Adhyaya 22
Ashtama SkandhaAdhyaya 2236 Verses

Adhyaya 22

Bali Mahārāja’s Surrender, Prahlāda’s Praise, and the Lord’s Mercy (Sutala and Future Indrahood)

Poursuivant l’épisode du Vāmana-yajña, où Bali est lié par les cordes de Varuṇa après avoir offert les trois pas, ce chapitre déplace l’accent du conflit extérieur vers l’apaisement intérieur. Bali, bien qu’il semble « trompé », affirme devoir achever son dāna-vrata et prie le Seigneur de poser le troisième pas sur sa tête, déclarant qu’il craint l’infamie plus que la perte, l’enfer ou le châtiment. Il comprend la réprimande du Seigneur comme une bienveillance cachée envers les asuras, se souvenant de Prahlāda, modèle de refuge en Bhagavān au milieu des persécutions. Tandis que Bali déplore la vanité des attachements au corps et à la famille lorsqu’ils entravent la bhagavat-sevā, Prahlāda arrive, adore le Seigneur et explique que donner l’opulence ou la retirer est également beau si cela éveille la connaissance. Vindhyāvalī critique la fausse appropriation, et Brahmā demande la délivrance de Bali. Le Seigneur énonce alors un principe essentiel de bhakti : Il favorise tout particulièrement l’orgueilleux en lui retirant ses biens afin de l’éveiller ; Il loue la véracité de Bali malgré la défaite et la malédiction. Il lui accorde Sutala—façonnée par Viśvakarmā et protégée par le Seigneur—et promet son élévation future comme Indra dans le Sāvarṇi Manvantara, demeurant à jamais son gardien. Le récit s’oriente ainsi vers la royauté paisible de Bali à Sutala et le rétablissement de l’ordre cosmique au-delà de la scène sacrificielle.

Shlokas

Verse 1

श्रीशुक उवाच एवं विप्रकृतो राजन् बलिर्भगवतासुर: । भिद्यमानोऽप्यभिन्नात्मा प्रत्याहाविक्लवं वच: ॥ १ ॥

Śrī Śukadeva Gosvāmī dit : Ô roi, bien que le Bhagavān semblât agir avec malice envers Bali Mahārāja, Bali demeura inébranlable. Se jugeant n’avoir pas accompli sa promesse, il parla sans trouble ainsi.

Verse 2

श्रीबलिरुवाच यद्युत्तमश्लोक भवान् ममेरितं वचो व्यलीकं सुरवर्य मन्यते । करोम्यृतं तन्न भवेत् प्रलम्भनं पदं तृतीयं कुरु शीर्ष्णि मे निजम् ॥ २ ॥

Bali Mahārāja dit : Ô Uttamaśloka, Seigneur suprême adoré des devas, si Tu juges que ma promesse est devenue mensongère, je la rendrai assurément véridique. Je ne laisserai pas mon vœu devenir tromperie ; pose donc Ton troisième pas de lotus sur ma tête.

Verse 3

बिभेमि नाहं निरयात् पदच्युतो न पाशबन्धाद् व्यसनाद् दुरत्ययात् । नैवार्थकृच्छ्राद् भवतो विनिग्रहा- दसाधुवादाद् भृशमुद्विजे यथा ॥ ३ ॥

Je ne crains ni la chute en enfer, ni la perte de ma position, ni d’être lié par les cordes de Varuṇa, ni les malheurs difficiles à surmonter, ni la détresse de la pauvreté, ni même Ton châtiment ; ce que je redoute le plus, c’est la diffamation et le déshonneur.

Verse 4

पुंसां श्लाघ्यतमं मन्ये दण्डमर्हत्तमार्पितम् । यं न माता पिता भ्राता सुहृदश्चादिशन्ति हि ॥ ४ ॥

Parmi les hommes, je tiens pour le plus louable le châtiment accordé par le Seigneur le plus digne d’adoration. Une mère, un père, un frère ou un ami, même bienveillants, ne punissent pas ainsi un subordonné ; mais parce que Tu es le Seigneur suprême, je considère Ton châtiment comme le plus élevé.

Verse 5

त्वं नूनमसुराणां न: परोक्ष: परमो गुरु: । यो नोऽनेकमदान्धानां विभ्रंशं चक्षुरादिशत् ॥ ५ ॥

En vérité, Tu es pour nous, les asuras, le maître suprême et le plus grand bienfaiteur, quoique d’une manière indirecte. Aveuglés par tant d’orgueil, en nous châtiant et en brisant notre vanité, Tu nous donnes les yeux pour voir la voie juste.

Verse 6

यस्मिन् वैरानुबन्धेन व्यूढेन विबुधेतरा: । बहवो लेभिरे सिद्धिं यामु हैकान्तयोगिन: ॥ ६ ॥ तेनाहं निगृहीतोऽस्मि भवता भूरिकर्मणा । बद्धश्च वारुणै: पाशैर्नातिव्रीडे न च व्यथे ॥ ७ ॥

Même en nourrissant une inimitié continue envers Toi, bien des asuras ont finalement obtenu la perfection des yogīs à l’unique dévotion. Ô Seigneur, Tu accomplis une seule action pour servir de multiples desseins; ainsi, bien que Tu m’aies châtié de diverses façons, je n’ai ni honte d’avoir été lié par les liens de Varuṇa, ni peine au cœur.

Verse 7

यस्मिन् वैरानुबन्धेन व्यूढेन विबुधेतरा: । बहवो लेभिरे सिद्धिं यामु हैकान्तयोगिन: ॥ ६ ॥ तेनाहं निगृहीतोऽस्मि भवता भूरिकर्मणा । बद्धश्च वारुणै: पाशैर्नातिव्रीडे न च व्यथे ॥ ७ ॥

Le Seigneur qui, même haï des daityas, leur accorde la siddhi, accomplit de multiples desseins par un seul acte. Ainsi, bien que je sois maîtrisé par Tes châtiments variés, lié par le lacet de Varuṇa, je n’éprouve ni honte ni affliction.

Verse 8

पितामहो मे भवदीयसम्मत: प्रह्लाद आविष्कृतसाधुवाद: । भवद्विपक्षेण विचित्रवैशसं सम्प्रापितस्त्वं परम: स्वपित्रा ॥ ८ ॥

Mon grand-père Prahlāda Mahārāja est reconnu et honoré par tous Tes dévots, célèbre pour sa sainteté. Bien que son père, Hiraṇyakaśipu, Ton adversaire, lui infligeât d’étranges tourments, il demeura inébranlable, réfugié à Tes pieds de lotus.

Verse 9

किमात्मनानेन जहाति योऽन्तत: किं रिक्थहारै: स्वजनाख्यदस्युभि: । किं जायया संसृतिहेतुभूतया मर्त्यस्य गेहै: किमिहायुषो व्यय: ॥ ९ ॥

À quoi sert ce corps matériel, qui finit par quitter de lui-même son possesseur? À quoi servent des proches qui, tels des voleurs, emportent la richesse qui pourrait servir au service du Seigneur? À quoi sert une épouse, si elle devient cause d’accroître le saṁsāra? L’attachement au foyer et à la famille ne fait que gaspiller l’énergie précieuse de la vie humaine.

Verse 10

इत्थं स निश्चित्य पितामहो महा- नगाधबोधो भवत: पादपद्मम् । ध्रुवं प्रपेदे ह्यकुतोभयं जनाद् भीत: स्वपक्षक्षपणस्य सत्तम ॥ १० ॥

Ainsi résolu, mon grand-père — grande âme à la connaissance insondable — prit avec certitude refuge, fermement, à Tes pieds de lotus. Ô le plus excellent, il craignait même les gens ordinaires de ce monde, car il avait vu Ton propre bras anéantir son camp; aussi trouva-t-il l’abri sans peur en Tes pieds.

Verse 11

अथाहमप्यात्मरिपोस्तवान्तिकं दैवेन नीत: प्रसभं त्याजितश्री: । इदं कृतान्तान्तिकवर्ति जीवितं ययाध्रुवं स्तब्धमतिर्न बुध्यते ॥ ११ ॥

Ô vainqueur de l’ennemi intérieur ! Par la providence j’ai été conduit de force près de Tes pieds de lotus et dépouillé de toute opulence. Trompés par l’illusion des richesses passagères, les hommes, pourtant à chaque instant voisins de la mort, ne comprennent pas que la vie est éphémère.

Verse 12

श्रीशुक उवाच तस्येत्थं भाषमाणस्य प्रह्लादो भगवत्प्रिय: । आजगाम कुरुश्रेष्ठ राकापतिरिवोत्थित: ॥ १२ ॥

Śukadeva dit : Ô meilleur des Kuru ! Tandis que Bali Mahārāja décrivait ainsi sa condition bénie, Prahlāda Mahārāja, le dévot le plus cher au Seigneur, apparut en ce lieu, tel la lune qui se lève dans la nuit.

Verse 13

तमिन्द्रसेन: स्वपितामहं श्रिया विराजमानं नलिनायतेक्षणम् । प्रांशुं पिशङ्गाम्बरमञ्जनत्विषं प्रलम्बबाहुं शुभगर्षभमैक्षत ॥ १३ ॥

Alors Bali Mahārāja vit son aïeul Prahlāda Mahārāja, rayonnant de splendeur, aux yeux semblables aux pétales du lotus. Grand et élégant, vêtu de jaune; son éclat sombre rappelait le khôl, ses bras étaient longs, et il était aimable et cher à tous.

Verse 14

तस्मै बलिर्वारुणपाशयन्त्रित: समर्हणं नोपजहार पूर्ववत् । ननाम मूर्ध्नाश्रुविलोललोचन: सव्रीडनीचीनमुखो बभूव ह ॥ १४ ॥

Lié par les liens de Varuṇa, Bali Mahārāja ne put offrir à Prahlāda Mahārāja les honneurs convenables comme auparavant. Il s’inclina seulement de la tête; ses yeux, noyés de larmes, tremblaient, et son visage s’abaissa de honte.

Verse 15

स तत्र हासीनमुदीक्ष्य सत्पतिं हरिं सुनन्दाद्यनुगैरुपासितम् । उपेत्य भूमौ शिरसा महामना ननाम मूर्ध्ना पुलकाश्रुविक्लव: ॥ १५ ॥

Lorsque Prahlāda Mahārāja vit le Seigneur suprême Hari assis là, entouré et adoré par Ses compagnons intimes tels Sunanda, il fut submergé de larmes de joie. Il s’approcha, se prosterna à terre et offrit ses hommages, la tête au sol, au Seigneur.

Verse 16

श्रीप्रह्लाद उवाच त्वयैव दत्तं पदमैन्द्रमूर्जितं हृतं तदेवाद्य तथैव शोभनम् । मन्ये महानस्य कृतो ह्यनुग्रहो विभ्रंशितो यच्छ्रिय आत्ममोहनात् ॥ १६ ॥

Prahlāda dit : Ô Seigneur, c’est Toi qui as donné à Bali la grande opulence du rang d’Indra, et c’est Toi qui, aujourd’hui, l’as reprise. Je vois la même beauté dans l’un et l’autre acte. Car cette splendeur le plongeait dans l’obscurité de l’illusion; en lui retirant ses richesses, Tu lui as fait une immense miséricorde.

Verse 17

यया हि विद्वानपि मुह्यते यत- स्तत् को विचष्टे गतिमात्मनो यथा । तस्मै नमस्ते जगदीश्वराय वै नारायणायाखिललोकसाक्षिणे ॥ १७ ॥

L’opulence matérielle est si envoûtante qu’elle fait oublier, même au savant maître de lui, la quête du but de la réalisation du Soi. Mais Nārāyaṇa, Seigneur de l’univers et Témoin de tous les mondes, voit tout par Sa volonté. C’est pourquoi je Lui offre mes respectueuses prosternations.

Verse 18

श्रीशुक उवाच तस्यानुश‍ृण्वतो राजन् प्रह्लादस्य कृताञ्जले: । हिरण्यगर्भो भगवानुवाच मधुसूदनम् ॥ १८ ॥

Śukadeva poursuivit : Ô roi Parīkṣit, tandis que Prahlāda Mahārāja se tenait tout près, les mains jointes, écoutant, le bienheureux Hiraṇyagarbha Brahmā se mit à parler à Madhusūdana, la Personnalité Suprême de Dieu.

Verse 19

बद्धं वीक्ष्य पतिं साध्वी तत्पत्नी भयविह्वला । प्राञ्जलि: प्रणतोपेन्द्रं बभाषेऽवाङ्‌मुखी नृप ॥ १९ ॥

Ô roi, voyant son époux enchaîné, l’épouse chaste fut saisie de crainte. Les mains jointes, elle se prosterna devant Upendra, le Seigneur Vāmanadeva, puis, le visage baissé, parla ainsi.

Verse 20

श्रीविन्ध्यावलिरुवाच क्रीडार्थमात्मन इदं त्रिजगत् कृतं ते स्वाम्यं तु तत्र कुधियोऽपर ईश कुर्यु: । कर्तु: प्रभोस्तव किमस्यत आवहन्ति त्यक्तह्रियस्त्वदवरोपितकर्तृवादा: ॥ २० ॥

Śrīmatī Vindhyāvalī dit : Ô Seigneur, Tu as créé ces trois mondes pour la joie de Tes propres līlā, mais les insensés y revendiquent la propriété pour le plaisir matériel. Sans honte, ces négateurs s’attribuent un faux pouvoir d’agir, croyant pouvoir faire l’aumône et jouir. Toi, Créateur, Soutien et Destructeur souverain, quel bien pourraient-ils T’apporter ?

Verse 21

श्रीब्रह्मोवाच भूतभावन भूतेश देवदेव जगन्मय । मुञ्चैनं हृतसर्वस्वं नायमर्हति निग्रहम् ॥ २१ ॥

Le seigneur Brahmā dit : Ô bienfaiteur et maître de tous les êtres, Divinité vénérable des demi-dieux, Personne suprême qui pénètre l’univers entier, cet homme a déjà été assez châtié, car Tu lui as tout retiré. Libère-le à présent : il ne mérite pas d’autre punition.

Verse 22

कृत्‍स्‍ना तेऽनेन दत्ता भूर्लोका: कर्मार्जिताश्च ये । निवेदितं च सर्वस्वमात्माविक्लवया धिया ॥ २२ ॥

Il T’a déjà offert entièrement la terre, les mondes acquis par ses actes pieux et tout ce qu’il possédait; l’esprit inébranlable, il a même présenté son propre corps.

Verse 23

यत्पादयोरशठधी: सलिलं प्रदाय दूर्वाङ्कुरैरपि विधाय सतीं सपर्याम् । अप्युत्तमां गतिमसौ भजते त्रिलोकीं दाश्वानविक्लवमना: कथमार्तिमृच्छेत् ॥ २३ ॥

Celui qui, l’esprit sans duplicité, offre ne serait-ce que de l’eau, des pousses de dūrvā ou des boutons de fleurs à Tes pieds de lotus et T’adore avec sincérité, obtient la destination la plus élevée. Bali Mahārāja, sans tromperie, a offert tout ce qui est dans les trois mondes ; comment pourrait-il mériter la souffrance de l’arrestation ?

Verse 24

श्रीभगवानुवाच ब्रह्मन् यमनुगृह्णामि तद्विशो विधुनोम्यहम् । यन्मद: पुरुष: स्तब्धो लोकं मां चावमन्यते ॥ २४ ॥

La Personne Suprême de Dieu dit : Mon cher Brahmā, à celui à qui J’accorde une faveur particulière, Je commence par lui ôter son opulence; car, enivré par la richesse, l’insensé devient arrogant, méprise les trois mondes et Me défie même, Moi.

Verse 25

यदा कदाचिज्जीवात्मा संसरन् निजकर्मभि: । नानायोनिष्वनीशोऽयं पौरुषीं गतिमाव्रजेत् ॥ २५ ॥

L’âme vivante, par ses propres actes, tourne sans cesse dans le cycle des naissances et des morts, prenant naissance dans diverses espèces et demeurant dépendante; parfois, par bonne fortune, elle obtient une naissance humaine. Cette naissance humaine est extrêmement rare.

Verse 26

जन्मकर्मवयोरूपविद्यैश्वर्यधनादिभि: । यद्यस्य न भवेत् स्तम्भस्तत्रायं मदनुग्रह: ॥ २६ ॥

Si un homme naît dans une lignée noble, accomplit des actes remarquables, possède jeunesse, beauté, savoir et richesse, et pourtant ne s’enorgueillit pas de ses opulences, il faut comprendre qu’il est l’objet d’une grâce particulière du Seigneur Suprême, Bhagavān.

Verse 27

मानस्तम्भनिमित्तानां जन्मादीनां समन्तत: । सर्वश्रेय:प्रतीपानां हन्त मुह्येन्न मत्पर: ॥ २७ ॥

Bien que la naissance noble et les autres opulences puissent entraver l’essor de la dévotion en suscitant prestige illusoire et orgueil, elles ne troublent jamais le pur dévot entièrement tourné vers le Seigneur Suprême.

Verse 28

एष दानवदैत्यानामग्रणी: कीर्तिवर्धन: । अजैषीदजयां मायां सीदन्नपि न मुह्यति ॥ २८ ॥

Bali Mahārāja est devenu le plus illustre parmi les dānava et les daitya; bien que dépouillé de toute opulence matérielle, il a vaincu la māyā réputée invincible et demeure ferme dans la bhakti.

Verse 29

क्षीणरिक्थश्‍च्युत: स्थानात् क्षिप्तो बद्धश्च शत्रुभि: । ज्ञातिभिश्च परित्यक्तो यातनामनुयापित: ॥ २९ ॥ गुरुणा भर्त्सित: शप्तो जहौ सत्यं न सुव्रत: । छलैरुक्तो मया धर्मो नायं त्यजति सत्यवाक् ॥ ३० ॥

Bien qu’il fût privé de ses richesses, déchu de sa position, vaincu et enchaîné par ses ennemis, blâmé et abandonné par les siens, accablé de souffrances, et même réprimandé et maudit par son maître spirituel, Bali Mahārāja, ferme dans son vœu, n’abandonna pas la vérité. J’ai parlé du dharma avec ruse, mais lui, fidèle à sa parole, ne renonça pas au dharma.

Verse 30

क्षीणरिक्थश्‍च्युत: स्थानात् क्षिप्तो बद्धश्च शत्रुभि: । ज्ञातिभिश्च परित्यक्तो यातनामनुयापित: ॥ २९ ॥ गुरुणा भर्त्सित: शप्तो जहौ सत्यं न सुव्रत: । छलैरुक्तो मया धर्मो नायं त्यजति सत्यवाक् ॥ ३० ॥

Bien qu’il fût privé de ses richesses, déchu de sa position, vaincu et enchaîné par ses ennemis, blâmé et abandonné par les siens, accablé de souffrances, et même réprimandé et maudit par son maître spirituel, Bali Mahārāja, ferme dans son vœu, n’abandonna pas la vérité. J’ai parlé du dharma avec ruse, mais lui, fidèle à sa parole, ne renonça pas au dharma.

Verse 31

एष मे प्रापित: स्थानं दुष्प्रापममरैरपि । सावर्णेरन्तरस्यायं भवितेन्द्रो मदाश्रय: ॥ ३१ ॥

Le Seigneur dit : En raison de sa grande patience, Je lui ai accordé une demeure difficile à obtenir même pour les demi-dieux. Durant le manvantara de Sāvarṇi, sous Mon refuge, il deviendra Indra du ciel.

Verse 32

तावत् सुतलमध्यास्तां विश्वकर्मविनिर्मितम् । यदाधयो व्याधयश्च क्लमस्तन्द्रा पराभव: । नोपसर्गा निवसतां सम्भवन्ति ममेक्षया ॥ ३२ ॥

Jusqu’à ce que Bali Mahārāja obtienne la charge de roi du ciel, qu’il demeure à Sutala, édifié par Viśvakarmā selon Mon ordre. Sous Ma protection particulière, on n’y connaît ni peines du corps et de l’esprit, ni fatigue, ni étourdissement, ni défaite, ni autres troubles.

Verse 33

इन्द्रसेन महाराज याहि भो भद्रमस्तु ते । सुतलं स्वर्गिभि: प्रार्थ्यं ज्ञातिभि: परिवारित: ॥ ३३ ॥

Ô Bali Mahārāja (Indrasena), va maintenant ; que le bonheur t’accompagne. Demeure en paix à Sutala, désiré même par les demi-dieux, entouré de tes amis et de tes proches.

Verse 34

न त्वामभिभविष्यन्ति लोकेशा: किमुतापरे । त्वच्छासनातिगान् दैत्यांश्चक्रं मे सूदयिष्यति ॥ ३४ ॥

À Sutala, même les régents des mondes, et à plus forte raison les gens ordinaires, ne pourront te vaincre. Quant aux démons qui enfreindraient ton autorité, Mon disque Sudarśana les mettra à mort.

Verse 35

रक्षिष्ये सर्वतोऽहं त्वां सानुगं सपरिच्छदम् । सदा सन्निहितं वीर तत्र मां द्रक्ष्यते भवान् ॥ ३५ ॥

Ô vaillant, Je te protégerai de toutes parts, avec tes compagnons et tout ton entourage. Je serai toujours présent là-bas, et tu pourras Me contempler sans cesse.

Verse 36

तत्र दानवदैत्यानां सङ्गात्ते भाव आसुर: । द‍ृष्ट्वा मदनुभावं वै सद्य: कुण्ठो विनङ्‌क्ष्यति ॥ ३६ ॥

Là, tu verras Ma puissance suprême; l’humeur asurique et les soucis matériels nés de ta fréquentation des daityas et des dānavas seront aussitôt anéantis.

Frequently Asked Questions

Bali sees dāna as a sacred vrata that must be completed without duplicity. Since the Lord has already covered all worlds with two steps, Bali offers his own body as the remaining ‘space,’ requesting the third step on his head. This expresses śaraṇāgati and satya: preserving one’s word to Bhagavān is valued above life, wealth, or social standing.

The Lord explains that material opulence often produces pride, dullness, and defiance even toward divine authority. Therefore, He shows ‘special favor’ by removing possessions to dismantle false prestige and restore humility, making the heart fit for bhakti. Prahlāda echoes this: both granting and withdrawing opulence are beautiful when they rescue the soul from ignorance.

Prahlāda, Vindhyāvalī, and Brahmā each speak in Bali’s favor. Vindhyāvalī attacks the illusion of proprietorship; Brahmā argues Bali has already offered everything—including his body—without duplicity, and thus further punishment is unnecessary. Their defense frames Bali’s act as genuine surrender rather than mere political charity.

Sutala is a subterranean heavenly realm constructed by Viśvakarmā on the Lord’s order. It is uniquely protected by Bhagavān—free from common miseries and unconquerable by other planetary rulers. Theologically, it signifies that the devotee may lose external empire yet gain a superior, divinely guarded domain and the Lord’s direct companionship.

The Lord acknowledges that high birth, beauty, education, and wealth can obstruct bhakti by fueling false prestige; yet these opulences do not disturb a pure devotee. The chapter’s practical teaching is diagnostic: humility amid advantage indicates divine favor, while pride signals the need for corrective mercy.