Mahabharata Adhyaya 78
Adi ParvaAdhyaya 7846 Verses

Adhyaya 78

ययाति-देवयानी-शर्मिष्ठा विवादः — Śukra’s Curse and the Disclosure of Lineage

Upa-parva: Sambhava Upa-Parva (Genealogies and Dynastic Origins)

Vaiśaṃpāyana narrates Devayānī’s distress upon learning that Śarmiṣṭhā has borne a child. Devayānī confronts Śarmiṣṭhā, who asserts that a dharmic-seeming r̥ṣi fathered the child and that she did not act unlawfully; Devayānī requests identifying details (gotra/name), but Śarmiṣṭhā claims the ascetic’s radiance prevented questioning. Devayānī later encounters multiple boys in the forest; their gestures reveal Yayāti as father and Śarmiṣṭhā as mother, exposing concealed relationships. Devayānī condemns the breach of hierarchy and dependency, then departs in anger to her father Śukra (Uśanas). Before Śukra, Devayānī frames the situation as dharma overturned by adharma and reports that Śarmiṣṭhā has three sons while she has two. Śukra censures Yayāti for crossing limits and pronounces a curse of immediate old age. Yayāti argues a counter-duty: refusing a woman’s request in season is condemned by dharma-discourse; acting from fear of adharma, he approached Śarmiṣṭhā. Śukra maintains the sanction but allows a conditional mitigation: Yayāti may transfer old age to another willing person. The chapter closes with the stipulation that a son who grants youth will become king and gain longevity, fame, and progeny—linking ethical exchange to political succession.

Chapter Arc: देवताओं की सभा में इन्द्र को पराक्रम के लिए उकसाया जाता है; उसी समय पृथ्वी पर असुर-राज वृषपर्वा की कन्याओं के बीच एक साधारण स्नान-स्थल पर भाग्य एक बड़ा कलह रच देता है। → देवयानी (शुक्राचार्य की पुत्री) और शर्मिष्ठा (वृषपर्वा की पुत्री) वन में सहेलियों संग स्नान करती हैं। वस्त्रों की अदला-बदली/भ्रम से अहंकार और वर्ग-गर्व भड़क उठता है; शर्मिष्ठा क्रोध में देवयानी को तृण-लताओं से ढके कुएँ में धकेल देती है और बिना पीछे देखे लौट जाती है। → कुएँ में पड़ी देवयानी सहायता के लिए पुकारती है। नहुषनन्दन ययाति वहाँ आता है; देवयानी अपना दाहिना हाथ बढ़ाकर कहती है कि उसे पकड़कर बाहर निकालो—ययाति उसे कुएँ से उबारता है, और यह स्पर्श/उद्धार आगे के बंधन का बीज बन जाता है। → देवयानी अपनी पहचान बताती है—वह संजीवनी-विद्या वाले शुक्राचार्य की पुत्री है—और अपमान का वृत्तांत कहती है। वह दासी घूर्णिका को संदेश देकर पिता को बुलवाती है और घोषणा करती है कि अब वह वृषपर्वा के नगर में प्रवेश नहीं करेगी। → देवयानी का कठोर संकल्प और शुक्राचार्य को भेजा गया संदेश—अब असुर-राज के कुल पर क्या दण्ड/प्रायश्चित्त आएगा, और ययाति-देवयानी का यह संयोग किस परिणति तक जाएगा?

Shlokas

Verse 1

ऑपन-माजल बछ। डे अष्टसप्ततितमोब< ध्याय: देवयानी और शर्मिष्ठाका कलह

Vaiśampāyana dit : Ô taureau parmi les Bharata, lorsque Kaca revint après avoir maîtrisé le savoir qui rend la vie, les dieux furent remplis d’allégresse. Ayant appris de Kaca cette science même, ils se tinrent pour comblés dans leur dessein.

Verse 2

सर्व एव समागम्य शतक्रतुमथाब्रुवन्‌ । कालस्ते विक्रमस्याद्य जहि शत्रून्‌ पुरन्दर,फिर सबने मिलकर इन्द्रसे कहा--'पुरन्दर! अब आपके लिये पराक्रम करनेका समय आ गया है, अपने शत्रुओंका संहार कीजिये”

Alors tous s’assemblèrent et dirent à Śatakratu (Indra) : « Purandara, voici venu le temps de ta vaillance. Frappe tes ennemis. »

Verse 3

एवमुक्तस्तु सहितैस्त्रिदशैर्मघवांस्तदा । तथेत्युक्त्वा प्रचक्राम सोडपश्यत वने स्त्रिय:

Vaiśampāyana dit : Ainsi interpellé par les dieux assemblés, Maghavān (Indra) répondit alors : « Qu’il en soit ainsi », puis il se mit en route vers le monde des mortels. Là, dans une forêt, il vit de nombreuses femmes.

Verse 4

क्रीडन्तीनां तु कन्यानां वने चैत्ररथोपमे । वायुभूत: स वस्त्राणि सर्वाण्येव व्यमिश्रयत्‌

Vaiśampāyana dit : Dans une forêt charmante, pareille au bosquet céleste de Caitraratha, tandis que les jeunes filles s’amusaient, lui—ayant pris la forme du vent—mêla entièrement tous leurs vêtements.

Verse 5

ततो जलात्‌ समुत्तीर्य कन्यास्ता: सहितास्तदा । वस्त्राणि जगृहुस्तानि यथासन्नान्यनेकश:

Alors ces jeunes filles sortirent de l’eau toutes ensemble. Chacune se mit à reprendre les nombreux vêtements déposés tout près. Dans la confusion, Śarmiṣṭhā prit l’habit de Devayānī—Śarmiṣṭhā, fille de Vṛṣaparvan—sans se rendre compte que les vêtements avaient été mêlés.

Verse 6

तत्र वासो देवयान्या: शर्मिष्ठा जगृहे तदा । व्यतिमिश्रमजानन्ती दुहिता वृषपर्वण:

Là, à cet instant, Śarmiṣṭhā prit le vêtement de Devayānī. La fille de Vṛṣaparvan le fit sans le savoir, n’ayant pas compris que les habits s’étaient mêlés.

Verse 7

ततस्तयोर्मिथस्तत्र विरोध: समजायत । देवयान्याश् राजेन्द्र शर्मिष्ठाया श्ष॒ तत्कृते,राजेन्द्र! उस समय वस्त्रोंकी अदला-बदलीको लेकर देवयानी और शर्मिष्ठा दोनोंमें वहाँ परस्पर बड़ा भारी विरोध खड़ा हो गया

Alors, ô roi, une querelle grave s’éleva là entre elles deux. À cause de cette affaire, Devayānī et Śarmiṣṭhā s’affrontèrent avec une vive hostilité.

Verse 8

देवयान्युवाच कस्माद गृह्नासि मे वस्त्र शिष्या भूत्वा ममासुरि | समुदाचारहीनाया न ते साधु भविष्यति

Devayānī dit : «Ô fille des Asura ! Après être devenue mon élève, comment peux-tu prendre mon vêtement ? Tu es dépourvue de la conduite raffinée que gardent les gens vertueux ; ainsi, nul bien ne t’adviendra.»

Verse 9

शर्मिष्टोवाच आसीनं च शयानं च पिता ते पितरं मम । स्तौति वन्दीव चाभीक्ष्णं नीचे: स्थित्वा विनीतवत्‌

Śarmiṣṭhā dit : «Que mon père soit assis ou étendu, ton père se tient au-dessous comme un serviteur humble et, tel un barde de cour, ne cesse de louer mon père.»

Verse 10

याचतत्त्वं हि दुहिता स्तुवतः प्रतिगृह्नतः । सुताहं स्तूयमानस्य ददतो<प्रतिगृह्नतः

Vaiśampāyana dit : «Tu es la fille de celui qui mendie, de celui qui loue pour recevoir. Mais moi, je suis la fille de celui qu’on loue, de celui qui donne aux autres et n’accepte pas de présents en retour.»

Verse 11

आदुन्वस्व विदुन्वस्व द्रह्म कुप्पस्व याचकि । अनायुधा सायुधाया रिक्ता क्षुभ्यसि भिक्षुकि । लप्स्यसे प्रतियोद्धारं न हि त्वां गणयाम्पयहम्‌

Vaiśampāyana dit : «Secoue-toi, tremble si tu le veux ; déchaîne ta colère, ô mendiante. Sans armes, tu t’enflammes contre celle qui est armée : les mains vides, tu bouillonnes en vain. Si tu cherches vraiment le combat, tu trouveras un adversaire prêt à te faire face ; mais je ne te tiens pas pour digne d’égard.»

Verse 12

(प्रतिकूलं वदसि चेदितः प्रभृति याचकि । आकृष्य मम दासीक्िि: प्रस्थाप्यसि बहिर्बहि: ।।

«Fille de mendiante ! Dès ce jour, si tu dis quoi que ce soit contre moi, je ferai que mes servantes te traînent et te chassent d’ici—dehors, dehors !» Vaiśampāyana dit : Voyant Devayānī enflée d’orgueil, affirmant sa supériorité et s’agrippant au vêtement de Śarmiṣṭhā, Śarmiṣṭhā, saisie d’une intention coupable, la poussa dans un puits. Pensant : «À présent, elle doit être morte», Śarmiṣṭhā retourna à la cité.

Verse 13

शर्मिष्ठा प्राक्षिपत्‌ कूपे ततः स्वपुरमागमत्‌ | हतेयमिति विज्ञाय शर्मिष्ठा पापनिश्षया

Vaiśampāyana dit : Śarmiṣṭhā la précipita dans un puits, puis retourna dans sa propre cité. Concluant : « Elle doit être morte », Śarmiṣṭhā—fixée dans une résolution pécheresse—rentra chez elle.

Verse 14

अनवेक्ष्य ययौ वेश्म क्रोधवेगपरायणा । अथ तं देशमभ्यागाद्‌ ययातिर्नहुषात्मज:,वह क्रोधके आवेशमें थी, अतः देवयानीकी ओर देखे बिना ही घर लौट गयी। तदनन्तर नहुषपुत्र ययाति उस स्थानपर आये

Emportée par l’élan de la colère, elle rentra à la demeure sans même regarder vers Devayānī. Peu après, Yayāti, fils de Nahuṣa, arriva en ce lieu même.

Verse 15

श्रान्तयुग्य: श्रान्तहयो मृगलिप्सु: पिपासित: । स नाहुष: प्रेक्षमाण उदपानं गतोदकम्‌

Vaiśampāyana dit : Les bêtes de trait étaient harassées et les chevaux épuisés ; Nahuṣa, ayant poursuivi le gibier dans le désir de le saisir, était tourmenté par la soif. Regardant alentour, il tomba sur un puits dont l’eau s’était tarie.

Verse 16

ददर्श राजा तां तत्र कन्यामग्निशिखामिव । तामपृच्छत्‌ स दृष्टवैव कन्याममरवर्णिनीम्‌

Vaiśampāyana dit : Là, le roi aperçut une jeune fille, rayonnante comme une langue de feu et belle comme une nymphe céleste. Dès que son regard se posa sur elle, il l’interrogea.

Verse 17

सान्त्वयित्वा नृपश्रेष्ठ: साम्ना परमवल्गुना । का त्वं ताम्रनखी श्यामा सुमृष्टमणिकुण्डला

Après l’avoir apaisée, le meilleur des rois lui adressa des paroles d’une douceur et d’une conciliation extrêmes : « Qui es-tu—au teint sombre, aux ongles rouge cuivre, et aux boucles d’oreilles serties de joyaux, polies avec tant d’art ? »

Verse 18

दीर्घ ध्यायसि चात्यर्थ कस्माच्छोचसि चातुरा । कथं च पतितास्यस्मिन्‌ कूपे वीरुत्तणावृते

Vaiśampāyana dit : «Tu demeures longtemps plongé dans tes pensées, et tu t’affliges outre mesure — pourquoi donc, ô sage ? Et comment es-tu tombé dans ce puits, recouvert de lianes et d’herbes ?»

Verse 19

देवयान्युवाच योअसौ देवै्हतान्‌ दैत्यानुत्थापयति विद्यया

Devayānī dit : «Cet homme là-bas, par son savoir, ranime les Daitya que les dieux ont abattus.»

Verse 20

(पृच्छसे मां कस्त्वमसि रूपवीर्यबलान्वित: । ब्रूह्मत्रागमनं किं वा श्रोतुमिच्छामि तत्त्वत: ।।

Vaiśampāyana dit : «Tu me demandes qui je suis — mais qui es-tu, toi qui possèdes beauté, vaillance et force ? Dis-moi pour quelle raison tu es venue ici ; je veux entendre la vérité avec exactitude.» Yayāti dit : «Ô noble dame, je suis Yayāti, fils du roi Nahuṣa. Aujourd’hui, errant en quête de gibier, las et assoiffé, je suis venu en ce lieu et, dans ce puits couvert d’herbes, je t’ai aperçue.» (Et il commence alors :) «Ô roi, voici ma main droite, aux ongles et aux doigts couleur de cuivre…»

Verse 21

समुद्धर गृहीत्वा मां कुलीनस्त्वं हि मे मतः । जानामि त्वां हि संशान्तं वीर्यवन्तं यशस्विनम्‌

«Tire-moi de là et emmène-moi avec toi ; car je te tiens pour un homme de noble lignée. Oui, je te sais maître de toi et paisible, vaillant et de belle renommée.»

Verse 22

तस्मान्मां पतितामस्मात्‌ कूपादुद्धर्तुमहसि । (देवयानी बोली--) महाराज! लाल नख और अंगुलियोंसे युक्त यह मेरा दाहिना हाथ है। इसे पकड़कर आप इस कुएँसे मेरा उद्धार कीजिये। मैं जानती हूँ

«C’est pourquoi tu dois me tirer de ce puits où je suis tombée.»

Verse 23

गृहीत्वा दक्षिणे पाणावुज्जहार ततोडवटात्‌ । उद्धृत्य चैनां तरसा तस्मात्‌ कूपान्नराधिप:

La saisissant de sa main droite, le roi la souleva hors de la fosse. Puis, d’un élan rapide, le seigneur des hommes la tira de ce puits — geste de protection décisive, conforme au dharma du souverain, tenu de secourir les plus vulnérables.

Verse 24

(गच्छ भद्रे यथाकामं न भयं विद्यते तव । इत्युच्यमाना नृपतिं देवयानी तमुत्तरम्‌ ।।

Vaiśampāyana dit : «Va, noble dame, où bon te semblera ; nul danger ne te menace.» Quand le roi eut parlé ainsi, Devayānī répondit : «Emmène-moi sur-le-champ, car tu m’es cher. Tu as pris ma main ; dès lors, tu seras mon époux.» À ces mots, le roi — né dans la lignée des Kṣatriya — répliqua : «Noble dame, tu es une jeune fille brāhmaṇa ; il ne convient donc pas que tu t’unisses à moi. Kāvya (Śukra) est le précepteur de tous les mondes, et tu es véritablement sa fille ; pour cela même, je le crains encore. Heureuse entre toutes, tu n’es pas faite pour un homme tel que moi.» Devayānī dit : «Si aujourd’hui, malgré ma demande, tu ne veux pas m’emmener, alors je te choisirai par l’entremise de mon père ; ensuite tu reconnaîtras ce qui est juste et tu m’emmèneras.»

Verse 25

(क्वचिदार्ता च रुदती वृक्षमाश्रित्य तिष्ठति । ततश्चिरायमाणायां दुहितर्याह भार्गव: ।।

Vaiśampāyana dit : Quelque part, Devayānī, accablée et en pleurs, se tenait adossée à un arbre. Comme sa fille tardait à revenir, Bhārgava (Śukrācārya) dit à la nourrice : «Nourrice, amène vite Devayānī, au sourire pur.» À peine eut-il parlé que la nourrice se hâta de partir la chercher. Suivant ses traces partout où elle était allée avec ses compagnes, elle trouva Devayānī telle qu’on l’a décrite : misérable, épuisée, debout dans les larmes. La nourrice dit : «Bonne dame, que t’est-il arrivé ? Dis-le vite ; ton père t’appelle.» Devayānī la tira alors tout près d’elle et rapporta le forfait commis par Śarmiṣṭhā. Brisée de chagrin, elle dit à Ghūrṇikā, venue devant elle : «Va sur-le-champ, Ghūrṇikā ; avertis promptement mon père.»

Verse 26

वैशम्पायन उवाच सा तत्र त्वरितं गत्वा घूर्णिकासुरमन्दिरम्‌

Vaiśampāyana dit : Elle s’y rendit en hâte, vers la demeure de l’asura Ghūrṇikāsura.

Verse 27

दृष्टवा काव्यमुवाचेदं सम्भ्रमाविष्टचेतना । आचचक्षे महाप्राज्ञं देवयानीं वने हताम्‌

À la vue de cette scène affligeante, l’esprit saisi d’effroi, elle prononça ces paroles. Elle rapporta au très sage que Devayānī avait été tuée dans la forêt — annonce chargée d’alarme et de stupeur morale devant la violation de la sûreté et des convenances en un lieu qui aurait dû être un refuge.

Verse 28

शर्मिष्ठया महाभाग दुद्ित्रा वृषपर्वण: । श्र॒त्वा दुहितरं काव्यस्तत्र शर्मिछ्ठया हताम्‌

Vaiśampāyana dit : « Ô noble seigneur, lorsque Kāvya (Śukrācārya) apprit que la fille de Vṛṣaparvan avait été terrassée là par Śarmiṣṭhā, il en fut profondément bouleversé et retint cette faute. »

Verse 29

त्वरया निर्ययौ दुःखान्मार्गमाण: सुतां वने | दृष्टवा दुहितरं काव्यो देवयानीं ततो वने

Vaiśampāyana dit : « Dans la hâte et la détresse, Kāvya (Śukrācārya) se mit en route, cherchant sa fille dans la forêt. Là, au cœur des bois, il aperçut sa fille Devayānī. »

Verse 30

बाहुभ्यां सम्परिष्वज्य दु:खितो वाक्यमब्रवीत्‌ | आत्मदोषैर्नियच्छन्ति सर्वे दु:खसुखे जना:

La serrant dans ses deux bras, il dit avec chagrin : «Tous les hommes sont enchaînés à la peine et à la joie par leurs propres fautes.»

Verse 31

मन्ये दुश्चरितं ते5स्ति यस्येयं निष्कृति: कृता । वैशम्पायनजी कहते हैं--जनमेजय! देवयानीकी बात सुनकर घूर्णिका तुरंत असुरराजके महलमें गयी और वहाँ शुक्राचार्यको देखकर सम्भ्रमपूर्ण चित्तसे वह बात बतला दी। महाभाग! उसने महाप्राज्ञ शुक्राचार्यको यह बताया कि “*वृषपर्वाकी पुत्री शर्मिष्ठाके द्वारा देवयानी वनमें मृततुल्य कर दी गयी है।' अपनी पुत्रीको शर्मिष्ठा-द्वारा मृततुल्य की गयी सुनकर शुक्राचार्य बड़ी उतावलीके साथ निकले और दुःखी होकर उसे वनमें ढूँढ़ने लगे। तदनन्तर वनमें अपनी बेटी देवयानीको देखकर शुक्राचार्यने दोनों भुजाओंसे उठाकर उसे हृदयसे लगा लिया और दुःखी होकर कहा--“बेटी! सब लोग अपने ही दोष और गुणोंसे--अशुभ या शुभ कर्मोसे दुःख एवं सुखमें पड़ते हैं। मालूम होता है

Vaiśampāyana dit : «Je pense que tu as commis quelque mauvaise action, et que c’est pour cela que cette expiation (ou conséquence) est advenue.»

Verse 32

शर्मिष्ठया यदुक्तास्मि दुह्तित्रा वृषपर्वण: । सत्यं किलैतत्‌ सा प्राह दैत्यानामसि गायन:

Vaiśampāyana dit : «Ce que m’a rapporté Śarmiṣṭhā, la fille de Vṛṣaparvan, est-il vrai ? Elle dit : “Tu es tel un barde, chantant les louanges des Daitya.” »

Verse 33

एवं हि मे कथयति शर्मिष्ठा वार्षपर्वणी । वचन तीक्षणपरुषं क्रोधरक्तेक्षणा भृशम्‌,वृषपर्वाकी लाड़िली शर्मिष्ठा क्रोध8े लाल आँखें करके आज मुझसे इस प्रकार अत्यन्त तीखे और कठोर वचन कह रही थी--

Vaiśaṃpāyana dit : «Ainsi me parla Śarmiṣṭhā, fille de Vṛṣaparvan — les yeux rougis par la colère — proférant des paroles d’une âpreté et d’une dureté extrêmes.»

Verse 34

स्तुवतो दुहिता नित्यं याचत: प्रतिगृह्नत: । अहं तु स्तूयमानस्य ददतो<प्रतिगृह्नतः

Vaiśaṃpāyana dit : «Tu es la fille de celui qui ne cesse de louer autrui, qui mendie sans relâche et qui accepte des présents. Mais moi, je suis la fille d’un roi que ton père loue — un roi qui donne avec largesse et n’accepte pas même le plus infime don.»

Verse 35

इदं मामाह शर्मिष्ठा दुहिता वृषपर्वण: । क्रोधसंरक्तनयना दर्पपूर्णा पुनः पुन:

Vaiśaṃpāyana dit : «Śarmiṣṭhā, fille de Vṛṣaparvan, m’adressa ces paroles. Les yeux rougis par la colère, gonflée d’orgueil, elle répétait sans cesse le même grief, avec dureté.»

Verse 36

यद्यहं स्तुवतस्तात दुहिता प्रतिगृह्नतः । प्रसादयिष्ये शर्मिष्ठामित्युक्ता तु सखी मया

Vaiśaṃpāyana dit : «Père, si je suis vraiment la fille de celui qui loue et de celui qui accepte des présents, alors je gagnerai la bienveillance de Śarmiṣṭhā par mon service.» Ainsi avais-je parlé à mon amie, ô père.

Verse 37

(उक्ताप्येवं भृशं क्रुद्धा मां गृह विजने वने । कूपे प्रक्षेपयामास प्रक्षिप्यैव गृहं ययौ ।।

Même après avoir parlé ainsi, Śarmiṣṭhā — saisie d’une colère farouche — me saisit dans cette forêt déserte près de la demeure et me jeta dans un puits ; m’y ayant précipitée, elle rentra chez elle. Alors Śukra dit : «Devayānī, tu n’es pas la fille de celui qui flatte, mendie ou accepte des présents. Tu es la fille d’un brāhmaṇa pur, qui ne loue personne par intérêt, et que tous louent.»

Verse 38

वृषपर्वैव तद्‌ वेद शक्रो राजा च नाहुष: । अचिन्त्य ब्रह्म निर्टन्ड्मैश्वरं हि बल॑ मम,इस बातको वृषपर्वा, देवराज इन्द्र तथा राजा ययाति जानते हैं। निर्दधन्द्र अचिन्त्य ब्रह्म ही मेरा ऐश्वर्ययुक्त बल है

Śukra dit : «Vṛṣaparvan seul le sait—avec Śakra (Indra) et le roi Nāhuṣa. Car ma puissance, dotée de souveraineté, n’est autre que le Brahman lui-même, inconcevable et non-duel.»

Verse 39

यच्च किंचित्‌ सर्वगतं भूमौ वा यदि वा दिवि | तस्याहमीश्वरो नित्य तुष्टेनोक्त: स्वयम्भुवा

Śukra dit : «Tout ce qui existe, où que ce soit—sur la terre ou au ciel, oui, tout ce qu’on trouve parmi tous les êtres—j’en suis à jamais le maître. Tel fut le don que Svayambhū (Brahmā) me proclama lorsqu’il fut satisfait.»

Verse 40

अहं जलं विमुज्चामि प्रजानां हितकाम्यया । पुष्णाम्योषधय: सर्वा इति सत्यं ब्रवीमि ते,मैं ही प्रजाओंके हितके लिये पानी बरसाता हूँ और मैं ही सम्पूर्ण ओषधियोंका पोषण करता हूँ, यह तुमसे सच्ची बात कह रहा हूँ

Śukra dit : «Pour le bien des êtres vivants, je déverse les eaux en pluie. Je nourris aussi toutes les herbes et plantes médicinales. Telle est la vérité que je te déclare.»

Verse 41

वैशम्पायन उवाच एवं विषादमापचन्नां मन्युना सम्प्रपीडिताम्‌ । वरचनैर्मधुरै: श्लक्षणै: सान्त्वयामास तां पिता

Vaiśampāyana dit : Voyant Devayānī ainsi plongée dans le désespoir et cruellement accablée par la colère, son père la consola par des paroles douces, suaves et bien choisies, afin d’apaiser son trouble et de lui rendre la fermeté de l’esprit.

Verse 77

इस प्रकार श्रीमहाभारत आदिपर्वके अन्तर्गत सम्भवपर्वमें ययात्युपाख्यानविषयक सतहत्तरवाँ अध्याय पूरा हुआ

Ainsi s’achève le soixante-dix-septième chapitre de l’épisode de Yayāti, dans la section Sambhava de l’Ādi Parva du Śrī Mahābhārata.

Verse 78

इति श्रीमहा भारते आदिपर्वणि सम्भवपर्वणि ययात्युपाख्याने5ष्टसप्ततितमो 5 ध्याय:,इस प्रकार श्रीमहाभारत आदिपर्वके अन्तर्गत सम्भवपर्वमें ययात्युपाख्यानविषयक अठहत्तरवाँ अध्याय पूरा हुआ

Ainsi, dans le Śrī Mahābhārata, au sein de l’Ādi Parva—plus précisément du Sambhava Parva—s’achève le soixante-dix-huitième chapitre de l’épisode de Yayāti. Par là, le récit se clôt de manière solennelle, marquant la fin de la section qui rapporte l’histoire de Yayāti et les enseignements moraux qui s’y attachent.

Verse 183

दुहिता चैव कस्य त्वं वद सत्यं सुमध्यमे । “तुम किसी अत्यन्त घोर चिन्तामें पड़ी हो। आतुर होकर शोक क्यों कर रही हो? तृण और लताओंसे ढके हुए इस कुएँमें कैसे गिर पड़ी? तुम किसकी पुत्री हो? सुमध्यमे! ठीक- ठीक बताओ'

Vaiśampāyana dit : «Et de qui es-tu la fille ? Dis la vérité, ô toi à la taille fine.» (La question naît d’une inquiétude pressante et d’une urgence morale : il faut que la femme en détresse révèle son identité avec droiture afin que s’ensuivent protection et conduite juste.)

Verse 196

तस्य शुक्रस्य कन्याहं स मां नूनं न बुध्यते । देवयानी बोली--जो देवताओंद्वारा मारे गये दैत्योंको अपनी विद्याके बलसे जिलाया करते हैं

«Je suis la fille de Śukra ; assurément il ne sait pas encore que je suis tombée dans cet état misérable.» (Devayānī laisse entendre : Śukrācārya, celui-là même qui, par la puissance de son savoir, rend la vie aux Dānavas tués par les dieux, est son père ; et pourtant il peut ignorer encore sa détresse.)

Verse 253

नेदानीं सम्प्रवेक्ष्यामि नगरं वृषपर्वण: । देवयानीने कहा--घूर्णिके! तुम वेगपूर्वक जाओ और शीघ्र मेरे पिताजीसे कह दो --“अब मैं वृषपर्वाके नगरमें पैर नहीं रखूँगी'

Vaiśampāyana dit : Devayānī déclara : «Ghūrṇikā, va sur-le-champ, en toute hâte, et dis vite à mon père : “Désormais je ne mettrai plus le pied dans la cité du roi Vṛṣaparvan.”»

Frequently Asked Questions

The dilemma is competing dharma-claims: Devayānī frames Yayāti’s conduct as a breach of marital and dependency norms, while Yayāti frames compliance with a woman’s seasonal request as a dharmic necessity; the text stages a conflict between social hierarchy and a duty-based sexual ethic.

Actions justified as “necessary” still require accountability to legitimate authority and transparent conduct; when private exceptions become concealed practices, they destabilize trust and succession, inviting corrective sanctions.

A functional phala-style assurance appears in Śukra’s condition: the son who donates youth will obtain kingship and auspicious outcomes (longevity, fame, many offspring), emphasizing that ethical exchange directly structures political legitimacy.

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