Adhyaya 65
Bhumi KhandaAdhyaya 6510 Verses

Adhyaya 65

Greatness of the Mother-and-Father Tīrtha (within the Vena Episode)

Dans PP.2.65, un échange d’enseignement s’ouvre entre le roi Yayāti et Mātali. Yayāti demande pourquoi un corps qui a « protégé le dharma » ne monte pas au ciel. Mātali répond en distinguant l’Ātman des cinq éléments, et en affirmant que les éléments ne s’unissent pas réellement : à la vieillesse et à la mort, ils se séparent et retournent chacun à son domaine. Le chapitre développe une analogie continue entre la terre et le corps : comme la terre s’amollit lorsqu’elle est mouillée puis se trouve percée par les fourmis et les souris, ainsi le corps connaît enflures, éruptions, vers et tumeurs douloureuses. La conclusion, éthique et philosophique, enseigne que la part terrestre du corps demeure sur la terre, et que la simple conjonction du souffle/de la vie ne le qualifie pas pour le ciel ; l’ascension concerne l’Ātman et le mérite. Le colophon nomme ce chapitre « Grandeur du Tīrtha de la Mère et du Père » dans l’épisode de Vena.

Shlokas

Verse 1

ययातिरुवाच । धर्मस्य रक्षकः कायो मातले चात्मना सह । नाकमेष न प्रयाति तन्मे त्वं कारणं वद

Yayāti dit : «Ô Mātali, ce corps, avec l’Ātman, a été le gardien du dharma ; pourtant il ne s’en va pas vers le ciel. Dis-m’en la cause».

Verse 2

मातलिरुवाच । पंचानामपि भूतानां संगतिर्नास्ति भूपते । आत्मना सह वर्तंते संगत्या नैव पंच ते

Mātali dit : «Ô roi, même parmi les cinq éléments, il n’est point de véritable union. Ils n’agissent qu’en association avec l’Ātman ; par le seul contact réciproque, ces cinq ne deviennent pas un».

Verse 3

सर्वेषां तत्र संघातः कायग्रामे प्रवर्तते । जरया पीडिताः सर्वेः स्वंस्वं स्थानं प्रयांति ते

Là, dans le village du corps, l’assemblage de tous entre en activité. Mais lorsque la vieillesse les accable, ils s’en vont : chacun retourne à sa demeure propre.

Verse 4

यथा रसाधिका पृथ्वी महाराज प्रकल्पिता । रसैः क्लिन्ना ततः पृथ्वी मृदुत्वं याति भूपते

De même que la terre, ô grand roi, fut constituée riche de sève; lorsqu’elle est humectée par ces sucs, la terre s’amollit, ô seigneur du pays.

Verse 5

भिद्यते पिपीलिकाभिर्मूषिकाभिस्तथैव च । छिद्राण्येव प्रजायंते वल्मीकाश्च महोदराः

Elle est percée par les fourmis et de même par les souris; il ne naît que des trous, et s’élèvent aussi de vastes fourmilières ventrues.

Verse 6

तद्वत्काये प्रजायंते गंडमाला विचार्चिकाः । कृमिभिर्भिद्यमानश्च काय एष नरोत्तम

De même, dans le corps naissent des enflures des glandes et des éruptions de la peau; et ce corps même, ô meilleur des hommes, est rongé tandis que les vers le percent.

Verse 7

गुल्मास्तत्र प्रजायंते सद्यः पीडाकरास्तदा । एभिर्दोषैः समायुक्तः कायोयं नहुषात्मज । कथं प्राणसमायोगाद्दिवं याति नरेश्वर

Là surgissent aussitôt des tumeurs douloureuses. Ô fils de Nahuṣa, ce corps, chargé de tels défauts, comment, par la seule conjonction du souffle et de la vie, irait-il au ciel, ô roi?

Verse 8

काये पार्थिवभागोऽयं समानार्थं प्रतिष्ठितः । न कायः स्वर्गमायाति यथा पृथ्वी तथास्थितः

Dans le corps, cette part terrestre est établie pour la même fin. Le corps ne va pas au ciel; il demeure tel que demeure la terre.

Verse 9

एतत्ते सर्वमाख्यातं दोषौघैः पार्थिवस्य यः

Tout cela t’a été exposé : au sujet de ce roi, assailli par une multitude de fautes.

Verse 65

इति श्रीपद्मपुराणे भूमिखंडे वेनोपाख्याने मातापितृतीर्थ । माहात्म्ये पंचषष्टितमोऽध्यायः

Ainsi s’achève le soixante-cinquième chapitre, « La Grandeur du Tīrtha de la Mère et du Père », dans l’épisode de Vena, au sein du Bhūmi-khaṇḍa du vénérable Padma Purāṇa.