Adhyaya 73
Brahma KhandaAdhyaya 7319 Verses

Adhyaya 73

Vaidūrya (Cat’s-eye) Examination: Origin, Auspicious Marks, Imitations, and Valuation Measures

Sūta introduit ce chapitre comme un enseignement faisant autorité de ratna-parīkṣā (examen des gemmes), d’abord transmis par Brahmā puis rapporté par Vyāsa, dans le cadre narratif de Karketa et Bhīṣmaka. Le récit s’ouvre sur une cosmogonie mythique : lorsque l’océan est bouleversé au temps du pralaya, du rugissement tonitruant d’un Dānava naît le vaidūrya (œil-de-chat) aux couleurs multiples, lié au nāda et célébré comme l’ornement des trois mondes. Viennent ensuite les critères de discernement : l’éclat bleu/vert profond est jugé auspicious, tandis qu’un lustre semblable à l’aile du corbeau est de mauvais augure ; les pierres sans défaut procurent de hautes jouissances, mais les pierres entachées causent du tort, d’où la nécessité d’un examen minutieux. Le texte cite des substituts trompeurs (verre, matières pseudo-cristallines, cristal fumé) et donne des indices pratiques : résistance aux rayures, légèreté, brillance. Pour l’évaluation, le vaidūrya excellent est dit valoir l’indranīla (saphir), et l’on explique que l’enfilage et l’ordonnancement corrects de gemmes impeccables multiplient la valeur. Enfin, le chapitre fixe les poids et mesures (māṣaka, śāṇa, pala, dharaṇa) employés dans l’expertise, préparant des développements ultérieurs tout aussi méthodiques sur les normes matérielles dans le cadre du dharma.

Shlokas

Verse 1

नाम द्विसप्ततितमो ऽध्यायः सूत उवाच / वैदूर्यपुष्परागाणां कर्केते भीष्मके वदे / परीक्षां ब्रह्मणा प्रोक्तां व्यासेन कथितां द्विजा

Sūta dit : « Voici, de nom, le soixante-douzième chapitre. Ô deux-fois-nés, l’exposé de l’examen concernant le vaidūrya et le puṣparāga—dans le cadre de Karketa et de Bhīṣmaka—fut d’abord enseigné par Brahmā, puis rapporté par Vyāsa. »

Verse 2

कल्पान्तकालक्षुबिताम्बुराशेर्निर्ह्रादकल्पाद्दितिजस्य नादात् / वैदूर्यमुत्पन्नमनेकवर्णं शोभाभिरामद्युतिवर्णबीजम्

De l’océan bouleversé au temps de la fin du kalpa, et d’un rugissement pareil au tonnerre—le cri d’un Dānava—naquit le vaidūrya (pierre œil-de-chat), aux couleurs multiples, charmant par sa splendeur, semence même des teintes éclatantes.

Verse 3

अविदूरे विदूरस्य गिरेरुत्तुङ्गरोधसः / कामभूतिकसीमानमनु तस्याकरोभवत्

Non loin de la haute crête du mont Vidūra, en la suivant, apparut la région-frontière appelée Kāmabhūtika.

Verse 4

तस्य नादसमुत्थत्वादाकरः सुमहागुणः / अभूदुत्तरीतो लोके लोकत्रयविभूषणः

Parce qu’il naquit du son (nāda), sa forme devint d’une vertu éminente ; et dans le monde il fut renommé “Uttarīta”, parure des trois mondes.

Verse 5

तस्यैव दानवपतेर्निनदानुरूपाः प्रवृट्पयोदवरदर्शित चारुरूपाः / वैदूर्यरत्नमणयो विविधावभासस्तस्मात्स्फुलिङ्गनिवहा इव संबभूवुः

De ce seigneur des Dānavas jaillirent des grappes de pierres semblables à des joyaux—des vaidūrya aux teintes variées—belles comme les nuées de la mousson, résonnant selon son rugissement, telles des essaims d’étincelles éclatant hors de lui.

Verse 6

पद्मरागमुपादाय मणिवर्णा हि ये क्षितौ / सर्वांस्तान्वर्णशोभाभिर्वैदूर्यमनुगच्छति

Prenant le padmarāga (rubis) pour étalon, parmi les couleurs des gemmes de la terre, le vaidūrya (œil-de-chat) les rejoint et les surpasse toutes par l’éclat de sa teinte.

Verse 7

तेषां प्रधानं शिखिकण्ठनीलं यद्वा भवेद्वेणुदलप्रकाशम् / चाषाग्रपक्षप्रतिमश्रियो ये न ते प्रशस्ता मणिशास्त्रविद्भिः

Parmi elles, la plus éminente est celle d’un bleu profond comme la gorge du paon, ou luisante comme une jeune feuille de bambou. Mais celles dont l’éclat ressemble à l’extrémité de l’aile du corbeau ne sont pas tenues pour fastes par les maîtres de la science des gemmes.

Verse 8

गुणवान्वैदूर्यमणिर्योजयति स्वामिनं परंभा (भो) ग्यैः / दोषैर्युक्तो दोषैस्तस्माद्यत्नात्परीक्षेत

Le vaidūrya (œil-de-chat) pourvu de qualités apporte à son possesseur les jouissances les plus hautes ; mais s’il est entaché de défauts, il n’apporte que des défauts. Qu’on l’examine donc avec soin et effort.

Verse 9

गिरिकाचशिशुपालौ काच स्फटिकाश्च धूमनिर्भिन्नाः / वैदूर्यमणेरेते विजातयः सन्निभाः सन्ति

Le verre de montagne, l’éclat pâle comme celui d’un enfant, le verre ordinaire et le cristal (sphaṭika) taché de fumée : tout cela n’est que de viles imitations, ressemblant au joyau vaidūrya (œil-de-chat), mais d’une autre espèce.

Verse 10

लिख्याभावात्काचं लघुभावाच्छैसुपालकं विद्यात् / गिरिकाचसदीप्तित्वात्स्फटिकं वर्णोज्ज्वलत्वेन

Sache que c’est du verre parce qu’il ne se laisse pas rayer ; sache que c’est une gemme légère d’imitation à cause de sa légèreté. Mais sache que c’est du cristal (sphaṭika) parce qu’il resplendit comme le verre de montagne et par l’éclat de sa couleur.

Verse 11

यदिन्द्रनीलस्य महागुणस्य सुवर्णसंख्याकलितस्य मूल्यम् / तदेव वैदूर्यमणेः प्रदिष्टं पलद्वयोन्मापि तगौरवस्य

Quel que soit le prix fixé—compté en or—pour l’indranīla (saphir) d’excellence suprême, cette même valeur est prescrite pour le joyau vaidūrya (œil‑de‑chat), quand bien même son poids irait jusqu’à deux palas.

Verse 12

जात्यस्य सर्वे ऽपि मणेस्तु यादृग्विजातयः सन्ति समानवर्णाः / तथापि नानाकरणानुमेयभेदप्रकारः परमः प्रदिष्टः

Toutes les variétés d’une même espèce de gemme peuvent paraître d’une seule couleur ; pourtant, l’enseignement suprême affirme que leurs différences sont multiples, discernables par leurs causes distinctes et par les marques qui s’en déduisent.

Verse 13

सुखोपलक्ष्यश्च सदा विचार्यो ह्ययं प्रभेदो विदुषा नरेण / स्नेहप्रभेदो लघुता मृदुत्वं विजातिलिङ्गं खलु सार्वजन्यम्

Cette distinction est aisée à reconnaître et doit toujours être examinée par l’homme sage : différences d’affection, légèreté de conduite et douceur sont, en vérité, des signes communs par lesquels on décèle une différence de nature (d’espèce).

Verse 14

कुशलाकुशलैः प्रपूर्यमाणाः प्रतिबद्धाः प्रतिसत्क्रियाप्रयोगैः / गुणदोषसमुद्भवं लभन्ते मणयोर्ऽथोन्तरमूल्यमेव भिन्नाः

Remplis d’influences fastes et néfastes, et liés par la répétition des rites et des actes, les êtres en viennent à recueillir des fruits nés du mérite et de la faute—comme les gemmes qui, bien que différentes, ne diffèrent ici-bas que par leur valeur.

Verse 15

क्रमशः समतीतवर्तमानाः प्रतिबद्धा मणिबन्धकेन यत्नात् / यदि नाम भवन्ति दोषहीना मणयः षड्गुणमाप्नुवन्ति मूल्यम्

Lorsque le joaillier, avec soin, enfile les gemmes dans l’ordre juste, accordant celles d’avant et celles d’après, alors—si les gemmes sont réellement sans défaut—elles atteignent une valeur six fois plus grande.

Verse 16

आकरान्समतीतानामुदधेस्तीरसन्निधौ / मूल्यमेतन्मणीनां तु न सर्वत्र महीतले

Pour ceux qui ont dépassé les mines, près du rivage de la mer, telle est la (vraie) estimation des gemmes; mais une telle valeur n’est pas reconnue partout sur la terre.

Verse 17

सुवर्णो मनुना यस्तु प्रोक्तः षोडशमाषकः / तस्य सप्ततिमो भागः संज्ञारूपं करिष्यति

L’étalon d’or que Manu a déclaré être de seize māṣakas : sa soixante-dixième part constituera l’unité appelée saṃjñā (mesure nommée).

Verse 18

शाणश्चतुर्माषमानो माषकः पञ्चकृष्णलः / पलस्य दशमो भागो धरणः परिकीर्तितः

Un śāṇa se mesure à quatre māṣas ; un māṣaka équivaut à cinq kṛṣṇalas. Le dixième d’un pala est déclaré être un dharaṇa.

Verse 19

इत्थं मणिविधिः प्रोक्तो रत्नानां मूल्यनिश्चये

Ainsi a été exposée la méthode d’évaluation des gemmes, afin de déterminer la valeur des pierres précieuses.

Frequently Asked Questions

The foremost is described as deep blue like a peacock’s throat or gleaming like a fresh bamboo leaf; stones with luster like the tip of a crow’s wing are treated as inauspicious by gem experts.

The text points to observable cues: glass is recognized via scratch-related behavior, imitation stones by unusual lightness, and crystal (sphaṭika) by its mountain-glass-like shine and brilliance—urging careful comparative examination.

It states that whatever gold price is fixed for a highly excellent indranīla, the same value is prescribed for a vaidūrya, even when the latter’s weight may reach up to two palas.

The chapter references māṣaka, śāṇa (four māṣas), kṛṣṇala (five per māṣaka), pala, and dharaṇa (one-tenth of a pala), and mentions a Manu-declared gold standard of sixteen māṣakas.