
Therapeutic Formulations for Glandular Swelling, Skin Diseases, Heat-Afflictions, Bleeding Disorders, Respiratory Complaints, and Vomiting
Dans la continuité du ton pratique du Brahma Khanda, cet adhyāya rassemble des remèdes attribués à la parole d’autorité de Hari. Il s’ouvre sur des prescriptions simples et composées contre la scrofule et les douleurs du cou et des bras, puis s’étend à des applications externes pour les troubles des organes génitaux et des seins, ainsi qu’à des soins de vitalité et d’embellissement. Le chapitre se tourne ensuite vers les grandes affections dermatologiques—kuṣṭha, dadru (teigne), gale et sidhma—en proposant diverses pâtes, kṣāra (alcalis) et préparations à base de babeurre ou d’urine de vache, avec des cures d’un mois et des indications procédurales fermes. Viennent ensuite l’hygiène et le confort saisonnier: frictions du corps pour ôter les mauvaises odeurs et prévenir les atteintes de la chaleur estivale, bains de lait et poudres de friction pour le teint. La fin traite de médecine interne: boissons pour raktapitta, jaunisse, anémie, pīnasa, enrouement, toux (avec fumigation médicamenteuse), soif/fièvre et vomissements en trois formes; elle se conclut par guḍūcī au miel et une eau de racine de bilva, stabilisante et favorable à la digestion, ouvrant sur les catalogues thérapeutiques suivants.
Verse 1
ऽध्यायः हरिरुवाच / अपराजिताया मूलञ्च गोमूत्रेण समन्वितम् / पीतञ्चाशु हरत्येव गण्डमालां न संशयः
Hari (le Seigneur Viṣṇu) dit : « La racine d’aparājitā, mêlée à l’urine de vache puis bue, enlève promptement la gaṇḍamālā (écrouelles, enflure des glandes du cou) ; il n’y a nul doute. »
Verse 2
अथेन्द्रवारुणीमूलं विधिना पीतमीश्वर / जिङ्गिण्यैरण्डकं रुद्र शूकशिम्ब्या समन्वितम् / शीतोदकञ्च तत्र्यस्तं बाहुग्रीवाव्यथां हरेत्
Ensuite, ô Seigneur, lorsque la racine d’indravāruṇī est prise selon la règle—avec jiṅgiṇī et airaṇḍa (ricin), et mêlée à śūkaśimbī—puis administrée avec de l’eau fraîche, elle ôte les douleurs des bras et du cou.
Verse 3
माहिषं नवनीतञ्च अश्वगन्धा च पिप्पली / वचा कुष्ठद्वयं लेपो लिङ्गस्रोतस्तनार्तिहृत्
Le ghee tiré du lait de bufflonne et le beurre frais, avec aśvagandhā et pippalī, et une pâte de vacā et des deux sortes de kuṣṭha : appliquée en onction, elle apaise la douleur et les troubles des voies génitales et des seins.
Verse 4
कुष्ठनागबलाचूर्णं नवनीतसमन्वितम् / तल्लेपो युवतीनाञ्च कुर्याद्वृत्तोजकौ शुभौ
Une pâte faite des poudres de kuṣṭha, nāga et balā, mêlées à du beurre frais : lorsque les jeunes femmes l’emploient en onction de parure, elle fait naître un ojas propice, plein et charmant, source d’éclat.
Verse 5
इन्द्रवारुणिकामूलं यस्य नाम्ना सुदूरतः / निः क्षिप्यते समुत्पाट्य तस्य प्लीहा विनश्यति
Si l’on arrache la racine d’indravāruṇikā et que, en prononçant le nom d’une personne, on la jette depuis très loin, la rate (plīhā) de cette personne est détruite.
Verse 6
पुनर्नवायाः शुक्लाया मूलं तण्डुलवारिणा / पीतं विद्रधिनुत्स्याच्च नात्र कार्या विचारणा
La racine de punarnavā blanche, bue avec de l’eau de riz, détruit les abcès et furoncles (vidradhi) ; sur ce point, nul besoin de plus ample examen.
Verse 7
कदलीदलक्षारन्तु पानीयेन प्रसाधितम् / तस्यादनाद्विनश्यन्ति उदरव्याधयो ऽखिलाः
Le kṣāra, extrait alcalin préparé à partir de feuilles de bananier et correctement mêlé à l’eau de boisson : en le prenant, toutes les maladies du ventre sont entièrement détruites.
Verse 8
कदल्या मूलमादाय गुडाज्येन समन्वितम् / अग्निना साधितं जग्धमुदरस्थक्रिमीन्हरेत्
En prenant la racine du bananier, mêlée de jaggery (sucre brut) et de ghee, puis cuite au feu et consommée, on chasse les vers intestinaux logés dans le ventre.
Verse 9
नित्यं निम्बदलानाञ्च चूर्णमामलकस्य च / प्रत्यूषे भक्षयेच्चैव तस्य कुष्ठं विनश्यति
Si l’on consomme chaque jour, à l’aube, des feuilles de neem avec de la poudre d’amla, le kuṣṭha (lèpre ou maladie de peau) de cette personne est anéanti.
Verse 10
हरीतकीविडङ्गञ्च हरिद्रा सितसर्षपाः / सोमराजस्य मूलानि करञ्जस्य च रौन्धवम् / गोमूत्रपिष्टान्येतानि कुष्ठरोगहराणि वै
Harītakī et viḍaṅga, curcuma et moutarde blanche; les racines de somarāja, de karañja et de raundhava : broyés avec de l’urine de vache, ils sont vraiment destructeurs du kuṣṭha et des autres maladies de la peau.
Verse 11
एकश्च त्रिफलाभागस्तथा भागद्वयं शिवा / सोमराजस्य बीजानां जग्धं पथ्येन दद्रुनुत्
Qu’une part soit de Triphalā et deux parts de Śivā (Harītakī). Avec les graines de somarāja, consommé avec Pathyā, cela détruit le dadrū (teigne).
Verse 12
अम्लतक्रं सगोमूत्रं क्वथितं लवणान्वितम् / कांस्यघृष्टं खरं लेपात्कुष्ठदद्रुविनाशनम्
Du babeurre aigre avec de l’urine de vache, bouilli et mêlé de sel; puis frotté dans un récipient de bronze pour en accroître la vigueur : appliqué en pâte, il détruit le kuṣṭha et le dadrū (teigne).
Verse 13
हरिद्रा हरितालश्च दूर्वागोमूत्रसैन्धवम् / अयं लेपो हन्ति दद्रुं पामानं च गरं तथा
Curcuma, orpiment jaune, herbe dūrvā, urine de vache et sel gemme : cet onguent sacré détruit la teigne, la gale et neutralise aussi le poison.
Verse 14
सोम राजस्य बीजानि नवनीतयुतानि च / मधुनास्वादितानि स्युः शुक्लकुष्ठहराणि वै / तक्रान्नपानतो रुद्र नात्र कार्या विचारणा
Les graines de Soma-rāja, prises avec du beurre frais et goûtées avec du miel, sont dites guérir assurément la lèpre blanche (śukla-kuṣṭha). Ô Rudra, lorsqu’on les prend avec du babeurre comme nourriture et boisson, il n’est plus besoin de délibérer sur leur efficacité.
Verse 15
श्वेतापरा जितामूलं वर्तितं चास्य वारिणा / तल्लेपो रुद्र मासेन शुक्लकुष्ठविनाशनः
L’aparā blanche et l’herbe nommée jitāmūla, broyées et mêlées d’eau : appliquées en pâte durant un mois (observance du Rudra-māsa), elles détruisent la śukla-kuṣṭha, l’affection blanche de la peau.
Verse 16
माहिषं नवनीतञ्च सिन्दूरं समरीचकम् / पामा विलेपनान्नश्येद्दुर् नामा वृषभध्वज
Ô Seigneur au drapeau du Taureau (Vṛṣabhadhvaja), la pāmā, telle la gale, est guérie par l’onction d’une pâte faite d’un produit lacté de bufflonne, de beurre frais, de sindūra (vermillon rouge) et de poivre noir ; même l’affection cutanée redoutable est détruite par ce frottement.
Verse 17
विशुष्कगाम्भारीमूलं पक्वं क्षीरेण संयुतम् / भक्षितं शुक्लपित्तस्य विनाशकरमीश्वर
Ô Seigneur, la racine séchée de gambhārī, cuite et mêlée de lait, lorsqu’on la mange, détruit le trouble nommé śukla-pitta, désordre de la bile et de la chaleur interne.
Verse 18
मूलकस्य तु बीजानि ह्यपा मार्गरसेन वै / पिष्टानि तेन लेपेन सिध्मकं रुद्र नश्यति
Les graines de radis, pilées avec le suc d’apāmārga et appliquées en onguent, détruisent le sidhmaka (maladie cutanée squameuse), ô Rudra.
Verse 19
कदलीक्षारसंयुक्तहरिद्रा सिध्मकापहा / रम्भापामार्गयोः क्षार एरण्डेन विमिश्रितः / तदभ्यङ्गान्महादेव ! सद्यः सिध्म विनश्यति
Le curcuma mêlé à l’extrait alcalin de la banane détruit le sidhma (maladie cutanée blanchâtre et squameuse). De même, l’alcali préparé de rambhā (plantain) et d’apāmārga, mêlé à l’huile de ricin et appliqué en onction-massage (abhyanga), ô Mahādeva, fait disparaître le sidhma sur-le-champ.
Verse 20
कूष्माण्डनालक्षारश्च सगोमूत्रश्च तत्त्वतः / जलपिष्टा हरिद्रा च सिद्धा मन्दानलेनहि
L’alcali tiré de la tige de kuṣmāṇḍa (courge-cendre), avec l’urine de vache selon la juste mesure, et le curcuma broyé à l’eau, doivent être cuits à feu doux jusqu’à parfaite préparation.
Verse 21
माहिषेण पुरीषेण वेष्टिता वृषभध्वज / अस्या उद्वर्तनं कुर्यादङ्गसौष्ठवमीश्वर
Ô Seigneur au drapeau du taureau (Vṛṣabhadhvaja), on l’enduit et l’enveloppe de bouse de buffle; et, ô Īśvara, qu’on lui fasse le frottement et le massage (udvartana), afin que le corps devienne bien formé et sain.
Verse 22
तिलसर्षपसंयुक्तं हरिद्राद्वयकुष्ठकम् / तेनोद्वर्तितदेहः स्याद्दुर्गन्धः सुरभिः पुमान्
Une préparation de sésame et de moutarde, mêlée à deux sortes de curcuma et au kuṣṭha (costus), doit servir à frotter le corps. En s’en oignant et en se massant ainsi, l’homme jadis malodorant devient délicieusement parfumé.
Verse 23
मनोहरश्चानुदिनं दूर्वाणां काकजङ्घाया / अर्जुनस्य तु पुष्पाणि जम्बूपत्रयुतानि च / सलोध्राणि च तल्लेपो देहदुर्गन्धतां हरेत्
L’application quotidienne sur le corps d’une pâte parfumée faite d’herbe dūrvā et de la plante nommée kāka-jaṅghā, avec des fleurs d’arjuna, des feuilles de jambū et du lodhra, ôte la mauvaise odeur du corps.
Verse 24
युक्तं लोध्रभवैर्नोरैश्चूर्णन्तु कनकस्य च / तेनोद्वर्तितदेहस्य न स्याद्ग्रीष्मप्रबाधिका
Qu’on prépare une poudre mêlée de lodhra et d’autres substances odorantes, avec de l’or fin ; en oignant et en frictionnant le corps avec elle, l’affliction due à la chaleur de l’été ne surviendra pas.
Verse 25
दुग्धेनोषसि सेकश्च घर्मदोषश्च नश्यति / काकजङ्घोद्वर्तनन्तु ह्यङ्गरागकरं भवेत्
Si, à l’aube, l’on se baigne ou se rince avec du lait, l’affection du corps due à l’excès de chaleur est détruite. Et la friction du corps avec kāka-jaṅghā donne un éclat sain et un beau teint.
Verse 26
मधुयष्टी शर्करा च वासकस्य रसो मधु / एतत्पीतं रक्तपित्तकामलापाण्डुरोगनुत्
Réglisse (madhuyasṭī), sucre, suc de vāsaka et miel : bue en mélange, cette potion apaise des troubles tels que raktapitta (affections hémorragiques), kāmalā (jaunisse) et pāṇḍu-roga (anémie, pâleur).
Verse 27
रक्तपित्तं हरेत्पीतो वासकस्य रसो मधु / प्रातः काले तोयपानात्पीनसं दारुणं हरेत्
Quand on boit le suc de vāsaka mêlé de miel, raktapitta (les troubles hémorragiques) s’apaise. Et en buvant de l’eau au petit matin, on chasse le sévère pīnasa (affection chronique nasale/respiratoire).
Verse 28
बिभीतकस्य वै चूर्णं पिप्पल्याः सैन्धवस्य च / पीतं सकाञ्जिकं हन्ति स्वरभेदं महेश्वर
Ô Maheśvara, la poudre de bibhītaka, de pippalī et de sel saindhava, prise avec le kāñjika (bouillie aigre), dissipe l’enrouement et les troubles de la voix.
Verse 29
चूर्णमामलकं सेव्यं पीतं गव्यपयो ऽन्वितम् / मनः शिला बलामूलं कोलपण च गुग्गुलुः
La poudre d’āmalaka doit être prise, bue avec du lait de vache. De même, manaḥśilā (réalgar), la racine de balā, la mesure « kola » (dose) et le guggulu sont à employer selon l’ordonnance.
Verse 30
जातिपत्रं कोलपत्रं तथा चैव मनः शिला / एभिश्चैव कृता वर्तिर्बदर्यग्नौ महेश्वर / धूमपानं कासहरं नात्र कार्या विचारणा
Feuilles de jāti, feuilles de kola et manaḥśilā : en en faisant une mèche et en la fumant sur le feu de bois de badar (jujube), ô Maheśvara, l’inhalation de cette fumée médicinale chasse la toux ; nul doute à avoir.
Verse 31
त्रिफलापिप्पलीचूर्णं भक्षितं मधुनायुतम् / भोजनादौ हि समधु पिपासाज्व(त्व)रितं हरेत्
La poudre de triphalā et de pippalī, prise mêlée de miel, doit être consommée au début du repas ; avec le miel, elle apaise la soif et la fièvre (et la détresse aiguë).
Verse 32
बिल्वमूलञ्च समधुगुडूचीक्वथितं जलम् / पीतं हरेच्च त्रिवधं छर्दिं नैवात्रसंशयः / पीता दूर्वा छर्दिनुत्स्यात्पिष्टातण्डुलवारिणा
L’eau bouillie avec guḍūcī et mêlée de miel, prise avec la racine de bilva—bue—fait cesser les vomissements de trois sortes ; il n’y a là aucun doute. De même, l’herbe dūrvā, prise avec une eau préparée à partir de riz pilé, arrête aussi les vomissements.
Skin diseases (kuṣṭha and allied disorders such as ringworm, scabies, and sidhma) receive the densest coverage, followed by abdominal ailments/worms, heat and body-odour management, and then raktapitta/jaundice/anemia and respiratory complaints like pīnasa, hoarseness, cough, fever, thirst, and vomiting.
Kṣāra is presented as a potent preparation method—especially from banana/plantain leaves and other plant parts—used internally for abdominal diseases and externally (often with turmeric or oils) for sidhma-type skin disorders, indicating an emphasis on scraping/clearing actions consistent with classical Ayurvedic rationale.
Yes. Substances like manaḥśilā (realgar) and haritāla/yellow orpiment are arsenic-containing minerals in traditional rasashastra contexts and should not be used without expert processing standards and qualified supervision; the text reports efficacy, but modern safety/toxicity considerations are essential.