Adhyaya 342
Sahitya-shastraAdhyaya 34265 Verses

Adhyaya 342

Chapter 342: शब्दालङ्काराः (Verbal/Sound-based Ornaments)

Le Seigneur Agni ouvre l’enseignement sur les shabda-alankara (ornements de son) en définissant l’anuprasa comme la récurrence réglée de phonèmes à travers mots et phrases, tout en avertissant que l’ornement doit rester mesuré et non excessif. Il classe ensuite la prédominance d’un seul phonème en cinq vrittis—madhura, lalita, praudha, bhadra et parusha—et précise des contraintes phonétiques : limites selon les varga (classes de consonnes), effets des consonnes conjointes, et durcissement dû à l’anusvara/visarga, qui gouvernent l’euphonie et le poids (laghu/guru). Le chapitre s’étend à la répétition de plusieurs unités par le yamaka, distinguant les formes avyapeta (contiguës) et vyapeta (séparées), et énumère les sous-types majeurs jusqu’à un schéma décuple avec variantes. Il examine ensuite le citra-kavya dans les cadres sociaux (questions, énigmes, constructions cachées ou déplacées), montrant comment le voilement et le déplacement structurel produisent des sens secondaires. Enfin, il traite du bandha (poésie à motif/forme), décrivant des agencements visuels connus—sarvatobhadra, figures de lotus (ambuja), motifs de cakra et de muraja—avec règles de placement et nomenclature, révélant la convergence de la phonétique, du mètre et de la forme visuelle comme art discipliné au sein du dharma.

Shlokas

Verse 1

इत्य् आग्नेये महापुराणे अलङ्कारे अभिनयादिनिरूपणं नामैकचत्वारिंशदधिकत्रिशततमो ऽध्यायः अथ द्विचत्वारिंशदधिकत्रिशततमो ऽध्यायः शब्दालङ्काराः अग्निरुचाच स्यादावृत्तिरनुप्रासो वर्णानां पदवाक्ययोः एकवर्णानेकवर्णावृत्तेर्वर्णगुणो द्विधा

Ainsi, dans l’Agni Mahāpurāṇa, s’achève le chapitre 341, dans la section sur l’alaṅkāra (ornementation poétique), intitulé « Exposé de l’art de l’interprétation (abhinaya) et des sujets connexes ». Commence maintenant le chapitre 342 : « Ornements verbaux (fondés sur le son) ». Agni déclara : l’anuprāsa (allitération) est la répétition (āvṛtti) des phonèmes (varṇa) dans les mots et les phrases ; selon qu’il y ait répétition d’un seul phonème ou de plusieurs, l’ornement phonétique (varṇa-guṇa) est de deux sortes.

Verse 2

एकवर्णगतावृत्तेर्जायन्ते पञ्च वृत्तयः मधुरा ललिता प्रौटा भद्रा परुषया सह

De la vṛtti qui procède sous un seul caractère phonétique dominant (ekavarṇa) naissent cinq modes de style : Madhurā (le Doux), Lalitā (le Gracieux), Prauḍhā (le Mûr/solide), Bhadrā (l’Auspice/le Bon), avec Paruṣā (le Rude).

Verse 3

मधुरायाश् च वर्गन्तादधो वर्ग्या रणौ स्वनौ ह्रस्वस्वरेणान्तरितौ संयुक्तत्वं नकारयोः

Et, dans le système de Madhurā, les lettres de la classe située immédiatement au-dessous de la fin d’un varga sont les deux sonantes ra et ṇa ; lorsqu’elles sont séparées par une voyelle brève, les deux sons « na » sont tenus pour former une conjonction, c’est‑à‑dire un groupe consonantique.

Verse 4

न कार्या वर्ग्यवर्णानामावृत्तिः पञ्चमाधिका महाप्राणोष्मसंयोगप्रविमुक्तलघूत्तरौ

Pour les consonnes d’un varga (gutturales, palatales, rétroflexes, dentales, labiales), on ne doit pas pousser la répétition au-delà de la cinquième, c’est‑à‑dire au-delà de la nasale du groupe. Et, dans le calcul métrique/phonétique, sont tenues pour « légères » les syllabes suivantes en deux cas : celle qui n’est pas jointe à une mahāprāṇa (aspirée forte) et celle qui n’est pas jointe à un ūṣman (sibilante/son aspiré).

Verse 5

ललिता बलभूयिष्ठा प्रौटा या पणवर्गजा ऊर्ध्वं रेफेण युज्यन्ते नटवर्गोनपञ्चमाः

Les lettres dites lalitā, balabhūyiṣṭhā et prauḍhā — issues du pa‑varga —, lorsqu’elles se combinent avec le repha (r) placé au‑dessus, doivent être jointes aux lettres du ṭa‑varga autres que la cinquième (c’est‑à‑dire autres que la nasale) du groupe.

Verse 6

भद्रायां परिशिष्टाः स्युः परुषा साभिधीयते भवन्ति यस्यामूष्माणः संयुक्तास्तत्तदक्षरैः

Dans le groupe appelé Bhadrā sont incluses les lettres restantes ; cet ensemble est nommé « Paruṣā » (la classe âpre), où les ūṣmāṇa (sibilantes/sons aspirés) se manifestent en conjonction avec leurs lettres respectives.

Verse 7

अकारवर्जमावृत्तिः स्वराणामतिभूयसी अनुस्वारविसर्गौ च पारुष्याय निरन्तरौ

La répétition excessive des voyelles—à l’exception de la lettre « a »—et l’emploi continu de l’anusvāra et du visarga entraînent l’âpreté (pāruṣya) du son.

Verse 8

शषसा रेफसंयुक्ताश्चाकारश्चापि भूयसा रशौ घनाविति ञ महाप्राणोष्मसंयोगादवियुक्तलघूत्तराविति ट ललिता वनभूयिष्ठेति ख ललिता वत्सभूयिष्ठेति ट अन्तस्थाभिन्नमाभ्याञ्च हः पारुष्याय संयुतः

Lorsque śa/ṣa/sa se combinent avec le repha (r), et surtout lorsqu’ils sont précédés d’un ā long, dans la suite « raśau » le son doit être tenu pour « dense/compact », c’est-à-dire articulé de façon plus lourde et resserrée. De la conjonction d’un mahāprāṇa (aspirée forte) avec un ūṣman (sibilante), il est enseigné que le son suivant est « non séparé », les éléments léger puis lourd se manifestant dans l’ordre. Dans l’expression « lalitā vanabhūyiṣṭh- », cela est illustré par kha ; dans « lalitā vatsabhūyiṣṭh- », par ṭa. Et ha, lorsqu’il s’unit aux semi-voyelles et aux séries d’occlusives, engendre l’âpreté (pāruṣya) de la prononciation.

Verse 9

अन्यथापि गुरुर्वर्णः संयुक्तेपरिपन्थिनि पारुष्यायादिमांस्तत्र पूजिता न तु पञ्चमो

Même autrement (quand elle pourrait être tenue pour légère), une syllabe doit être considérée comme lourde lorsqu’elle est entravée par une consonne conjointe ; dans la série commençant par « pāruṣyā », cette règle est admise, mais non la cinquième (option/cas).

Verse 10

क्षेपे शब्दानुकारे च परुषापि प्रयुज्यते कर्णाटी कौन्तली कौन्ती कौङ्कणी वामनासिका

Le terme « paruṣā » est aussi employé au sens de « jeter/railler » et au sens d’« imiter un son » ; et il sert également de désignation liée à Karṇāṭī, Kauntalī, Kauntī, Kauṅkaṇī et Vāmanāsikā (variétés régionales/phonétiques).

Verse 11

द्रावणी माधवी पञ्चवर्णान्तस्थोष्मभिः क्रमात् अनेकवर्णावृत्तिर्या भिन्नार्थप्रतिपादिका

Drāvaṇī et Mādhavī sont des mètres ou formes de vers constitués, selon l’ordre prescrit, par les cinq classes de consonnes : les varga (occlusives), les semi‑voyelles et les sifflantes/aspirée. Le schéma métrique polysyllabique qui expose des sens distincts est ainsi nommé/défini.

Verse 12

यमकं साव्यपेतञ्च व्यपेतञ्चेति तद्द्विधा आनन्तर्यादव्यपेतं व्यपेतं व्यवधानतः

Le yamaka (ornement de redoublement/alliteration) est de deux sortes : (1) avyapeta et (2) vyapeta. L’avyapeta naît de la contiguïté immédiate de la répétition ; le vyapeta naît lorsqu’il existe un intervalle ou une séparation entre les reprises.

Verse 13

द्वैविध्येनानयोः स्थानपादभेदाच्चतुर्विधम् आदिपादादिमध्यान्तेष्वेकद्वित्रिनियोगतः

Par cette division en deux, et par la distinction des positions et des quarts métriques (pāda), on obtient quatre formes. Dans le pāda initial, et aux places de début, de milieu et de fin (du vers), l’emploi se fait par l’attribution d’une, de deux ou de trois (unités).

Verse 14

सप्तधा सप्तपूर्वेण चेत् पादेनोत्तरोत्तरः एकद्वित्रिपदारम्भस्तुल्यः षोढा तदापरं

Si, en progressant pāda après pāda, chaque élément suivant est compté par référence à la mesure septuple précédente, alors le schéma qui commence par des ouvertures d’un, de deux et de trois pādas est du même type ; ensuite, il se compte comme seizième (à seize formes).

Verse 15

तृतीयं त्रिविधं पादस्यादिमध्यान्तगोचरम् पादान्तयमकञ्चैव काञ्चीयमकमेव च

La troisième variété de yamaka est triple : elle opère à l’intérieur d’un pāda, au début, au milieu ou à la fin. Elle comprend aussi le « yamaka de fin de pāda » et le « kāñcī‑yamaka » (le type « ceinture »).

Verse 16

संसर्गयमकञ्चैव विक्रान्तयमकन्तथा पादादियमकञ्चैव तथाम्रेडितमेव च

Il y a aussi le «Saṃsarga-yamaka» et, de même, le «Vikrānta-yamaka»; le «Pādādi-yamaka» également, ainsi que l’«Āmreḍita» (forme répétée), à comprendre comme des variétés supplémentaires.

Verse 17

चतुर्व्यवसितञ्चैव मालायमकमेव च दशधा यमकं श्रेष्ठं तद्भेदा बहवो ऽपरे

Il y a encore le «Caturvyavasita» et le «Mālā-yamaka» : le yamaka se comprend au mieux comme décuple (dix formes) ; et, en dehors de celles-ci, il comporte de nombreuses autres sous-variétés.

Verse 18

स्वतन्त्रस्यान्यतन्त्रस्य पदस्यावर्तना द्विधा बालवासिकेति ख , ट च वनवासिकेति ञ पूर्वपूर्वेणेति ज , ञ , ट च सम्बन्धयमकश् चैवेति ख भिन्नप्रयोजनपदस्यावृत्तिं मनुजा विदुः

La répétition (āvartanā) d’un mot—qu’il soit autonome (svatantra) ou dépendant d’un autre (anyatantra)—est de deux sortes : (1) bālavāsikā et (2) vanavāsikā. On l’appelle aussi «pūrvapūrveṇa» (répétition aux positions antérieures) et encore «sambandha-yamaka» (yamaka de relation). Les doctes y voient la récurrence d’un même mot avec une visée différente (c’est-à-dire un sens ou une fonction intentionnelle distincte).

Verse 19

द्वयोरावृत्तपदयोः समस्ता स्यात्समासतः असमासात्तयोर्व्यस्ता पादे त्वेकत्र विग्रहात्

Lorsque deux pādas comportent une formulation répétée, ils doivent être tenus pour «samastā» (combinés) en appliquant la règle du samāsa. Mais si la construction est non composée (asamāsa), ces deux-là doivent être tenus pour «vyastā» (séparés) ; et, dans un seul pāda, la séparation se fixe là où l’on procède à une analyse explicite (vigraha).

Verse 20

वाक्यस्यावृत्तिरप्येवं यथासम्भवमिष्यते अलङ्काराद्यनुप्रासो लघुमध्येवमर्हणात् *

Ainsi, la répétition d’une phrase est elle aussi admise, autant que possible. Mais l’anuprāsa (allitération) et les ornements apparentés doivent être employés avec légèreté ou mesure, car l’excès est inconvenant.

Verse 21

यया कयाचिद्वृत्या यत् समानमनुभूयते तद्रूपादिपदासत्तिः सानुप्रसा रसावहा

Ce dans quoi, par quelque mode d’expression, on éprouve un sentiment de similitude—à savoir l’agencement approprié de mots présentant une ressemblance de forme et autres—est appelé Anuprāsa, et il est porteur de la saveur esthétique (rasa).

Verse 22

गोष्ठ्यां कुतूहलाध्यायी वाग्बन्धश्चित्रमुच्यते प्रश्नः प्रहेलिका गुप्तं च्युतदत्ते तथोभयम्

Dans une assemblée, une construction verbale qui éveille la curiosité est appelée ‘citra’ (figure/vers merveilleux). ‘Praśna’ est une question ; ‘prahelikā’ est une énigme (devinette). ‘Gupta’ (la forme cachée) est celle où le sens visé est dissimulé ; ‘cyuta-datta’ est celle où quelque chose est déplacé puis fourni ; et ‘tathā-ubhayam’ est celle qui réunit les deux (dissimulation et déplacement).

Verse 23

समस्या सप्त तद्भेदा नानार्थस्यानुयोगतः यत्र प्रदीयते तुल्यवर्णविन्यासमुत्तरं

La ‘samasyā’ poétique est de sept sortes, distinguées selon l’incitation d’une expression à sens multiples ; c’est celle où l’on fournit une réponse dont l’agencement des lettres est identique (dans son schéma) à celui des mots donnés.

Verse 24

स प्रश्नः स्यादेकपृष्टद्विपृष्टोत्तरभेदतः द्विधैकपृष्टो द्विविधः समस्तो व्यस्त एव च

Un ‘praśna’ (question) se classe selon qu’il comporte une seule demande ou deux, et selon la forme de la réponse. Le type à une demande est double ; de même, le type à deux demandes est de deux sortes : ‘combiné’ (répondu ensemble) ou ‘séparé’ (répondu distinctement).

Verse 25

द्वयोरप्यर्थयोर्गुह्यमानशब्दा प्रहेलिका सा द्विधार्थो च शाब्दी च तत्रार्थी चार्थबोधतः

Une ‘prahelikā’ (énigme) est une expression dont la formulation est tenue cachée à l’égard des deux sens ; elle est aussi classée comme ‘dvidhārtha’ (à double sens) et comme figure verbale ‘śābdī’. En elle, le sens doit être saisi selon la signification visée (arthabodhataḥ).

Verse 26

शब्दावबोधतः शाब्दी प्राहुः षोढा प्रहेलिकां यस्मिन् गुप्ते ऽपि वाक्याङ्गे भाव्यर्थो ऽपारमार्थिकः

Sur la base de la saisie des mots, les doctes qualifient l’énigme de « śābdī » (verbale). On dit qu’elle est de seize sortes : même si un membre de la phrase est dissimulé, il faut en inférer le sens visé ; toutefois ce sens n’est pas le sens principal (paramārthika, littéral) de l’énoncé.

Verse 27

तदङ्गविहिताकाङ्क्षस्तद्गुप्तं गूढमप्यदः यत्रार्थान्तरनिर्भासो वाक्याङ्गच्यवनादिभिः

Cette expression est aussi dite gūḍha (« cachée/oblique ») lorsque l’attente (ākāṅkṣā) est suscitée par un membre de la phrase, tandis que le sens visé demeure dissimulé ; en elle, l’apparition d’un autre sens (arthāntara-nirbhāsa) naît de procédés tels que le déplacement ou l’omission de membres de phrase et d’autres variations structurelles connexes.

Verse 28

तदङ्गविहिताकाङ्क्षस्तच्चुतं स्याच्चतुर्विधम् लघुमप्येवमर्हणादिति ट लघुमध्येव वर्हणादिति ज लघुमध्येवमर्हणात्, लघुमप्येवमर्हणात्, लघुमध्येव वर्हणात् एतत् पाठत्रयं न सम्यक् प्रतिभाति स्वरव्यञ्जनविन्दूनां विसर्गस्य च विच्युतेः

Lorsque, selon les prescriptions imposées par les règles de ses membres, on attend d’une syllabe une certaine quantité (brève/longue) mais qu’on la trouve déviante, cette déviation est dite quadruple. Quant aux trois leçons alternatives—« laghum apy evam arhaṇāt » (ṭa), « laghumadhyeva varhaṇāt » (ja) et « laghumadhyevamarhaṇāt / laghum apy evam arhaṇāt / laghumadhyeva varhaṇāt »—cette triade ne paraît pas satisfaisante, en raison d’une corruption touchant voyelles, consonnes, points/diacritiques nasaux et le visarga.

Verse 29

दत्तेपि यत्र वाक्याङ्गे द्वितीयोर्थः प्रतीयते दत्तन्तदाहुस्तद्भेदाः स्वराद्यैः पूर्ववन्मताः

Même lorsqu’une forme de mot est « donnée » (datta) dans un membre de phrase, si l’on y comprend un second sens, cela s’appelle « datta » ; et ses sous‑types—à commencer par ceux fondés sur le svara (accent/intonation) et autres—sont tenus pour tels qu’énoncés plus haut.

Verse 30

अपनीताक्षरस्थाने न्यस्ते वर्णान्तरे ऽपि च भासते ऽर्थान्तरं यत्र च्युतदत्तं तदुच्यते

Lorsque, à la place d’une syllabe retranchée, on insère une autre lettre et qu’ainsi un sens différent devient manifeste, cette faute est appelée cyuta-datta (« substitution déplacée »).

Verse 31

सुश्लिष्टपद्यमेकं यन्नानाश्लोकांशनिर्मितम् सा ममस्या परस्यात्मपरयोः कृतिसङ्करात्

Ce vers unique, bien agencé, composé de fragments de nombreux śloka : on l’appelle « mama » lorsqu’il mêle sa propre composition à celle d’autrui ; et on l’appelle « parasya » lorsqu’il entremêle sa composition avec celle d’un autre auteur.

Verse 32

दुःखेन कृतमत्यर्थं कविसामर्थ्यसूचकम् दुष्करं नीरसत्वेपि विदग्धानां महोत्सवः

Une composition réalisée au prix d’un grand effort est un signe manifeste de la puissance du poète. Même dépourvue de rasa (saveur esthétique), ce qui est difficile à composer ou à accomplir devient une grande fête pour les connaisseurs avisés.

Verse 33

नियमाच्च विदर्भाच बन्धाच्च भवति त्रिधा कवेः प्रतिज्ञा निर्माणरम्यस्य नियमः स्मृतः

La proposition d’ouverture (pratijñā) du poète est de trois sortes : issue (i) du niyama, règle ou contrainte ; (ii) du style Vaidarbhī (vidarbha) ; et (iii) du bandha, l’entrave métrique ou structurelle. On s’en souvient comme du « niyama », principe directeur qui rend la composition plaisante dans son édification.

Verse 34

स्थानेनापि स्वरेणापि व्यञ्जनेनापि स त्रिधा विकल्पः प्रातिलोम्यानुलोम्यादेवाभिधीयते

Cette variation phonétique (vikalpa) est triple : elle provient du changement du lieu d’articulation, du changement de voyelle et du changement de consonne ; et elle est décrite précisément selon prātilomya et anulomya, l’ordre inversé et l’ordre direct.

Verse 35

प्रतिलोम्यानुलोम्यञ्च शब्देनार्थेन जायते अनेकधावृत्तवर्णविन्यासैः शिल्पकल्पना

Par prātilomya et anulomya—au niveau des mots comme au niveau du sens—naît la composition artistique ; elle se façonne par l’agencement des lettres de multiples manières et par des placements répétés selon des motifs.

Verse 36

तत्तत्प्रसिद्धवस्तूनां बन्ध इत्य् अभिधीयते गोमूत्रिकार्धभ्रमणे सर्वतोभद्रमम्बुजम्

On appelle “bandha” l’agencement lorsqu’il est façonné en figures d’objets bien connus. Dans le « demi-tour de la gomūtrikā » (un tracé courbe particulier), il devient les motifs « sarvatobhadra » et « ambuja » (lotus).

Verse 37

चक्रञ्चक्राब्जकं दण्डो मुरजाश्चेति चाष्टधा प्रत्यर्धं प्रतिपादं स्यादेकान्तरसमाक्षरा

Les schémas métriques sont au nombre de huit—nommés Cakra, Cakra, Abjaka, Daṇḍa, Muraja, etc. Dans chaque demi-vers et dans chaque quart de vers, les syllabes doivent être disposées avec des lettres égales en alternance (un agencement alterné et régulièrement apparié).

Verse 38

द्विधा गोमूत्रिकां पूर्वामाहुरश्वपदां परे अन्त्याङ्गोमूत्रिकां धेनुं जालबन्धं वदन्ति हि

L’agencement antérieur appelé gomūtrikā est dit de deux sortes ; certains le nomment aśvapadā. Mais la gomūtrikā dont le dernier membre est ainsi disposé s’appelle dhenū, et elle est en vérité dite jāla-bandha (liaison en forme de filet).

Verse 39

अर्धाभ्यामर्धपादैश् च कुर्याद्विन्यासमेतयोः जानुबन्धमिति क , ख च न्यस्तानामिह वर्णानामधोधः क्रमभागिनां

Au moyen de deux moitiés—et aussi par des demi-lignes—on doit effectuer le vinyāsa (la mise en place) de ces deux schémas. Ici, les consonnes « ka » et « kha » sont dites « jānubandha » (l’articulation du genou) ; et, pour les lettres posées, celles qui suivent l’ordre doivent être placées successivement plus bas (en ordre descendant).

Verse 40

अधोधःस्थितवर्णानां यावत्तूर्यपदन्नयेत् तुर्यपादान्नयेदूर्ध पादार्धं प्रातिलोम्यतः

Pour les syllabes placées en bas (dans le schéma métrique), on doit progresser jusqu’au quatrième quart (tūrya-pada). À partir de ce quatrième quart, on remonte ensuite en inversant l’ordre, selon la méthode prātilomya (rétrograde), à travers le demi-vers (pādārdha).

Verse 41

तदेव सर्वतोभद्रं त्रिविधं सरसीरुहं चतुष्पत्रं ततो विघ्नं चतुष्पत्रे उभे अपि

Ce même (diagramme) est le Sarvatobhadra ; le diagramme du lotus (sarasīruha) est de trois sortes. Vient ensuite le lotus à quatre pétales, puis le diagramme Vighna, qui écarte les obstacles ; tous deux se tracent sous la forme à quatre pétales.

Verse 42

अथ प्रथमपादस्य मूर्धन्यस्त्रिपदाक्षरं सर्वेषामेव पादानामन्ते तदुपजायते

Or, pour le premier pāda, surgit un élément syllabique triple, qualifié de mūrdhanya (produit avec la pointe de la langue au palais, c’est‑à‑dire à articulation rétroflexe) ; ce même élément se retrouve aussi à la fin de tous les pādas.

Verse 43

प्राक्पदस्यान्तिमं प्रत्यक् पादादौ प्रातिलोम्यतः अन्त्यपादान्तिमञ्चाद्यपादादावक्षरद्वयं

En inversant (l’ordre) au début du pāda, on doit prendre la syllabe finale du pāda précédent ; et de même la syllabe finale du dernier pāda. Ainsi, au commencement du premier pāda se trouve (à reconnaître/à fournir) une paire de syllabes.

Verse 44

चतुश्छदे भवेदष्टच्छदे वर्णत्रयं पुनः स्यात् षोडशच्छदे त्वेकान्तरञ्चेदेकमक्षरं

Dans un mètre à quatre pieds, il se règle comme à huit pieds ; et, dans la forme à huit pieds, il doit y avoir un groupe de trois syllabes. Mais dans la forme à seize pieds, si l’on dispose par alternance, chaque unité n’est qu’une seule syllabe.

Verse 45

कर्णिकां तोलयेदूर्ध्वं पत्राकाराक्षरावलिं प्रवेशयेत् कर्णिकायाञ्चतुष्पत्रसरोरुहे

On doit relever (marquer) la karnikā, le péricarpe, vers le haut, et introduire dans la karnikā la suite des lettres disposées en forme de pétales, dans le lotus à quatre pétales.

Verse 46

कर्णिकायां लिखेदेकं द्वे द्वे दिक्षु विदिक्षु च प्रवेशनिर्गमौ दिक्षु कुर्यादष्टच्छदे ऽम्बुजे

Dans le péricarpe (noyau central), on doit inscrire un seul signe/une seule lettre ; dans les directions cardinales et intermédiaires, on en inscrit deux pour chacune. Dans le lotus à huit pétales, on disposera aussi les entrées et les sorties selon les directions.

Verse 47

विश्वग्विषमवर्णानां तावत् पत्राबलीजुषां मध्ये समाक्षरन्यासःसरोजे षोडशच्छदे

Dans ce diagramme de lotus à seize pétales, après avoir placé les syllabes du mantra sur la suite des pétales portant les classes de lettres diverses et inégales, on accomplira ensuite au centre le samākṣara-nyāsa, la pose des syllabes identiques.

Verse 48

द्विधा चक्रं चतुररं षडरन्तत्र चादिमं पूर्वार्धे सदृशा वर्णाः पादप्रथमपञ्चमाः

Là (dans ce schéma métrique), la « roue » est divisée en deux ; elle comporte quatre rayons puis six rayons, la première disposition étant tenue pour principale. Dans la première moitié, les syllabes aux première et cinquième positions de chaque pāda (quart de vers) sont semblables, c’est-à-dire correspondantes.

Verse 49

अयुजो ऽश्वयुजश् चैव तुर्यावप्यष्टमावपि तस्योपपादप्राक्प्रत्यगरेषु च यथाक्रमं

De même, (les nakṣatra se disposent comme) l’ensemble impair, Aśvayujā, le quatrième et aussi le huitième ; et, selon l’ordre prescrit, ils doivent être placés dans ses quartiers subsidiaires : aux pieds, du côté oriental et du côté occidental.

Verse 50

स्यात्पादार्धचतुष्कन्तु नाभौ तस्याद्यमक्षरं पश्चिमारावधि नयेन्नेमौ शेषे पदद्वयी

Lorsque le vers comporte quatre pādas, on prendra la première syllabe au « nombril » (jonction centrale), puis on mènera la division jusqu’à la limite occidentale ; dans ce qui reste, deux pādas demeurent à part (pour être disposés).

Verse 51

तृतीयं तुर्यपादान्ते प्रथमौ सदृशावुभौ वर्णौ पादत्रयस्यापि दशमः सदृशो यदि

Si, à la fin du quatrième pāda, la troisième syllabe (en comptant depuis la fin) correspond, et si, dans les trois premiers pādas, les deux premières syllabes sont semblables, et si la dixième syllabe (comptée dans le pāda) est également identique, alors le vers doit être reconnu selon ce schéma.

Verse 52

प्रथमे चरमे तस्य षड्तर्णाः पथिमे यदि भवन्ति द्व्यन्तरं तर्हि वृहच्च क्रमुदाहृतं

Si, dans le premier et le dernier quart de ce mètre, chaque pāda comporte six unités tāra (mātrā/unités de battement), et si, au milieu, il y a une séparation de deux unités, alors cette disposition métrique est proclamée comme le modèle « Vṛhat » ainsi que « Krama ».

Verse 53

सम्मुखारद्वये पादमेकैकं क्रमशो लिखेत् नाभौ तु वर्णं दशमं नेमौ तूर्यपदन्नयेत्

Sur les deux rayons (ou lignes) tournés vers l’avant, on doit écrire les syllabes du pāda une à une, selon l’ordre requis. Dans le « nombril » (moyeu central), on placera la dixième lettre ; et sur le pourtour, on conduira (placera) le quatrième ensemble de syllabes ou de mots.

Verse 54

श्लोकस्याद्यन्तदशमाः समा आद्यन्तिमौ युजोः आदौ वर्णः समौ तुर्यपञ्चमावाद्यतर्ययोः

Dans le mètre śloka, la première, la dernière et la dixième syllabe sont lourdes (guru). Dans les pādas pairs, la première et la dernière syllabe sont lourdes ; et, au début des autres pādas, les quatrième et cinquième syllabes sont lourdes selon cette règle.

Verse 55

द्वितीयप्रातिलोम्येन तृतीयं जायते यदि पदं विदध्यात् पत्रस्य दण्डश् चक्राब्जकं कृतेः

Si, par l’inversion (prātilomya) du second schéma, naît le troisième pied métrique, alors il faut établir ce pied comme il convient : dans le dispositif « patra » se trouve un « daṇḍa » (bâton), et dans le dispositif « kṛti » se trouve le motif « cakrābjaka » (roue–lotus).

Verse 56

द्वितीयौ प्राग्दले तुल्यौ सप्तमौ च तथापरौ सदृशावुत्तरदलौ द्वितीयाभ्यामथार्धयोः

Dans la première moitié (pāda), les deux deuxièmes positions syllabiques sont égales; de même la septième et les autres. Dans la moitié ultérieure (pāda), elles sont semblables; ainsi, dans les deux moitiés, le schéma se fixe en se référant aux deuxièmes positions.

Verse 57

द्वितीयषष्ठाः सदृशाश् चतुर्थपञ्चमावपि आद्यन्तपादयोस्तुल्यौ परार्धसप्तमावपि

Le deuxième et le sixième pāda se ressemblent; de même le quatrième et le cinquième. Le premier et le dernier pāda sont identiques; et il en va de même du septième pāda dans la moitié ultérieure du schéma métrique.

Verse 58

समौ तुर्यं पञ्चमन्तु क्रमेण विनियोजयेत् तुर्यौ योज्यौ तु तद्वच्च दलान्ताः क्रमपादयोः

On doit, selon l’ordre prescrit, assigner les syllabes paires comme quatrième unité et cinquième. De même, deux quatrièmes unités doivent être jointes; et les demi-vers (dalas) doivent être placés aux extrémités, successivement, dans les deux pādas.

Verse 59

अर्धयोरन्तिमाद्यौ तु मुरजे सदृशावभौ पादार्धपतितो वर्णः प्रातिलोम्यानुलोमतः

Dans le mètre appelé Muraja, la dernière syllabe de la première moitié et la première syllabe de la seconde moitié sont identiques. La syllabe qui tombe au milieu d’un pāda doit être déterminée en scandant à rebours et dans le sens direct (prātilomya et anuloma).

Verse 60

अन्तिमं परिबध्नीयाद्यावत्तुर्यमिहादिमत् पादात्तुर्याद्यदेवाद्यं नवमात् षोडशादपि

On doit fixer (placer solidement) l’élément final jusqu’à la quatrième unité, en commençant par la première. Et dans le pāda, à partir de la quatrième, on doit aussi fixer la série ‘deva-ādi’ (commençant par deva), de la neuvième à la seizième.

Verse 61

अक्षरात् पुटके मध्ये मध्ये ऽक्षरचतुष्टयम् कृत्वा कुर्याद्यथैतस्य मुरजाकारता भवेत्

Dans le « puṭaka » (paquet prosodique), en partant d’une syllabe, on insérera à chaque intervalle des groupes de quatre syllabes, en les disposant de sorte que le schéma prenne une forme semblable au tambour mṛdaṅga (muraja).

Verse 62

द्वितीयं चक्रशार्दूलविक्रीडितकसम्पदम् गोमूत्रिका सर्ववृत्तैर् अन्ये बन्धास्त्वनुष्टुभा

Le second agencement est le schéma « Cakra–Śārdūla–Vikrīḍitaka–Sampad ». La « Gomūtrikā » se compose avec tous les mètres ; les autres bandha, en revanche, relèvent du mètre Anuṣṭubh.

Verse 63

नामधेयं यदि न चेदमीषु कविकाव्ययोः मित्रधेयाभितुष्यन्ति नामित्रः खिद्यते तथा

S’il n’existe pas de nom propre (titre) pour ces choses — le poète et le poème — alors ceux qui se contentent d’appellations amicales s’en trouvent satisfaits ; mais celui qui n’est pas ami en est pareillement affligé.

Verse 64

वाणवाणासनव्योमखड्गमुद्गरशक्तयः द्विचतुर्थत्रिशृङ्गाटा दम्भोलिमुषलाङ्कुशाः

Flèches ; équipement d’arc et de flèches ; armes de jet (aériennes) ; épées ; masses ; lances ; et armes à deux, quatre ou trois pointes — ainsi que le vajra (foudre), le gourdin et l’aiguillon (ankusha).

Verse 65

पदं रथस्य नागस्य पुष्करिण्यसिपुत्रिका एते बन्धास् तथा चान्ये एवं ज्ञेयाः स्वयं बुधैः

« Pada », « rathasya », « nāgasya », « puṣkariṇī », « asiputrikā » : tels sont des noms techniques de bandha (liens/assemblages) ; et d’autres termes du même genre doivent être compris de la même manière par les sages eux‑mêmes.

Frequently Asked Questions

It formalizes sound-based ornamentation through repeat-pattern rules (anuprasa/yamaka), including phonetic constraints (varga limits, conjunct-induced heaviness, anusvara/visarga harshening) and then extends the same rigor to riddle-forms and diagrammatic bandha placements (sarvatobhadra/lotus/cakra/muraja).

By treating poetic technique as disciplined vidya: measured ornamentation, truthful structure, and rule-governed creativity become dharmic training of speech (vak) that refines aesthetic awareness (rasa) and aligns artistry with sacred order.