
Chapter 226 — राजधर्माः (Rājadharma: Royal Duties and Daṇḍanīti)
Ce chapitre tient lieu de manuel de daṇḍanīti au sein du rājadharma, montrant comment le roi maintient l’ordre par des châtiments gradués, fondés sur des mesures normalisées. Il commence par définir les équivalences de poids et de monnaie (kṛṣṇala, triyava, suvarṇa, niṣka, dharaṇa, kārṣāpaṇa/paṇa), puis applique ces étalons à des amendes hiérarchisées, notamment les trois degrés de sāhasa (premier/intermédiaire/suprême). Suit un répertoire de jurisprudence : peines pour fausse plainte de vol, mensonge devant le protecteur ou juge royal, faux témoignage, et détournement ou destruction de dépôts confiés (nikṣepa). Le texte traite des litiges commerciaux et du travail (vendre le bien d’autrui, non-livraison après paiement, percevoir un salaire sans travailler, annuler une vente dans les dix jours), des fraudes matrimoniales et du remariage d’une fiancée déjà donnée, ainsi que de la négligence des tuteurs et des gardiens. L’ordre public s’étend à l’urbanisme et à la sécurité (mesure des limites villageoises, remparts), aux violations de frontières et aux degrés de vol jusqu’à la peine capitale pour grand larcin et enlèvement. Des sanctions selon la hiérarchie sociale sont fixées pour l’insulte et la faute, avec mutilations dans les cas extrêmes ; pour les brahmanes, l’exil est privilégié plutôt que l’atteinte corporelle. Le chapitre vise aussi la corruption : gardes, ministres et juges abusant de leur charge subissent confiscation et bannissement. Enfin, il prescrit la réponse de l’État aux crimes graves (incendie, empoisonnement, adultère, agression), aux fraudes du marché (adultération, contrefaçon), aux infractions d’hygiène et aux abus de procédure (convocation irrégulière, évasion), présentant le gouvernement comme un instrument discipliné et centré sur la vérité, au service du dharma.
Verse 1
इत्य् आग्नेये महापुराणे सामाद्युपायो नाम पञ्चविंशत्यधिकद्विशततमो ऽध्यायः अथ षड्विंशत्यधिकद्विशततमो ऽध्यायः राजधर्माः पुष्कर उवाच दण्डप्रणयनं वक्ष्ये येन राज्ञः परा गतिः त्रियवं कृष्णलं विद्धि पापस्तत्पञ्चकं भवेत्
Ainsi s’achève, dans l’Agni Mahāpurāṇa, le chapitre deux-cent-vingt-cinq intitulé « Les moyens commençant par la Conciliation (Sāma) ». Commence maintenant le chapitre deux-cent-vingt-six sur « Les devoirs royaux (Rājadharma) ». Puṣkara dit : « J’exposerai l’établissement des châtiments (et des amendes), par lesquels le roi atteint la voie suprême du devoir. Sachez qu’un “triyava” équivaut à un “kṛṣṇala” ; pour les fautes pécheresses, la peine devient cinq fois cette mesure. »
Verse 2
कृष्णलानां तथा षष्ट्या कर्षार्धं रामकीर्तितं सुवर्णश् च विनिर्दिष्टो राम षोडशमापकः
Rāma a déclaré que soixante kṛṣṇalā (graines noires de guñjā) constituent un demi-karṣa. Le « suvarṇa » est aussi défini : c’est une mesure de seize (unités).
Verse 3
निष्कः सुवर्णाश् चत्वारो धरणं दशभिस्तु तैः ताम्ररूप्यसुवर्णानां मनमेतत् प्रकीर्तितं
Un niṣka se compose de quatre suvarṇa ; et un dharaṇa se compte par dix de ces suvarṇa. Ainsi est proclamée cette norme de poids pour le cuivre, l’argent et l’or.
Verse 4
ताम्रकैः कार्षिको राम प्रोक्तः कार्षापणो बुधैः पणानां द्वे शते सार्धं प्रथमः साहसः स्मृतः
Ô Rāma, le kārṣika—connu des sages sous le nom de kārṣāpaṇa—se définit d’après les monnaies de cuivre ; et deux cent cinquante paṇa sont retenus comme le premier degré de sāhasa (amende pénale).
Verse 5
मध्यमः पञ्च विज्ञेयः सहस्रमपि चोत्तमः चौरैर् अमूषितो यस्तु मूषितो ऽस्मीति भाषते
L’amende moyenne doit être comprise comme cinq cents, et la plus élevée comme mille. Mais celui qui n’a pas été dépouillé par des voleurs et déclare pourtant : « J’ai été volé », (encourt une peine en conséquence).
Verse 6
तत्प्रदातरि भापाले स दण्ड्यस्तावदेव तु यो यावद्विपरीतार्थं मिथ्या वा यो वदेत्तु तं
Devant le juge/protecteur royal, si quelqu’un fait une déposition dont le sens est inversé (contraire aux faits) ou profère un mensonge, il doit être puni dans cette même mesure (à proportion du tort causé).
Verse 7
तौ नृपेण ह्य् अधर्मज्ञौ दाप्यौ तद्द्विगुणं दमं कूटसाक्ष्यन्तु कुर्वाणांस्त्रीन् वर्णांश् च प्रदापयेत्
Ces deux-là, connaisseurs de l’injustice (adharma), doivent être contraints par le roi à payer une amende double de ce montant. Quant à ceux qui commettent un faux témoignage (preuve fabriquée), parmi les trois varṇa, qu’ils soient punis selon leur classe.
Verse 8
विवासयेद्ब्राह्मणन्तु भोज्यो विधिर् न हीरतः निक्षेपस्य समं मूल्यं दण्ड्यो निक्षेपभुक् तथा
Mais dans le cas d’un Brāhmaṇa, la peine doit être le bannissement ; aucune peine corporelle n’est prescrite pour lui. Celui qui consomme ou détourne un dépôt (nikṣepa) doit aussi être condamné à une amende égale à la valeur de ce dépôt.
Verse 9
तथाचाष्टौ इति छ , ज च ताम्रिकैः कार्षिक इत्य् आदिः, साहसः स्मृत इत्य् अन्तः पाठः झ पुस्तके नास्ति यो यावदित्यादिः, तद्द्विगुणं दममित्यन्तः पाठः झ पुस्तके नास्ति वस्त्रादिकस्य धर्मज्ञ तथा धर्मो न हीयते यो निक्षेपं घातयति यश्चानिक्षिप्य याचते
Ainsi, dans certaines recensions (cha et ja), la leçon commence par «huit…; de la pièce de cuivre jusqu’au kārṣika», tandis que la formule finale «est déclaré être sāhasa (forfait violent)» est absente du manuscrit jha. De même, le passage commençant par «quiconque, dans la mesure…» et se terminant par «l’amende en est le double» manque dans le manuscrit jha. Pour les vêtements et biens analogues, un connaisseur du dharma doit trancher afin que le dharma ne soit pas amoindri : sont punissables celui qui détruit ou altère un objet déposé (nikṣepa) et celui qui le réclame sans l’avoir déposé.
Verse 10
तावुभौ चौरवच्छास्यौ दण्ड्यौ वा द्विगुणं दम अज्ञानाद्यः पुमान् कुर्यात् परद्रव्यस्य विक्रयं
Ces deux personnes doivent être punies comme des voleurs, ou bien frappées d’une amende double (de la valeur en cause). L’homme qui, par ignorance, vend le bien d’autrui est également passible d’une telle peine.
Verse 11
निर्दोषो ज्ञानपूर्वकन्तु चौरवद्दण्डमर्हति मूल्यमादाय यः शिल्पं न दद्याद् दण्ड्य एव सः
Même s’il se prétend sans faute, celui qui agit en connaissance de cause mérite une peine comme un voleur. Celui qui, après avoir reçu le paiement, ne livre pas l’ouvrage ou le service artisanal doit assurément être puni.
Verse 12
प्रतिश्रुत्याप्रदातारं सुवर्णं दण्डयेन्नृपः भृतिं गृह्य न कुर्याद्यः कर्माष्टौ कृष्णला दमः
Le roi doit punir celui qui, après avoir promis, ne remet pas l’or. Et celui qui reçoit un salaire mais n’accomplit pas le travail : son amende est de huit kṛṣṇalās.
Verse 13
अकाले तु त्यजन् भृत्यं दण्ड्यः स्यात्तावदेव तु क्रीत्वा विक्रीय वा किञ्चिद्यस्येहानुशयो भवेत्
Mais si l’on renvoie un serviteur à un moment inopportun, on encourt une amende d’un montant égal à celui-là même. De même, si après avoir acheté ou vendu un bien quelqu’un éprouve du regret et veut se rétracter, la même règle s’applique.
Verse 14
सो ऽन्तर्दशाहात्तत्स्वामी दद्याच्चैवाददीत च परेण तु दशाहस्य नादद्यान्नैव दापयेत्
Si l’on est dans le délai de dix jours, le véritable propriétaire doit rendre (l’objet) et doit aussi l’accepter (lorsqu’il est restitué). Mais une fois dix jours écoulés, il ne doit ni l’accepter ni faire en sorte qu’on le remette par contrainte.
Verse 15
आददद्धि ददच्चैव राज्ञा दण्ड्यः शतानि षट् वरे दोषानविख्याप्य यः कन्यां वरयेदिह
Celui qui, sans divulguer les défauts de l’époux, demande ici la main d’une jeune fille—qu’il reçoive des biens ou qu’il en donne également—sera puni par le roi d’une amende de six cents (paṇa).
Verse 16
दत्ताप्यदत्ता सा तस्य राज्ञा दण्ड्यः शतद्वयं प्रदाय कन्यां यो ऽन्यस्मै पुनस्तां सम्प्रयच्छति
Même si elle a été donnée selon la forme, elle doit être tenue pour non donnée : l’homme qui, après avoir donné une jeune fille en mariage, remet de nouveau cette même fille à un autre, sera puni par le roi et devra payer une amende de deux cents (paṇa).
Verse 17
दण्डः कार्यो नरेन्द्रेण तस्याप्युत्तमसाहसः सत्यङ्कारेण वाचा च युक्तं पुण्यमसंशयं
Le châtiment (daṇḍa) doit être administré par le roi ; et même alors, il doit l’être avec la plus haute prudence et retenue. Lorsqu’il est joint à un serment véridique et à une parole véridique, il est assurément méritoire, sans aucun doute.
Verse 18
लुब्धो ऽन्यत्र च विक्रेता षट्शतं दण्डमर्हति दद्याद्धेनुं न यः पालो गृहीत्वा भक्तवेतनं
L’homme cupide qui vend ailleurs le bien qui lui a été confié mérite une amende de six cents (pāṇa). De même, le gardien de vaches qui, après avoir reçu sa subsistance et son salaire, ne remet pas la vache à son propriétaire, doit être puni pareillement.
Verse 19
स तु दण्ड्यः शतं राज्ञा सुवर्णं वाप्यरक्षिता चौरवद्वधमर्हतोति घ , ञ च वरयेद्यदि इति घ , ञ च धनुःशतं परीणाहो ग्रामस्य तु समन्ततः
Un tel gardien négligent doit être puni par le roi d’une amende de cent suvarṇa ; et s’il laisse le lieu sans protection, il mérite la mort comme un voleur. S’il parvient au contraire à repousser le forfait, alors—selon la leçon juridique citée—la limite du village doit s’étendre tout autour jusqu’à une circonférence de cent longueurs d’arc.
Verse 20
द्विगुणं त्रिगुणं वापि नगरस्य च कल्पयेत् वृतिं तत्र प्रकुर्वीत यामुष्ट्रो नावलोकयेत्
On doit concevoir l’enceinte (rempart ou mur) de la cité au double, voire au triple (de la mesure). Et l’on y établira une défense si haute que même un chameau ne puisse regarder par-dessus.
Verse 21
तत्रापरिवृते धान्ये हिंसिते नैव दण्डनं गृहन्तडागमारामं क्षेत्रं वा भीषया हरन्
Dans un tel cas, lorsque le grain n’a pas été correctement mis à l’abri, il n’y a pas de sanction même s’il est endommagé. De même, celui qui, sous la menace ou la contrainte, emporte une maison, un étang, un jardin ou un champ ne doit pas être puni.
Verse 22
शतानि पञ्च दण्ड्याः स्यादज्ञानाद् द्विशतो दमः मर्यादाभेदकाः सर्वे दण्ड्याः प्रथमसाहसं
Pour une faute commise par ignorance, l’amende doit être de cinq cents ; pour une faute commise en connaissance de cause, la peine est augmentée de deux cents. Tous ceux qui violent les limites établies doivent être punis selon le premier (le plus bas) degré de sāhasa.
Verse 23
शतं ब्राह्मणमाक्रुश्य क्षत्रियो दण्डमर्हति वैश्यश् च द्विशतं राम शूद्रश् च बधमर्हति
Pour avoir outragé un brāhmaṇa, un kṣatriya mérite une amende de cent (paṇa) ; un vaiśya, de deux cents—ô Rāma ; et un śūdra mérite la peine capitale.
Verse 24
पञ्चाशद्ब्राह्मणो दण्ड्यः क्षत्रियस्याभिशंसने वैश्ये वाप्यर्धपञ्चाशच्छूद्रे द्वादशको दमः
Un brāhmaṇa doit être condamné à une amende de cinquante (paṇa) pour avoir injurié un kṣatriya ; pour (injurier) un vaiśya, la moitié de cinquante ; et pour (injurier) un śūdra, l’amende est de douze (paṇa).
Verse 25
क्षत्रियस्याप्नुयाद्वैश्यः साहसं पूर्वमेव तु शूद्रः क्षत्रियमाक्रुश्य जिह्वाच्छेदनमाप्नुयात्
Un vaiśya, en cas d’offense envers un kṣatriya, doit être soumis à la peine de sāhasa (violence) précédemment énoncée. Mais si un śūdra injurie un kṣatriya, il encourt le châtiment de la section de la langue.
Verse 26
धर्मोपदेशं विप्राणां शूद्रः कुर्वंश् च दण्डभाक् श्रुतदेशादिवितथी दाप्यो द्विगुणसाहसं
Un śūdra qui dispense un enseignement du dharma aux brāhmaṇa devient passible de châtiment ; et celui qui prétend faussement à un savoir (d’autorité), à un lieu d’étude et autres choses semblables devra payer une amende égale au double de la peine de sāhasa.
Verse 27
उत्तमः साहसस्तस्य यः पापैर् उत्तमान् क्षिपेत् प्रमादाद्यैर् मया प्रोक्तं प्रीत्या दण्डार्धमर्हति
Le degré le plus élevé de sāhasa s’applique à celui qui, par l’entremise de gens pervers, renverse (ou fait renverser) des personnes respectables. Mais si cela advient par négligence et autres causes semblables—comme je l’ai dit—alors, par indulgence, il ne mérite que la moitié de la peine prescrite.
Verse 28
मातरं पितरं ज्येष्ठं भ्रातरं श्वशुरं गुरुं आक्षारयञ्च्छतं दण्ड्यः पन्थानं चाददद्गुरोः
Celui qui outrage, par des paroles injurieuses, sa mère, son père, son aîné, son frère, son beau-père ou son maître (guru) sera condamné à une amende de cent (paṇa) ; et celui qui usurpe ou entrave le droit de passage du maître sera pareillement puni.
Verse 29
अन्त्यजातिर्द्विजातिन्तु येनाङ्गेनापराध्नुयात् तदेव च्छेदयेत्तस्य क्षिप्रमेवाविचारयन्
Si un homme d’antyajāti (le groupe le plus bas) offense un dvija (le « deux fois né ») au moyen d’un membre particulier, ce membre même doit lui être tranché—promptement, sans tarder en délibération.
Verse 30
अवनिष्ठीवतो दर्पाद् द्वावोष्ठौ छेदयेन्नृपः अपमूत्रयतो मेढ्रमपशब्दयतो गुदं
Si quelqu’un, par arrogance, crache à terre, le roi doit lui trancher les deux lèvres ; à celui qui urine de façon impropre (en lieu interdit ou en public), il doit trancher le pénis ; et à celui qui profère des paroles obscènes, il doit trancher l’anus.
Verse 31
उत्कृष्टासनसंस्थस्य नीचस्याधोनिकृन्तनं यो यदङ्गं च रुजयेत्तदङ्गन्तस्य कर्तयेत्
Pour le coupable de basse condition qui s’assied sur un siège supérieur, la peine est de trancher la partie inférieure (au-dessous). Et quiconque blesse un membre particulier, on doit lui trancher ce même membre.
Verse 32
अर्धपादकराः कार्या गोगजाश्वोष्ट्रघातकाः वृक्षन्तु विफलं कृत्त्वा सुवर्णं दण्डमर्हति
Ceux qui tuent des vaches, des éléphants, des chevaux ou des chameaux doivent être condamnés à une amende d’un demi-pāda. Mais celui qui rend stérile un arbre fruitier mérite une peine d’un suvarṇa.
Verse 33
द्विगुणं दापयेच्छिन्ने पथि सीम्नि जलाशये द्रव्याणि यो हरेद्यस्य ज्ञानतो ऽज्ञानतो ऽपिवा
Si quelqu’un s’empare des biens d’autrui dans un passage ou chemin rompu, sur une ligne de limite, ou près d’un réservoir d’eau, qu’il l’ait fait sciemment ou même par ignorance, on doit le contraindre à payer le double de la valeur.
Verse 34
स तस्योत्पाद्य तुष्टिन्तु राज्ञे दद्यात्ततो दमं यस्तु रज्जुं घटं कूपाद्धरेच्छिन्द्याच्च तां प्रपां
Après avoir satisfait la partie lésée en restituant ce qui est dû, il devra ensuite verser une amende au roi. Mais quiconque retire d’un puits la corde et le pot à eau, ou coupe/endommagе cette installation publique d’eau (prapā), est passible de châtiment ou d’amende.
Verse 35
स दण्डं प्राप्नुयान् मासं दण्ड्यः स्यात् प्राणितारने धान्यं दशभ्यः कुम्भेभ्यो हरतो ऽभ्यधिकं बधः
Il doit encourir une peine d’un mois ; et, lorsqu’il s’agit de sauver un être vivant, il n’est passible que d’un châtiment (plus léger). Mais pour celui qui vole du grain en quantité dépassant dix kumbhas, la peine est l’exécution.
Verse 36
शेषे ऽप्येकादशगुणं तस्य दण्डं प्रकल्पयेत् सुवर्णरजतादीनां नृस्त्रीणां हरणे बधः
Et dans les autres cas également, on doit lui prescrire une peine au décuple et unième. Pour le vol d’or, d’argent et autres biens semblables, ainsi que pour l’enlèvement d’hommes ou de femmes, la peine est l’exécution.
Verse 37
येन येन यथाङ्गेन स्तेनो नृषु विचेष्टते तत्तदेव हरेदस्य् प्रत्यादेशाय पार्थिवः
Quel que soit le membre et de quelque manière que le voleur agisse parmi les hommes, le roi lui retranchera ce même membre, à titre de châtiment rétributif.
Verse 38
ब्राह्मणः शाकधान्यादि अल्पं गृह्णन्न दोषभाक् गोदेवार्थं हरंश्चापि हन्याद्दुष्टं बधीद्यतं
A brāhmaṇa who takes a small quantity of vegetables, grain, and the like incurs no fault. And even when taking (resources) for the sake of cows and the gods, he may strike down a wicked person and may restrain (bind) one who is intent on wrongdoing.
Verse 39
गृहक्षेत्रापहर्तारं तथा पत्न्यभिगामिनं अग्निदं गरदं हन्यात्तथा चाभ्युद्यतायुधं
One should slay the robber of house or land, likewise the violator who approaches another’s wife; also the arsonist and the poisoner, and likewise one who has raised a weapon to strike.
Verse 40
राजा गवाभिचाराद्यं हन्याच्चैवाततायिनः परस्त्रियं न भाषेत प्रतिषिद्धो विशेन्न हि
The king should punish offences beginning with cattle-sorcery and the like, and he should also slay (or execute) the ātatāyin (violent aggressor). He should not converse with another man’s wife; and one who has been forbidden (entry) should certainly not enter.
Verse 41
अदण्ड्या स्त्री भवेद्राज्ञा वरयन्तो पतिं स्वयं उत्तमां सेवमानः स्त्री जघन्यो बधमर्हति
A woman is not to be punished by the king when she herself chooses her husband. But a man of the lowest sort who approaches a woman of high status is deserving of execution.
Verse 42
भर्तारं लङ्घयेद्या तां श्वभिः सङ्घातयेत् स्त्रियं सवर्णदूषितां कुर्यात् पिण्डमात्रोपजीविनीं
Verse 43
ज्यायसा दूषिता नारी मुण्डनं समवाप्नुयात् वैश्यागमे तु विप्रस्य क्षत्रियस्यान्त्यजागमे
La femme souillée par l’union charnelle avec un homme d’un rang social supérieur doit subir le rasage de la tête en signe d’expiation. De même, si un brāhmaṇa s’unit à une femme vaiśyā, et si un kṣatriya s’unit à une femme antyajā (hors caste), le rasage de la tête est prescrit.
Verse 44
क्षत्रियः प्रथमं वैश्यो दण्ड्यः शूद्रागमे भवेत् गृहीत्वा वेतनं वेश्या लोभादन्यत्र गच्छति
Un kṣatriya ou un vaiśya doit être puni pour avoir, la première fois, approché une femme śūdra. De même, une courtisane qui, après avoir reçu son salaire, s’en va ailleurs par cupidité, est passible de châtiment.
Verse 45
वेतनन्द्विगुणं दद्याद्दण्दञ्च द्विगुणं तथा भार्या पुत्राश् च दासाश् च शिष्यो भ्राता च सोदरः
Il doit verser le salaire au double, et de même une amende au double ; (cette règle, selon le cas) s’étend à l’épouse, aux fils, aux serviteurs, au disciple, et aussi au frère né du même sein.
Verse 46
कृटापराधास्ताड्याः सूरज्वा वेणुदलेन वा पृष्ठे न मस्तके हन्याच्चौरस्याप्नोति किल्विषं
Ceux qui ont commis une faute légère doivent être frappés avec une lanière/fouet ou avec un bambou fendu ; on les frappera sur le dos, non sur la tête. Celui qui frappe un voleur contrairement à cette règle contracte un péché.
Verse 47
रक्षास्वधिकृतैयस्तु प्रजात्यर्थं विलुप्यते तेषां सर्वस्वमादाय राजा कुर्यात् प्रवासनं
Mais si une personne investie d’autorité pour la protection (garde ou officier) pille le peuple pour son propre profit, le roi, après avoir confisqué tous ses biens, doit lui infliger le bannissement.
Verse 48
ये नियुक्ताः स्वकार्येषु हन्युः कार्याणि कर्मिणां निर्घृणाः क्रूरमनसस्तान्निःस्वान् कारयेन्नृपः
Les officiers qui, bien que nommés à leurs propres charges, entravent avec cruauté et sans compassion les affaires des gens laborieux, le roi doit les réduire à la misère en les dépouillant de leurs biens et de leur rang.
Verse 49
अमात्यः प्राड्विवाको वा यः कुर्यात् कार्यमन्यथा तस्य सर्वस्वमादाय तं राजा विप्रवासयेत्
Si un ministre ou un juge suprême traite une affaire de façon dévoyée et impropre, le roi, après avoir confisqué tous ses biens, doit le bannir du royaume.
Verse 50
गुरुतल्पे भयः कार्यः सुरापाणे सुराध्वजः स्तेयेषु श्वपदं विद्याद् ब्रह्महत्याशिरः पुमान्
Dans la profanation du lit du guru (gurutaḷpa), qu’on reconnaisse pour marque la « peur » ; dans l’acte de boire des liqueurs, la marque est un « étendard de liqueur » ; dans les vols, qu’on sache pour marque une « bête de proie » ; et le meurtrier d’un brāhmaṇa est un homme portant pour emblème la « tête de Brahma-hatyā ».
Verse 51
शूद्रादीन् घातयेद्राजा पापान् विप्रान् प्रवासयेत् महापातकिनां वित्तं वरुणायोपपादयेत्
Le roi doit mettre à mort les Śūdra et les autres (non brāhmanes) coupables de fautes graves ; les brāhmanes pécheurs, il doit les bannir. La richesse de ceux qui ont commis les grands péchés (mahāpātaka) doit être consacrée en offrande à Varuṇa.
Verse 52
ग्रामेष्वपि च ये केचिच्चौराणां भक्तदायकाः भाण्डारकोषदाश् चैव सर्वांस्तानपि घातयेत्
Et dans les villages aussi, quiconque nourrit les voleurs, et de même quiconque pille les entrepôts et le trésor, le roi doit les faire mettre à mort, tous sans exception.
Verse 53
राष्ट्रेषु राष्ट्राधिकृतान् सामन्तान् पापिनो हरेत् सन्धिं कृत्वा तु ये चौर्यं रात्रौ कुर्वन्ति तस्कराः
In the kingdoms, the king should seize and remove the wicked feudatories and provincial officers. And those robbers who, after making a pact (with others), commit theft at night—(they too) should be apprehended.
Verse 54
तेषां च्छित्वा नृपो हस्तौ तीक्ष्णे शूले निवेशयेत् तडागदेवतागारभेदकान् घातयेन्नृपः
Having cut off their hands, the king should impale them on a sharp stake; the king should put to death those who break into (or damage) tanks/reservoirs and the houses/temples of deities.
Verse 55
समुत्सृजेद्राजमार्गे यस्त्वमेध्यमनापदि स हि कार्षापणन्दण्ड्यस्तममेध्यञ्च शोधयेत्
Whoever, without emergency, discharges filth on the king’s highway—he is to be fined one kārṣāpaṇa, and he must also have that filth cleaned away.
Verse 56
प्रतिमासङ्क्रमभिदो दद्युः पञ्चशतानि ते समैश् च विषमं यो वा चरते मूल्यतो ऽपि वा
Those who violate the monthly transfer/rotation regulations shall pay a fine of five hundred (pañcaśatāni). Likewise, whoever conducts dealings in an irregular (unfair) manner with equals—or even by manipulating the stated price/value—shall (also) be penalized.
Verse 57
समाप्नुयान्नरः पूर्वं दमं मध्यममेव वा द्रव्यमादाय वणिजामनर्घेणावरुन्धतां
A man should first obtain the earlier (agreed) price, or else the middle (fair) price; having taken the goods, he should not bind (i.e., hold up or coerce) the merchants by demanding an excessive (unfair) price.
Verse 58
राजा पृथक् पृथक् कुर्याद्दण्डमुत्तमसाहसं द्रव्याणां दूषको यश् च प्रतिच्छन्दकविक्रयी
The king shall, in each case separately, impose the penalty of the highest grade of sāhasa on one who adulterates goods, and also on one who sells counterfeit (goods).
Verse 59
मध्यमं प्राप्नुयाद्दण्डं कूटकर्ता तथोत्तमं कलहापकृतं देयं दण्डश् च द्विगुणस्ततः
A forger (one who fabricates a false document/evidence) should receive the middle-grade punishment; likewise, the instigator of a quarrel should receive the highest punishment. For the harm done by provoking a quarrel, compensation must be paid, and thereafter the fine is to be doubled.
Verse 60
अभक्ष्यभक्ष्ये विप्रे वा शूद्रे वा कृष्णलो दमः तुलाशासनकर्ता च कूटकृन्नाशकस्य च
For a brāhmaṇa or a śūdra who eats what is forbidden as food, the fine is one kṛṣṇala. Likewise, for one who makes (or manipulates) a weighing-scale or a measuring-rod, and for one who destroys (the evidence against) a forger, the penalty is the same.
Verse 61
एभिश् च व्यवहर्ता यः स दाप्यो दममुत्तमं विषाग्निदां पतिगुरुविप्रापत्यप्रमापिणीं
And whoever engages in dealings (or litigation) connected with these persons—such a man shall be made to pay the highest fine: namely, one who administers poison or fire, and one who kills a husband, a teacher, a Brāhmaṇa, or a child.
Verse 62
विकर्णकरनासौष्ठी कृत्वा गोभिः प्रवासयेत् क्षेत्रवेश्मग्रामवनविदारकास् तथा नराः
Having inflicted the mutilations of a split ear, a cut ear, and (the cutting of) the nose and lip, he should banish—along with their cattle—those men who devastate fields, houses, villages, and forests.
Verse 63
राजपत्न्यभिगामी च दग्धव्यास्तु कटाग्निना ऊनं वाप्यधिकं वापि लिखेद्यो राजशासनं
One who has intercourse with the king’s wife should be burned with a fierce fire; likewise, whoever writes (issues/records) a royal decree with anything omitted or added (i.e., altered from the king’s intent) is culpable.
Verse 64
पारजायिकचौरौ च मुञ्चतो दण्ड उत्तमः राजयानासनारोढुर्दण्ड उत्तमसाहसः
For one who releases (sets free) an adulterer and a thief, the highest penalty is prescribed. For one who mounts the royal conveyance or seat, the penalty is the highest sāhasa-fine (i.e., the gravest class of punitive fine).
Verse 65
यो मन्येताजितो ऽस्मीति न्यायेनापि पराजितः तमायान्तं पराजित्य दण्डयेद् द्विगुणं दमं
If someone, though defeated even by due process of law, imagines, “I am not defeated,” then when he returns (to renew the dispute), having subdued him again, one should punish him with a fine twice as great.
Verse 66
आह्वानकारी बध्यः स्यादनाहूतमथाह्वयन् दाण्डिकस्य च यो हस्तादभिमुक्तः पलायते
One who issues a summons (without authority) should be confined; and likewise, one who summons a person who has not been summoned (i.e., improperly calls another). Also, whoever, having been released from the hand/custody of the officer of punishment (the constable/executioner), runs away—[is liable to punishment].
Verse 67
हीनः पुरुषकारेण तद् दद्याद्दाण्डिको धनं
If a person is deficient in personal effort (i.e., lacks the means or capacity to make restitution through his own labor), then the one liable to punishment shall pay that amount in money as a fine/compensation.
It standardizes the metrics for legal penalties by defining weight/coin units (kṛṣṇala, suvarṇa, niṣka, dharaṇa, kārṣāpaṇa/paṇa) and then uses these to compute graded fines such as the three levels of sāhasa.
By treating justice, truthful speech, and proportionate punishment as dharmic acts: the king’s restraint, accuracy in measure, and suppression of corruption are framed as moral disciplines that protect society and uphold ṛta-like order.