
Viśvāvasu-Prayoga (Marriage Mantra), Kālarātri/Ṛkṣakarṇī Invocation, and Yantra-Rakṣā at Twilight
Dans le cadre dialogué propre aux Purāṇa, Vāsudeva enseigne d’abord une formule adressée à Viśvāvasu, le Gandharva « seigneur des jeunes filles », en présentant le japa du mantra comme moyen d’obtenir une épouse. Le propos se tourne ensuite vers la déesse farouche Kālarātri, identifiée à Ṛkṣakarṇī : son invocation demande une mort limitée dans le temps ou une puissance de destruction contre une cible déterminée, et précise qu’aucun tithi lunaire, nakṣatra ni jeûne n’est requis. Le rite s’accomplit au crépuscule : le pratiquant, dans la colère, enduit ses mains de sang, murmure sur un liṅga et brise un vase d’argile non cuit, gestes symbolisant la soumission et la rupture des obstacles. Une parole finale salue les yantra protecteurs et implore une force qui « étourdit, égare et déchire les ennemis » afin de préserver le récitant de la peur et du malheur. Le chapitre se clôt en annonçant le sujet suivant : un signe astrologique lorsque Śukra (Vénus) est affligée, reliant l’efficacité rituelle aux présages planétaires.
Verse 1
चत्वारिंशो ऽध्यायः वासुदेव उवाच / ॐ विश्वावसुर्नाम गन्धर्वः कन्यानामधिपतिर्लभामि ते कन्यां समुत्पाद्य तस्मै विश्ववासवे स्वाहा / स्त्रीलाभो मन्त्रजाप्याच्च कालरात्रिं वदाम्यहम्
Vāsudeva dit : « Om. Il est un Gandharva nommé Viśvāvasu, seigneur des jeunes filles. Je t’obtiens une jeune fille ; l’ayant fait naître, (je l’offre) à ce Viśvāvasu — svāhā. Par la récitation répétée de ce mantra, on obtient une épouse ; et maintenant je parlerai de Kālarātri. »
Verse 2
ॐ नमो भगवति ऋक्षकर्णि चतुर्भुजे ऊर्ध्वकेशि त्रिनयने कालरात्रि मानुषाणां वसारुधिरभोजने अमुकस्य प्राप्तकालस्य मृत्युप्रदे हुं फट् हनहन दहदह मांसरुधिरं पचपच ऋक्षपत्नि स्वाहा / न तिथिर्न च नक्षत्रं नोपवासो विधीयते
Om. Hommage à la Déesse bienheureuse Ṛkṣakarṇī—aux quatre bras, aux cheveux dressés, aux trois yeux, Kālarātri, la Nuit du Temps—qui se repaît de la graisse et du sang des humains; ô dispensatrice de la mort à l’heure fixée pour un tel: hūṃ, phaṭ ! Frappe, frappe; brûle, brûle; cuis la chair et le sang; ô Ṛkṣapatnī, épouse de Ṛkṣa, svāhā. Pour ce rite, nul tithi, nul nakṣatra, ni upavāsa (jeûne) n’est prescrit.
Verse 3
क्रुद्धो रक्तेन संमार्ज्य करौ ताभ्यां प्रगृह्य च / प्रदोषे संजपेल्लिङ्गमामपात्रं च मारयेत् / ॐ नमः सर्वतोयन्त्राण्येतद्यथा जम्भनि मोहनि सर्वशत्रुविदारिणि रक्षरक्ष माममुकं सर्वभयोपद्रवेभ्यः स्वाहा / शुक्रे नष्टे महादेव वक्ष्ये ऽहं द्विजपादिह
Dans la colère, après s’être enduit les mains de sang et les avoir serrées, au crépuscule (pradoṣa) il doit murmurer le mantra sur le liṅga et frapper la jarre de terre non cuite jusqu’à la briser. (Il récite:) «Om, namah—ô yantras protecteurs de toutes parts: qu’il en soit ainsi! Ô puissance qui engourdit, égare et déchire tous les ennemis—protège, protège-moi, moi, un tel, de toute peur et de tout malheur. Svāhā.» «Quand Śukra (Vénus) est affligée, ô Mahādeva, je l’énoncerai ici, ô deux-fois-né.»
Its stated aim is spouse-acquisition: repeated recitation is said to ‘gain a wife.’ The deity addressed is Viśvāvasu, presented as having authority over maidens, aligning the prayoga with kāmya (desired-result) ritual logic.
In mantra-idiom, such syllables function as forceful ‘activation’ and ‘severing/striking’ markers, commonly appearing in protective and coercive contexts. Here they match the requested actions—strike, burn, and neutralize—typical of ugra prayogas.
The twilight setting (sandhyā) is ritually charged, and the liṅga serves as a concentrated locus for japa. The accompanying act of breaking an unbaked earthen vessel externalizes the intent to shatter obstacles or hostile forces, culminating in a yantra-oriented plea for protection from fear and calamity.
It signals a transition from mantra-prayoga to omen/astrological framing—introducing planetary affliction (Śukra-pīḍā) as a condition that may require explanation or remedial measures, thereby bridging ritual action with jyotiṣa-based diagnostics.