ce qui fait croître la bhakti. »

Verse 4

उपदिश्य गते तात सुरवृन्दे गिरीश्वरः । हर्यादौ मेनका चापि तेपाते परमन्तपः

Ô cher enfant, après les avoir instruits et lorsque les cohortes des dieux se furent retirées, Girīśvara (Śiva), avec Hari et les autres, ainsi que Menakā, entreprirent de rudes austérités, consumant tout obstacle par le tapas suprême.

Verse 5

इति श्रीशिवमहापुराणे द्वितीयायां रु० सं० तृतीये पार्वतीखंडे मेनावरलाभवर्णनो नाम पंचमोऽध्यायः

Ainsi s’achève le cinquième chapitre, intitulé « Description de l’obtention de Menā (comme grâce) », dans le Pārvatī-khaṇḍa de la troisième section de la Rudra-saṃhitā, au sein du deuxième livre du Śrī Śiva Mahāpurāṇa.

Verse 6

गिरिप्रियातीव मुदानर्च देवीं शिवेन सा । दानन्ददौ द्विजेभ्यश्च सदा तत्तोषहेतवे

Comblant de joie Giripriyā (Pārvatī), la Déesse adora Śiva avec allégresse ; et, pour Lui plaire, elle accordait sans cesse des dons aux deux-fois-nés (brāhmaṇas).

Verse 7

चैत्रमासं समारभ्य सप्तविंशतिवत्सरान् । शिवां सम्पूजयामासापत्त्यार्थिन्यन्वहं रता

À partir du mois de Caitra, elle—cherchant à être délivrée de sa détresse—adora chaque jour, avec une dévotion entière, Śivā, la Divine Épouse de Śiva, et poursuivit ce culte durant vingt-sept ans.

Verse 8

अष्टम्यामुपवासन्तु कृत्वादान्नवमीतिथौ । मोदकैर्बलिपिष्टैश्च पायसैर्गन्धपुष्पकैः

Qu’ils jeûnent le huitième jour lunaire; puis, au neuvième tithi, après avoir fait les offrandes, qu’ils accomplissent le culte avec des modakas sucrés, des parts rituelles de farine, du pāyasa (riz au lait sacré) et des fleurs parfumées.

Verse 9

गङ्गायामौषधिप्रस्थे कृत्वा मूर्तिं महीमयीम् । उमायाः पूजयामास नानावस्तुसमर्पणैः

Sur la rive du Gaṅgā, en un lieu riche d’herbes sacrées, il façonna une image de terre et adora Umā en lui offrant maintes substances rituelles.

Verse 10

कदाचित्सा निराहारा कदाचित्सा धृतव्रता । कदाचित्पवनाहारा कदाचिज्जलभुघ्यभूत्

Parfois elle demeurait sans nourriture ; parfois elle observait avec fermeté son vœu sacré. Parfois elle ne vivait que d’air, et parfois ne subsistait que d’eau : ainsi accomplissait-elle ses austérités.

Verse 11

शिवाविन्यस्तचेतस्का सप्तविंशतिवत्सरान् । निनाय मेनका प्रीत्या परं सा मृष्टवर्चसा

L’esprit fermement établi en le Seigneur Śiva, Menakā, avec amour, fit grandir (sa fille) durant vingt-sept années ; et elle (Pārvatī) devint souverainement rayonnante, son éclat affiné et purifié par cette dévotion inébranlable.

Verse 12

सप्तविंशतिवर्षान्ते जगन्माता जगन्मयी । सुप्रीताभवदत्यर्थमुमा शंकरकामिनी

Au terme de vingt-sept années, Umā —Mère de l’univers et celle qui le pénètre— fut comblée d’une joie extrême, car elle aspirait ardemment à Śaṅkara (Śiva).

Verse 13

अनुग्रहाय मेनायाः पुरतः परमेश्वरी । आविर्बभूव सा देवी सन्तुष्टा तत्सुभक्तितः

Pour accorder sa grâce à Menā, la Déesse suprême (Parameśvarī) se manifesta directement devant elle. Cette Devī apparut, heureuse et satisfaite, touchée par sa noble dévotion.

Verse 14

दिव्यावयवसंयुक्ता तेजोमण्डलमध्यगा । उवाच विहसन्ती सा मेनां प्रत्यक्षतां गता

Dotée de membres divins et demeurant au cœur d’un cercle de splendeur rayonnante, elle —souriante— s’adressa à Menā, s’étant révélée à elle en personne.

Verse 15

देव्युवाच वरं ब्रूहि महासाध्वि यत्ते मनसि वर्तते । सुप्रसन्ना च तपसा तवाहं गिरिकामिनि

La Déesse dit : «Ô grande dame vertueuse, dis le don qui demeure en ton esprit. Ô bien-aimée née de la montagne, je suis infiniment satisfaite de ton austérité (tapas)».

Verse 16

यत्प्रार्थितं त्वया मेने तपोव्रतसमाधिना । दास्ये तेऽहं च तत्सर्वं वाञ्छितं यद्यदा भवेत्

«Tout ce que tu as imploré par la discipline de l’austérité, du vœu (vrata) et de l’absorption méditative (samādhi), Je l’agrée. Je t’accorderai tout cela—chaque don désiré—lorsqu’il devra s’accomplir.»

Verse 17

ततस्सा मेनका देवीं प्रत्यक्षां कालिकान्तदा । दृष्ट्वा च प्रणनामाथ वचनं चेदमब्रवीत्

Alors Menakā, voyant la Déesse manifestée devant elle, rayonnante d’un éclat sombre semblable à celui de Kālikā, se prosterna avec révérence et prononça ces paroles.

Verse 18

मेनोवाच । देवि प्रत्यक्षतो रूपन्दृष्टन्तव मयाऽधुना । त्वामहं स्तोतुमिच्छामि प्रसन्ना भव कालिके

Mena dit : «Ô Déesse, je viens de contempler ta forme de mes propres yeux, en présence. Je souhaite te louer ; sois favorable et bienveillante, ô Kālikā.»

Verse 19

ब्रह्मोवाच । अथ सा मेनयेत्युक्ता कालिका सर्वमोहिनी । बाहुभ्यां सुप्रसन्नात्मा मेनकां परिषस्वजे

Brahmā dit : Alors Kālikā—celle qui ensorcelle tous les êtres—interpellée par «Ô Menā», devint pleinement bienveillante en son cœur et étreignit Menakā de ses deux bras.

Verse 20

ततः प्राप्तमहाज्ञाना मेनका कालिकां शिवम् । तुष्टाव वाग्भि रिष्टाभिर्भक्त्या प्रत्यक्षतां गताम्

Alors Menakā, ayant atteint une grande clairvoyance spirituelle, loua Kālikā—la Śakti divine de Śiva—qui s’était rendue manifeste devant elle, par des paroles chéries et une dévotion venue du cœur.

Verse 21

मेनोवाच । महामायां जगद्धात्रीं चण्डिकां लोकधारिणीम् । प्रणमामि महादेवीं सर्वकामार्थदायिनीम्

Mena dit : Je me prosterne devant la Mahādevī—la Grande Māyā, la Mère qui porte l’univers, la farouche Caṇḍikā qui soutient les mondes—celle qui accorde tout but désiré et son accomplissement.

Verse 22

नित्यानन्दकरीं मायां योगनिद्रां जगत्प्रसूम् । प्रणमामि सदासिद्धां शुभसारसमालिनीम्

Je me prosterne devant cette Māyā sacrée—qui confère la béatitude éternelle, qui est Yoga-nidrā, la Mère qui enfante les mondes—toujours accomplie, parée d’une guirlande tressée de l’essence même du bon augure.

Verse 23

मातामहीं सदानन्दां भक्तशोकविनाशिनीम् । आकल्पं वनितानां च प्राणिनां बुद्धिरूपिणीम्

Elle est la Grande Mère de la terre, toujours en béatitude, celle qui dissipe la peine des dévots ; à travers tous les âges elle demeure, comme la forme même de l’intelligence, en les femmes et en tous les êtres vivants.

Verse 24

सा त्वं बंधच्छेदहेतुर्यतीनां कस्ते गेयो मादृशीभिः प्रभावः । हिंसाया वाथर्ववेदस्य सा त्वं नित्यं कामं त्वं ममेष्टं विधेहि

Tu es la cause par laquelle les ascètes tranchent les liens de l’asservissement ; qui, parmi des femmes comme moi, pourrait chanter dignement ta puissance ? Tu es aussi cette force liée à l’Atharvaveda et à la retenue de la violence. Ainsi, Ô Toujours Présente, accomplis mon désir constant ; accorde-moi ce que je souhaite.

Verse 25

नित्यानित्यैर्भावहीनैः परास्तैस्तत्तन्मात्रैर्योज्यते भूतवर्गः । तेषां शक्तिस्त्वं सदा नित्यरूपा काले योषा योगयुक्ता समर्था

Par les essences subtiles (tanmātra)—les unes tenues pour éternelles, les autres non éternelles—dépourvues d’être propre et subordonnées par nature, la multitude des éléments est ordonnée en combinaison. Tu es la Śakti de tous, toujours de forme éternelle ; Souveraine Dame du Temps, unie au Yoga, tu es pleinement capable de manifester et de gouverner le cosmos.

Verse 26

योनिर्धरित्री जगतां त्वमेव त्वमेव नित्या प्रकृतिः परस्तात् । यथा वशं क्रियते ब्रह्मरूपं सा त्वं नित्या मे प्रसीदाद्य मातः

Toi seule es le sein et la terre qui soutient tous les mondes ; toi seule es la Prakṛti éternelle, transcendante au-delà de tout. Par toi, même le principe nommé Brahman est soumis à la gouverne et rendu manifeste en forme. Ô Mère éternelle, sois-moi favorable aujourd’hui.

Verse 27

त्वं जातवेदोगतशक्तिरुग्रा त्वं दाहिका सूर्यकरस्य शक्तिः । आह्लादिका त्वं बहुचन्द्रिका या तान्त्वामहं स्तौमि नमामि चण्डीम्

Tu es la puissance farouche qui demeure en Jātavedas (Agni) ; tu es l’énergie brûlante dans les rayons du soleil. Tu es aussi la clarté lunaire, fraîche et réjouissante, qui resplendit de multiples façons. Ainsi je te loue et je me prosterne devant toi, ô Caṇḍī.

Verse 28

योषाणां सत्प्रिया च त्वं नित्या त्वं चोर्ध्वरेतसाम् । वांछा त्वं सर्वजगतां धाया च त्वं यथा हरेः

Tu es la véritable bien-aimée des femmes ; et tu es l’Éternelle pour les ascètes de chasteté, à semence élevée. Tu es le désir intime de tous les mondes ; et tu es le soutien qui les porte, comme Lakṣmī l’est pour Hari (Viṣṇu).

Verse 29

या चेष्टरूपाणि विधाय देवी सृष्टिस्थितानाशमयी च कर्त्री । ब्रह्माच्युतस्थाणुशरीरहेतुस्सा त्वं प्रसीदाद्य पुनर्नमस्ते

Ô Déesse, Toi qui façonnes toutes les modalités de l’agir; Toi, l’Agissante dont la nature est création, maintien et résorption; Toi, cause de la manifestation incarnée de Brahmā, d’Acyuta (Viṣṇu) et de Sthāṇu (Śiva) — sois aujourd’hui favorable. Encore et encore, prosternations à Toi.

Verse 30

ब्रह्मोवाच । तत इत्थं स्तुता दुर्गा कालिका पुनरेव हि । उवाच मेनकां देवीं वांछितं वरयेत्युत

Brahmā dit : Ainsi louée de la sorte, Durgā — Kālikā en vérité — parla de nouveau à la déesse Menakā : «Choisis la grâce que tu désires.»

Verse 31

उमोवाच । प्राणप्रिया मम त्वं हि हिमाचलविलासिनी । यदिच्छसि ध्रुवन्दास्ये नादेयं विद्यते मम

Umā dit : «Ô toi, chère à mon souffle même, ô Dame qui te réjouis dans la demeure de l’Himālaya — si tu veux demeurer ferme dans le service, il n’est rien que je ne puisse te donner.»

Verse 32

इति श्रुत्वा महेशान्याः पीयूषसदृशं वचः । उवाच परितुष्टा सा मेनका गिरिकामिनी

Entendant ces paroles semblables au nectar, prononcées par Maheśānī (Pārvatī), Menakā — l’aimée du roi des montagnes — fut comblée de joie, puis elle parla.

Verse 33

मेनोवाच । शिवे जयजय प्राज्ञे महेश्वरि भवाम्बिके । वरयोग्यास्महं चेत्ते वृणे भूयो वरं वरम्

Menā dit : «Victoire, victoire à Toi, ô Śivā ! Ô Sage, ô Maheśvarī, ô Mère Bhavāmbikā. Si je suis vraiment digne de recevoir de Toi une grâce, alors je demande encore une autre grâce, plus excellente encore.»

Verse 34

प्रथमं शतपुत्रा मे भवन्तु जगदम्बिके । बह्वायुषो वीर्यवन्त ऋद्धिसिद्धिसमन्विताः

«D’abord, ô Mère des mondes, accorde-moi la bénédiction de cent fils—longue vie, pleine vigueur, et pourvus de prospérité ainsi que d’accomplissements spirituels (siddhi)»។

Verse 35

पश्चात्तथैका तनया स्वरूपगुणशालिनी । कुलद्वयानंदकरी भुवनत्रयपूजिता

Ensuite naquit une fille unique, dotée d’une beauté de forme et d’une excellence de vertus. Elle fut la joie des deux lignées et vénérée dans les trois mondes.

Verse 36

सुता भव मम शिवे देवकार्यार्थमेव हि । रुद्रपत्नी भव तथा लीलां कुरु भवाम्बिके

«Ô Śivā, deviens Ma fille—en vérité, uniquement pour accomplir l’œuvre des dieux. Puis deviens l’épouse de Rudra. Ô Bhavāmbikā, manifeste ce līlā divin.»

Verse 37

ब्रह्मोवाच । तच्छ्रुत्वा मेनकोक्तं हि प्राह देवी प्रसन्नधीः । स्मितपूर्वं वचस्तस्याः पूरयन्ती मनोरथम्

Brahmā dit : Ayant entendu les paroles de Menakā, la Déesse—l’esprit paisible et comblé—répondit avec un doux sourire, accordant et accomplissant le vœu chéri de sa mère.

Verse 38

देव्युवाच । शतपुत्रास्सं भवन्तु भवत्या वीर्यसंयुताः । तत्रैको बलवान्मुख्यः प्रधमं संभविष्यति

La Déesse dit : «Puissent cent fils, dotés d’une vaillance héroïque, naître de toi. Parmi eux, l’un, puissant et éminent, naîtra le premier».

Verse 39

सुताहं संभविष्यामि सन्तुष्टा तव भक्तितः । देव कार्यं करिष्यामि सेविता निखिलैस्सुरैः

Satisfaite de ta dévotion, je naîtrai assurément comme ta fille. J’accomplirai l’œuvre des dieux, et je serai honorée et servie par tous les devas.

Verse 40

ब्रह्मोवाच । एवमुक्त्वा जगद्धात्री कालिका परमेश्वरी । पश्यन्त्या मेनकायास्तु तत्रैवान्तर्दधे शिवा

Brahmā dit : Ayant ainsi parlé, la Déesse suprême Kālikā—qui soutient les mondes—s’évanouit sur-le-champ, tandis que Menakā la regardait.

Verse 41

मेनकापि वरं लब्ध्वा महेशान्या अभी प्सितम् । मुदं प्रापामितां तात तपःक्लेशोप्यनश्यत

Ayant obtenu la grâce tant désirée par Maheśānī (Pārvatī), Menakā fut elle aussi comblée de joie ; et, ô bien-aimé, la peine née de l’ascèse s’en trouva dissipée.

Verse 42

दिशि तस्यां नमस्कृत्य सुप्रहृष्टमनास्सती । जयशब्दं प्रोच्चरंती स्वस्थानम्प्रविवेश ह

S’inclinant dans cette direction même, Satī, l’esprit empli d’une grande joie, lança le cri de « Victoire ! », puis entra dans sa propre demeure.

Verse 43

अथ तस्मै स्वपतये शशंस सुवरं च तम् । स्वचिह्नबुद्धमिव वै सुवाचा पुनरुक्तया

Alors, à son propre Seigneur et Époux, elle proclama cet excellent don ; et, de nouveau, elle le confirma par de douces paroles, comme s’il l’avait déjà compris par son propre signe.

Verse 44

श्रुत्वा शैलपतिर्हृष्टोऽभवन्मेनावचो हि तत् । प्रशशंस प्रियां प्रीत्या शिवाभक्तिरतां च ताम्

Ayant entendu les paroles de Menā, le seigneur de la montagne fut transporté de joie. Dans une allégresse tendre, il loua son épouse bien-aimée, la voyant ferme et dévouée dans la bhakti envers le Seigneur Śiva.

Verse 45

कालक्रमेणाऽथ तयोः प्रवृत्ते सुरते मुने । गर्भो बभूव मेनाया ववृधे प्रत्यहं च सः

Au fil du temps, ô sage, lorsque leur union s’accomplit, Menā conçut. Et l’embryon grandissait de jour en jour.

Verse 46

असूत सा नागवधूपभोग्यं सुतमुत्तमम् । समुद्रबद्धसत्सख्यं मैनाकाभिधमद्भुतम्

Elle enfanta un fils excellent et merveilleux, nommé Maināka—digne d’être l’époux d’une jeune Nāga—lié à l’océan et uni par une amitié véritable au Seigneur de la Mer.

Verse 47

वृत्रशत्रावपि क्रुद्धे वेदनाशं सपक्षकम् । पविक्षतानां देवर्षे पक्षच्छिदि वराङ्गकम्

Ô sage divin, même lorsque Indra—vainqueur de Vṛtra—s’emportait, cette puissance anéantissait la souffrance avec ses « ailes », c’est‑à‑dire ses causes de soutien. Pour ceux que frappait le vajra, elle devenait un moyen noble de trancher les ailes et d’ôter toute possibilité de nuire encore.

Verse 48

प्रवरं शतपुत्राणां महाबलपराक्रमम् । स्वोद्भवानां महीध्राणां पर्वतेन्द्रैकधिष्ठितम्

Il fut le plus éminent des cent fils, pourvu d’une force et d’une vaillance immenses ; né de la lignée même des montagnes, et établi d’une manière unique comme le seul souverain parmi les seigneurs des monts.

Verse 49

आसीन्महोत्सवस्तत्र हिमाचलपुरेऽद्भुतः । दम्पत्योः प्रमुदाधिक्यं बभूव क्लेशसंक्षयः

Dans la cité d’Himācala se tint une grande fête merveilleuse. Pour le couple divin, la joie s’accrut grandement et les peines s’amenuisèrent.

Verse 50

दानन्ददौ द्विजातिभ्योऽन्येभ्यश्च प्रददौ धनम् । शिवाशिवपदद्वन्द्वे स्नेहोऽभूदधिकस्तयोः

Avec joie, il fit des dons aux dvija, les «deux-fois-nés», et distribua aussi des richesses aux autres. Entre eux deux—dans l’auspice comme dans le non-auspice—leur affection réciproque s’accrut davantage.

Frequently Asked Questions

Nāradā asks about the aftermath of Devī Durgā’s withdrawal (antarhita) and the gods’ departure, leading Brahmā to narrate Himālaya and Menā’s tapas and worship that culminate in the attainment of a daughter/boon connected with Umā/Pārvatī.

The chapter models bhakti as continuous remembrance of Śiva–Śivā paired with disciplined ritual action; tapas is portrayed as the stabilization of intention and purity that makes divine grace (anugraha) operative in worldly outcomes (such as auspicious progeny).

Devī appears in the chapter’s frame as Durgā (whose withdrawal prompts the inquiry) and as Umā (the focus of Menā’s image-making and pūjā), while Śiva is invoked as Śaṅkara/Śambhu as the theological ground of the narrative.