
सकलादिमन्त्रोद्धारः (Sakalādi-mantra-uddhāra) — Chapter Colophon/Transition
Cette unité sert surtout de colophon de clôture et de transition : elle marque l’achèvement du chapitre précédent intitulé « Sakalādi Mantra-uddhāra » (extraction/dérivation d’un mantra commençant par “sakala”). Dans la séquence de Mantra-śāstra de l’Agni Purana, de tels colophons jouent le rôle de charnières d’organisation, signalant que l’uddhāra du mantra ainsi que l’analyse phonétique et rituelle sont traités comme des disciplines formelles. La transition prépare le lecteur à l’étape d’enseignement suivante—Gaṇa-pūjā—où la technologie des mantras est appliquée au culte protecteur et à la levée des obstacles. Le cadre narratif demeure celui d’une pédagogie purānique d’une vidyā technique révélée : la manipulation précise des mantras est présentée comme préalable au rite dharmique et aux pratiques orientées vers le siddhi, tout en restant ultimement subordonnée à la discipline spirituelle et à la juste intention.
Verse 1
इत्य् आग्नेये महापुराणे सकलादिमन्त्रोद्धारो नाम षोडशाधिकत्रिशततमो ऽध्यायः अथ सप्तदशाधिकत्रिशततमो ऽध्यायः गणपूजा इश्वर उवाच विश्वरूपं समुद्धृत्य तेजस्युपरि संस्थितम् नरसिंहं ततो ऽधस्तात् कृतान्तं तदधो न्यसेत्
Ainsi, dans l’Agni Mahāpurāṇa, s’achève le trois-cent-dix-septième chapitre, intitulé « Extraction/Dérivation du mantra Sakalādi ». Commence maintenant le trois-cent-dix-huitième chapitre : « Culte des Gaṇa ». Īśvara dit : « Ayant élevé (et installé) la forme Viśvarūpa, place-la au-dessus de la région de Tejas (radiance/feu). Puis, au-dessous, place Narasiṃha ; et sous lui, qu’on place Kṛtānta (la Mort/Yama). »
Verse 2
प्रणवं तदधःकृत्वा ऊहकं तदधः पुनः अंशुमान् विश्वमूर्तिस्थं कण्ठोष्ठप्रणवादिकम्
Après avoir placé la syllabe Oṁ (praṇava) au-dessous de l’élément disposé auparavant, et avoir de nouveau placé l’« ūhaka » au-dessous, on doit méditer sur Aṁśumān—demeurant dans la forme de l’univers—avec les placements phonétiques commençant par le praṇava, situés dans la gorge et sur les lèvres.
Verse 3
नमो ऽन्तः स्याच्चतुर्वर्णो विश्वरूपञ्च कारणम् सूर्यमात्राहतं ब्रह्मण्यङ्गानीह तु पूर्ववत्
Le mantra doit se clore par « namaḥ ». Il comporte quatre unités syllabiques, revêt une forme universelle et constitue le principe causal (kāraṇa). Marqué par la Sūrya-mātrā (mesure syllabique solaire), on y placera, par nyāsa, les membres de Brahman, comme il a été prescrit auparavant.
Verse 4
उद्धरेत् प्रणवं पूर्वं प्रस्फुरद्वयमुच्चरेत् घोरघोरतरं पश्चात् तत्र रूपमतः स्मरेत्
D’abord, on doit proférer le Praṇava Oṁ. Ensuite, on prononcera la paire « prasphurat » (les deux syllabes fulgurantes/manifeste). Puis on récitera « ghora-ghoratara » (le terrible et le plus terrible) ; enfin, on méditera là sur la forme correspondante (l’image de la divinité).
Verse 5
चटशब्दं द्विधा कृत्वा ततः प्रवरमुच्चरेत् दहेति च द्विधा कार्यं वमेति च द्विधा गतम्
Après avoir scindé en deux le son-mantra « caṭa », on doit ensuite prononcer « pravara » (le principal, l’excellent). De même, « dahe » doit être traité en deux, et « vame » est également compris comme double dans son emploi.
Verse 6
घातयेति द्विधाकृत्य हूंफडन्तं समुच्चरेत् अघोरास्त्रन्तु नेत्रं स्याद् गायत्री चोच्यते ऽधुना
En divisant en deux l’énoncé « ghātaya », on doit le réciter en le faisant se terminer par « hūṃ phaṭ ». C’est l’Aghorāstra ; il sert de « netra » (œil/mantra de surveillance et de protection). À présent, la Gāyatrī est également énoncée.
Verse 7
तन्महेशाय विद्महे महादेवाय धीमहि अप्_३१७*१अब्तत्रः शिवः प्रचोदयात् गायत्री सर्वसाधनी अप्_३१७*१च्द्यात्रायां विजयादौ च यजेत् पूर्वङ्गणं श्रिये तुर्यांशे तु पुरा क्षेत्रे समन्तादर्कभाजिते
Nous connaissons et contemplons Mahēśa; nous méditons sur Mahādeva—que Śiva inspire notre intelligence. Cette Gāyatrī est un mantra qui accomplit tout. Au départ d’un voyage et au commencement d’un rite de victoire, on doit accomplir le culte préliminaire pour la śrī (prospérité) dans le premier avant-cour; et, dans le quatrième quartier, dans un ancien kṣetra/enceinte sacrée, illuminé de toutes parts par le soleil.
Verse 8
चतुष्पदं त्रिकोणे तु त्रिदलं कमलं लिखेत् सर्वत इति ख द्विधाकृतमिति ख तत्पृष्ठे पदिकाविथीभागि त्रिदलमश्वयुक्
À l’intérieur d’un triangle, on doit tracer une forme à quatre pieds (quatre bases), puis y inscrire un lotus à trois pétales. Qu’on marque la syllabe « kha » comme « sarvataḥ » (de tous côtés) et, de nouveau, « kha » comme « dvidhākṛta » (divisé en deux). Derrière cela, qu’on dessine une figure à trois pétales, partagée par l’allée de petites marches (padikā-vithī), jointe au motif aśvayuk (joug de cheval).
Verse 9
वसुदेवसुतैः साब्जैस्तिदलैः पादपट्टिका तदूर्ध्वे वेदिका देया भगमात्रप्रमाणतः
Le socle des pieds (pādapaṭṭikā) doit être façonné avec les (fils de Vāsudeva), accompagné d’un motif de lotus à trois pétales. Au-dessus, on doit disposer la plate-forme d’autel (vedikā), mesurée selon l’étendue d’un bhaga (unité/part standard de proportion).
Verse 10
द्वारं पद्ममितं कोष्ठादुपद्वारं विवर्णितम् द्वारोपद्वाररचितं मण्डलं विघ्नसूदनम्
La porte doit être mesurée selon l’unité « padma »; depuis la chambre (koṣṭha), la sous-porte (upadvāra) est ensuite définie comme décrit. Un mandala constitué par l’agencement de la porte et de la sous-porte selon le plan prescrit est appelé « Vighnasūdana » — le diagramme qui détruit les obstacles.
Verse 11
आरक्तं कमलं मध्ये वाह्यपद्मानि तद्वहिः सिता तु वीथिका कार्या द्वाराणि तु यथेच्छया
Au centre, on doit faire un lotus rougeâtre; au-dehors, disposer les lotus extérieurs (pétales). Une allée blanche (vīthikā) doit être réalisée, et les portes peuvent être placées selon le souhait.
Verse 12
कर्णिका पीतवर्णा स्यात् केशराणि तथा पुनः मण्डलं विघ्नमर्दाख्यं मध्ये गणपतिं यजेत्
Le péricarpe central (karnikā) doit être de couleur jaune, et de même les filaments (keśara). Ce maṇḍala est nommé « Vighnamarda » (Destructeur des obstacles) ; en son centre, on doit vénérer Gaṇapati.
Verse 13
नामाद्यं सवराकं स्याद्देवाच्छक्रसमन्वितम् शिरो हतं तत्पुरुषेण ओमाद्यञ्च नमो ऽन्तकम्
Le mantra doit commencer par la syllabe « na » avec sa voyelle (svara). Il doit être joint au mot « deva » et pourvu de l’élément « śakra » (selon la règle). La partie dite « tête » (śiras) doit être posée/activée par le mantra Tatpuruṣa ; et il doit commencer par « Oṃ » et se terminer par « namaḥ ».
Verse 14
गजाख्यं गजशीर्षञ्च गाङ्गेयं गणनायकम् त्रिरावर्तङ्गगनगङ्गोपतिं पूर्वपङ्क्तिगम्
On doit l’invoquer sous les noms de « Gajākhya » et « Gajaśīrṣa », sous celui de « Gāṅgeya », comme le « Chef des Gaṇa » ; et aussi comme « Trirāvarta », comme « Seigneur de la Gaṅgā céleste », et comme « Celui qui se tient au premier rang ».
Verse 15
विचित्रांशं महाकायं लम्बोष्ठं लम्बकर्णकम् लम्बोदरं महाभागं विकृतं पार्वतीप्रियम्
On doit le méditer comme d’une forme merveilleuse, au corps immense, aux lèvres longues et aux longues oreilles ; au ventre proéminent (Lambodara), grandement fortuné et majestueux, d’apparence singulière, et bien-aimé de Pārvatī.
Verse 16
भयावहञ्च भद्रञ्च भगणं भयसूदनम् द्वादशैते दशपङ्क्तौ देवत्रासञ्च पश्चिमे
« Bhayāvaha » et « Bhadra », « Bhagaṇa » et « Bhayasūdana » — ces douze (noms) doivent être disposés en une rangée de dix ; et « Devatrāsa » doit être placé du côté ouest.
Verse 17
महानादम्भास्वरञ्च विघ्नराजं गणाधिपम् उद्भटस्वानभश् चण्डौ महाशुण्डञ्च भीमकम्
Et (je loue) Gaṇapati : dont le son est un rugissement puissant, Souverain des obstacles, Seigneur des Gaṇas ; dont la voix, tonitruante, emplit le ciel, farouche, à la grande trompe, et inspirant la crainte révérencielle.
Verse 18
मन्मथं मधुसूदञ्च सुन्दरं भावपुष्टकम् सौम्ये ब्रह्मेश्वरं ब्राह्मं मनोवृत्तिञ्च संलयम्
Qu’on médite (et récite) ces noms : Manmatha ; Madhusūdana ; le Beau ; le Nourricier de la dévotion ; le Doux ; Brahmeśvara ; Celui qui est semblable au Brahman (Suprême) ; les mouvements du mental ; et l’absorption (laya).
Verse 19
लयं दूत्यप्रियं लौल्यं विकर्णं वत्सलं तथा कृतान्तं कालदडण्च यजेत् कुम्भञ्च पूर्ववत्
Qu’on adore les divinités Laya, Dūtyapriya, Laulya, Vikarṇa et Vatsala, ainsi que Kṛtānta et Kāladaṇḍa ; et qu’on vénère le kumbha (vase rituel) de la même manière qu’auparavant.
Verse 20
श्रयुतञ्च जपेन्मन्त्रं होमयेत्तु दशांशतः शेषाणान्तु दशाहुत्या जपाद्धोमन्तु कारयेत्
Qu’on récite le mantra jusqu’à cent mille fois, puis qu’on accomplisse le homa dans la proportion d’un dixième du japa. S’il reste un reliquat, qu’on le complète par dix oblations ; ainsi le homa doit être exécuté selon le japa.
Verse 21
पूर्णां दत्वाभिषेकन्तु कुर्यात्सर्वन्तु सिध्यति भूगो ऽश्वगजवस्त्राद्यैर् गुरुपूजाञ्चरेन्नरः
Après avoir offert la pūrṇā (l’offrande pleine/due), qu’on accomplisse ensuite la consécration (abhiṣeka) ; alors, en vérité, tout réussit. L’homme doit pratiquer le culte du Guru par des dons tels que terres, vaches, chevaux, éléphants, vêtements et autres semblables.
The chapter is essentially a colophon: it emphasizes the formal closure of a mantra-derivation unit (uddhāra), highlighting that mantra parsing and extraction are treated as a codified śāstric procedure.
By framing mantra-derivation as disciplined knowledge, it reinforces that correct method (vidhi) and textual fidelity support purity of practice, preparing the practitioner for applied worship aimed at removing obstacles and stabilizing sādhana.