
सीताया वनगमननिश्चयः (Sita’s Resolve to Accompany Rama to the Forest)
अयोध्याकाण्ड
Le Sarga 27 rapporte la réponse prolongée de Sītā à Rāma, après que celui-ci a parlé d’une manière qu’elle juge méprisante envers son droit légitime de partager son exil. Elle affirme que seule l’épouse participe au destin de son époux (bhartṛ-bhāgya) et que le mari demeure le refuge durable de la femme en ce monde comme dans l’autre. Déclarant avoir été instruite au dharma par ses parents, elle soutient qu’elle n’a nul besoin d’autres remontrances sur sa conduite. Sītā fait le vœu de précéder Rāma dans la forêt difficile et déserte, allant jusqu’à écraser les épines pour lui aplanir le chemin. Elle promet une vie disciplinée, se nourrissant de fruits et de racines, sans devenir un fardeau. Le chapitre glisse alors d’un raisonnement quasi juridique vers un engagement du cœur : la séparation d’avec Rāma est dite insupportable—elle refuse même le ciel sans lui—tandis que la vie forestière est envisagée comme une heureuse compagnie parmi rivières, montagnes, lacs de lotus et animaux sauvages. À la fin, malgré ses appels, Rāma demeure réticent et commence à décrire les épreuves de la demeure en forêt pour la détourner, ouvrant la voie au prochain échange d’arguments.
Verse 1
एवमुक्ता तु वैदेही प्रियार्हा प्रियवादिनी।प्रणयादेव संक्रुद्धा भर्तारमिदमब्रवीत्।।।।
Ainsi interpellée, Vaidehī—digne d’affection et aux paroles aimantes—courroucée seulement par amour, dit ceci à son époux.
Verse 2
किमिदं भाषसे राम वाक्यं लघुतया ध्रुवम्।त्वया यदपहास्यं मे श्रुत्वा नरवरात्मज।।।।
Pourquoi, Rāma, prononces-tu de telles paroles avec tant de légèreté et comme avec certitude ? Ô prince, si tu entendais ces mêmes mots adressés à toi, tu les trouverais assurément risibles.
Verse 3
आर्यपुत्र पिता माता भ्राता पुत्रस्तथा स्नुषा।स्वानि पुण्यानि भुञ्जानाः स्वं स्वं भाग्यमुपासते।।।।
Ô noble prince, le père, la mère, le frère, le fils, et même la belle-fille, chacun jouit du fruit de son propre mérite et ne reçoit que la part de destinée qui lui est échue.
Verse 4
भर्तुर्भाग्यं तु भार्यैका प्राप्नोति पुरुषर्षभ।अतश्चैवाहमादिष्टा वने वस्तव्यमित्यपि।।।।
Ô le meilleur des hommes, l’épouse seule partage le destin de son époux. C’est pourquoi il m’est aussi enjoint de demeurer dans la forêt ; ton ordre m’oblige, moi aussi.
Verse 5
न पिता नात्मजो नात्मा न माता न सखीजनः।इह प्रेत्य च नारीणां पतिरेको गतिस्सदा।।।।
Pour une femme, ni le père, ni le fils, ni même son propre être—ni la mère ni les amis—ne sont un refuge constant ; ici-bas et dans l’au-delà, l’époux seul est toujours son unique recours.
Verse 6
यदि त्वं प्रस्थितो दुर्गं वनमद्यैव राघव।अग्रतस्ते गमिष्यामि मृद्नन्ती कुशकण्टकान्।।।।
Si, dès aujourd’hui, tu pars pour la forêt périlleuse et difficile à franchir, ô Rāghava, j’irai devant toi, foulant aux pieds l’herbe kuśa et les épines.
Verse 7
ईर्ष्यारोषौ बहिष्कृत्य भुक्तशेषमिवोदकम्।नय मां वीर विस्रब्धः पापं मयि न विद्यते।।।।
Rejette jalousie et colère, comme l’eau restante après avoir bu. Emmène-moi, ô héros, sans défiance, car il n’y a en moi aucune faute.
Verse 8
प्रासादाग्रैर्विमानैर्वा वैहायसगतेन वा।सर्वावस्थागता भर्तुः पादच्छाया विशिष्यते।।।।
Qu’on soit au faîte des palais, dans de splendides demeures, ou même porté dans les airs, en toute condition l’abri à l’ombre des pieds de l’époux est tenu pour le plus élevé.
Verse 9
अनुशिष्टाऽस्मि मात्रा च पित्रा च विविधाश्रयम्।नाऽस्मि सम्प्रति वक्तव्या वर्तितव्यं यथा मया।।।।
Ma mère et mon père m’ont instruite en maints devoirs et en la juste conduite ; ainsi, à présent, nul besoin de me dire comment je dois agir.
Verse 10
अहं दुर्गं गमिष्यामि वनं पुरुषवर्जितम्।नानामृगगणाकीर्णं शार्दूलवृकसेवितम्।।।।
Moi aussi, j’irai dans la forêt—difficile à parcourir, sans hommes, remplie de troupeaux de bêtes diverses, et hantée par les tigres et les loups.
Verse 11
सुखं वने निवत्स्यामि यथैव भवने पितुः।अचिन्तयन्ती त्रीन्लोकांश्च्चिन्तयन्ती पतिव्रतम्।।।।
Je vivrai heureuse dans la forêt, comme au palais de mon père—sans me soucier des trois mondes, ne pensant qu’à mon vœu de fidélité à mon époux.
Verse 12
शुश्रूषमाणा ते नित्यं नियता ब्रह्मचारिणी।सह रंस्ये त्वया वीर वनेषु मधुगन्धिषु।।।।
Te servant sans cesse, maîtrisée, observant la discipline du brahmacarya, j’errerai avec toi, ô héros, dans des forêts parfumées comme le miel.
Verse 13
त्वं हि शक्तो वने कर्तुं राम सम्परिपालनम्।अन्यस्यापि जनस्येह किं पुनर्मम मानद।।।।
Car toi, Rāma, tu peux assurer en forêt une protection parfaite même à d’autres; combien plus donc à moi, ô dispensateur d’honneur !
Verse 14
सह त्वया गमिष्यामि वनमद्य न संशयः।नाहं शक्या महाभाग निवर्तयितुमुद्यता।।।।
Sans aucun doute, aujourd’hui j’irai avec toi dans la forêt. Ô noble et bienheureux, une fois décidée, nul ne peut me détourner.
Verse 15
फलमूलाशना नित्यं भविष्यामि न संशयः।न ते दुःखं करिष्यामि निवसन्ती सह त्वया।।।।
N’en doute pas : je vivrai toujours de fruits et de racines. En demeurant auprès de toi, je ne serai pas pour toi une cause de peine.
Verse 16
इच्छामि सरितश्शैलान्पल्वलानि वनानि च।द्रष्टुं सर्वत्र निर्भीता त्वया नाथेन धीमता।।।।
Je désire, sans crainte, parcourir partout et contempler rivières, montagnes, étangs et forêts, toi, mon seigneur sage, étant mon protecteur.
Verse 17
हंसकारण्डवाकीर्णाः पद्मिनीस्साधुपुष्पिताः।इच्छेयं सुखिनी द्रष्टुं त्वया वीरेण सङ्गता।।।।
Heureuse en ta compagnie, ô héros, je désire voir des étangs de lotus en pleine floraison, remplis de cygnes et de canards.
Verse 18
अभिषेकं करिष्यामि तासु नित्यं यतव्रता।सह त्वया विशालाक्ष रंस्ये परमनन्दिनी ।।।।
Gardant mes vœux, je me baignerai chaque jour dans ces étangs de lotus ; et avec toi, ô aux grands yeux, je m’ébattrai, comblée de la joie suprême.
Verse 19
एवं वर्षसहस्राणां शतं वाऽहं त्वया सह।व्यतिक्रमं न वेत्स्यामि स्वर्गोऽपि न हि मे मतः।।।।
Ainsi, quand bien même je vivrais avec toi mille ans—voire cent mille—je ne sentirais pas le temps s’écouler ; pour moi, même le ciel n’est pas désirable.
Verse 20
स्वर्गेऽपि च विना वासो भविता यदि राघव।त्वया मम नरव्याघ्र नाहं तमपि रोचये।।।।
Ô Rāghava, tigre parmi les hommes, si je devais demeurer même au ciel sans toi, je ne le désirerais pas davantage.
Verse 21
अहं गमिष्यामि वनं सुदुर्गमंमृगायुतं वानरवारणैर्युतम्।वने निवत्स्यामि यथा पितुर्गृहेतवैव पादावुपगृह्य संयता।।।।
J'irai dans la forêt, difficile à traverser, remplie de bêtes sauvages et fréquentée par des singes et des éléphants. J'y vivrai avec discipline comme dans la maison de mon père, ne prenant refuge qu'à tes pieds.
Verse 22
अनन्यभावामनुरक्तचेतसंत्वया वियुक्तां मरणायनिश्चिताम्।नयस्व मां साधु कुरुष्व याचनाम्न ते मयाऽतो गुरुता भविष्यति।।।।
Je suis entièrement fixée sur toi, mon cœur lié au tien ; séparée de toi, je suis résolue à mourir. Emmène-moi, sois gracieux et accorde ma demande ; je ne serai pas un fardeau pour toi.
Verse 23
तथा ब्रुवाणामपि धर्मवत्सलोन च स्म सीतां नृवरो निनीषति।उवाच चैनां बहु सन्निवर्तनेवने निवासस्य च दुःखितां प्रति।।।।
Même alors que Sītā suppliait ainsi, Rāma — dévoué au dharma — ne voulait toujours pas l'emmener. Cherchant à la dissuader, il parla longuement à Sītā affligée des nombreuses épreuves de la vie en forêt.
Verse 24
Je me nourrirai toujours de racines et de fruits, sans aucun doute. Et demeurant auprès de toi, je ne te causerai ni peine ni tourment.
Verse 25
एवमुक्ता तु वैदेही प्रियार्हा प्रियवादिनी।प्रणयादेव संक्रुद्धा भर्तारमिदमब्रवीत्।।2.27.1।।
Ainsi interpellée, Vaidehī Sītā — digne d'affection et douce en paroles — se mit en colère uniquement par amour, et elle prononça ces mots à son mari.
Verse 26
एवमुक्ता तु वैदेही प्रियार्हा प्रियवादिनी।प्रणयादेव संक्रुद्धा भर्तारमिदमब्रवीत्।।2.27.1।।
Ainsi interpellée, Vaidehī Sītā — digne d'affection et douce en paroles — se mit en colère uniquement par amour, et elle prononça ces mots à son mari.
Verse 27
एवमुक्ता तु वैदेही प्रियार्हा प्रियवादिनी।प्रणयादेव संक्रुद्धा भर्तारमिदमब्रवीत्।।2.27.1।।
Ainsi interpellée, Vaidehī Sītā—digne d’affection et douce en ses paroles—ne s’irrita que par amour, et adressa ces mots à son époux.
Verse 28
एवमुक्ता तु वैदेही प्रियार्हा प्रियवादिनी।प्रणयादेव संक्रुद्धा भर्तारमिदमब्रवीत्।।2.27.1।।
Ainsi interpellée, Vaidehī Sītā—digne d’affection et douce en ses paroles—ne s’irrita que par amour, et adressa ces mots à son époux.
Verse 29
एवमुक्ता तु वैदेही प्रियार्हा प्रियवादिनी।प्रणयादेव संक्रुद्धा भर्तारमिदमब्रवीत्।।2.27.1।।
Ainsi interpellée, Vaidehī Sītā—digne d’affection et douce en ses paroles—ne s’irrita que par amour, et adressa ces mots à son époux.
Verse 30
एवमुक्ता तु वैदेही प्रियार्हा प्रियवादिनी।प्रणयादेव संक्रुद्धा भर्तारमिदमब्रवीत्।।2.27.1।।
Ainsi interpellée, Vaidehī Sītā—digne d’affection et douce en ses paroles—ne s’irrita que par amour, et adressa ces mots à son époux.
The dilemma is whether Sītā should remain in Ayodhyā for safety and propriety or accompany Rāma into exile; she asserts that marital dharma requires sharing his fate and refuses separation even at the cost of hardship.
The sarga frames dharma as embodied commitment: duty is not merely rule-following but steadfast relational responsibility, where discipline (saṃyama) and love-informed resolve can coexist with renunciation.
The ‘vana’ is mapped through poetic ecology—rivers, mountains, lotus-ponds with swans/ducks, and dangerous fauna (tigers, wolves, monkeys, elephants)—contrasting palace life with a culturally charged forest-as-ashrama landscape.
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