
Vows of Hari and the Hundred Names of Suputra (Viṣṇu/Kṛṣṇa): Ritual Metadata and Fruits of Japa
Le chapitre 87 énumère plusieurs vœux vaiṣṇava (vrata)—tels que les observances d’Ekādaśī, d’Aśūnyaśayana et de Janmāṣṭamī—en affirmant leur puissance à détruire les fautes et à purifier. Il introduit ensuite les « Cent Noms de Suputra », un śatanāma éminent de Viṣṇu/Kṛṣṇa, avec les préliminaires rituels (ṛṣi, chandas, devatā et viniyoga). Vient une suite de salutations à Hari sous de nombreux épithètes : Keśava, Nārāyaṇa, Narasiṃha, Rāma, Govinda, etc. La phalaśruti conclut que le japa accompli avec constance aux trois sandhyā, surtout en présence de Tulasī et de Śālagrāma et durant Kārtika/Māgha, procure une grande purification, des mérites égaux à de grands sacrifices, le bien des ancêtres, et mène à la demeure de Viṣṇu.
Verse 1
कुंजल उवाच । व्रतभेदान्प्रवक्ष्यामि यैर्यैश्चाराधितो हरिः । जया च विजया चैव जयंती पापनाशिनी
Kuñjala dit : «Je décrirai les diverses sortes de vœux par lesquels Hari est adoré : Jayā, Vijayā, et aussi Jayantī, celle qui détruit le péché».
Verse 2
त्रिस्पृशा वंजुली चान्या तिलदग्धा तथापरा । अखंडाचारकन्या च मनोरथा सुपुत्रक
Trispṛśā, et une autre nommée Vaṃjulī ; de même une autre appelée Tiladagdhā ; aussi Akhaṇḍācārakanyā ; et Manorathā : toutes furent bénies de bons fils.
Verse 3
एकादश्यास्तु भेदाश्च संति पुत्र अनेकधा । अशून्यशयनं चान्यज्जन्माष्टमी महाव्रतम्
Ô fils, les observances d’Ekādaśī sont de maintes sortes. Il y a aussi le vœu nommé Aśūnyaśayana, et Janmāṣṭamī, le grand vœu.
Verse 4
एतैर्व्रतैर्महापुण्यैः पापं दूरं प्रयाति च । प्राणिनां नात्र संदेहः सत्यं सत्यं वदाम्यहम्
Par ces vœux hautement méritoires, le péché s’éloigne au loin ; pour les êtres vivants, il n’y a là aucun doute. C’est vérité, vérité en vérité, je le proclame.
Verse 5
कुंजल उवाच । स्तोत्रं तस्य प्रवक्ष्यामि पापराशिविनाशनम् । सुपुत्रशतनामाख्यं नराणां गतिदायकम्
Kuṃjala dit : «Je vais maintenant proclamer cet hymne qui anéantit des monceaux de péchés — les “Cent Noms de Suputra” — qui accorde aux hommes la voie véritable et leur destinée.»
Verse 6
तस्य देवस्य कृष्णस्य शतनामाख्यमुत्तमम् । संप्रत्येव प्रवक्ष्यामि तच्छृणुष्व सुतोत्तम
À présent, oui, je vais proclamer les excellents “Cent Noms” de ce divin Kṛṣṇa ; écoute-les, ô le meilleur des fils.
Verse 7
विष्णोर्नामशतस्यापि ऋषिं छंदो वदाम्यहम् । देवं चैव महाभाग सर्वपापविशोधनम्
Je dirai le ṛṣi et le mètre des cent noms de Viṣṇu, et aussi la divinité présidante, ô très fortuné, par lesquels tous les péchés sont purifiés.
Verse 8
विष्णोर्नामशतस्यापि ऋषिर्ब्रह्मा प्रकीर्तितः । ओंकारो देवता प्रोक्तश्छंदोनुष्टुप्तथैव च
Pour les cent noms de Viṣṇu, le ṛṣi est proclamé être Brahmā ; la divinité est dite être l’Oṃkāra, et le mètre est pareillement l’Anuṣṭubh.
Verse 9
सर्वकामिकसंसिद्ध्यै मोक्षे च विनियोगकः । अस्य विष्णोः शतनामस्तोत्रस्य । ब्रह्मा ऋषिः विष्णुर्देवता अनुष्टुप्छंदः । सर्वकामसमृद्ध्यर्थं सर्वपापक्षयार्थे विनियोगः
Cet hymne est à utiliser pour l’accomplissement parfait de tous les désirs et aussi pour la délivrance (mokṣa). Pour ce Viṣṇu-Śatanāma-stotra : Brahmā est le ṛṣi, Viṣṇu la divinité présidante, et le mètre est Anuṣṭubh. Son emploi vise la prospérité de tous les vœux et la destruction de tous les péchés.
Verse 10
नमाम्यहं हृषीकेशं केशवं मधुसूदनम् । सूदनं सर्वदैत्यानां नारायणमनामयम्
Je me prosterne devant Hṛṣīkeśa, devant Keśava, devant Madhusūdana—destructeur de tous les Daityas—devant Nārāyaṇa, l’Immaculé, exempt de toute souffrance.
Verse 11
जयंतं विजयं कृष्णमनंतं वामनं ततः । विष्णुं विश्वेश्वरं पुण्यं विश्वाधारं सुरार्चितम्
Ensuite, qu’on se souvienne de Jayanta, Vijaya, Kṛṣṇa, Ananta et Vāmana; et de Viṣṇu—Seigneur de l’univers, le Saint, soutien du monde entier, vénéré par les dieux.
Verse 12
अनघं त्वघहंतारं नरसिंहं श्रियः प्रियम् । श्रीपतिं श्रीधरं श्रीदं श्रीनिवासं महोदयम्
Tu es sans faute, destructeur du péché—Narasimha, bien-aimé de Śrī (Lakṣmī); Seigneur de Śrī, porteur de Śrī, dispensateur de prospérité, demeure de Śrī—ô Toi, d’une grande gloire.
Verse 13
श्रीरामं माधवं मोक्षं क्षमारूपं जनार्दनम् । सर्वज्ञं सर्ववेत्तारं सर्वदं सर्वनायकम्
Je me prosterne devant Śrī Rāma, devant Mādhava, devant l’incarnation même de la délivrance; devant Janārdana dont la nature est le pardon—l’Omniscient, le connaisseur de tout, le dispensateur de tout, le guide de tous.
Verse 14
हरिं मुरारिं गोविंदं पद्मनाभं प्रजापतिम् । आनंदं ज्ञानसंपन्नं ज्ञानदं ज्ञाननायकम्
J’adore Hari—Murāri, Govinda, Padmanābha, Seigneur des créatures—qui est la béatitude même, comblé de vraie connaissance, dispensateur de connaissance et guide de la connaissance.
Verse 15
अच्युतं सबलं चंद्रं चक्रपाणिं परावरम् । युगाधारं जगद्योनिं ब्रह्मरूपं महेश्वरम्
Je me prosterne devant Acyuta, l’Immuable : puissant, semblable à la lune, porteur du disque ; le Suprême qui transcende le haut et le bas ; soutien des âges, matrice et source de l’univers ; dont la forme est Brahman, le Grand Seigneur.
Verse 16
मुकुंदं तं सुवैकुंठमेकरूपं जगत्पतिम् । वासुदेवं महात्मानं ब्रह्मण्यं ब्राह्मणप्रियम्
Ce Mukunda—le Vaikuṇṭha suprême, d’une nature unique et immuable, Seigneur de l’univers—Vāsudeva, la grande âme, voué à Brahman et au dharma, aimé des brāhmaṇas.
Verse 17
गोप्रियं गोहितं यज्ञंयज्ञांगं यज्ञवर्द्धनम् । यज्ञस्यापि सुभोक्तारं वेदवेदांगपारगम्
Il est cher aux vaches et veille à leur bien ; Il est le yajña lui-même, un membre essentiel du yajña, et celui qui le fait croître. Il est aussi le bienheureux bénéficiaire du sacrifice, et celui qui a atteint l’autre rive des Veda et des Vedāṅga.
Verse 18
वेदज्ञं वेदरूपं तं विद्यावासं सुरेश्वरम् । अव्यक्तं तं महाहंसं शंखपाणिं पुरातनम्
Je me prosterne devant Celui qui connaît les Veda et qui est la forme même des Veda ; demeure de toute connaissance, Seigneur des devas — non manifesté, le Mahāhaṃsa, l’Ancien qui porte la conque en sa main.
Verse 19
पुरुषं पुष्कराक्षं तु वाराहं धरणीधरम् । प्रद्युम्नं कामपालं च व्यासं व्यालं महेश्वरम्
Qu’on se souvienne et qu’on loue le Puruṣa aux yeux de lotus ; Varāha, soutien de la terre ; Pradyumna, protecteur de l’amour ; Vyāsa ; Vyāla ; et Maheśvara.
Verse 20
सर्वसौख्यं महासौख्यं मोक्षं च परमेश्वरम् । योगरूपं महाज्ञानं योगिनां गतिदं प्रियम्
Il est toute félicité et la félicité suprême ; Il est la délivrance et le Seigneur Suprême—de la nature même du Yoga, la Grande Connaissance—aimé, et dispensateur du but promis aux yogins.
Verse 21
मुरारिं लोकपालं तं पद्महस्तं गदाधरम् । गुहावासं सर्ववासं पुण्यवासं महाभुजम्
J’adore ce Murāri—gardien des mondes—qui tient un lotus en sa main et porte la massue ; qui demeure dans la caverne du cœur, demeure de tous, demeure très sainte, le Seigneur aux bras puissants.
Verse 22
वृंदानाथं बृहत्कायं पावनं पापनाशनम् । गोपीनाथं गोपसखं गोपालं गोगणाश्रयम्
Je me prosterne devant le Seigneur de Vṛndā (Vṛndāvana)—à la forme immense, purificateur, destructeur du péché ; devant le Seigneur des gopīs, l’ami des vachers, le protecteur des vaches, le refuge des troupeaux.
Verse 23
परात्मानं पराधीशं कपिलं कार्यमानुषम् । नमामि निश्चलं नित्यं मनोवाक्कायकर्मभिः
Je me prosterne sans cesse, avec constance, devant Kapila : le Soi suprême, le Seigneur le plus haut, qui revêt une forme humaine pour l’accomplissement du dessein divin, par mon esprit, ma parole, mon corps et mes actes.
Verse 24
नाम्नां शतेनापि सुपुण्यकर्ता यः स्तौति कृष्णं मनसा स्थिरेण । स याति लोकं मधुसूदनस्य विहाय लोकानिह पुण्यपूतः
Même s’il Le loue par seulement cent noms, celui qui, riche d’un grand mérite, célèbre Kṛṣṇa d’un esprit ferme, atteint le monde de Madhusūdana ; laissant les mondes d’ici, purifié par la vertu.
Verse 25
नाम्नां शतं महापुण्यं सर्वपातकशोधनम् । जपेदनन्यमनसा ध्यायेद्ध्यानसमन्वितम्
La centaine de récitations des Noms est souverainement méritoire et efface toutes les fautes. Qu’on les répète l’esprit sans distraction, et qu’on médite, pourvu de recueillement.
Verse 26
नित्यमेव नरः पुण्यैर्गंगास्नानफलं लभेत् । तस्मात्तु सुस्थिरो भूत्वा समाहितमना जपेत्
Par des actes méritoires, l’homme peut obtenir sans cesse le fruit du bain dans la Gaṅgā. Aussi, devenu ferme et stable, qu’il accomplisse le japa l’esprit recueilli.
Verse 27
त्रिकालं च जपेन्मर्त्यो नियतो नियमे स्थितः । अश्वमेधफलं तस्य जायते नात्र संशयः
Le mortel discipliné, établi dans les vœux et observances, qui le récite aux trois moments du jour, obtient le fruit du sacrifice de l’Aśvamedha ; il n’y a là aucun doute.
Verse 28
एकादश्यामुपोष्यैव पुरतो माधवस्य यः । जागरे प्रजपेन्मर्त्यस्तस्य पुण्यं वदाम्यहम्
Je vais dire le mérite de ce mortel qui, après avoir jeûné à Ekādaśī, veille devant Mādhava et récite le japa.
Verse 29
पुंडरीकस्य यज्ञस्य फलमाप्नोति मानवः । तुलसीसंनिधौ स्थित्वा मनसा यो जपेन्नरः
L’homme obtient le fruit du sacrifice de Puṇḍarīka si, demeurant en présence de Tulasī, il accomplit le japa par l’esprit.
Verse 30
राजसूयफलं भुंक्ते वर्षेणापि च मानवः । शालग्रामशिला यत्र यत्र द्वारावती शिला
Même en l’espace d’une seule année, l’homme recueille le mérite du sacrifice du Rājasūya—là où se trouve la pierre sacrée Śālagrāma, et là où se trouve la pierre de Dvāravatī.
Verse 31
उभयोः संनिधौ जाप्यं कर्तव्यं सुखमिच्छता । बहुसौख्यं प्रभुक्त्वैव कुलानां शतमेव च
Celui qui désire le bonheur doit accomplir le japa en la présence des deux. Ayant goûté une félicité abondante, il fait du bien jusqu’à cent générations de sa lignée.
Verse 32
एकेन चाधिकं मर्त्य आत्मना सह तारयेत् । कार्तिके स्नानकर्ता यः पूजयेन्मधुसूदनम्
Le mortel qui, au mois de Kārtika, accomplit le bain sacré et vénère Madhusūdana (Viṣṇu), se délivre lui-même—et délivre encore une personne en plus de lui.
Verse 33
यः पठेत्प्रयतः स्तोत्रं प्रयाति परमां गतिम् । माघस्नायी हरिं पूज्य भक्त्या च मधुसूदनम्
Quiconque, maître de soi et pur, récite cet hymne atteint la demeure suprême. En se baignant au mois de Māgha, qu’on adore Hari—Madhusūdana—avec dévotion.
Verse 34
ध्यायेच्चैव हृषीकेशं जपेद्वाथ शृणोति वा । सुरापानादिकं पापं विहाय परमं पदम्
Qu’on médite sur Hṛṣīkeśa, qu’on récite Son Nom, ou même qu’on l’écoute; rejetant des fautes telles que l’ivresse du vin, on atteint la demeure suprême.
Verse 35
विना विघ्नं नरः पुत्र संप्रयाति जनार्दनम् । श्राद्धकाले हि यो मर्त्यो विप्राणां भुंजतां पुरः
Ô mon fils, l’homme parvient à Janārdana sans obstacle ; en vérité, le mortel qui, au temps du śrāddha, demeure présent devant les brāhmaṇas tandis qu’ils prennent leur repas.
Verse 36
यो जपेच्च शतं नाम्नां स्तोत्रं पातकनाशनम् । पितरस्तुष्टिमायांति तृप्ता यांति परां गतिं
Quiconque récite cet hymne des cent noms, qui détruit les péchés, réjouit les ancêtres ; rassasiés, ils atteignent l’état suprême.
Verse 37
ब्राह्मणो वेदविद्वान्स्यात्क्षत्रियो विंदते महीम् । धनऋद्धिं प्रभुंजीत वैश्यो जपति यः सदा
Que le brāhmaṇa devienne versé dans les Veda ; le kṣatriya obtient la terre (la souveraineté) ; que l’on jouisse de richesse et de prospérité ; et le vaiśya qui pratique sans cesse le japa en reçoit le fruit.
Verse 38
शूद्रः सुःखं प्रभुंक्ते च ब्राह्मणत्वं च गच्छति । प्राप्य जन्मांतरं वत्स वेदविद्यां प्रविंदति
Le śūdra jouit du bonheur et parvient même à l’état de brāhmaṇa. Ayant obtenu une autre naissance, ô cher, il en vient à acquérir la connaissance du Veda.
Verse 39
सुखदं मोक्षदं स्तोत्रं जप्तव्यं च न संशयः । केशवस्य प्रसादेन सर्वसिद्धो भवेन्नरः
Cet hymne, qui donne le bonheur et la délivrance, doit être récité sans aucun doute. Par la grâce de Keśava, l’homme obtient l’accomplissement total (toutes les siddhi).
Verse 87
इति श्रीपद्मपुराणे भूमिखंडे वेनोपाख्याने गुरुतीर्थवर्णने च्यवनचरित्रे सप्ताशीतितमोऽध्यायः
Ainsi, dans le Śrī Padma Purāṇa, dans le Bhūmi-khaṇḍa—au sein du récit de Vena, de la description du saint Guru-tīrtha et de l’histoire de Cyavana—s’achève le quatre-vingt-septième chapitre.