Adhyaya 66
Brahma KhandaAdhyaya 6623 Verses

Adhyaya 66

Śālagrāma–Sudarśana-Vyūha Nirūpaṇa, Tīrtha-Saṅgraha, Samvatsara-Nāma, and Mantra-Rakṣā

Dans la continuité pratique de l’Ācāra Khaṇḍa, ce chapitre établit d’abord que le Śālagrāma portant le signe du disque (cakra-lakṣaṇa) est l’objet de culte suprême, identifié à Sudarśana et à Lakṣmī-Nārāyaṇa. Il décrit ensuite une suite d’identifications divines (vyūha et formes associées), avec l’agencement de noms et de marques tels « Ananta » et « Sudarśanā » sur le cakra, en soulignant que la siddhi naît d’une upāsanā correcte. Le propos s’élargit à la géographie sacrée en énumérant de grands tīrtha et des rivières, et affirme que la confluence de Śālagrāma et de Dvārakā confère la mokṣa. Viennent ensuite les noms des années samvatsara, dont la seule appellation indique bon ou mauvais augure. Le chapitre se tourne alors vers une méthode de détermination du temps et des effets, fondée sur les pañca-svara de Rudra et un schéma de pañcāgni, reliant tithi, vāra, nakṣatra et māsa, et avertissant des combinaisons létales d’inauspiciosité (par ex. Kalāliṅgā). Il se clôt par des prescriptions de récitation de mantras et de talismans protecteurs—bīja et formules (Mṛtyuñjaya, Gaṇa, Lakṣmī) écrites avec des pigments sacrés sur bhūrja-patra et portées pour la victoire et la protection—préparant les chapitres suivants.

Shlokas

Verse 1

स्त्रीनरलक्षणं नाम पञ्चषष्टितमो ऽध्यायः हरिरुवाच / निर्लक्षणा शुभा स्याच्च चक्राङ्कितशिलार्चनात् / आदौ सुदर्शनो मूर्तिर्लक्ष्मीनारायणः परः

Hari dit : Même celui qui est dépourvu de signes fastes devient fortuné par le culte de la pierre sacrée portant la marque du disque. Au commencement, le plus éminent est la forme de Sudarśana—le suprême Lakṣmī-Nārāyaṇa Lui-même.

Verse 2

त्रिचक्रो ऽसावच्युतः स्याच्चतुश्चक्रश्चतुर्भुजः / वासुदेवश्च प्रद्युम्नस्ततः सङ्कर्षणः स्मृतः

Celui qui porte trois disques doit être compris comme Acyuta ; celui qui a quatre disques et quatre bras est connu comme Vāsudeva. Pradyumna est également indiqué, puis Saṅkarṣaṇa est rappelé selon cet ordre.

Verse 3

पुरुषोत्तमश्चाष्टमः स्यान्नव्यूहो दशात्मकः / एकादशो ऽनिरुद्धः स्याद्द्वादशो द्वादशात्मकः

Le huitième est Puruṣottama. Le neuvième est le vyūha nouveau, composé de dix aspects. Le onzième est Aniruddha. Le douzième est la forme au déploiement de douze, constituée de douze aspects.

Verse 4

अत ऊर्ध्वमनन्तः स्याच्छक्रे रेकादिकैः क्रमात् / सुदर्शना लक्षिताश्च पूजिताः सर्वकामदाः

Ensuite, au-dessus de cela, le nom « Ananta » doit être disposé sur le disque (cakra) selon l’ordre prescrit, avec des lignes et autres marques ; et ces formes marquées « Sudarśanā », lorsqu’elles sont vénérées comme il se doit, accordent l’accomplissement de tous les vœux.

Verse 5

शालग्रामशिला यत्र देवो द्वारवतीभवः / उभयोः संगमो यत्र तत्र मुक्तिर्न संशयः

Là où se trouve la pierre sacrée Śālagrāma, et là où est présent le Seigneur demeurant à Dvārakā — là où se fait la confluence de ces deux — là se trouve la délivrance (mokṣa) ; il n’y a nul doute.

Verse 6

शालग्रामो द्वारका च नैमिषं पुष्करं गया / वाराणसी प्रयागश्च कुरुक्षेत्रं च सूकरम्

Śālagrāma, Dvārakā, Naimiṣa, Puṣkara et Gayā ; Vārāṇasī, Prayāga, Kurukṣetra et Sūkara : tels sont les tīrthas renommés, lieux saints de pèlerinage.

Verse 7

गङ्गा च नर्मदा चैव चन्द्रभागा सरस्वती / पुरुषोत्तमो महाकालस्तीर्थान्येतानि शङ्कर

Le Gaṅgā et la Narmadā, ainsi que la Candrabhāgā et la Sarasvatī ; Puruṣottama et Mahākāla : tels sont les tīrthas sacrés, ô Śaṅkara.

Verse 8

सर्वपापहराण्येव भुक्तमुक्तिप्रदानि वै / प्रभवो विभवः शुक्लः प्रमोदो ऽथ प्रजापतिः

En vérité, ces (noms) effacent tous les péchés et accordent à la fois la jouissance en ce monde et la délivrance: Prabhava, Vibhava, Śukla, Pramoda, puis Prajāpati.

Verse 9

अङ्गिराः श्रीमुखो भावः युवा धाता तथैव च / ईश्वरो बहुधान्यश्च प्रमाथी विक्रमो विषुः

Aṅgirā, Śrīmukha, Bhāva, Yuvā, ainsi que Dhātā; Īśvara, Bahudhānya, Pramāthī, Vikrama et Viṣu — tels sont (parmi) les noms sacrés énumérés.

Verse 10

चित्रभानुः स्वबानुश्च तारणः पार्थिवो व्ययः / सर्वजित्सर्वधारी च विरोधी विकृतिः खरः

Citrabhānu, Svabānu, Tāraṇa, Pārthiva, Vyaya; Sarvajit, Sarvadhārī, Virodhī, Vikṛti et Khara — tels sont (les noms) énumérés.

Verse 11

नन्दनो विजयश्चैव जयो मन्मथदुर्मुखौ / हेमलम्बो विलंबश्च विकारः शर्वरी प्लवः

Nandana, Vijaya, Jaya, Manmatha, Durmukha; Hemalamba, Vilamba, Vikāra, Śarvarī et Plava — tels sont (les noms).

Verse 12

शुभकृच्छोभनः क्रोधी विश्वावमुपराभवौ / प्लवङ्गः कीलकः सौम्यः साधारणविरोधकृत्

«Śubhakṛt», «Śobhana», «Krodhī», «Viśvāvam», «Uparābhava», «Plavaṅga», «Kīlaka», «Saumya» et «Sādhāraṇa-virodhakṛt» — tels sont (les noms) dans l’ordre.

Verse 13

परिधावी प्रमादी च आनन्दो राक्षसो नलः / पिङ्गलः कालसिद्धार्थौ रौद्रिर्वै दुर्मतिस्तथा

Paridhāvī et Pramādī ; Ānanda, Rākṣasa et Nala ; Piṅgala ; Kāla et Siddhārtha ; et de même Raudrī et Durmati — tels sont les noms que l’on énumère.

Verse 14

दुन्दुभी रुधिरोद्गारी रक्ताक्षः क्रोधनो ऽक्षयः / अशोभनाः शोभनाश्च नाम्नैवैते हि वत्सराः

Dundubhī, Rudhirodgārī, Raktākṣa, Krodhana et Akṣaya — ce sont bien des noms d’années ; et, par leurs noms mêmes, on les dit néfastes ou fastes.

Verse 15

कालं वक्ष्यामि संसिद्ध्यै रुद्र पञ्चस्वरोदयात् / राजा सा(मा) जा उदासा च पीडा मृत्युस्तथैव च

Pour l’accomplissement réussi, j’exposerai le temps (favorable ou défavorable) d’après l’élévation des cinq voyelles de Rudra (pañca-svara). Ce sont : rājā, sā (ou mā), jā, udāsā, ainsi que pīḍā et mṛtyu.

Verse 16

आ ई ऊ ऐ औ स्वरांश्च लिखेत्पञ्चाग्निकोष्ठके / ऊर्ध्वतिर्यग्गतै रेखैः षड्वह्निक्रममागतैः

Dans le diagramme des cinq feux (pañcāgni-koṣṭhaka), qu’on inscrive les voyelles ‘ā, ī, ū, ai, au’ ; puis, par des lignes verticales et horizontales, disposées selon l’ordre sextuple des feux, qu’on marque le tracé comme il convient.

Verse 17

तिथी एका ग्निकोष्ठेषु त्रयो राजाथ सा (मा) जयाः / उदासामृत्युपीडाश्च कुजः सोमसुतः क्रमात्

Parmi les tithi (jours lunaires), l’un est nommé Ekā ; dans les agni-koṣṭha il y a trois formes. Vient ensuite le « Roi », puis Sā (ou Mā) et Jayā. Après cela, dans l’ordre, se trouvent Udāsā, Mṛtyu-pīḍā, Kuja (Mars) et le fils de Soma (Budha/Mercure).

Verse 18

गुरुशुक्रौ च मन्दश्च रविचन्द्रौ यथोदितम् / रेवत्यादिमृगान्ताश्च ऋक्षाणि प्रथमा कला

Jupiter et Vénus, et aussi Saturne, de même que le Soleil et la Lune—ainsi qu’il a été énoncé—et les demeures lunaires depuis Revatī au commencement jusqu’à Mṛga à la fin : voilà la première division (kalā).

Verse 19

पञ्चपञ्चान्यत्र भानि चैत्राद्य उदयस्तथा / द्वादशाहैर्द्वयोर्मासनाम्नोराद्यक्षरं तथा

Ailleurs, les astérismes lunaires sont rangés par groupes de cinq ; de même, le commencement (udaya) part de Caitra et ainsi de suite. Et par douze jours, on détermine pareillement la syllabe initiale des noms des deux mois.

Verse 20

कलालिङ्गा च या तिष्ठेत्पञ्चमस्तस्य वै मृतिः / कला तिथिस्तथा वारो नक्षत्रं मासमेव च

Si la conjonction néfaste appelée Kalāliṅgā prévaut, la mort vient en vérité au cinquième (terme) pour cet homme. Aussi faut-il considérer la kalā, la tithi (jour lunaire), le vāra (jour de semaine), le nakṣatra (constellation) et le māsa (mois).

Verse 21

नामोदयस्य पूर्वं च तथा भवति नान्यथा / ॐ क्षैं (क्षौः) शिवाय नमः

Avant l’essor de la profération du Nom (nāmodya), il faut agir exactement ainsi et non autrement : « Oṃ kṣaiṃ (kṣauḥ), hommage à Śiva ».

Verse 22

क्षामाद्यङ्गशिवामीक्षा विषग्रहमतिर्हर / त्रैलोक्यमोहनं बीजं नृसिंहस्य तु पद्म(न्न)गम्

Hara, le Destructeur, l’enseigne : par le regard de bon augure posé sur le corps et ses membres, le poison est ôté et les influences nuisibles sont saisies ou repoussées. La syllabe-semence (bīja) qui envoûte les trois mondes est dite appartenir à Narasiṃha, liée à la lignée Padma (Lotus).

Verse 23

मृत्युञ्जयो गणो लक्ष्मी रोचनाद्यैस्तु लेखितः / भूर्जे तु धारिताः कण्ठे बाहौ चेति जयादिदाः

Les formules de protection telles que « Mṛtyuñjaya », « Gaṇa » et « Lakṣmī » doivent être inscrites avec la rocanā et d’autres pigments sacrés ; écrites sur de l’écorce de bouleau, on les porte à la gorge ou au bras—ainsi elles confèrent la victoire et des bienfaits connexes.

Frequently Asked Questions

The chapter foregrounds Sudarśana as the foremost identification and then connects the worship to a sequence of forms associated with the vyūha framework—Acyuta, Vāsudeva, Pradyumna, Saṅkarṣaṇa—along with Puruṣottama, Aniruddha, and a twelvefold configuration, presenting the stone as a mapped theology of presence.

They are described as pāpa-hara (sin-removers) and as bestowing both bhoga and mokṣa, implying that pilgrimage functions as ethical purification and as a support for liberation when performed with proper devotional intention.

It prescribes writing specific protective formulas (e.g., Mṛtyuñjaya, Gaṇa, Lakṣmī) using rocanā or similar sacred pigments on birch-bark (bhūrja-patra) and wearing them on the throat or arm for victory, protection, and related benefits.

It introduces a framework using Rudra’s pañca-svaras and a pañcāgni diagram, instructing that one must evaluate kalā, tithi, vāra, nakṣatra, and māsa; it specifically warns that if an inauspicious combination such as Kalāliṅgā prevails, death may occur on the fifth period/day for the person concerned.