
Jvara-Chikitsa: Doṣa-wise Fever Management, Medicated Waters, and Escalation Therapies
Poursuivant le souvenir de Viṣṇu en tant que Dhanvantari et de la lignée ayurvédique jusqu’à Suśruta, Hari enseigne à Śaṅkara une conduite méthodique de la fièvre (jvara). Le chapitre s’ouvre sur un régime universel—jeûne ou allègement, eau bouillie et protection contre le vent—puis expose des prescriptions selon les doṣa : guḍūcī–mustaka pour le vāta-jvara ; ghṛta et aromates rafraîchissants (uśīra, candana, etc.) pour le pitta-jvara ; et gingembre–durālabhā avec ghṛta pour le kapha-jvara. Il développe ensuite des décoctions à plusieurs ingrédients (nimba, dhānyā/coriandre, paṭola, triphalā) qui réveillent l’appétit et rééquilibrent vāta. Pour la fièvre sannipāta (tri-doṣique), il met en avant le mélange curcuma–nimba–triphalā–mustaka–devadāru, ainsi que la décoction kaṭurohiṇī–paṭola apaisant les trois doṣa. Les mesures de soutien comprennent la gestion de la soif par de l’eau tiède ou très fraîche selon doṣa et symptômes, et bilvādi pañcamūla pour la fièvre de vāta. Dans les cas sévères (perte de conscience), le texte autorise des interventions plus fortes : cautérisation des plantes des pieds ou du front, et purgation au moyen de groupes amers avec du lait. Ainsi, le chapitre relie le régime doux à la śodhana intensive, faisant de la fièvre un axe majeur du diagnostic et du traitement.
Verse 1
नाम चतुः सप्तत्युत्तरशततमो ऽध्यायः रुद्र उवाच / एवं धन्वन्तरिर्विष्णुः सुश्रुतादीनुवाच ह / हरिः पुनर्हरायाह नानायोगान्रुगर्दनान्
Voici le cent soixante-quinzième chapitre. Rudra dit : Ainsi Viṣṇu, sous la forme de Dhanvantari, instruisit Suśruta et d’autres ; et Hari, de nouveau, exposa à Hara diverses pratiques thérapeutiques qui anéantissent les maladies.
Verse 2
हरिरुवाच / सर्वज्वरेषु प्रथमं कार्यं शङ्कर लङ्घनम् / क्वथितोदकपानं च तथा निर्वातसेवनम्
Hari dit : Dans toutes les fièvres, ô Śaṅkara, la première mesure est le langhana (jeûne, allègement du corps) ; qu’on boive aussi de l’eau bouillie et qu’on demeure en un lieu à l’abri des courants d’air.
Verse 3
अग्निस्वेदाज्ज्वरास्त्वेवं नाशमायान्तिहीश्वर / वातज्वरहरः क्वाथो गुडूच्या मुस्तकेन च
Ô Seigneur, les fièvres s’éteignent ainsi par la sudation suscitée par la chaleur. Une décoction de guḍūcī, avec du mustaka, dissipe la fièvre due au vāta.
Verse 4
दुरालभैश्चैव घृतं पित्तज्वरहरः शृणु / शुण्ठीपर्पटमुस्तैश्च बालकोशीरचन्दनैः
Écoute : le ghee préparé avec durālabhā, ainsi qu’avec gingembre sec, parpaṭa, musta, bālaka, uśīra et bois de santal, est un remède qui apaise la fièvre de type pitta.
Verse 5
साज्यः क्वाथः श्लेष्मजं तु सशुण्ठिः सदुरालभः / सवालकः सर्वज्ज्वरं सशुण्ठिः सहपर्पटः
La décoction prise avec du ghee—contenant gingembre sec et durālabhā—apaise la fièvre née du śleṣman (kapha). Avec vālaka ajouté, elle est efficace pour toutes les fièvres ; et avec gingembre sec et parpaṭa ensemble, elle agit aussi largement contre la fièvre.
Verse 6
किराततिक्तैर्नारीगुडूचीशुण्ठिमुस्तकैः / पित्तज्वरहरः स्याच्च शृण्वन्यं योगमुत्तमम्
Avec kirāta-tikta (plante amère), nārī, guḍūcī, gingembre sec et musta, cette préparation devient un dissolvant de la fièvre de type pitta. Écoute maintenant un autre remède excellent.
Verse 7
वालकोशीरपाठाभिः कण्टकारिकमुस्तकैः / ज्वरनुच्च कृतः क्वाथस्तथा वै सुरदारुणा
Une décoction préparée avec vālaka, uśīra (vétiver), pāṭhā, kaṇṭakārikā et musta apaise aussi la fièvre ; de même, une préparation avec sura-dāru est véritablement fébrifuge.
Verse 8
धन्याकनिम्बमुस्तानां समधुः स तु शङ्कर / पटोलपत्रयुक्तस्तु गुडूचीत्रिफलायुतः
Ô Śaṅkara, une préparation de coriandre (dhānyā), de neem et de musta, prise avec du miel, est salutaire ; et, mêlée aux feuilles de paṭola, avec guḍūcī et triphalā, elle devient un autre remède puissant.
Verse 9
पीतो ऽखिलज्वरहरः क्षुधाकृद्वातनुत्त्विदम् / हरीतकीपिप्लीनामामलीचित्रकोद्भवम्
Bue, cette préparation dissipe toutes les fièvres, ranime l’appétit et apaise vāta. Elle est composée de harītakī, pippalī, nāma (une drogue âcre), āmalakī et citraka.
Verse 10
चूर्णं ज्वरं च क्वथितं धान्य (धन्या) कोशीरपपर्पटैः / आमलक्या गुडूच्या च मधुयुक्तं सचन्दनम्
Une poudre médicinale et une décoction contre la fièvre se préparent avec dhānyā, kośīra et paparpaṭa ; avec āmalakī et guḍūcī, mêlées de miel et associées au santal (candana).
Verse 11
समस्तज्वरनुच्च स्यात्सन्निपातहरं शृणु / हरिद्रानिम्बत्रिफलामुस्तकैर्देवदारुणा
Il devient un remède qui dissipe toutes les fièvres ; écoute le traitement qui détruit le sannipāta (fièvre des doṣa réunis) : avec curcuma, neem, triphalā, mustaka et devadāru.
Verse 12
कषायं कटुरोहिण्या सपटोलं सपत्रकम् / त्रिदोषज्वरनुच्चस्यात्पीतं तु क्वथितं जलम्
Une décoction (kaṣāya) de kaṭurohiṇī, avec paṭola et ses feuilles, bue comme eau bouillie, apaise la fièvre issue des trois doṣa.
Verse 13
कण्टकार्या नागरस्य गुडूच्या पुष्करेण च / जग्ध्वा नागबलाचूर्णं श्वसकासादिनुद्भवेत्
Avec kaṇṭakārī, gingembre sec, guḍūcī et puṣkara; en prenant la poudre de nāgabala, on apaise l’essoufflement, la toux et les maux associés.
Verse 14
कफवातज्वरे देयं जलमुष्णं पिपासिने / विश्वपर्पटकोशीरमुस्तचन्दनसाधितम्
Dans la fièvre due à kapha et vāta, qu’on donne de l’eau tiède à celui qui a soif—une eau préparée avec viśva-parpaṭa, kośīra, musta et santal (candana).
Verse 15
दद्यात्सुशीतलं वारि तृट्छर्दिज्वरदाहनुत् / बिल्वादिप पञ्चमूलस्य क्वाथः स्याद्वातिके ज्वरे
Qu’on donne une eau très fraîche, qui apaise la soif, les vomissements, la fièvre et la sensation de brûlure. Dans la fièvre due à vāta, qu’on administre une décoction de Bilvādi pañcamūla (les cinq racines commençant par bilva).
Verse 16
पाचनं पिप्पलीमूलं गुडृचीविश्वभेषजम् / वातज्वरे त्वयं क्वाथो दत्तः शान्तिकरः परः
La racine de pippalī est digestive et attise le feu de la digestion; guḍūcī est un remède universel. Dans la fièvre de vāta, cette décoction, donnée ainsi, apaise grandement et procure soulagement.
Verse 17
पित्तज्वरघ्नः समधुः क्वाथः पर्पटनिम्बयोः / विधाने क्रियमाणे ऽपि य्सय संज्ञा न जायते
Une décoction de parpaṭa et de nimba (neem), prise avec du miel, détruit la fièvre de pitta. Même pendant le traitement, pour celui dont la conscience ne revient pas (demeurant sans connaissance), telle est la mesure prescrite.
Verse 18
पादयोस्तु ललाटे वा दहेल्लौहशलाकया / तिक्ता पाठा पर्पटाश्च विशाला त्रिफला त्रिवृत् / सक्षीरो भेदनः क्वाथः सर्वज्वरविशोधनः
On peut cautériser, à des fins thérapeutiques, la plante des pieds ou le front avec une tige de fer chauffée. Une décoction d’herbes amères—tiktā, pāṭhā, parpaṭa, viśālā, triphalā et trivṛt—prise avec du lait agit comme purgatif et purifie le corps de toutes sortes de fièvres.
It aligns therapies with doṣa qualities: vāta-jvara receives warming/digestive and stabilizing herbs (e.g., guḍūcī with mustaka; bilvādi pañcamūla), pitta-jvara emphasizes cooling and bitter measures (candana, uśīra, nimba/parpaṭa with honey), and kapha-jvara uses pungent/digestive combinations (dry ginger, durālabhā) often paired with ghṛta to support agni while reducing heaviness.
It gives a dedicated formulation—haridrā (turmeric), nimba, triphalā, mustaka, and devadāru—explicitly aimed at sannipāta-jvara, and also recommends kaṭurohiṇī with paṭola (and leaves) as a decoction-drink that alleviates fever arising from all three doṣas, indicating a bitter-purifying and balancing strategy.
Alongside ongoing medicinal management, the text prescribes stronger interventions: therapeutic cauterization with a heated iron rod on the soles or forehead, and purgation using a bitter-herb decoction (tiktā group with pāṭhā, parpaṭa, viśālā, triphalā, trivṛt) taken with milk—intended to cleanse and resolve persistent fever states.