Adhyaya 24
Brahma KhandaAdhyaya 2458 Verses

Adhyaya 24

The Glory of Charity: Land-Gifts, Śālagrāma Donation, and Food–Water as Supreme Gifts

Śaunaka demande à Sūta un exposé ordonné sur la grandeur de la charité (dāna). Sūta répond par un enseignement hiérarchisé et étendu : le don de la terre est proclamé suprême, car il assure une longue demeure dans le monde de Viṣṇu et conduit finalement à la souveraineté et à la délivrance. Renier une terre déjà donnée ou s’en emparer entraîne misère et enfers redoutables ; voler une terre consacrée aux dieux ou aux brāhmaṇa est présenté comme une faute presque inexpiable. Le chapitre énumère ensuite divers dons—vache et taureau, or, argent, gemmes, lit, lampe, sandales, éventail, vêtements, fruits, légumes (dans la demeure de Śiva), produits laitiers, fleurs et tāmbūla—avec des récompenses célestes précises. Le don de Śālagrāma est magnifié comme surpassant le tulāpuruṣa et équivalant au don de la terre entière. Enfin, nourriture et eau sont proclamées dons suprêmes, tout en avertissant de ne pas accepter une nourriture souillée provenant de donateurs pécheurs. L’adhyāya se clôt en exhortant à amasser des richesses pour les offrir et en affirmant la puissance du dāna à détruire les péchés.

Shlokas

Verse 1

शौनक उवाच । विदुषांवर तत्त्वज्ञ कथयस्व महामते । इदानीं मम दानानां माहात्म्यं क्रमतो मुने

Śaunaka dit : Ô le meilleur des savants, connaisseur de la vérité, ô magnanime—raconte-moi maintenant, ô muni, dans l’ordre convenable, la grandeur de mes actes de charité.

Verse 2

सूत उवाच । क्षितिदानं मुनिश्रेष्ठ दानानामुत्तमं मतम् । येन कृतं वै तद्दानं सर्वदानफलं मतम्

Sūta dit : Ô le meilleur des sages, le don de la terre est tenu pour le plus élevé des dons. En accomplissant cette offrande, on est réputé obtenir le fruit de toutes les donations.

Verse 3

क्षितिं ससस्यां यो दद्याद्ब्राह्मणाय द्विजोत्तम । विष्णुलोके सुखं भुंक्ते यावदिंद्राश्चतुर्दश

Ô le meilleur des deux-fois-nés, celui qui donne à un brāhmaṇa une terre fertile avec ses récoltes jouit du bonheur dans le monde de Viṣṇu aussi longtemps que durent les quatorze Indra.

Verse 4

पृथिव्यां जन्म चासाद्य सार्वभौमस्ततो नृपः । महीं सर्वां चिरं भुक्त्वा व्रजेद्वै श्रीहरेर्गृहम्

Ayant obtenu naissance sur la terre, ce roi devient souverain universel ; après avoir longtemps joui de toute la terre, il se rend en vérité à la demeure de Śrī Hari.

Verse 5

गोचर्ममात्रां भूमिं यः प्रयच्छति द्विजातये । स गच्छति हरेर्गेहं सर्वपापविवर्जितः

Quiconque offre à un deux-fois-né une parcelle de terre ne mesurant que la peau d’une vache, va à la demeure de Hari, exempt de tout péché.

Verse 6

शतं गावो वृषश्चैको यत्र तिष्ठंत्ययंत्रिताः । गोचर्ममात्रां तां भूमिं प्रवदंति महर्षयः

Là où cent vaches et un seul taureau peuvent se tenir sans entrave, les grands sages déclarent que cette étendue de terre n’est que la mesure d’une peau de vache.

Verse 7

भूमिनेता भूमिदाता द्वौ चापि स्वर्गगामिनौ । ग्राह्या भूमिर्द्विजैः प्राज्ञैस्त्यक्त्वा दानशतान्यपि

Celui qui fait obtenir une terre et celui qui donne une terre, tous deux vont au ciel. C’est pourquoi les sages dvija doivent accepter la terre, fût-ce en renonçant à des centaines d’autres dons.

Verse 8

अज्ञानी भूसुरो यस्तु त्यजेद्भूमिं विमोहितः । प्रतिजन्मन्यसौ विप्रो भवेच्चात्यंत दुःखभाक्

Mais le brāhmane ignorant qui, dans l’illusion, renonce à la terre, à chaque naissance devient un brāhmane voué à une misère extrême.

Verse 9

अन्यतो यः समासाद्य दद्याद्भूमिं द्विजातये । तस्मै विप्र जगन्नाथो ददाति परमं पदम्

Ô brāhmane, quiconque, ayant obtenu une terre d’ailleurs, la donne à un dvija, à celui-là Jagannātha, Seigneur de l’univers, accorde la demeure suprême.

Verse 10

स्वदत्तां परदत्तां च मेदिनीं यो हरेद्द्विज । युक्तः कोटिकुलैर्याति नरकं चातिदारुणम्

Ô brāhmane, quiconque s’empare de la terre—qu’elle ait été donnée par lui-même ou par un autre—va dans un enfer des plus terribles, lié avec des dizaines de millions de ses lignées.

Verse 11

हरेद्यो वै महीं विप्र देवब्राह्मणयोरपि । न दृष्टा निष्कृतिस्तस्य कोटिकल्पशतैर्मुने

Ô brāhmane, celui qui dérobe une terre, fût-elle aux devas ou aux brāhmanas, ne trouve nulle expiation pour cet acte, même au long de centaines de millions de kalpas, ô sage.

Verse 12

भूमिं यो परदत्तां च रक्षति क्ष्मापतिर्द्विज । पुण्यं कोटिगुणं स्याद्वै तस्य दानं जनादपि

Ô brāhmane, le roi qui protège une terre donnée par autrui obtient un mérite dix millions de fois plus grand, supérieur même au mérite d’avoir fait lui-même ce don.

Verse 13

सप्तद्वीपां महीं दत्त्वा यत्पुण्यं प्राप्यते द्विज । तत्पुण्यं प्राप्नुयान्मर्त्यो धेनुं यच्छन्द्विजातये

Ô brāhmane, le mérite obtenu en donnant la terre aux sept continents, ce même mérite un mortel l’atteint en offrant une vache à un dvija, le « deux-fois-né ».

Verse 14

ददाति वृषभं यस्तु दरिद्राय कुटुंबिने । सर्वपापविनिर्मुक्तो शिवलोकं स गच्छति

Celui qui offre un taureau en don de charité à un pauvre chef de famille est délivré de tous les péchés et, dit-on, parvient au monde auspiceux de Śiva.

Verse 15

तिलप्रमाणं स्वर्णं यो ब्राह्मणाय प्रयच्छति । हरेर्निकेतनं याति युक्तः कोटिकुलैरपि

Quiconque offre à un brāhmane de l’or de la taille d’un grain de sésame atteint la demeure de Hari, avec même des crores de lignées de sa famille.

Verse 16

यो दद्याद्रजतं विप्र साधवे भूसुराय वै । प्राप्नोति चंद्रलोकं च पिबेत्तत्रामृतं सदा

Ô brāhmane, quiconque offre de l’argent (argent métal) à un brāhmane vertueux atteint assurément le monde de la Lune, et là boit l’amṛta, le nectar, à jamais.

Verse 17

प्रवालं मौक्तिकं चैव हीरकं च मणिं तथा । यो ददाति द्विजश्रेष्ठ स्वर्गलोकं स गच्छति

Celui qui offre corail, perles, diamants et aussi des gemmes, ô meilleur des brāhmanes, parvient au monde céleste.

Verse 18

तुलापुरुषदानेन यत्पुण्यं लभते जनः । शालग्रामशिलां दत्त्वा तस्मात्कोटिगुणं लभेत्

Le mérite qu’un homme obtient par le tulāpuruṣa-dāna (don du « pesage d’un homme »), en offrant une pierre de Śālagrāma on en reçoit un mérite dix millions de fois supérieur.

Verse 19

सप्तद्वीपां क्षितिं दत्वा सशैलवनकाननाम् । यत्पुण्यं लभते तद्वै शालग्रामशिलाप्रदः

Le mérite que l’on obtient en donnant la terre aux sept continents, avec ses montagnes, forêts et bosquets, ce même mérite est atteint par celui qui offre une pierre de Śālagrāma.

Verse 20

शालग्रामशिलां यो वै दद्याद्भूमिसुराय च । तेन विप्र प्रदत्तानि भुवनानि चतुर्दश

Quiconque offre véritablement une pierre de Śālagrāma à un brāhmane, « dieu sur la terre », par cet acte, ô brāhmane, les quatorze mondes sont tenus pour donnés en aumône.

Verse 21

तुलापुरुषदानं यः करोति द्विजपुंगव । जनन्याश्चोदरे तस्य पुनर्जन्म न विद्यते

Ô le meilleur des deux-fois-nés, quiconque accomplit le don sacré du Tulāpuruṣa ne renaîtra plus dans le sein d’une mère.

Verse 22

सालंकारां द्विजश्रेष्ठ कन्यां यच्छति यो नरः । स गच्छेद्ब्रह्मसदनं पुनर्जन्म न विद्यते

Ô le meilleur des deux-fois-nés, l’homme qui offre une jeune fille parée d’ornements atteint la demeure de Brahmā ; pour lui, il n’y a plus de renaissance.

Verse 23

कन्याविक्रयिणो नास्ति नरकान्निष्कृतिः पुनः । कन्यादानकृतो नास्ति स्वर्गादागमनं पुनः

Pour celui qui vend une jeune fille, il n’y a plus de délivrance de l’enfer ; pour celui qui accomplit le kanyādāna, le don de la jeune fille en mariage, il n’y a plus de retour du ciel.

Verse 24

इति श्रीपाद्मेमहापुराणे ब्रह्मखंडे सूतशौनकसंवादे । चतुर्विंशतितमोऽध्यायः

Ainsi s’achève le vingt-quatrième chapitre du Brahma-khaṇḍa du glorieux Padma Mahāpurāṇa, dans le dialogue entre Sūta et Śaunaka.

Verse 25

वस्त्रं यच्छति यो दिव्यं साधवे वै द्विजायते । स्वर्गे दिव्यांबरधरश्चिरं तिष्ठेद्द्विजोत्तम

Ô le meilleur des deux-fois-nés, celui qui offre un vêtement divin à un sādhū vertueux devient en vérité brāhmaṇa, et demeure longtemps au ciel, revêtu d’habits célestes.

Verse 26

धेनुं पुरातनीं यच्छेद्वस्त्रं च जरितं द्विज । नूत्नां रजोवतीं कन्यां स गच्छेन्निरयं तथा

Ô deux-fois-né, quiconque donne une vache ancienne et des vêtements usés, et de même livre une jeune épouse alors qu’elle est en période de menstruation, celui-là descend en enfer.

Verse 27

कन्याविक्रयिणो ब्रह्मन्न पश्येल्लपनं बुधः । दृष्ट्वा चाज्ञानतो वापि कुर्य्यान्मार्तंड दर्शनम्

Ô brāhmane, le sage ne doit même pas poser les yeux sur l’acte de vendre une jeune fille. S’il le voit toutefois par ignorance, qu’il accomplisse alors la vision de Mārtaṇḍa, le Soleil, en expiation.

Verse 28

फलदाता नरो गच्छेत्त्रिदिवं च द्विजोत्तम । भुंक्ते कल्पसहस्राणि फलं तत्रामृतोपमम्

Ô le meilleur des deux-fois-nés, celui qui offre des fruits gagne le monde céleste et y jouit, durant des milliers de kalpas, d’un fruit-récompense semblable à l’amṛta, le nectar.

Verse 29

शाकं यच्छति यो मर्त्यो शिवस्यभवनं द्विज । याति कल्पद्वयं भुंक्ते दुर्ल्लभं पायसं सुरैः

Ô brāhmane, le mortel qui offre des légumes dans la demeure de Śiva va au ciel et, durant deux kalpas, goûte au pāyasa, riz au lait sucré, rare même pour les dieux.

Verse 30

घृतदो दधिदश्चैव तक्रदो दुग्धदस्तथा । विष्णोर्निकेतनं गत्वा सुधापानं करोति सः

Celui qui donne du ghee, du caillé, du babeurre et aussi du lait—parvenu à la demeure de Viṣṇu—obtient de boire l’amṛta, le nectar.

Verse 31

गंधदः पुष्पदश्चैव मर्त्यो याति सुरालयम् । तिष्ठेद्युगसहस्राणि गंधपुष्पविभूषितः

Le mortel qui offre parfums et fleurs gagne la demeure des dieux; paré d’essences et de fleurs, il y séjourne durant des milliers de yuga.

Verse 32

शय्यादानं दानसारं ब्राह्मणाय ददाति यः । स याति ब्रह्मसदनं पर्य्यंके शेरते चिरम्

Celui qui offre à un brāhmaṇa le don d’un lit—l’essence du don—atteint la demeure de Brahmā et s’y étend longtemps sur une couche.

Verse 33

पीठदाता दीपदाता सर्वदुष्कृतवर्जितः । स्वर्गे सिंहासने तिष्ठेज्ज्वलद्दीपावलीवृतः

Celui qui donne un siège et celui qui donne une lampe est délivré de tout méfait; au ciel il siège sur un trône, entouré de rangées de lampes flamboyantes.

Verse 34

तांबूलं यो नरो दद्याद्भूमिं भुंक्तेऽखिलां सुखम् । स्वर्गे देवांगनाक्रोडे सुप्तस्तांबूलमत्ति वै

L’homme qui offre le tāmbūla (bétel) jouit avec bonheur de toute la terre; et au ciel, endormi sur les genoux des nymphes, il goûte vraiment le tāmbūla.

Verse 35

विद्यादानं दानवरं करोति यो नरोत्तमः । प्रेत्य स सन्निधिं विष्णोस्तिष्ठेद्युगशतत्रयम्

Le meilleur des hommes, qui fait le don de la connaissance—le plus noble des dons—après la mort demeure en la présence de Viṣṇu durant trois cents yuga.

Verse 36

प्राप्य ज्ञानं ततस्तत्र दुर्ल्लभं वै द्विजर्षभ । दुर्ल्लभं मोक्षमाप्नोति श्रीहरेः कृपया द्विज

Ayant obtenu là cette connaissance rare, ô meilleur des deux-fois-nés, il atteint ensuite la délivrance la plus rare—par la grâce de Śrī Hari, ô brāhmane.

Verse 37

अनाथं दुःखितं विप्रं पाठयेद्वै नरोत्तमः । श्रीहरेर्भवनं याति पुनर्जन्मविवर्जितः

Le meilleur des hommes qui enseigne à un brāhmane sans refuge et accablé de peine atteint la demeure de Śrī Hari, affranchi de toute renaissance.

Verse 38

यो नरः पुस्तकं दद्याद्भक्तिश्रद्धासमन्वितः । प्रतिवर्णं लभेत्पुण्यं कपिलाकोटिदानजम्

Quiconque offre un livre avec dévotion et foi reçoit un mérite pour chaque lettre—égal au mérite né du don de dix millions de vaches fauves.

Verse 39

मधुदो गुडदश्चैव मर्त्यो यातीक्षुसागरम् । लवणप्रदो नरो याति वारुणं लोकमेव च

Le mortel qui donne du miel et du jaggery va à l’Océan de la Canne à sucre; et l’homme qui donne du sel va assurément au monde de Varuṇa.

Verse 40

सर्वेषामेव दानानामन्नं वारि द्विजोत्तम । तत्त्वज्ञैर्मुनिभिः सर्वैः प्रवरं वै प्रकीर्त्तितम्

Parmi tous les dons, ô meilleur des deux-fois-nés, les dons de nourriture et d’eau sont proclamés par tous les sages connaissant la Vérité comme les plus éminents.

Verse 41

अन्नं वारि द्विजश्रेष्ठ येन दत्तं महीतले । तेन दत्तानि दानानि सर्वाणि च द्विजर्षभ

Ô le meilleur des brāhmanes : sur cette terre, celui qui a donné nourriture et eau a, par là même, offert tous les dons—ô taureau parmi les deux-fois-nés.

Verse 42

अन्नदो यो नरो विप्र प्राणदश्च प्रकीर्त्तितः । तस्मात्समस्तदानानामन्नदो लभते फलम्

Ô brāhmaṇa, l’homme qui donne la nourriture est aussi proclamé donneur de vie. Ainsi, le donateur de nourriture obtient le fruit de toutes les formes d’aumône.

Verse 43

यथाचान्नं तथा वारि द्वे तुल्ये च प्रकीर्त्तिते । वारिणा च विना चान्नं सिद्धं न स्याद्द्विजोत्तम

De même que la nourriture, ainsi est l’eau : ces deux-là sont proclamés égaux. Sans eau, la nourriture ne peut être dûment apprêtée, ô meilleur des deux-fois-nés.

Verse 44

क्षुधा तृषा द्विज व्याघ्र द्वे च तुल्ये प्रकीर्त्तिते । अतश्चान्नं च तोयं च श्रेष्ठं प्रोक्तं बुधैरपि

Ô tigre parmi les brāhmanes, la faim et la soif sont déclarées semblables ; ainsi, nourriture et eau sont dites par les sages être les nécessités suprêmes.

Verse 45

अन्नदानं क्षितौ ब्रह्मन्ये कुर्वंति नरोत्तमाः । सर्वपापविनिर्मुक्ता गच्छंति हरिमंदिरम्

Ô brāhmaṇa, les meilleurs des hommes qui offrent la nourriture en dāna sur la terre sont délivrés de tous les péchés et vont à la demeure de Hari.

Verse 46

यावंत्यन्नानि भो विप्र यच्छति क्षितिमंडले । ब्रह्महत्याश्च तावंत्यो नश्यंत्येव तपोधन

Ô brāhmane, autant de parts de nourriture qu’un homme donne sur la terre, autant de péchés de brahmahatyā (le meurtre d’un brāhmane) sont assurément anéantis, ô trésor d’austérité.

Verse 47

यच्छतां चान्नदानानि शरीराणि च पातकम् । गात्राणि गृह्णतां त्यक्त्वा सहसा यांति शौनक

Ô Śaunaka, les dons de nourriture faits par les donateurs—et même leurs corps—se trouvent souillés; et, délaissant les membres de ceux qui les reçoivent, le mérite (puṇya) s’en va soudainement.

Verse 48

अतः पापिष्ठ चान्नानि न गृह्णंति मनीषिणः । गृह्णंति मोहाद्ये मूढा भवंति पापभागिनः

Ainsi, les sages n’acceptent ni nourriture ni dons des plus pécheurs; mais les insensés qui les reçoivent par illusion deviennent participants de ce péché.

Verse 49

कुर्याद्भूमिष्ठमुदकं चैकं भो द्विजसत्तम । सर्वपापैर्विनिर्मुक्तो व्रजेत्स हरिमंदिरम्

Ô le meilleur des dvija, qu’on offre ne fût-ce qu’une seule libation d’eau déposée sur le sol; délivré de tous les péchés, il se rend alors au temple, demeure de Hari.

Verse 50

प्रयत्नेन द्विजश्रेष्ठ कर्त्तव्यो धनसंचयः । संचितं च धनं ब्रह्मन्दानकर्मणि विक्षिपेत्

Ô le meilleur des dvija, qu’on amasse des richesses avec effort; et, ô brāhmane, que la richesse ainsi réunie soit consacrée aux œuvres de dāna, aux actes de charité sacrée.

Verse 51

रणंति ये च कार्पण्याद्धनं ते चातिदुःखिनः । अंते सर्वधनं त्यक्वा निःस्वा गच्छंति भो मुने

Ceux qui thésaurisent par avarice sont, en vérité, accablés de grande souffrance. À la fin, abandonnant toutes leurs richesses, ils s’en vont démunis, ô sage.

Verse 52

मानवा ये सदा दानं दत्त्वा दत्त्वा दरिद्रति । दरिद्रास्तेन विज्ञेया नरलोके महेश्वराः

Ces hommes qui, tout en donnant sans cesse des dons, demeurent pourtant pauvres — ce sont eux qu’il faut reconnaître comme « pauvres » dans le monde des humains, ô Maheśvaras.

Verse 53

परलोके द्विजव्याघ्र साधुसंयमवर्जिते । निर्दये बंधुहीने च न दत्तं नोपतिष्ठते

Ô tigre parmi les deux-fois-nés, dans l’autre monde — privé de conduite juste et de maîtrise de soi, sans pitié et sans proches — ce qui n’a pas été donné en aumône ne vient pas au secours.

Verse 54

स्थिते धने नरो यो वै नाश्नाति न ददाति सः । दरिद्र इव विज्ञेयः प्रेत्य निश्वासमुत्सृजेत्

Même lorsque la richesse est là, l’homme qui n’en jouit pas et ne la donne pas doit être tenu pour véritablement pauvre ; après la mort, il ne fait qu’exhaler son dernier souffle, laissant tout derrière lui.

Verse 55

तपसोऽपि वरं दानं प्रोक्तं च तत्त्वदर्शिभिः । अतो यत्नाद्द्विजश्रेष्ठ दानकर्म समाचरेत्

Plus excellent que l’ascèse est le don, ainsi l’ont déclaré ceux qui contemplent la Vérité. C’est pourquoi, ô meilleur des deux-fois-nés, accomplis avec ardeur l’acte sacré de donner.

Verse 56

दाता दानं न दद्याद्वै समुत्सृज्य द्विजातये । स याति निरयं घोरं सर्वजंतुभयावहम्

Si le donateur, après avoir fait vœu d’offrir, ne donne pas réellement le don promis à un deux-fois-né (brāhmane), il tombe dans un enfer effroyable, redouté de toutes les créatures.

Verse 57

दानं दाता प्रतिग्राही न स्मरेच्च न याचते । निरये चोभयोर्वासो यावच्चंद्र दिवाकरौ

En matière d’aumône, ni celui qui donne ni celui qui reçoit ne doivent en reparler, ni la réclamer. Sinon, tous deux demeureront en enfer aussi longtemps que dureront la lune et le soleil.

Verse 58

ब्रह्महत्यादि पापानि यानि वै द्विजसत्तम । तानि दानेन हन्यंते तस्माद्दानं समाचरेत्

Ô le meilleur des deux-fois-nés, quels que soient les péchés—à commencer par le meurtre d’un brāhmane—ils sont détruits par le don. C’est pourquoi il faut pratiquer l’aumône avec ardeur.