Adhyaya 325
Mantra-shastraAdhyaya 32526 Verses

Adhyaya 325

Worship of Gaurī and Others (Gauryādi-pūjā) — Mantra, Maṇḍala, Mudrā, Homa, and Mṛtyuñjaya Kalaśa-Rite

Ce chapitre présente le culte d’Umā/Gaurī comme une sādhana complète donnant à la fois Bhukti et Mukti, et promet un « outillage » de mantra-dhyāna, conception de maṇḍala, mudrā et homa. Il fournit ensuite des indications pour la dérivation des mantras (construction des bīja, classification phonétique/jāti, association aux ṣaḍaṅga) et prescrit les étapes fondamentales : établir l’āsana avec le Praṇava, accomplir un mūrti-nyāsa centré sur le hṛdaya, et préciser les matériaux de culte et supports d’icônes (or, argent, bois, pierre). Une disposition en cinq (piṇḍa avec l’avyakta au centre/aux angles) et une séquence des divinités selon directions et cercles organisent la « géographie » liturgique du maṇḍala. Le texte détaille des variantes iconographiques de Tārā (nombre de bras, monture, attributs) et assigne instruments et gestes, culminant dans une taxinomie des mudrā (Padma, Tiṅga, Āvāhanī, Śakti/Yoni) et un maṇḍala carré mesuré, avec expansions proportionnelles et portes. Enfin, il fixe les protocoles d’offrandes (fleurs rouges, homa tourné vers le nord, pūrṇāhuti), l’éthique socio-rituelle (bali, nourrir les kumārī, distribuer le naivedya), des promesses de siddhi (vāk-siddhi par un japa abondant) et un rite concentré de Mṛtyuñjaya kalaśa-pūjā, avec substances de homa et comptes de mantras visant santé, longévité et protection contre la mort prématurée.

Shlokas

Verse 1

इत्य् आग्नेये महापुराणे अंशकादिर्नाम चतुर्विंशत्यधिकत्रिशततमो ऽध्यायः कर्षकादिकमिति ख , छ च अथ पञ्चविंशत्यधिकत्रिशततमो ऽध्यायः गौर्यादिपूजा ईश्वर उवाच सौभाग्यादेरुमापूजां वक्ष्ये ऽहं भुक्तिमुक्तिदां मन्त्रध्यानं मण्डलञ्च मुद्रां होमादिसाधनम्

Ainsi, dans l’Agni Mahāpurāṇa s’achève le trois-cent-vingt-quatrième chapitre, intitulé « Aṃśakādi » (dans les recensions Kha et Cha, il est nommé « Karṣakādi »). Commence maintenant le trois-cent-vingt-cinquième chapitre, « Culte de Gaurī et des autres ». Le Seigneur (Īśvara) dit : « J’enseignerai le culte d’Umā, en commençant par (les rites pour obtenir) la bonne fortune—un culte qui confère à la fois la jouissance mondaine (bhukti) et la délivrance (mukti)—avec la méditation du mantra, le maṇḍala, la mudrā, et les moyens d’accomplissement tels que le homa et le reste. »

Verse 2

चित्रभानुं शिवं कालं महाशक्तिसमन्वितम् इडाद्यं परतोद्वृत्य सदेवः सविकारणम्

Il faut contempler/énoncer (la divinité) comme Citrabhānu, comme Śiva, comme Kāla (le Temps), pourvu de la Grande Puissance (Mahāśakti) ; en commençant par (la syllabe) iḍā, puis en l’élevant « depuis l’au-delà » (depuis la source transcendante). (Il est) avec les dieux (sadevaḥ) et avec le fondement causal de la manifestation (savikāraṇam).

Verse 3

द्वितीयं द्वारकाक्रान्तं गौरीप्रीतिपदान्वितं चतुर्थ्यन्तं प्रकर्तव्यं गौय्या वै मूलवाचकं

Le second (élément syllabique) doit être pris comme « dvārakākrānta » ; on le joint au terme exprimant « la joie de Gaurī », puis on le forme avec la désinence du datif (caturthī). En vérité, « gauyyā » est déclaré comme le terme-racine porteur du sens originel.

Verse 4

ॐ ह्रीं सः शौं गौर्यै नमः तत्रार्णत्रितयेनैव जातियुक्तं षडङ्गुलम् आसनं प्रणवेणैव मूर्तिं वै हृदयेन तु

« (On doit employer le mantra) “Oṃ, Hrīṃ, Saḥ, Śauṃ—salutation à Gaurī.” Là, par la seule triade de syllabes, on préparera un siège de six aṅgula, muni de la jāti prescrite. Par le seul Praṇava (Oṃ) on installera (consacrera) l’image, et par le Hṛdaya (mantra du cœur/nyāsa) on accomplira la pose intérieure. »

Verse 5

उदकाञ्च तथा कालं शिववीजं समुद्धरेत् प्राणं दीर्घस्वराक्रान्तं षडङ्गं जातिसंयुतम्

De même, on doit extraire (dériver) les formes mantriques pour « l’eau » et pour « le temps », et l’on doit aussi extraire le bīja (graine) de Śiva. Ce bīja est à prendre avec prāṇa (résonance nasale/aspirée), marqué d’une voyelle longue, pourvu des six auxiliaires (ṣaḍaṅga) et conjoint à sa jāti (catégorie phonétique) appropriée.

Verse 6

आसनं प्रणवेनात्र मूर्तिन्यासं हृदाचरेत् यामलं कथितं वत्स एकवीरं वदाम्य् अथ

Ici, on doit d’abord établir le siège par le Praṇava (Oṃ), puis accomplir le mūrti-nyāsa dans le Hṛdaya (le cœur). Le Yāmala a été exposé, ô cher enfant ; maintenant je parlerai d’Ekavīrā.

Verse 7

व्यापकं सृष्टिसंयुक्तं वह्निमायाकृशानुभिः शिवशक्तिमयं वीजं वीजं हृदयादिविवर्जितं

Le bīja (mantra-graine) est omniprésent et conjoint à la manifestation de la création (sṛṣṭi) ; il est constitué de feu (vahni), de māyā et de kṛśānu, le « feu dans la parole » (énergie phonémique ignée). Ce bīja est de la nature de Śiva et de Śakti, et il est dépourvu de placements (nyāsa) grossiers tels que le cœur et autres.

Verse 8

गौरीं यजेद्धेमरूप्यां काष्ठजां शैलजादिकां पञ्चपिण्डां तथाव्यक्तां कोणे मध्ये तु पञ्चमं

On doit vénérer Gaurī sous forme d’une image d’or ou d’argent, ou façonnée en bois, en pierre et autres matières; et disposer cinq piṇḍa (amas/offrandes rituelles), y compris l’avyakta (l’inmanifesté), aux quatre angles, le cinquième au centre.

Verse 9

ललिता सुभगा गौरी क्षोभणी चाग्नितः क्रमात् पञ्चमी इति ञ वामा ज्येष्ठा क्रिया ज्ञाना वृत्ते पूर्वादितो यजेत्

Dans l’ordre à partir de la direction d’Agni (celle du feu), on vénérera la Déesse comme Lalitā, Subhagā, Gaurī et Kṣobhaṇī; la cinquième est dite « Ña ». Dans la disposition circulaire (vṛtta), on adorera en commençant par l’Est : Vāmā, Jyeṣṭhā, Kriyā et Jñānā.

Verse 10

सपीठे वामभागे तु शिवस्याव्यक्तरूपकम् व्यक्ता द्विनेत्रा त्र्यक्षरा शुद्धा वा शङ्करान्विता

Sur le piédestal (pīṭha), au côté gauche de Śiva, on doit méditer la forme avyakta (non manifestée). Lorsqu’elle se manifeste, elle a deux yeux, est de nature mantra à trois syllabes (triyakṣara), pure et unie à Śaṅkara (Śiva).

Verse 11

पीठपद्मद्वयं तारा द्विभुजा वा चतुर्भजा सिंहस्था वा वृकस्था वा अष्टाष्टादशसत्करा

Tārā doit être visualisée avec un siège de double lotus; elle peut avoir deux bras ou quatre; elle peut être assise sur un lion ou sur un loup; et elle peut posséder huit ou dix-huit mains de bon augure.

Verse 12

स्रगक्षसूत्रकलिका गलकोत्पलपिण्डिका शरं धनुर्वा सव्येन पाणिनान्यतमं वहत्

Portant une guirlande, un rosaire de rudrākṣa et un ornement en bouton floral, avec parure de cou et faisceau de lotus, il tient—dans la main gauche—soit une flèche, soit un arc, ou quelque autre arme.

Verse 13

वामेन पुस्तताम्बूलदण्डाभयकमण्डलुम् गणेशदर्पणेष्वासान्दद्यादेकैकशः क्रमात्

De la main gauche, on doit attribuer, un à un et selon l’ordre prescrit, à l’image de Gaṇeśa : le livre, l’offrande de tāmbūla (feuille de bétel), le bâton, le geste d’intrépidité (abhaya-mudrā) et le kamaṇḍalu (vase d’eau) ; ainsi que le miroir et l’arc.

Verse 14

व्यक्ताव्यक्ताथवा कार्या पद्ममुद्रा स्मृतासने तिङ्गमुद्रा शिवस्योक्ता मुदा चावाहनी द्वयोः

Assis dans la posture prescrite, on doit accomplir la Padma-mudrā, que ce soit pour la forme manifeste (vyakta) ou non manifeste (avyakta) de la divinité. La Tiṅga-mudrā est enseignée comme appartenant à Śiva ; et l’Āvāhanī-mudrā (geste d’invocation) doit être exécutée pour les deux.

Verse 15

शक्तिमुद्रा तु योन्याख्या चतुरस्रन्तु मण्डलं चतुरस्रं त्रिपत्राब्जं मध्यकोष्ठचतुष्टये

La Śakti-mudrā est aussi appelée Yoni(-mudrā). Le maṇḍala doit être un carré ; (à l’intérieur) on trace un autre carré, et l’on place un lotus à trois pétales dans l’ensemble des quatre compartiments centraux.

Verse 16

त्र्यश्रोर्धे चार्धचन्द्रस्तु द्विपदं द्विगुणं क्रमात् द्विगुणं द्वारकण्ठन्तु द्विगुणादुपकण्ठतः

Au-dessus de l’élément triangulaire (try-aśra), on prescrit l’élément en demi-lune. La mesure suivante est fixée à deux padas ; puis, selon l’ordre, chaque partie suivante doit être doublée. Le « cou de la porte » (dvāra-kaṇṭha) doit être le double de la mesure précédente, et le « cou secondaire » (upakaṇṭha) le double de celui-ci.

Verse 17

द्वारत्रयं त्रयं दिक्षु अथ वा भद्रके यजेत् स्थण्डिले वाथ संस्याप्य पञ्चगव्यामृतादिना

On doit disposer trois portes — trois selon les directions ; ou bien accomplir le culte dans le diagramme Bhadraka. Ou encore, après avoir établi (la divinité/l’autel) sur un autel de terre préparé (sthaṇḍila), on doit le consacrer par le pañcagavya, l’amṛta et autres substances similaires.

Verse 18

रक्तपुष्पाणि देयानि पूजयित्वा ह्य् उदङ्मुखः शतं हुत्वामृताज्यञ्च पूर्णादः सर्वसिद्धिभाक्

Il convient d’offrir des fleurs rouges ; après avoir accompli le culte, tourné vers le nord, on fera cent oblations (homa) avec du ghee « semblable au nectar » ; puis, ayant accompli la pūrṇāhuti (offrande finale plénière), on devient bénéficiaire de toutes les siddhi (accomplissements).

Verse 19

बलिन्दत्वा कुमारीश् च तिस्रो वा चाष्ट भोजयेत् नैवेद्यं शिवभक्तेषु दद्यान्न स्वयमाचरेत्

Après avoir d’abord présenté l’offrande bali, on nourrira de jeunes vierges (kumārī), au nombre de trois ou de huit. Le naivedya (nourriture consacrée) sera distribué parmi les dévots de Śiva, et l’on ne le consommera pas soi-même.

Verse 20

सिंहस्थावाह्यसिंहस्थेति ख , छ , ञ , ट च स्त्रियो वाष्ट च भोजयेदिति ख , छ च कन्यार्थौ लभते कन्यां अपुत्रः पुत्रमाप्नुयात् दुर्भगा चैव सौभाग्यं राजा राज्यं जयं रणे

Par la récitation/l’usage des syllabes kha, cha, ña et ṭa, conjointement à la formule mantrique « siṃhasthā-vāhya-siṃhasthā », et selon l’injonction rituelle : « qu’on nourrisse les femmes et les huit (personnes) », les résultats sont les suivants : celui qui désire une jeune fille obtient une jeune fille ; celui qui est sans fils obtient un fils ; la femme infortunée acquiert la bonne fortune ; et le roi obtient la souveraineté et la victoire au combat.

Verse 21

अष्टलक्षैश् च वाक्सिद्धिर्देवाद्या वशमाप्नुयुः न निवेद्य न चास्नीयाद्वामहस्तेन चार्चयेत्

Par le japa de huit lakhs (800 000 répétitions), on obtient la vāk-siddhi, la maîtrise accomplie de la parole, et même les dieux et autres êtres passent sous son ascendant. On ne doit pas offrir de nivedya ni manger ; et l’on ne doit pas accomplir le culte de la main gauche.

Verse 22

अष्टम्याञ्च चतुर्दश्यां तृतीयायां विशेषतः मृत्युञ्चयार्चनं वक्ष्ये पूजयेत् कलसोदरे

Au jour d’aṣṭamī (huitième jour lunaire), de caturdaśī (quatorzième), et tout particulièrement de tṛtīyā (troisième), je décrirai le culte de Mṛtyuñjaya. La vénération doit être accomplie à l’intérieur du kalaśa, le vase rituel consacré.

Verse 23

हूयमानञ्च प्रणवो मूर्तिरोजस ईदृशं मूलञ्च वौषडन्तेन कुम्भमुद्रां प्रदर्शयेत्

Lors de l’oblation, on doit proférer le Praṇava « Oṃ » et, avec une vigueur pleine d’énergie, manifester la forme de cette manière ; puis, en achevant le mantra racine par l’exclamation « vauṣaṭ », on doit montrer la Kumbha-mudrā (le geste de la main en forme de « vase »).

Verse 24

होमयेत् क्षीरदुर्वाज्यममृताञ्च पुनर्नवाम् पायसञ्च पुराडाशमयुतन्तु जपेन्मनुं

On doit accomplir le homa avec du lait, l’herbe dūrvā et le ghee, ainsi qu’avec l’amṛtā (guḍūcī) et la punarnavā ; et encore avec le pāyasa (riz au lait) et le purōḍāśa (gâteau sacrificiel). Ensuite, on doit réciter le mantra dix mille fois.

Verse 25

चतुर्मुखं चतुर्वाहुं द्वाभ्याञ्च कलसन्दधत् वरदाभयकं द्वाभ्यां स्नायाद्वैकुम्भमुद्रया

On doit accomplir le bain rituel (snāna) de la divinité ou de son icône en la contemplant à quatre visages et quatre bras : de deux mains plaçant/tenant le kalaśa (aiguière d’eau), et des deux autres montrant les mudrā de don (varada) et d’absence de crainte (abhaya), en accomplissant le bain selon la mudrā de Vaikuṇṭha.

Verse 26

आरोग्यैश् चर्यदीर्घायुरौषधं मन्त्रितं शुभम् अपमृत्युहरो ध्यातः पूजितो ऽद्भुत एव सः

Le remède auspicious, consacré par les mantras, confère santé, bonne conduite et longue vie. Médité et honoré par le culte, il écarte la mort prématurée (apamṛtyu) ; son efficacité est véritablement merveilleuse.

Frequently Asked Questions

The chapter states: “ॐ ह्रीं सः शौं गौर्यै नमः” (Oṃ Hrīṃ Saḥ Śauṃ Gauryai Namaḥ) as the operative Gaurī salutation-mantra.

It explicitly integrates mantra-dhyāna, maṇḍala construction, mudrā practice, nyāsa (including hṛdaya-based mūrti-nyāsa), and homa—ending with pūrṇāhuti and regulated distribution of naivedya.

Red flowers are offered; worship is performed facing north; a hundred oblations are made with “nectar-like” ghee, followed by pūrṇāhuti for siddhi attainment.

It frames Umā-pūjā as bhukti-mukti-dā (granting enjoyment and liberation) while giving concrete procedures (mantra, maṇḍala, mudrā, homa, social offerings) that align ritual efficacy with disciplined, dharmic conduct.

It is presented as apamṛtyu-hara (removing untimely death) and as supporting health and long life, performed as kalaśa-internal worship with homa substances and a stated japa count.