
Yoga’s Limbs and Dharma as the Ground of Liberation
Poursuivant l’enseignement pratique de l’Ācāra Khaṇḍa sur la juste conduite, le Seigneur énumère les membres de la discipline du yoga et les ancre aussitôt dans le dharma, fondement de la délivrance. Le chapitre définit des retenues de type yama et des observances de type niyama selon des critères éthiques précis : ahiṃsā comme cessation de la violence, satya comme vérité tempérée par la douceur, et asteya comme refus de prendre ce qui n’est pas donné. Il étend brahmacarya à la renonciation totale aux jouissances sexuelles par le corps, le mental et la parole, et présente aparigraha comme le refus d’acquérir et d’amasser même dans l’épreuve. Les observances comprennent la pureté extérieure et intérieure, le contentement, et un tapas centré sur la concentration en un seul point plutôt que sur la simple mortification. Svādhyāya est décrit comme une purification par le japa, et la bhakti envers Hari—par louange, souvenir et culte—est tenue pour une pratique contemplative soutenue par des āsana (svastika, padma, ardhāsana). Le chapitre se clôt en définissant prāṇa et prāṇāyāma comme maîtrise du souffle et, corrélativement, maîtrise des sens face aux objets illusoires, préparant une intériorisation plus profonde (pratyāhāra/dhyāna).
Verse 1
नाम सप्तत्रिंशदुत्तरद्विशततमो ऽध्यायः श्रीभगवानुवाच / यमश्च नियम।पार्थ आसनं प्राणसंयमः / प्रत्याहारस्तथा ध्यानं धारणार्जुन सप्तमी
Ceci est nommé le deux-cent-trente-huitième chapitre. Le Seigneur Bienheureux dit : Yama et Niyama, ô fils de Pṛthā ; Āsana et la maîtrise du prāṇa ; Pratyāhāra, ainsi que Dhyāna et Dhāraṇā, ô Arjuna — tels sont les sept membres de la discipline du yoga.
Verse 2
समाधिरिति चाष्टाङ्गो योग उक्तो विमुक्तये / कर्मणा मनसा वाचा सर्वभूतेषु सर्वदा
Le Yoga aux huit membres—qui s’accomplit en samādhi—a été enseigné pour la délivrance ; et en tout temps, envers tous les êtres, il faut garder pureté et non-nuisance par l’action, la pensée et la parole.
Verse 3
हिंसाविरामको धर्मो ह्याहिंसा परमं सुखम् / विधिना या भवेद्धिंसा सा त्वहिंसा प्रकीर्तिता
Le dharma est ce qui met fin à la violence ; en vérité, l’ahiṃsā, la non-violence, est la félicité suprême. Et tout acte qui paraît violent, lorsqu’il est accompli selon la règle juste, est en réalité proclamé non-violence.
Verse 4
सत्यं ब्रूयात्प्रियं ब्रूयान्न ब्रूयात्सत्यमप्रियम् / प्रियं च नानृतं ब्रूयादेष धर्मः सनातनः
Il faut dire la vérité et dire ce qui est agréable ; il ne faut pas dire une vérité qui blesse. Et il ne faut pas non plus dire un mensonge plaisant : tel est le dharma éternel.
Verse 5
यच्चद्रव्यापहरणं चौर्याद्वाथ बलेन वा / स्तेयं तस्यानाचरणमस्तेयं धर्मसाधनम्
S’emparer du bien d’autrui—par vol ou même par la force—s’appelle le larcin. S’en abstenir, c’est asteya (ne pas voler), et c’est un moyen d’accomplir le dharma.
Verse 6
कर्मणा मनसा वाचा सर्वावस्थासु सर्वदा / सर्वत्र मैथुनत्यागं ब्रह्मचर्यं प्रचक्षते
Les sages déclarent que le brahmacarya (chasteté) est le renoncement intégral à la jouissance sexuelle—par l’acte, par la pensée et par la parole—en tout temps, en toute condition et en tout lieu.
Verse 7
द्रव्याणामप्यनादानमापत्स्वपि तथेच्छया / अपरिग्रहमित्याहुस्तं प्रयत्नेन वर्जयेत्
Ne pas accepter même des biens matériels—de son plein gré, fût-ce en temps de détresse—voilà ce que les sages nomment aparigraha (non-attachement, non-possession). Qu’on s’applique à éviter son contraire : l’élan d’acquérir et d’amasser.
Verse 8
द्विधा शौचं मृज्जलाभ्यां बाह्य भावादथान्तरात् / यदृच्छालाभतस्तुष्टिः सन्तोषः सुखलक्षणम्
La pureté est de deux sortes : extérieure, par le nettoyage avec la terre (argile/cendre) et l’eau ; intérieure, par la pureté de la disposition du cœur. Le contentement—se satisfaire de ce qui vient de soi-même—est la marque du vrai bonheur.
Verse 9
मनसश्चैन्द्रियाणां च ऐकाग्र्यं परमं तपः / शरीरशोषणं वापि कृच्छ्रचान्द्रायणादिभिः
La concentration en un seul point de l’esprit et des sens est l’austérité suprême ; et la simple macération du corps par des rigueurs—telles que les vœux de Kṛcchra et de Cāndrāyaṇa—n’est pas supérieure à cela.
Verse 10
वेदान्तशतरुद्रीयप्रणवादिजप बुधाः / सत्त्वशुद्धिकरं पुंसां स्वाध्यायं परिचक्षते
Les sages affirment que le svādhyāya (l’étude sacrée de soi)—par le japa du Vedānta, du Śatarudrīya et du Pranava (Oṁ) et autres—est ce qui purifie le sattva (la nature intérieure) de l’homme.
Verse 11
स्तुतिस्मरणपूजादिवाङ्मनः कायकर्मभिः / अनिश्चला हरौ भक्तिरेतदीश्वरचिन्तनम् / आसनं स्वस्तिकं प्रोक्तं पद्ममर्धासनं तथा
Par les actes de la parole, du mental et du corps—tels que la louange, le souvenir sacré et le culte—la bhakti inébranlable envers Hari: cela est nommé contemplation du Seigneur. Pour cela, les postures enseignées sont le siège Svastika, le siège Padma (lotus) et aussi le demi-siège (Ardhāsana).
Verse 12
प्राणः स्वदेहजो वायुरायामस्तन्निरोधनम् / इन्द्रियाणां विचरतां विषयेषु त्वसत्स्विव
Prāṇa est le souffle de vie né dans son propre corps; le prāṇāyāma est sa régulation—à vrai dire, sa retenue—du souffle. C’est aussi le fait de contenir les sens lorsqu’ils errent parmi les objets des sens, comme s’ils étaient irréels.
Because dharma is framed as purity and harmlessness across speech, mind, and action. Speech that is true but injurious violates the non-harming orientation, so truth must be joined with what is pleasing.
Prāṇāyāma is defined not only as restraining the life-wind but also as checking the senses as they move among sense-objects. This directly supports pratyāhāra (withdrawal), preparing the mind for dhāraṇā and dhyāna.