
Chapter Arc: राजन्, कथा उस सूत-गृह में खुलती है जहाँ राधा—रूप में अनुपम, भाग्य में रिक्त—पुत्र की कामना से व्याकुल है। → अपत्यार्थे उसके निरन्तर यत्न के बीच दैवयोग से गंगा में बहती एक मज्जूषा (पेटी) दृष्टिगोचर होती है; सूत-दम्पति उसे खोलते हैं और भीतर दिव्य तेज वाला शिशु पाते हैं—पर यह शिशु किसका है, और क्या इसे अपनाना धर्मसंगत है? → सूत आश्चर्य-विस्मय से नेत्र फैलाए, राधा के साथ शिशु को अंक में उठाता है; उसी क्षण निर्णय होता है—यह बालक उनका पुत्र बनेगा, और उसका पालन विधिपूर्वक होगा। → राधा उसे पुत्रवत् पालती है; बालक वीर्यवान होकर बढ़ता है। आगे चलकर वही कर्ण अपने दिव्य कुण्डल-कवच से युक्त होकर युद्ध में अवध्य-सा प्रतीत होता है और मध्याह्न में जल में खड़े होकर सूर्य की स्तुति करता है; उस समय ब्राह्मण धन हेतु आते हैं और कर्ण की दानशीलता प्रसिद्ध होती है। → कर्ण की ‘नादेय’ (ना-टालने वाली) दान-प्रतिज्ञा और उसके कुण्डल-कवच—ये दोनों मिलकर भविष्य में किस महा-छल/परीक्षा का द्वार खोलेंगे?
Verse 1
#::73:.8 #:23::.7 (0) हि 2 7 > यहाँ मूल पाठमें मासका निर्देश करनेके लिये “दशोत्तरे” यह पद आया है
Vaiśampāyana dit : « En ce même temps, Adhiratha le cocher—ami du roi Dhṛtarāṣṭra—vint avec son épouse sur la rive de la Jāhnavī (la Gaṅgā). » Ce vers prépare un tournant décisif du destin : un proche de la cour arrive au bord du fleuve, et ce qui sera trouvé, comme la manière de l’accueillir, façonnera devoirs, loyautés et tensions morales qui, plus tard, culmineront dans le grand conflit.
Verse 2
तस्य भार्याभवद् राजन् रूपेणासदृशी भुवि । राधा नाम महाभागा न सा पुत्रमविन्दत,राजन्! उसकी परम सौभाग्यवती पत्नी इस भूतलपर अनुपम सुन्दरी थी। उसका नाम था राधा। उसके कोई पुत्र नहीं हुआ था
Vaiśampāyana dit : «Ô roi, son épouse était sans égale en beauté sur la terre. Cette dame hautement fortunée se nommait Rādhā ; pourtant, ô roi, elle n’obtint point de fils.»
Verse 3
अपत्यार्थे परं यत्नमकरोच्च विशेषत: । सा ददर्शाथ मज्जूषामुहामानां यदृच्छया,राधा पुत्रप्राप्तिके लिये विशेष यत्न करती रहती थी। दैवयोगसे उसीने गंगाजीके जलमें बहती हुई उस पिटारीको देखा
Vaiśampāyana dit : «Désireuse d’un enfant, elle s’y appliqua avec un effort exceptionnel. Puis, par un détour du destin, elle aperçut par hasard un coffret dérivant au fil des eaux.»
Verse 4
दत्तरक्षाप्रतिसरामन्वालम्भनशो भनाम् । ऊर्मीतरज्जैर्जाह्विव्या: समानीतामुपह्दरम्
Vaiśampāyana dit : «Le coffret, maintenu par des liens protecteurs et embelli par les attaches et les ornements de sa fermeture, fut entraîné par la rivière Jāhnavī. Frappé et tiré par les vagues comme par des cordes, il fut porté tout près de la berge, vers le bord de l’eau.»
Verse 5
सा तु कौतूहलात प्राप्तां ग्राहयामास भाविनी । ततो निवेदयामास सूतस्याधिरथस्य वै
Poussée par la curiosité, la noble dame recueillit ce qui venait d’arriver et le fit placer sous sa garde. Puis elle rapporta l’affaire à Adhiratha, le cocher.
Verse 6
भामिनी राधाने कौतूहलवश उस पिटारीको सेवकोंसे पकड़वा मँगाया और अधिरथ सूतको इसकी सूचना दी ।।
Vaiśampāyana dit : «Alors Adhiratha souleva le coffret hors de l’eau et l’éloigna du bord. Il l’ouvrit à l’aide d’outils ; et, à l’intérieur, il vit un enfant.»
Verse 7
तरुणादित्यसंकाशं हेमवर्मधरं तथा । मृष्टकुण्डलयुक्तेन वदनेन विराजता
Vaiśampāyana dit : L’enfant brillait comme le jeune soleil du matin. Il portait une cuirasse d’or, et son visage était rendu éclatant par les boucles d’oreilles lumineuses, soigneusement polies, qui pendaient à ses oreilles—apparence qui montrait qu’il n’était pas un enfant ordinaire, mais qu’il était marqué de signes fastes, presque divins.
Verse 8
स सूतो भार्यया सार्थ विम्मयोत्फुल्ललोचन: । अड्कमारोप्य तं बालं भारया वचनमब्रवीत्,उसे देखकर पत्नीसहित सूतके नेत्रकमल आश्चर्य एवं प्रसन्नतासे खिल उठे। उसने बालकको गोदमें लेकर अपनी पत्नीसे कहा--
Vaiśampāyana dit : Le cocher, accompagné de son épouse, vit l’enfant, et ses yeux pareils à des lotus s’ouvrirent tout grands dans une joie stupéfaite. Soulevant le petit et le posant sur ses genoux, il parla à sa femme—des paroles façonnées par l’émerveillement et par le sentiment naissant du devoir envers cet être sans défense.
Verse 9
इदमत्यद्भुतं भीरु यतो जातो5स्मि भाविनि । दृष्टवान् देवगर्भो5यं मन्येडस्माकमुपागतः
Vaiśampāyana dit : « Ô toi la timide, ô douce dame — depuis le jour de ma naissance, je n’ai jamais rien vu d’aussi merveilleux. Je crois que cet enfant est d’origine divine et qu’il nous est parvenu par l’œuvre du destin. »
Verse 10
अनपत्यस्य पुत्रो<यं देवैर्दत्तो ध्रुवं मम । इत्युक्त्वा तं ददौ पुत्र राधायै स महीपते
Vaiśampāyana dit : « À moi qui suis sans enfant, ce garçon a sûrement été accordé par les dieux. » Ayant parlé ainsi, ô roi, Adhiratha remit l’enfant à Rādhā, le recevant comme un don divin venu combler leur stérilité et l’inscrivant dans les devoirs et les tendresses d’un foyer.
Verse 11
प्रतिजग्राह तं राधा विधिवद् दिव्यरूपिणम् | पुत्र कमलगर्भाभ॑ देवगर्भ श्रिया वृतम्
Vaiśampāyana dit : Rādhā, selon les rites prescrits, reçut comme son fils cet enfant de forme divine—rayonnant comme le cœur intime du lotus, nourrisson né des dieux et entouré d’un éclat de bon augure. Et, de fait, sous l’impulsion du destin, le lait se mit à couler de ses seins, comme si la nature elle-même scellait le lien maternel et le devoir de protection qu’elle venait d’accepter.
Verse 12
पुपोष चैनं विधिवद् ववृधे स च वीर्यवान् । ततः प्रभृति चाप्यन्ये प्राभवन्नौरसा: सुता:
Vaiśampāyana dit : Elle éleva cet enfant selon l’ordre prescrit, avec les rites et les soins convenables ; et il grandit sans cesse, devenant robuste et plein de vigueur. Dès lors, le couple d’auriges engendra aussi de nombreux autres fils légitimes.
Verse 13
वसुवर्मधरं दृष्टवा तं बाल हेमकुण्डलम् । नामास्य वसुषेणेति ततश्नक्रुर्द्धिजातय:,तदनन्तर वसु (सुवर्ण) मय कवच धारण किये तथा सोनेके ही कुण्डल पहने हुए उस बालकको देखकर ब्राह्मणोंने उसका नाम “वसुषेण” रखा
Vaiśampāyana dit : Voyant ce garçon revêtu d’une cuirasse née avec lui et portant des boucles d’oreilles d’or, les deux-fois-nés (les brāhmaṇa) lui donnèrent alors le nom de « Vasuṣeṇa ».
Verse 14
एवं स सूतपुत्रत्वं जगामामितविक्रम: । वसुषेण इति ख्यातो वृष इत्येव च प्रभु:,इस प्रकार वह अमितपराक्रमी एवं सामर्थ्यशाली बालक सूतपुत्र बन गया। लोकमें “वसुषेण” और “वृष” इन दो नामोंसे उसकी प्रसिद्धि हुई
Vaiśampāyana dit : Ainsi, ce garçon à la vaillance sans mesure en vint à être tenu pour le fils d’un aurige. Dans le monde, il fut renommé sous deux noms—Vasuṣeṇa et aussi Vṛṣa—qui disaient sa force et sa présence souveraine.
Verse 15
सूतस्य ववृधेडड्रेषु श्रेष्ठ: पुत्र: स वीर्यवान् | चारेण विदितश्लासीत् पृथया दिव्यवर्मभूत्
Vaiśampāyana dit : Le fils puissant et éminent de l’aurige grandissait de jour en jour, élevé au pays d’Aṅga. Par le moyen d’espions, Pṛthā (Kuntī) avait appris que son fils—pourvu d’une armure divine—était nourri et formé dans la maison de l’aurige Adhiratha.
Verse 16
सूतस्त्वधिरथ: पुत्र विवृद्धं समयेन तम् । दृष्टवा प्रस्थापयामास पुरं वारणसाह्दयम्,अधिरथ सूतने अपने पुत्रको बड़ा हुआ देख उसे यथासमय हस्तिनापुर भेज दिया
Vaiśampāyana dit : Adhiratha, l’aurige, voyant que le garçon avait grandi en son temps, l’envoya au moment opportun vers la cité d’Hastināpura.
Verse 17
तत्रोपसदन चक्रे द्रोणस्येष्वस्त्रकर्मणि । सख्यं दुर्योधनेनैवमगमत् स च वीर्यवान्
Là, il entra solennellement en discipleship auprès de Droṇa afin d’apprendre la science de l’arc et l’usage des armes de jet. Ainsi, le vaillant Karṇa se trouva lié d’amitié à Duryodhana—une alliance qui, plus tard, façonnerait les fidélités et les choix moraux au cœur du conflit à venir.
Verse 18
द्रोणात् कृपाच्च रामाच्च सो&स्त्रग्रामं चतुर्विधम् | लब्धवा लोके5भवत्् ख्यात: परमेष्वासतां गत:
Vaiśampāyana dit : Ayant appris de Droṇa, de Kṛpa et de Rāma (Paraśurāma) le quadruple corpus de la science des armes, il devint renommé dans le monde et parvint au rang de ceux que l’on compte parmi les plus éminents. Le vers souligne qu’un apprentissage discipliné auprès de maîtres illustres, joint à la maîtrise du savoir martial, élève la réputation et le rang d’un guerrier—tout en laissant entendre qu’une telle puissance exige, plus tard, une responsabilité éthique dans son emploi.
Verse 19
संधाय धार्तराष्ट्रेण पार्थानां विप्रिये रत: । योद्धुमाशंसते नित्यं फाल्गुनेन महात्मना
Vaiśampāyana dit : Ayant conclu un pacte avec le fils de Dhṛtarāṣṭra, et se complaisant dans ce qui était hostile aux Pāṇḍava, il exprimait sans cesse le désir de combattre le magnanime Phālguna (Arjuna). Le vers souligne un choix délibéré de l’inimitié—faire de la rivalité et du tort une ligne de conduite—et aiguise ainsi la tension morale qui précède l’affrontement ouvert.
Verse 20
सदा हि तस्य स्पर्धा55सीदर्जुनेन विशाम्पते । अर्जुनस्य च कर्णेन यतो दृष्टो बभूव स:
Vaiśampāyana dit : Ô seigneur des peuples, dès l’instant même où Karṇa posa les yeux sur Arjuna, il nourrit sans cesse un esprit de rivalité à son égard ; et Arjuna, lui aussi, conserva une résolution de compétition vigoureuse contre Karṇa. Ainsi, leur affrontement ne prit pas racine dans un seul incident, mais dans une comparaison durable, mue par l’orgueil, qui façonna peu à peu leur conduite et leurs choix.
Verse 21
एतद् गुहाां महाराज सूर्यस्यासीन्न संशय: । यः सूर्यसम्भव: कर्ण: कुन्त्यां सूतकुले तथा,महाराज! निःसंदेह सूर्यका यही वह गुप्त रहस्य है कि कुन्तीके गर्भसे सूर्यद्वारा उत्पन्न कर्ण सूतकुलमें पला था
Vaiśampāyana dit : «Ô grand roi, tel fut bien le secret du Soleil, sans aucun doute : Karṇa, né du Soleil par Kuntī, fut pourtant élevé au sein de la communauté des sūta, les cochers. Ô roi, il n’y a là nulle incertitude.»
Verse 22
त॑ तु कुण्डलिनं दृष्टवा वर्मणा च समन्वितम् | अवध्यं समरे मत्वा पर्यतप्यद् युधिषछ्िर:,उसे दिव्य कुण्डल और कवचसे संयुक्त देख युद्धमें अवध्य जानकर राजा युधिष्ठिर सदा संतप्त होते रहते थे
Vaiśaṃpāyana dit : Le voyant paré des boucles d’oreilles divines et revêtu de son armure, Yudhiṣṭhira le jugea imprenable au combat ; et, portant cela en son cœur, le roi demeura sans cesse tourmenté—l’esprit alourdi par le fardeau moral d’une guerre où un tel adversaire semblait hors d’atteinte de la défaite.
Verse 23
यदा च कर्णों राजेन्द्र भानुमन्तं दिवाकरम् | स्तौति मध्यन्दिने प्राप्ते प्राजजलि: सलिले स्थित:
Vaiśaṃpāyana dit : «Et lorsque Karṇa, ô roi, à l’heure de midi, se tient dans l’eau, les mains jointes en signe de révérence, et chante des hymnes au Soleil éclatant—faiseur du jour—il accomplit son rite quotidien de dévotion et de discipline, honorant la source de la lumière et de l’ordre.»
Verse 24
तत्रैनमुपतिष्ठन्ति ब्राह्मणा धनहेतुना । नादेयं तस्य तत्काले किज्चिदस्ति द्विजातिषु
Là, des brahmanes s’approchèrent et se tinrent auprès de lui, mus par le désir de richesses. Or, en cet instant, il n’avait absolument rien à offrir en don aux «deux-fois-nés» ; aucune offrande convenable ne se trouvait en sa possession.
Verse 25
राजेन्द्र! जब कर्ण दोपहरके समय जलमें खड़ा हो हाथ जोड़कर अंशुमाली भगवान् दिवाकरकी स्तुति करता था, उस समय बहुत-से ब्राह्मण धनके लिये उसके पास आते थे। उस अवसरपर उसके पास कोई ऐसी वस्तु नहीं थी, जो ब्राह्मणोंके लिये अदेय हो ।।
Ô roi ! Lorsque Karṇa, debout dans l’eau à l’heure de midi, les mains jointes, louait le Seigneur Soleil, éclatant de rayons, bien des brahmanes en quête de richesses venaient à lui. En cette circonstance, il n’était rien en sa possession qu’il jugeât «indigne d’être donné» aux brahmanes. Alors Indra lui-même se présenta, déguisé en brahmane, et dit : «Donne-moi l’aumône.» L’entendant, Karṇa, fils de Rādhā, répondit : «Ô le plus excellent des brahmanes, sois le bienvenu.»
Verse 309
इति श्रीमहाभारते वनपर्वणि कुण्डलाहरणपर्वणि राधाकर्णप्राप्तौ नवाधिकत्रिशततमो<ध्याय:
Ainsi, dans le Śrī Mahābhārata, au sein du Vana Parva, dans la section concernant l’enlèvement des boucles d’oreilles, s’achève le trois-cent-neuvième chapitre (309), relatant l’arrivée de Karṇa auprès de (et son accueil par) Rādhā.
Read Mahabharata in the Vedapath app
Scan the QR code to open this directly in the app, with audio, word-by-word meanings, and more.