
The Account of Sukalā (Vena-Episode Continuation): Padmāvatī, Gobhila’s Deception, and the Threat of a Curse
Le chapitre 49 s’ouvre sur un vaste tableau de paysage sacré : une forêt de montagne riche en śāla, tāla, tamāla, cocotiers, arec, agrumes, champaka, pāṭala, aśoka et bakula, ainsi qu’un étang de lotus animé d’oiseaux, d’abeilles et de sons suaves. Dans ce décor semblable à un tīrtha paraît Padmāvatī, princesse du Vidarbha, qui s’ébat avec ses compagnes. Dans le récit, où sont rapportées des paroles de Viṣṇu, surgit Gobhila, un daitya lié à Vaiśravaṇa. À la vue de Padmāvatī, le désir l’emporte et il résout de l’obtenir par māyā : il prend l’apparence d’Ugrasena et fait retentir une musique de séduction. Bien que Padmāvatī soit dite pātivratā, elle devient vulnérable à la tromperie ; conduite à l’écart, elle est violée. La fin se tourne vers l’indignation morale : la douleur de Sukalā/Padmāvatī se change en ferme résolution de maudire Gobhila. L’épisode sert d’avertissement contre la convoitise, le déguisement et la fragilité des vœux sociaux et religieux.
Verse 1
ब्राह्मण्युवाच । एकदा तु महाभाग गता सा पर्वतोत्तमे । रमणीयं वनं दृष्ट्वा कदलीखंडमंडितम्
La femme brāhmane dit : «Un jour, ô très fortuné, elle se rendit sur la plus excellente des montagnes. Là, elle vit une forêt ravissante, ornée de bosquets de bananiers.»
Verse 2
शालैस्तालैस्तमालैश्च नालिकेरैस्तथोत्कटैः । पूगीफलैर्मातुलिगैर्नारंगैश्चारुजंबुकैः
Avec des arbres śāla et tāla, et aussi des tamāla ; avec des cocotiers et d’autres végétations luxuriantes ; avec des noix d’arec, des cédrats, des oranges et de beaux fruits de jambu.
Verse 3
चंपकैः पाटलैः पुण्यैः पुष्पितैः कुटकैर्वटैः । अशोकबकुलोपेतं नानावृक्षैरलंकृतम्
Il était orné de champaka et de pāṭala, arbres saints en pleine floraison, avec des bosquets et des banians; accompagné d’aśoka et de bakula, et embelli par d’innombrables essences.
Verse 4
पर्वतं पुण्यवंतं तं पुष्पितैश्च नगोत्तमैः । सर्वत्र दृश्यते रम्यो नानाधातुसमाकुलः
Cette montagne sacrée, parée des plus nobles arbres chargés de fleurs, se montre partout comme un spectacle ravissant, richement nuancé par maints minerais.
Verse 5
तडागं सर्वतोभद्रं पुण्यतोयेन पूरितम् । कमलैः पुष्पितैश्चान्यैः सुगंधैः कनकोत्पलैः
Il y avait un étang très auspicieux, béni de toutes parts, rempli d’eau sacrée; orné de lotus épanouis et d’autres fleurs parfumées, dont des nymphéas d’or.
Verse 6
श्वेतोत्पलैर्विभासंतं रक्तोत्पलसुपुष्पितैः । नीलोत्पलैश्च कह्लारैर्हंसैश्च जलकुक्कुटैः
Il resplendissait de lotus blancs, foisonnait de lotus rouges en pleine floraison, et se trouvait rempli de lotus bleus et de nymphéas, avec des cygnes et des oiseaux d’eau.
Verse 7
पक्षिभिर्जलजैश्चान्यैर्नानाधातुसमाकुलः । तडागं सर्वतः शुभ्रं नानापक्षिगणैर्युतम्
L’étang était rempli d’oiseaux, d’êtres aquatiques et d’autres créatures, et mêlé de divers minerais; il luisait de blancheur de tous côtés et s’accompagnait de nombreuses volées d’oiseaux.
Verse 8
कोकिलानां रुतैः पुण्यैः सुस्वरैः परिशोभितः । मधुराणां तथा शब्दैः सर्वत्र मधुरायते
Orné des appels purs et mélodieux des coucous, et d’autres sons tout aussi suaves, ce lieu devient délicieux partout : douceur en chaque direction.
Verse 9
षट्पदानां सुनादेन सर्वत्र परिशोभते । एवंविधं गिरिं रम्यं तदेव वनमुत्तमम्
Par le doux bourdonnement des abeilles, tout y resplendit de beauté. Telle est cette montagne ravissante ; tel est, en vérité, le plus excellent des bois.
Verse 10
तडागं सर्वतोभद्रं ददृशे नृपनंदिनी । वैदर्भी क्रीडमाना सा सखीभिः सहिता तदा
Alors la fille du roi —la princesse de Vidarbha—, s’ébattant avec ses sakhīs, aperçut un étang de bon augure, beau de tous côtés.
Verse 11
समालोक्य वनं पुण्यं सर्वत्र कुसुमाकुलम् । चापल्येन प्रभावेण स्त्रीभावेन च लीलया
Ayant contemplé cette forêt sainte, partout foisonnante de fleurs, elle s’y mouvait comme en un jeu : avec une vive espièglerie, un éclat rayonnant et une grâce toute féminine.
Verse 12
पद्मावती सरस्तीरे सखीभिः सहिता तदा । जलक्रीडा समालीना हसते गायते पुनः
Puis Padmāvatī, accompagnée de ses sakhīs sur la rive du lac, plongée dans les jeux d’eau, riait et chantait encore et encore.
Verse 13
रममाणा च सा तस्मिंस्तस्मिन्सरसि भामिनी । एवं विप्र तदा सा तु सुखेन परिवर्तयेत्
Se réjouissant sans cesse dans ce lac, cette femme rayonnante—ainsi, ô brāhmane—laissait alors s’écouler le temps dans la douceur.
Verse 14
विष्णुरुवाच । गोभिलो नाम वै दैत्यो भृत्यो वैश्रवणस्य च । दिव्येनापि विमानेन सर्वभोगपरिप्लुतः
Viṣṇu dit : Il y avait en vérité un Daitya nommé Gobhila, serviteur de Vaiśravaṇa ; et, même dans un char aérien divin, il était plongé dans toutes sortes de jouissances.
Verse 15
याति चाकाशमार्गेण गोभिलो दैत्यसत्तमः । तेन दृष्टा विशालाक्षी वैदर्भी निर्भया तदा
Et Gobhila, le plus éminent des Daityas, allait par la voie du ciel. Alors il vit la princesse du Vidarbha, aux grands yeux, sans crainte en ce temps-là.
Verse 16
सर्वयोषिद्वरा सा हि उग्रसेनस्य वै प्रिया । रूपेणाप्रतिमा लोके सर्वांगेषु विराजते
Elle était vraiment la plus excellente de toutes les femmes, et certes la bien-aimée d’Ugrasena. Par sa beauté, elle était sans pareille au monde, rayonnante en chacun de ses membres.
Verse 17
रतिर्वै मन्मथस्यापि किं वापीयं हरिप्रिया । किं वापि पार्वती देवी शची किं वा भविष्यति
Deviendra-t-elle Rati, la bien-aimée de Manmatha ? Ou sera-t-elle l’aimée de Hari ? Ou deviendra-t-elle la déesse Pārvatī—ou Śacī ? Que deviendra-t-elle donc en vérité ?
Verse 18
यादृशी दृश्यते चेयं नारीणां प्रवरोत्तमा । अन्यापि ईदृशी नास्ति द्वितीया क्षितिमंडले
Telle qu’elle apparaît, la plus éminente des femmes, nulle autre ne lui ressemble ; il n’en est pas de seconde sur le cercle de la terre.
Verse 19
नक्षत्रेषु यथा चंद्रः संपूर्णो भाति शोभनः । गुणरूपकलाभिस्तु तथा भाति वरानना
De même que la pleine lune brille avec beauté parmi les étoiles, ainsi resplendit la dame au visage gracieux, parée de vertus, de beauté et d’arts délicats.
Verse 20
पुष्करेषु यथा हंसस्तथेयं चारुहासिनी । अहो रूपमहोभाव अस्यास्तु परिदृश्यते
Comme le hamsa brille parmi les lacs de lotus de Puṣkara, ainsi est cette femme au sourire charmant. Ah ! quelle beauté, quelle splendeur se voit en elle !
Verse 21
का कस्य शोभना बाला चारुवृत्तपयोधरा । व्यमृशद्गोभिलो दैत्यः पद्मावतीं वराननाम्
«Qui est cette charmante jeune fille, et à qui appartient-elle—si belle, aux seins ronds et bien formés ?» Ainsi parla Gobhila, le Daitya, et il toucha Padmāvatī, la belle de visage.
Verse 22
चिंतयित्वा क्षणं विप्र का कस्यापि भविष्यति । ज्ञानेन महता ज्ञात्वा वैदर्भीति न संशयः
Après avoir réfléchi un instant, ô brāhmane, (il conclut) : «Qui pourrait-elle être, appartenant à un autre ?» Par une haute connaissance, il sut sans doute qu’elle était la princesse de Vidarbha.
Verse 23
दयिता उग्रसेनस्य पतिव्रतपरायणा । आत्मबलेन तिष्ठंती दुष्प्राप्या पुरुषैरपि
Elle est la bien-aimée d’Ugrasena, toute vouée au vœu de fidélité conjugale ; demeurant ferme par la force de son propre esprit, elle est inaccessible même aux hommes.
Verse 24
उग्रसेनो महामूर्खः प्रेषिता येन वै वरा । पितुर्गेहमियं बाला स तु भाग्येन वर्जितः
Ugrasena est un grand insensé : c’est lui qui a fait renvoyer cette noble jeune fille. Cette enfant appartient à la maison de son père ; mais cet homme est dépourvu de bonne fortune.
Verse 25
अनया विना स जीवेच्च कथं कूटमतिः सदा । किं वा नपुंसको राजा एनां यो हि परित्यजेत्
Comment pourrait-il vivre sans elle, lui dont l’esprit est toujours tortueux ? Ou bien le roi serait-il impuissant, s’il devait vraiment l’abandonner ?
Verse 26
तां दृष्ट्वा स तु कामात्मा संजातस्तत्क्षणादपि । इयं पतिव्रता बाला दुष्प्राप्या पुरुषैरपि
En la voyant, à l’instant même il devint dominé par le désir. «Cette jeune fille est pativratā, vouée à son époux ; elle est difficile à obtenir, même pour les hommes.»
Verse 27
कथं भोक्ष्याम्यहं गत्वा कामो मामति पीडयेत् । अभुक्त्वैनां यदा यास्ये तत्स्यान्मृत्युर्ममैव हि
Comment pourrais-je m’en aller et jouir, quand le désir me tourmente si violemment ? Si je partais sans l’avoir goûtée, ce serait vraiment ma mort.
Verse 28
अद्यैव हि न संदेहो यतः कामो महाबलः । इति चिंतापरो भूत्वा गोभिलो मनसैक्षत
«Dès aujourd’hui même, certes, il n’y a point de doute, car le désir est d’une force immense.» Ainsi songeant, Gobhila, plongé dans une anxieuse méditation, l’examina en son esprit.
Verse 29
कृत्वा मायामयं रूपमुग्रसेनस्य भूपतेः । यादृशस्तूग्रसेनश्च सांगोपांगो महानृपः
Ô roi, ayant, par māyā, revêtu la forme d’Ugrasena, seigneur de la terre—tel qu’était Ugrasena lui-même, entier en chacun de ses membres et attributs, le grand monarque—
Verse 30
गोभिलस्तादृशो भूत्वा गत्या च स्वरभाषया । यथावस्त्रो यथावेशो वयसा च तथा पुनः
Devenu semblable à Gobhila, par la démarche et même par la voix et la parole, il parut de nouveau identique par l’habit, l’allure extérieure, et aussi par l’âge.
Verse 31
दिव्यमाल्यांबरधरो दिव्यगंधानुलेपनः । सर्वाभरणशोभांगो यादृशो माथुरेश्वरः
Portant guirlandes et vêtements divins, oint de parfums célestes, et resplendissant de tous ornements, tel apparaît Māthureśvara, le Seigneur de Mathurā.
Verse 32
भूत्वाथ तादृशो दैत्य उग्रसेनमयस्तदा । मायया परया युक्तो रूपलावण्यसंपदा
Alors ce daitya devint semblable à Ugrasena ; uni à la māyā suprême, il était pourvu d’une abondance de beauté et de grâce.
Verse 33
पर्वताग्रे अशोकस्यच्छायामाश्रित्य संस्थितः । शिलातलस्थो दुष्टात्मा वीणादंडेन वीरकः
Au faîte de la montagne, il se tint à l’abri de l’ombre d’un aśoka ; sur une dalle de pierre siégeait Vīraka, à l’âme mauvaise, tenant le manche de la vīṇā.
Verse 34
सुस्वरं गायमानस्तु गीतं विश्वप्रमोहनम् । तालमानक्रियोपेतं सप्तस्वरविभूषितम्
D’une voix douce et bien modulée, il chantait un chant qui ensorcelait le monde entier, accompagné de rythme, de mesure et d’une juste exécution, orné des sept notes.
Verse 35
गीतं गायति दुष्टात्मा तस्या रूपेण मोहितः । पर्वताग्रे स्थितो विप्र हर्षेण महतान्वितः
L’être à l’âme mauvaise chantait, égaré par sa beauté. Debout au sommet de la montagne, ô brāhmane, il était rempli d’une grande allégresse.
Verse 36
सखीमध्यगता सा तु पद्मावती वरानना । शुश्रुवे सुस्वरं गीतं तालमानलयान्वितम्
Alors Padmāvatī au beau visage, assise au milieu de ses compagnes, entendit un chant au ton suave, accompagné de rythme, de mesure et de tempo.
Verse 37
कोऽयं गायति धर्मात्मा महत्सौख्यप्रदायकम् । गीतं हि सत्क्रियोपेतं सर्वभावसमन्वितम्
«Qui donc chante ainsi, à l’âme dharmique, dispensant une grande félicité ? Car ce chant s’accompagne d’une conduite noble et se trouve empli de tout sentiment pur.»
Verse 38
सखीभिः सहिता गत्वा औत्सुक्येन नृपात्मजा । अशोकच्छायामाश्रित्य विमले सुशिलातले
Accompagnée de ses compagnes, la fille du roi s’y rendit avec une vive impatience; puis, se mettant à l’abri sous l’ombre d’un aśoka, elle demeura sur une dalle de pierre pure et belle.
Verse 39
ददर्श भूपवेषेण गोभिलं दानवाधमम् । पुष्पमालांबरधरं दिव्यगंधानुलेपनम्
Il vit Gobhila — le plus vil des Dānavas — déguisé sous l’apparence d’un roi, portant guirlandes et riches vêtements, et oint d’un parfum divin.
Verse 40
सर्वाभरणशोभांगं पद्मावती पतिव्रता । मथुरेशः समायातः कदा धर्मपरायणः
Padmāvatī — fidèle à son époux — dont les membres étaient embellis de tous les ornements, se demanda : «Quand le Seigneur de Mathurā, voué au dharma, viendra-t-il ici ?»
Verse 41
मम नाथो महात्मा वै राज्यं त्यक्त्वा प्रदूरतः । यावद्धि चिंतयेत्सा च तावत्पापेन तेन सा
«Mon seigneur, ce grand être a renoncé au royaume et s’en est allé au loin. Tant qu’elle s’y attardera en pensées, elle sera tourmentée par ce même péché.»
Verse 42
समाहूता तुरीभूय एहि त्वं हि प्रिये मम । चकिताशंकितासाचकथंभर्त्तासमागतः
Appelée, elle demeura muette. Alors il dit : «Viens donc, mon aimée.» Mais elle, saisie d’effroi et d’inquiétude, pensa : «Comment mon époux est-il venu ici ?»
Verse 43
लज्जिता दुःखिता जाता अधःकृत्वा ततो मुखम् । अहं पापा दुराचारा निःशंका परिवर्तिता
Honteuse et accablée, elle baissa le visage et dit : « Je suis pécheresse, de conduite mauvaise ; je suis devenue sans pudeur et me suis écartée du droit chemin. »
Verse 44
कोपमेवं महाभागः करिष्यति न संशयः । यावद्धि चिंतयेत्सा च तावत्तेनापि पापिना
Cet homme mauvais agira assurément ainsi dans la colère, sans aucun doute. Tant qu’elle continuera à penser à lui, d’autant de temps ce pécheur demeurera lié par cette pensée.
Verse 45
समाहूता तुरीभूय एह्येहि त्वं मम प्रिये । त्वया विना कृतो देवि प्राणान्धर्तुं वरानने
L’ayant appelée, il dit : « Viens sur-le-champ, viens, mon aimée. Ô déesse, ô toi au beau visage, sans toi j’ai résolu de quitter la vie. »
Verse 46
न हि शक्नोम्यहं कांते जीवितं प्रियमेव च । तव स्नेहेन लुब्धोस्मि त्वां त्यक्त्वा नोत्सहे भृशम्
Ô bien-aimée, je ne puis vraiment continuer à vivre — la vie m’est chère ; mais, enchaîné par ton affection, je ne puis supporter de t’abandonner, fût-ce un instant.
Verse 47
ब्राह्मण्युवाच । एवमुक्ता गतापश्यत्सुमुखं लज्जयान्विता । समालिंग्य ततो दैत्यः सतीं पद्मावतीं तदा
La brāhmaṇī dit : Ayant parlé ainsi, la dame au beau visage, pleine de pudeur, s’en alla. Alors le daitya étreignit la vertueuse Padmāvatī.
Verse 48
एकांतं तु समानीता सुभुक्ता इच्छया ततः । दैत्येन गोभिलेनापि सत्यकेतोः सुता तदा
Alors la fille de Satyaketu fut conduite en un lieu retiré et, contre sa volonté, fut outragée par l’asura Gobhila.
Verse 49
इति श्रीपद्मपुराणे भूमिखंडे वेनोपाख्याने सुकलाचरित्रे । एकोनपंचाशत्तमोऽध्यायः
Ainsi s’achève le quarante-neuvième chapitre, «Récit de Sukalā», dans l’épisode de Vena du Bhūmi-khaṇḍa du vénérable Padma Purāṇa.
Verse 50
सा सक्रोधा वचः प्राह गोभिलं दानवाधमम् । कस्त्वं पापसमाचारो निर्घृणो दानवाकृतिः
Elle, embrasée de colère, adressa ces paroles à Gobhila, le plus vil des Dānavas : «Qui es-tu, toi dont la conduite est pécheresse, sans pitié, et qui portes la forme d’un démon ?»
Verse 51
शप्तुकामा समुद्युक्ता दुःखेनाकुलितेक्षणा । वेपमाना तदा राजन्दुःखभारेण पीडिता
Brûlant du désir de maudire, elle se redressa, les yeux troublés par la douleur ; tremblante alors, ô roi, elle était accablée sous le poids du chagrin.
Verse 52
मम कांतच्छलेनैव त्वयागत्य दुरात्मवन् । नाशितं धर्ममेवाग्र्यं पातिव्रत्यमनुत्तमम्
Ô toi à l’esprit mauvais, tu es venu ici sous le seul prétexte de te faire passer pour mon bien-aimé ; et ainsi tu as détruit le dharma le plus élevé : le vœu sans égal de fidélité d’épouse (pātivratya).
Verse 53
सुस्वरं रुदितं कृत्वा मम जन्म त्वया हृतम् । पश्य मे बलमत्रैव शापं दास्ये सुदारुणम्
M’ayant fait pousser des cris et des pleurs retentissants, tu m’as ravi ma naissance, mon droit même de vivre. Vois ici ma puissance : je vais proférer une malédiction des plus terribles.
Verse 54
एवं संभाषमाणा तं शप्तुकामा तु गोभिलम्
Ainsi, tout en lui parlant, elle—désireuse de le maudire—s’adressa à Gobhila.