Mahabharata Adhyaya 112
Vana ParvaAdhyaya 11220 Verses

Adhyaya 112

Adhyāya 112: Ṛṣyaśṛṅga’s Description of an Exemplary Brahmacārī (Ascetic Presence and Vow-Practice)

Upa-parva: Āraṇya-saṃvāda / Ṛṣyaśṛṅga-kathā (Episode of the Brahmacārī’s Description)

Ṛṣyaśṛṅga speaks in a descriptive register, presenting a brahmacārī who arrives with the markers of disciplined ascetic life: jaṭā hair arranged with care, a radiant and composed bearing, and an appearance likened to luminous natural and celestial imagery. The account itemizes bodily and material details—garments, belt, garlands, fragrance, and the auditory imagery of movement—using them as semiotic indicators of tapas rather than ornament for its own sake. The speaker reports an intense affective response: delight, admiration, and a bodily agitation that signals the persuasive force of perceived virtue. Acts of interaction follow: embrace, exchange of speech, and the giving of fruits and exceptionally pleasing water. A comparative evaluation is offered—common fruits are said to be inferior in taste and substance to those provided by the ascetic—highlighting the theme that disciplined life yields refined outcomes. The chapter closes with the speaker’s resolve to go near the ascetic, inquire into his vow-practice (vratacaryā), and emulate the rigorous tapas (ugrakarma) he performs, framing the episode as an initiation into ethical apprenticeship within the forest milieu.

Chapter Arc: ऋष्यशृङ्ग अपने पिता को अपनी भीतर उठती चिन्ता का कारण बताते हैं—वन में आए एक जटिल ब्रह्मचारी का अद्भुत रूप-वैभव और आचरण उनके मन को बाँध रहा है। → वह ब्रह्मचारी सूर्य-सा दीप्त, सुगन्धित जटाओं वाला, स्वर्ण-रज्जुओं से गुँथा, कण्ठाभूषणों से चमकता, मधुर वाणी वाला प्रतीत होता है; उसकी प्रत्येक भंगिमा और अलंकार ऋष्यशृङ्ग के चित्त को विचलित कर देते हैं। → ऋष्यशृङ्ग का मन निर्णायक रूप से खिंच जाता है—वे कहते हैं कि उस आर्यधर्म-पालक तपस्वी के पास जाकर उसका नाम, उसकी ब्रह्मचर्या और उसका तप जानेंगे, और उसी के साथ वैसा ही तप करना चाहते हैं। → वे पिता से स्पष्ट स्वीकार करते हैं कि उस व्यक्ति को देखे बिना चित्त संतप्त रहता है; इस प्रकार भीतर की आकांक्षा को वाणी देकर वे अपने अगले कदम की दिशा तय कर लेते हैं। → ऋष्यशृङ्ग उस ‘ब्रह्मचारी’ के निकट जाने को उद्यत हैं—पर वह वास्तव में कौन है, और यह आकर्षण उन्हें किस जाल में ले जाएगा?

Shlokas

Verse 1

हि मय ० (0) है 7 दादशाधिकशततमो< ध्याय: 5 6 पिताको अपनी चिन्ताका कारण बताते हुए धारी वेश्याके स्वरूप और आचरणका वर्णन ऋष्यशुड्र उवाच इहागतो जटिलो ब्रह्मचारी न वै हस्वो नातिदीर्घो मनस्वी । सुवर्णवर्ण: कमलायताक्ष: स्वत: सुराणामिव शोभमान:

Ṛṣyaśṛṅga dit : « Père, un brahmacārin aux cheveux en nattes emmêlées est venu ici. Il n’est ni petit ni démesurément grand, et son esprit est noble. Son teint brille comme l’or, ses grands yeux ressemblent à des pétales de lotus, et il rayonne—presque tel un dieu. »

Verse 2

समृद्धरूप: सवितेव दीप्त: सुश्लक्षणकृष्णाक्षिरतीव गौर: । नील: प्रसन्नाश्न॒ जटा: सुगन्धा हिरण्यरज्जुग्रथिता: सुदीर्घा:

Ṛṣyaśṛṅga dit : « Il était d’une beauté accomplie, rayonnant comme le soleil. Ses yeux étaient limpides et doux, aux cils sombres ; son teint paraissait d’une blancheur éclatante. Ses mèches en jata étaient très longues, nettes, d’un reflet bleuté, répandant un parfum suave, et toutes étaient tressées ensemble par un cordon d’or. »

Verse 3

आश्चर्यरूपा पुनरस्यथ कण्ठे विभ्राजते विद्युदिवान्तरिक्षे | दौ चास्य पिण्डावधरेण कण्ठा- दजातरोमौ सुमनोहरौ च

Ṛṣyaśṛṅga poursuivit : « Autour de son cou brillait un collier merveilleux, éclatant comme l’éclair dans le ciel. Et sous sa gorge se trouvaient deux protubérances charnues, lisses et sans poil, d’une beauté saisissante. »

Verse 4

विलग्नमध्यक्ष स नाभिदेशे कटिश्व तस्यातिकृतप्रमाणा । तथास्य चीरान्तरत: प्रभाति हिरण्मयी मेखला मे यथेयम्‌

Ṛṣyaśṛṅga dit : « Ô vénérable, le milieu de son corps, près du nombril, était serré et mince, tandis que ses hanches étaient d’une largeur disproportionnée. Et, de l’intérieur de son vêtement, luisait à sa taille une ceinture d’or—comme cette ceinture d’herbe munja est nouée sous mon pagne, moi qui suis brahmacārin. »

Verse 5

अन्यच्च तस्याद्धुतदर्शनीयं विकूजितं पादयो: सम्प्रभाति । पाण्योश्व तद्धत्‌ स्वनवन्निबद्धौ कलापकावक्षमाला यथेयम्‌

De plus, tout en elle était merveilleux et digne d’être vu. Le tintement à ses pieds résonnait avec douceur, comme s’il annonçait sa présence à chaque pas. De même, à ses poignets, elle avait fixé deux bracelets qui sonnaient d’un carillon léger—pareils à ce chapelet de graines de rudrākṣa à mon propre bras. Cette peinture souligne combien la beauté extérieure et les parures peuvent captiver l’esprit, et suggère la nécessité éthique de retenue et de discernement au milieu des séductions des sens.

Verse 6

विचेष्टमानस्य च तस्य तानि कूजन्ति हंसा: सरसीव मत्ता: । चीराणि तस्याद्भधुतदर्शनानि नेमानि तद्धन्मम रूपवन्ति

Ṛśyaśṛṅga dit : «Dès qu’il bougeait, ne fût-ce qu’un peu, ses ornements tintaient avec douceur—comme des cygnes enivrés criant sur un lac. Même ses vêtements étaient merveilleux à contempler. Mais ces haillons de toile d’écorce que je porte ne sont pas d’une si belle apparence.»

Verse 7

वक्‍त्र॑ च तस्याद्भुतदर्शनीयं प्रव्याह्ृतं ह्वादयतीव चेत: । पुंस्कोकिलस्थेव च तस्य वाणी तां शृण्वतो मे व्यथितो<न्तरात्मा

Son visage aussi était une merveille, vraiment digne d’être contemplé, et chacune de ses paroles semblait réjouir le cœur. Sa voix était comme celle du coucou mâle ; et tandis que je l’écoutais, mon for intérieur s’agitait, brûlant du désir de l’entendre encore.

Verse 8

यथा वन॑ माधवमासि मध्ये समीरितं श्वसनेनेव भाति । तथा स भात्युत्तमपुण्यगन्धी निषेव्यमाण: पवनेन तात

Ṛśyaśṛṅga dit : «Mon enfant, de même qu’un bosquet, au cœur du mois de Mādhava, resplendit lorsqu’une brise—pareille au souffle de la vie—le met en mouvement, ainsi resplendissait ce brahmacārin : parfumé de la plus pure et sanctifiante senteur, servi et éventé par le dieu du Vent.»

Verse 9

सुसंयताश्चापि जटा विषक्ता दैधीकृता नातिसमा ललाटे । कर्णो च चित्रैरिव चक्रवाकै: समावृतौ तस्य सुरूपवद्धि:

Ṛśyaśṛṅga décrit l’apparence de l’ascète : ses mèches emmêlées étaient bien maîtrisées, retenues et solidement liées, séparées en deux sur le front, sans toutefois être égales. Ses oreilles, ornées de boucles, semblaient comme encerclées d’étranges oiseaux cakravāka—tant sa belle prestance frappait le regard. Le passage souligne un motif éthique récurrent du Mahābhārata : la discipline intérieure (saṁyama) se reflète dans la tenue et la retenue extérieures.

Verse 10

तथा फल वृत्तमथो विचित्र समाहरत्‌ पाणिना दक्षिणेन । तद्‌ भूमिमासाद्य पुनः पुनश्न ३-2 438 - 07ख पद च्चै:

Alors il saisit de la main droite un fruit rond, étrange et bigarré, et de cette même main il le frappa. Le fruit, touchant le sol, rebondissait sans cesse vers les hauteurs; en cet instant, son aspect paraissait merveilleusement prodigieux.

Verse 11

तच्चाभिह्वत्य परिवर्ततेडसौ वातेरितो वृक्ष इवावघूर्णन्‌ | त॑ प्रेक्षत: पुत्रमिवामराणां प्रीति: परा तात रतिश्षु जाता

Quand il frappait ce fruit, celui-ci tournoyait de tous côtés, tel un arbre que la bourrasque fait ondoyer et se tordre. Mon enfant, en regardant ce brahmacārin—pareil à un fils des dieux—une affection ardente monta en moi; la joie naquit, et mon cœur s’attacha à lui.

Verse 12

स मे समाश्शलिष्य पुन: शरीरं जटासु गृह्माभ्यवनाम्य वक्‍त्रम्‌ । वक्त्रेण वक्‍त्र प्रणिधाय शब्दं चकार तन्मे5जनयत्‌ प्रहर्षम्‌

Sans cesse il étreignait mon corps; saisissant mes mèches emmêlées, il abaissait mon visage et posait le sien sur le mien. Bouche contre bouche, il proféra un son—qui fit naître en mon cœur une exaltation intense.

Verse 13

न चापि पाद्यं बहु मन्यते5सौ फलानि चेमानि मया55हृतानि । एवंव्रतो5स्मीति च मामवोचत्‌ फलानि चान्यानि समाददन्मे

Il n’accorda guère d’importance même à l’eau pour laver les pieds (pādya) que je lui offris. Il n’accepta pas non plus les fruits que j’avais apportés. Il me dit : « Tel est mon vœu (vrata) », et, dans le même temps, il me donna d’autres fruits en échange.

Verse 14

मयोपयुक्तानि फलानि यानि नेमानि तुल्यानि रसेन तेषाम्‌ । न चापि तेषां त्वगियं यथैषां साराणि नैषामिव सन्ति तेषाम्‌

Ṛṣyaśṛṅga dit : « Les fruits que j’ai jadis goûtés—ceux qu’il m’avait donnés—ne sont pas égalés par ceux-ci en saveur. Leur peau n’était pas non plus semblable à cette écorce rude des fruits sauvages de la forêt. Et leur chair intérieure différait encore : ces fruits-là étaient tout à fait extraordinaires. »

Verse 15

तोयानि चैवातिरसानि महां प्रादात्‌ स वै पातुमुदाररूप: । पीत्वैव यान्यभ्यधिकः: प्रहर्षो ममाभवद्‌ भूश्वलितेव चासीत्‌

Ce brahmacārin à l’allure noble me donna à boire, en grande abondance, des eaux d’une saveur délicieuse. À peine les eus-je bues qu’une joie extraordinaire, sans mesure, s’éleva en moi, et la terre elle-même sembla vaciller sous mes pas—comme si mon ravissement avait pris corps.

Verse 16

इमानि चित्राणि च गन्धवन्ति माल्यानि तस्योदग्रथितानि पट्टेः । यानि प्रकीर्येह गत: स्वमेव स आश्रमं तपसा द्योतमान:

Voici les guirlandes bigarrées et parfumées qu’il avait lui-même soigneusement enfilées sur des cordons de soie. Après les avoir répandues ici, cet ascète rayonnant—illuminé par la puissance de son tapas—s’en retourna vers son propre ermitage.

Verse 17

गतेन तेनास्मि कृतो विचेता गात्रं च मे सम्परिदह्मतीव । इच्छामि तस्यान्तिकमाशोु गन्तुं त॑ चेह नित्यं परिवर्तमानम्‌

Lorsqu’il s’en fut allé, je demeurai comme privé de conscience, et mon corps me brûlait comme sous le feu. Je veux aller au plus vite auprès de lui; ou bien qu’il demeure ici à jamais, toujours près de moi.

Verse 18

गच्छामि तस्यान्तिकमेव तात का नाम सा ब्रह्म॒चर्या च तस्य । इच्छाम्यहं चरितुं तेन सार्ध यथा तप: स चरत्यार्यधर्मा

« Père, j’irai sur-le-champ jusqu’à lui et je verrai quelle discipline de brahmacarya il observe. Je souhaite vivre et m’exercer auprès de lui, afin d’entreprendre moi aussi des austérités de la même manière que ce brahmacārin—gardien du noble dharma—accomplit son tapas. »

Verse 19

चर्तु तथेच्छा हृदये ममास्ति दुनोति चित्त यदि त॑ न पश्ये,वैसा ही तप करनेकी इच्छा मेरे हृदयमें भी है। यदि उसे नहीं देखूँगा तो मेरा यह चित्त संतप्त होता रहेगा

Ṛṣyaśṛṅga dit : « Ce même désir demeure aussi dans mon cœur. Si je ne le vois pas, mon esprit souffre et continue de brûler de détresse. »

Verse 112

इति श्रीमहा भारते वनपर्वणि तीर्थयात्रापर्वणि लोमशतीर्थयात्रायामृष्यशुज्रोपाख्याने द्वादशशाधिकशततमो<ध्याय:

Ainsi s’achève le cent douzième chapitre (112) du Vana Parva du Śrī Mahābhārata, dans la section consacrée au pèlerinage (Tīrtha-yātrā), au sein du récit du pèlerinage de Lomāśa, dans l’épisode concernant Ṛṣyaśujra. Ce colophon marque la clôture du chapitre et l’inscrit dans le vaste cadre du voyage sacré et de l’enseignement.

Frequently Asked Questions

The chapter frames a practical ethical tension: whether admiration of ascetic excellence remains aesthetic and passive, or becomes disciplined commitment—prompting the speaker to choose active learning and emulation of vratacaryā.

Moral authority is portrayed as embodied and reproducible: tapas and restraint generate clarity, refinement, and trust, and the appropriate response is inquiry, proximity to exemplars, and deliberate practice.

No explicit phalaśruti is stated in these verses; the implied meta-point is pedagogical—understanding the signs and effects of disciplined conduct guides one toward apprenticeship and sustained ethical formation.

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