
Gayā-yātrā-vidhi: Multi-day Śrāddha Route, Pitṛ-devatās, and Akṣaya Merit at Gayā
Poursuivant l’enseignement du dharma centré sur les tīrtha dans le Brahma Khanda, Brahmā expose le protocole du pèlerinage à Gayā et l’accomplissement des rites de śrāddha et d’offrandes de piṇḍa selon une progression jour après jour. Le pèlerin commence par un śrāddha réglé et la circumambulation rituelle, s’abstient d’accepter des présents, et il est dit que le voyage lui-même profite aux ancêtres. Des exceptions aux usages de rasage et de jeûne sont mentionnées, et Gayā est distinguée pour la puissance du śrāddha de jour comme de nuit. Le chapitre cartographie ensuite les lieux majeurs—Kanakhala, Phalgu-tīrtha, Dharmāraṇya, Brahmatīrtha, l’assemblée de Brahmā, Gayāśīrṣa, Rudra-pada et Akṣaya-vaṭa—en reliant chacun à des fruits précis (équivalences de Vājapeya/Rājasūya/Aśvamedha, offrandes akṣaya, délivrance). Les Pitṛ-devatā sont invoquées, et le darśana de Gadādhara est présenté comme effaçant la dette envers les Pitṛ. Un récit didactique (Viśāla et ses ancêtres) illustre la libération du preta par les offrandes de piṇḍa. La conclusion élargit les bénéficiaires aux morts négligés (rites interrompus, mort-nés, non incinérés), préparant les chapitres suivants sur la correspondance tīrtha-śrāddha et ses effets karmiques.
Verse 1
त्र्यशीतितमो ऽध्यायः ब्रह्मोवाच / उद्यतस्तु गयां गन्तुं श्राद्धं कृत्वा विधानतः / विधाय कार्पटीविषं ग्रामस्यापि प्रदक्षिणम्
Chapitre quatre-vingt-trois (quatre-vingt-quatre). Brahmā dit : «Quand on se prépare à se rendre à Gayā, qu’on accomplisse d’abord le śrāddha selon la règle prescrite ; puis, après avoir établi le rite kārpaṭī, qu’on fasse aussi la pradakṣiṇā autour du village.»
Verse 2
ततो ग्रामान्तरं गत्वा श्राद्धशेषस्य भोजनम् / कृत्वा प्रदक्षिणं गच्छेत्प्रतिग्रहविवर्जितः
Ensuite, s’étant rendu dans un autre village, qu’il mange ce qui reste du śrāddha ; après avoir accompli la pradakṣiṇā, qu’il parte en s’abstenant d’accepter des dons en retour (pratigraha).
Verse 3
गृहाच्चलितमात्रस्य गयायां गमनं प्रति / स्वर्गारोहणसोपानं पितॄणां तु पदेपदे
Pour celui qui n’a fait que quitter sa demeure avec l’intention d’aller à Gayā, chaque pas devient un degré d’escalier par lequel les Pitṛ (ancêtres) montent au ciel.
Verse 4
मुण्डनं चोपवासश्च सर्वतीर्थेष्वयं विधिः / वर्जयित्वा कुरुक्षेत्रं विशालां विरजां गयाम्
Le rasage de la tête (muṇḍana) et le jeûne : telle est la règle prescrite dans tous les tīrtha (lieux saints de pèlerinage), sauf à Kurukṣetra, Viśālā, Virajā et Gayā.
Verse 5
दिवा च सर्वदा रात्रौ गयायां श्राद्धकृद्भवेत् / वाराणस्यां कृतं श्राद्धं तीर्थे शोणनदे तथा
À Gayā, on doit accomplir le śrāddha en tout temps : le jour et aussi, toujours, la nuit. De même, le śrāddha accompli à Vārāṇasī et au gué sacré de la rivière Śoṇa est lui aussi d’une efficacité particulière.
Verse 6
पुनः पुनामहानद्यां श्राद्धी स्वर्गं पितॄन्नयेत् / उत्तरं मानसं गत्वा सिद्धिं प्राप्नोत्यनुत्तमाम्
En accomplissant à maintes reprises le śrāddha sur le grand fleuve Punāmahā, on conduit les Pitṛ (ancêtres) au ciel ; et en se rendant au Mānasatīrtha du nord, on obtient une siddhi incomparable, suprême.
Verse 7
तस्मिन्निवर्तयेच्छ्राद्धं स्नानं चैव निवर्तयेत् / कामान्स लभते दिव्यान्मोक्षोपायं च सर्वशः
En cette circonstance, il convient d’interrompre le śrāddha et de suspendre également le bain ; ce faisant, on obtient des jouissances divines et, de toute manière, le moyen d’atteindre la délivrance (mokṣa).
Verse 8
दक्षिणं मानसं गत्वा मौनी पिण्डादि कारयेत् / ऋणत्रयापाकरणं लभेद्दक्षिणमानसे
Étant allé au Mānasa du Sud (lieu sacré), demeurant en silence, qu’on fasse accomplir l’offrande des piṇḍa et les rites qui s’y rattachent ; au Mānasa du Sud, on obtient l’effacement des trois dettes (ṛṇa-traya).
Verse 9
सिद्धानां प्रीतिजननैः पापानां च भयङ्करैः / लेलिहानैर्महाघोरैरक्षतैः पन्नगोत्तमैः
Il s’y trouve des serpents suprêmes—intacts et les premiers parmi les nāgas—dont la présence réjouit les siddhas, mais épouvante les pécheurs ; ils sont d’une horreur extrême, dardant la langue en rôdant.
Verse 10
नाम्ना कनखलं तीर्थं त्रिषु लोकेषु विश्रुतम् / उदीच्यां मुण्डपृष्ठस्य देवर्षिगणसेवितम्
Il existe un tīrtha nommé Kanakhala, renommé dans les trois mondes. Il se trouve au nord de Muṇḍapṛṣṭha et il est fréquenté et honoré par des assemblées de devas et de sages divins (devarṣi).
Verse 11
तत्र स्नात्वा दिवं याति श्राद्धं दत्तमथाक्षयम् / सूर्यं नत्वा त्विदं कुर्यात्कृतपिण्डादिसत्क्रियः
Après s’y être baigné, on gagne le ciel ; et le Śrāddha offert en ce lieu devient d’un mérite inépuisable. Après s’être incliné devant Sūrya, qu’on accomplisse ce rite, ayant dûment achevé les actes sacrés, à commencer par l’offrande des piṇḍa.
Verse 12
कव्यवाहस्तथा सोमो यमश्चैवार्यमा तथा / अग्निष्वात्ता बर्हिषदः सोमपाः पिदृदेवताः
Kavyavāha, Soma, Yama et Aryamā—ainsi que les Agniṣvāttas, les Barhiṣads et les Somapās—sont les divinités qui président aux Pitṛs, les mânes ancestraux.
Verse 13
आगच्छन्तु महाभागा युषमाभी रक्षितास्त्विह / मदीयाः पितरो ये च कुले जाताः सनाभयः
Que viennent ces grands êtres, comblés de bénédictions—protégés ici par vous. Que mes Pitṛ, mes ancêtres, et tous ceux nés dans ma lignée, demeurent sans crainte, dans la paix sacrée.
Verse 14
तेषां पिण्डप्रदानार्थमागतो ऽस्मि गयामिमाम् / कृतपिण्डः फल्गुतीर्थे पश्यैद्देवं पितामहम्
«Je suis venu en cette Gayā afin d’offrir des piṇḍa pour eux. Après avoir accompli l’offrande de piṇḍa au gué sacré de Phalgu (Phalgu-tīrtha), on doit avoir le darśana du divin Pitāmaha (Brahmā).»
Verse 15
गदाधरं ततः पश्येत्पितॄणामनृणामनृणो भवेत् / फल्गुतीर्थे नरः स्नात्वा दृष्ट्वा देवं गदाधरम्
Ensuite, qu’on ait le darśana de Gadādhara; par cette vision sacrée, on devient sans dette envers les Pitṛ (ancêtres). Celui qui se baigne au gué sacré de Phalgu et voit le Seigneur Gadādhara est délivré de l’obligation envers les ancêtres.
Verse 16
आत्मानं तारयेत्सद्यो दश पूर्वान्दशापरान् / प्रथमेह्निविधिः प्रोक्तो द्वितीयदिवसे व्रजेत्
Qu’il se délivre aussitôt lui-même, et qu’il fasse aussi du bien à dix ancêtres et à dix descendants. Le rite du premier jour a été exposé; le second jour, qu’il avance vers l’observance prescrite suivante.
Verse 17
धर्मारण्यं मतङ्गस्य वाप्यां पिण्डादिकृद्भवेत् / धर्मारण्यं समासाद्य वाजपेयफलं लभेत्
À l’étang sacré de Mataṅga, dans Dharmāraṇya, qu’on accomplisse l’offrande de piṇḍa et les autres rites aux ancêtres. Parvenu à Dharmāraṇya, on obtient un fruit de mérite égal à celui du sacrifice Vājapeya.
Verse 18
राजसूयाश्वमेधाभ्यां फलं स्याद्ब्रह्मतीर्थके / श्राद्धं पिण्डोदकं कार्यं मध्ये वै कूपयूपयोः
À Brahmatīrtha, on obtient un mérite égal à celui des sacrifices Rājasūya et Aśvamedha. Là, l’on doit accomplir le śrāddha, avec l’offrande de piṇḍa et d’eau (udaka), dans l’espace entre le puits (kūpa) et le poteau sacrificiel (yūpa).
Verse 19
कूपोदकेन तत्कार्यं पितॄणां दत्तमक्षयम् / तृतीये ऽबह्नि ब्रह्मसदो गत्वा स्नात्वाथ तर्पणम्
Ce rite doit être accompli avec l’eau du puits ; ainsi, ce qui est offert aux Pitṛs devient impérissable. Le troisième jour, étant allé à l’assemblée de Brahmā (Brahma-sadā), on doit se baigner puis accomplir le tarpaṇa.
Verse 20
कृत्वा श्राद्धादिकं पिण्डं मध्ये वै यूपकूपयोः / गोप्रचारसमीपस्था आब्रह्म ब्रह्मकल्पिताः
Après avoir accompli le śrāddha et les rites qui s’y rattachent, on doit offrir le piṇḍa dans l’espace entre le yūpa et le kūpa. Ces dispositions doivent être placées près du pâturage des vaches, et sont tenues pour établies selon l’ordre sacré s’étendant jusqu’à Brahmā.
Verse 21
तेषा सेवनमात्रेण पितरो मोक्षगामिनः / यूपं प्रदक्षिणीकृत्य वाजपेयफलं लभेत्
Par le seul fait de les servir, les ancêtres (Pitṛs) deviennent aptes à la délivrance (mokṣa) ; et en faisant la pradakṣiṇā autour du yūpa, on obtient le fruit de mérite du sacrifice Vājapeya.
Verse 22
फल्गुतीर्थे चतुर्थे ऽहिनि स्नात्वा देवादितर्पणम् / कृत्वा श्राद्धङ्गयाशीर्षे कुर्याद्रुद्रपदादिषु
Le quatrième jour, après s’être baigné à Phalgu-tīrtha et avoir accompli le tarpaṇa pour les Devas et les autres, on doit célébrer le śrāddha à Gayā-śīrṣa, ainsi qu’à Rudra-pada et aux autres lieux saints.
Verse 23
पिणाडान्देहिमुखे व्यासे पञ्चाग्नौ च पदत्रये / सूर्येन्दुकार्तिकेयेषु कृतं श्राद्धं तथाक्षयम्
Le Śrāddha accompli à Piṇḍāṇḍa, Dehīmukha, Vyāsa, au Pañcāgni et à Padatraya—de même lorsqu’il est fait en lien avec le Soleil, la Lune et Kārtikeya—devient akṣaya, impérissable, et confère un mérite inépuisable.
Verse 24
श्राद्धं तु नवदेवत्यं कुर्याद्द्वादशदैवतम् / अन्वष्टकासु वृद्धौ च गयायां मृतवासरे
Mais le Śrāddha doit être accompli avec neuf divinités comme puissances présidantes; et lors des rites d’Anvaṣṭakā, aux temps de prospérité/accroissement, à Gayā et le jour du décès, il doit être fait avec douze divinités.
Verse 25
अत्र मातुः पृथक् श्राद्धमन्यत्र पतिना सह / स्नात्वा दशाश्वमेधे तु दृष्ट्वा देवं पितामहम्
Ici, le śrāddha pour la mère doit être accompli séparément; ailleurs, il est accompli avec l’époux. Après s’être baigné au tīrtha de Daśāśvamedha, on contemple le divin Pitāmaha (Brahmā).
Verse 26
रुद्रपादं नरः स्पृष्ट्वा न चेहावर्तते पुनः / त्रिर्वित्तपूर्णां पृथिवीं दत्त्वा यत्फलमाप्नुयात्
Celui qui touche le «Pied de Rudra» ne revient plus en ce monde; il obtient le même mérite que celui qu’on gagnerait en donnant la terre entière, remplie de richesses au triple.
Verse 27
स तत्फलमवाप्नोति कृत्वा श्राद्धं गयाशिरे / शमीपत्रप्रमाणेन पिण्डं दद्याद्गयाशिरे
Il obtient ce même fruit en accomplissant le Śrāddha à Gayāśira; et à Gayāśira, on doit offrir un piṇḍa de la mesure d’une feuille de śamī.
Verse 28
पितरो यान्ति देवत्वं नात्र कार्या विचारणा / मुण्डपृष्टे पदं न्यस्तं महादेवेन धीमता
Les Pitṛs (ancêtres) parviennent au rang des dieux—il n’y a là aucun doute. Car le sage Mahādeva a posé son pied sur le dos de Muṇḍa.
Verse 29
अल्पेन तपसा तत्र महापुण्यमवाप्नुयात् / गयाशीर्षे तु यः पिण्डान्नाम्ना येषां तु निर्वपेत्
Par une austérité même légère accomplie en ce lieu, on obtient un très grand mérite. Et celui qui, à Gayāśīrṣa, offre des piṇḍas en nommant clairement les ancêtres auxquels ils sont destinés, procure un immense bienfait spirituel.
Verse 30
नरकस्था दिवं यान्ति स्वर्गस्था मोक्षमाप्नुयुः / पञ्चमे ऽह्नि गन्दालोले स्नात्वा वटतले ततः
Ceux qui sont en enfer vont au ciel, et ceux qui sont au ciel obtiennent la délivrance. Puis, le cinquième jour, après s’être baigné à Gandālola, qu’on se rende ensuite au pied du banian.
Verse 31
पिण्डान्दद्यात्पितॄणां च सकलं तारयेत्कुलम् / वटमूलं समासाद्य शाकेनोष्णोदकेन वा
Qu’on offre des piṇḍas aux Pitṛs ; ce faisant, on délivre tout le lignage. Parvenu à la racine du banian, on peut accomplir l’offrande avec des légumes, ou même avec de l’eau tiède.
Verse 32
एकस्मिन् भोजिते विप्र कोटिर्भवति भोजिताः / कृते श्राद्धे ऽक्षयवटे दृष्ट्वा च प्रपितामहम्
Ô brāhmane, si l’on nourrit ne fût-ce qu’un seul être digne, c’est comme si l’on en avait nourri un crore. Et lorsque le śrāddha est accompli à l’Akṣaya-vaṭa, en contemplant son prapitāmaha (arrière-grand-père) parmi les Pitṛs, le rite devient d’un fruit inépuisable.
Verse 33
अक्षयाल्लंभते लोकान्कुलानामुद्धरेच्छतम् / एष्टव्या बहवः पुत्त्रा यद्येको ऽपि गयां व्रजेत्
En accomplissant le rite impérissable de Gayā (Akṣaya), on obtient des mondes qui ne se flétrissent pas et l’on peut relever cent membres de sa lignée. C’est pourquoi il convient de désirer de nombreux fils — si ne fût-ce qu’un seul d’entre eux se rend à Gayā.
Verse 34
यजेत वाश्वमेधेन नीलं वा वृषमुत्सृजेत् / प्रेतः कश्चित्समुद्दिश्य वणिजं कञ्चिदब्रवीत्
On peut accomplir le sacrifice de l’Aśvamedha, ou relâcher un taureau bleu ; alors, s’adressant à un certain marchand, un preta — un esprit défunt — prit la parole.
Verse 35
मम नाम्ना गयाशीर्षे पिण्डनिर्वपणं कुरु / प्रेतभावाद्विमुक्तः स्यांस्वर्गदो दातुरेव च
À Gayāśīrṣa, offre le piṇḍa en mon nom. Il sera délivré de l’état de preta, et cette offrande devient aussi dispensatrice du ciel pour celui-là même qui l’accomplit.
Verse 36
श्रुत्वा वणिग्गयाशीर्ष प्रेतराजाय पिण्डकम् / प्रददावनुजैः सार्धं स्वपितृभ्यस्ततो ददौ
Ayant entendu l’enseignement du chef des marchands, il offrit un piṇḍa au Seigneur des pretas (Yama) ; puis, avec ses frères cadets, il offrit des piṇḍas à ses propres Pitṛs, les pères ancestraux.
Verse 37
सर्वे मुक्ता विशालो ऽपि सपुत्रो ऽभुच्च पिण्डदः / विशालायां विशालो ऽभूद्राजपुत्रोब्रवीद्द्विजान्
Tous furent délivrés ; et Viśāla aussi — avec son fils — devint celui qui offre le piṇḍa selon le rite. Dans la cité de Viśālā, ce prince Viśāla s’adressa alors aux dvija, les brāhmaṇas.
Verse 38
कथं पुत्रादयः स्युर्मे विप्राश्चोतुर्विशालकम् / गयायां पिण्डदानेन तव सर्वं भविष्यति
«Comment obtiendrai-je des fils et autres biens, ô brāhmaṇas, et comment gagnerai-je une vaste prospérité ? Par l’offrande des piṇḍa à Gayā, tout cela s’accomplira pour toi.»
Verse 39
विशालो ऽथ गयाशीर्ष पिण्डदो ऽभूच्च पुत्रवान् / दृष्ट्वाकाशे सितं रक्तं कृष्णं पुरुषमब्रवीत्
Alors Viśāla se rendit à Gayāśīrṣa et y offrit des piṇḍa ; il fut béni d’un fils. Voyant dans le ciel un homme apparaissant en blanc, en rouge et en noir, il s’adressa à cette Personne.
Verse 40
के यूयं तेषु चैवैकः सितः प्रोचे विशालकम् / अहं सितस्ते जनक इन्द्रलोकं गतः शभम्
«Qui êtes-vous parmi eux ?» Et l’un d’eux —Sita— parla en détail : «Je suis Sita, ton père ; je suis allé au monde d’Indra (Indra-loka), auspice et rayonnant.»
Verse 41
मम पुत्र पिता रक्तो ब्रह्महा पापकृत्परम् / अयं पितामहः कृष्ण ऋषयो ऽनेन घातिताः
«Ô Kṛṣṇa, le père de mon fils est cruel et souillé de sang : meurtrier d’un brāhmaṇa (brahma-han), auteur des fautes les plus graves. Et ce grand-père, ô Kṛṣṇa, a même tué des sages ṛṣi.»
Verse 42
अवीचिं नरकं प्राप्तौ मुक्तौ जातौ च पिण्डद / मुक्तीकृतास्ततः सर्वे व्रजामः स्वर्गमुत्तमम्
«Nous étions tombés dans l’enfer Avīci, mais par l’offrande du piṇḍa nous avons été délivrés et affranchis. Ainsi sauvés, nous nous dirigeons tous à présent vers le plus haut des cieux.»
Verse 43
कृतकृत्यो विशालो ऽपि राज्यं कृत्वा दिवं ययौ / ये ऽस्मत्कुले तु पितरो लुप्तपिण्डोदकक्रियाः
Même le puissant roi Viśāla, ses devoirs accomplis, régna sur son royaume puis s’en alla au ciel. Mais les ancêtres de notre lignée, pour qui les offrandes de piṇḍa et les libations d’eau (udaka) ont cessé, demeurent privés de ces rites.
Verse 44
ये चाप्यकृतचूडास्तु ये च गर्भाद्विनिःसृताः / येषां दाहो न क्रियाच ये ऽग्निदग्धास्तथापरे
Et aussi ceux pour qui la chūḍā, le rite de la première tonsure, n’a pas été accomplie ; ceux qui sont sortis du sein maternel (mort-nés ou fausses couches) ; ceux pour qui la crémation n’est pas réalisée ; et d’autres encore consumés par le feu — tous sont ici visés.
Verse 45
भूमौ दत्तेन तृप्यन्तु तृप्ता यान्तु परां गतिम् / पिता पितामहश्चैव तथैव प्रपितामहः
Que les offrandes déposées sur la terre les rassasient ; et, rassasiés, qu’ils atteignent la condition suprême. Que le père, le grand-père et de même l’arrière-grand-père en soient ainsi gratifiés.
Verse 46
माता पितामही चैव तथैव प्रपितामही / तथा मातामहश्चैव प्रमातामह एव च
La mère, la grand-mère paternelle et de même l’arrière-grand-mère paternelle ; ainsi que le grand-père maternel, et aussi, certes, l’arrière-grand-père maternel.
Verse 47
वृद्धप्रमातामहश्च तथा मातामही परम् / प्रमातामही तथा वृद्धप्रमातामहीति वै
Sont comptés aussi le bisaïeul (au degré supérieur) et de même l’aïeule ; puis l’arrière-grand-mère, et encore le bisaïeul au degré supérieur, en vérité — ainsi sont énumérés ces liens ancestraux.
Verse 48
अन्येषां चैव पिण्डो ऽयमक्षय्यमुपतिष्ठताम्
Et pour les autres aussi, que cette offrande de piṇḍa demeure comme un soutien et un mérite inépuisables.
The chapter states that bathing at Phalgu-tīrtha and having darśana of Lord Gadādhara makes one free from Pitṛ-ṛṇa (debt to ancestors), integrating pilgrimage, devotion, and ancestral obligation into a single liberative act.
Gayāśīrṣa is described as yielding the fruit of immense dāna and sacrifice; offerings there can elevate Pitṛs to deva-status, free beings from hell to heaven, and even move those already in heaven toward liberation—showing a graded karmic uplift culminating in mokṣa-oriented outcomes.